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Napoléon et son état-major

dimanche 5 juin 2022, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 20 octobre 2020).

Napoléon et son état-major


Le 18 mai 1804 Napoléon Bonaparte recevait le Sénat venu le proclamer empereur des français.

Napoléon était né le 15 août 1769 à Ajaccio, dans cette Corse annexée à la France depuis exactement un an. Le petit garçon batailleur qui courait les rochers sauvages de son île natale n’avait d’abord montré que des dispositions pour le calcul, puis il avait été envoyé en France, sa nouvelle patrie, pour y devenir officier du Roi.

En 1784, il était cadet-gentihomme de l’école de Mars [1] ; à 16 ans il devint Lieutenant en second au régiment de La Fère [2].

Blessé deux fois au siège de Toulon en 1793, il en chassait les Anglais et était nommé général de brigade [3] sur la recommandation de son chef.

Général de division [4] à 26 ans et commandant en chef de l’armée de l’intérieur [5], il était, en 1796, nommé général en chef de l’armée d’Italie ou il allait conquérir à la République les plus belles contrées de l’Europe.


Avec l’Empire naquit une haute société militaire destinée à hausser le prestige de la France impériale au niveau de celui de l’ancien régime.

Philippe Auguste avait décerné le premier titre de maréchal de France [6] en 1185, la République avait aboli cette dignité, Napoléon la recréait par un décret en date du 19 mai 1804 et nommait maréchaux d’Empire 14 de ses anciens compagnons d’armes qui l’avait aidé à gravir les échelons du pouvoir.

Ils avaient une moyenne d’âge de 40 ans et s’appelaient : Augereau , Bernadotte , Berthier , Bessières , Brune , Davout , Jourdan , Lannes , Masséna , Moncey , Mortier , Murat , Ney , Soult .

Ce nombre fut porté à 18 par la création de quatre maréchaux honoraires en 1804, puis encore augmenté par la nomination de Victor en 1807, Oudinot , Macdonald et Marmont en 1809, Gouvion-Saint-Cyr en 1812, Poniatowski en 1813 et Grouchy en 1815.

Les effectifs des généraux s’enflèrent considérablement eux aussi : 259 généraux de division, 703 généraux de brigade furent nommés entre 1805 et 1815.

Pourtant, ces cadres brillants, qui allaient d’année en année payer un tribut de plus en plus lourd en entraînant au combat des soldats de plus en plus jeune et inexpérimentés, ne trouvaient auprès de l’Empereur que suspicion et que réserve hautaine confinant au mépris.

A part quelques exceptions, les grands chefs militaires de l’Empire acceptèrent cette soumission qui allait dans certains cas jusqu’à la plus écœurante servilité.

Les rivalités, fondées surtout sur de vieilles inimitiés, opposaient les maréchaux et les aveuglaient parfois à un tel point qu’ils suscitèrent de véritables catastrophes en refusant de s’entraider, loin il est vrai de l’œil du maître.

Avec la gloire et la renommée, les maréchaux furent aussi trop nombreux à céder à l’appât du gain, encouragés d’ailleurs par leur chef qui croyait, par un raisonnement un peu sommaire, que l’ambition et la convoitise constituaient les plus surs garants de l’attachement de ses maréchaux à sa personne.

L’Empereur avait rejeté sur ses officiers tous les galons et les plumets dont il n’avait que faire. Cette débauche d’or et de broderies ne s’étendait pas au-delà des généraux de brigade.

D’une mise plus discrète et prenant rang immédiatement après les généraux de brigade, les adjudants généraux ou adjudants commandants [7] étaient employés comme chefs d’état-major.

Ensuite venaient les aides de camp chargés de seconder les officiers généraux. Leur nombre était fixé à 6, pour le service d’un maréchal, à 3 pour un général de division et à 2 pour un général de brigade.

Un certain nombre de jeunes officiers furent choisis parmi les différentes armes pour servir à la transmission des ordres de l’Empereur et furent intégrés dans sa maison. Ils prirent le titre d’officiers d’ordonnance et ne dépassèrent jamais le nombre de12.

Napoléon récompensait leur bonne conduite en les intégrant dans un régiment de ligne avec le grade immédiatement supérieur à celui qu’ils occupaient auprès de sa personne.


La cavalerie

La cavalerie impériale se subdivisait en grosse cavalerie : cuirassiers et carabiniers ; en cavalerie de ligne : dragons et lanciers, et en cavalerie légère : hussards et chasseurs à cheval.

Les cuirassiers :

Les cuirassiers, surnommés familièrement les gros frères, étaient cavaliers d’Empire par excellence. La trombe impitoyable de leurs charges furieuses et meurtrières fit trembler le sol de tous les champs de bataille. Spécialement conçus pour la charge, ils reçurent le casque et la cuirasse à l’épreuve des balles.

A Montmirail [8], en 1814, ils réduiront d’un tiers un corps de 30 000 Russes en une seule charge, et ils se feront tuer à Waterloo [9]. Outre son sabre droit, le cuirassier était armé de deux pistolets, auxquels s’adjoignit en 1812 un mousqueton à baïonnette par le décret du 25 décembre 1811.

Les carabiniers :

Leur nom venait de la carabine dont ils étaient toujours armés. En plus de la carabine, les carabiniers étaient armés de deux pistolets et du sabre de cavalerie lourde, modèle An XI [10].

En 1806, Napoléon, qui tenait ces grenadiers de la cavalerie en haute considération, leur donna son frère Louis pour colonel général de leur 1er régiment et son beau-frère Camille Borghèse pour colonel. Par un curieux caprice, il en fit, en 1809, une espèce particulière de cuirassiers. Les carabiniers disparurent presque tous dans la désastreuse campagne de Russie [11], dont ils ne revinrent qu’à moins de 300.

Les dragons :

En 1805, en Allemagne, les dragons avaient profondément déçu l’Empereur : ils ne savaient combattre convenablement ni à pied ni à cheval. Leur défaillances étaient dues à des officiers qui, par désir de briller, avaient inconsidérément compliqué les exercices ; et cela n’avait produit sur le terrain que désordre et confusion.

Toutefois, à Wertingen [12], le 8 octobre, les dragons se rachetèrent brillamment : ils conquirent pied à pied toutes les maisons du village, préludant ainsi à la prise d’Augsbourg [13].

Napoléon en fut tellement impressionné qu’il admit, l’année suivante, un régiment de dragons dans sa Garde.

Envoyés en Espagne ou ils achevèrent de s’aguerrir, les dragons acquirent une telle réputation que leur rappel en France, lors des désastres de 1814, fut considéré comme le dernier espoir de salut.

A Nangis [14] et à Provins [15], l’impétuosité de leurs charges fit reculer l’envahisseur, mais leurs efforts héroïques ne purent détourner la marche inexorable du Destin. Il y eut 30 régiments de dragons pendant les guerres napoléoniennes.

En fait d’armement, le dragon était doté du sabre droit, d’un pistolet et d’un fusil du modèle 1777 plus court que celui de l’infanterie (1,41m), sur lequel s’adaptait une baïonnette.

Les chevau-légers lanciers :

Tard venus dans l’armée impériale, les chevau-légers français avaient été créées le 18 juin 1811.

Les premiers contacts avec les Cosaques [16] avaient montré à Napoléon que leur arme, la lance, manquait encore à son armée. Il avait alors levé, en Pologne, trois régiments de lanciers et avait ensuite étendu cette innovation à l’armée française en adjoignant aux cuirassiers six régiments de chevau-légers lanciers, composés de soldats tirés des régiments de dragons.

La lance ainsi introduite dans la panoplie de la Grande Armée mesurait 2,75m de long.

Le sabre de cavalerie légère, un pistolet et un mousqueton ajouté à la lance constituaient une lourde et encombrante charge pour le cavalier, qui ne manquait pas de se débarrasser soit de sa lance, soit de son mousqueton à la première occasion.

Apparus aux mauvais jours, les élégants chevau-légers entrèrent dans la légende avec la campagne de Russie, pour finir à Waterloo, mêlés aux cuirassiers dans des charges frénétiques, désespérées et inutiles.

Les hussards :

Au nombre de 13 en 1793, les régiments de hussards avaient successivement été réduits à 12 régiments en 1799 puis à 10 en 1803. En 1810, le 11ème régiment de hussards fut créé à partir d’un régiment de hussards hollandais.

La témérité et l’audace des hussards éclaircissaient rapidement leurs rangs. Ainsi le 10ème régiment, qui s’était vu attribuer 25 croix de la Légion d’honneur par l’Empereur à la veille de la bataille de Lützen [17] en 1813, ne comptait plus dans ses rangs, à l’appel du lendemain soir, que 5 de ses nouveaux décorés !

Comme armes, le hussard avait le sabre de l’An IV et le mousqueton du modèle 1786.

Les chasseurs à cheval :

Forts de 24 régiments en 1804, moins les 17ème et 18ème vacants, les chasseurs à cheval s’augmentèrent par la suite de 7 nouveaux régiments.

Cavaliers légers, les chasseurs avaient pour mission d’éclairer le terrain, de surveiller l’ennemi, de surprendre ses avant-postes et ses convois. Ils n’hésitaient pas à charger les carrés ennemis et s’illustrèrent sur tous les champs de bataille.

L’armement comprenait un sabre courbe de cavalerie légère, modèle An II, un mousqueton long de 1,11 m et des pistolets.

La gendarmerie :

C’est en Espagne, de 1808 à 1814, que l’organisation de la gendarmerie prit la consistance militaire qui devait la rendre à jamais célèbre.

La petite gendarmerie d’Espagne y donna maints exemples de son courage et de sa discipline.

Elle rentra en France en 1814 pour prêter main-forte à la vieille armée qui tentait d’endiguer l’invasion des Coalisés, et comme les dragons, se distingua à Nangis puis à Montereau [18].

L’armement se composait d’un sabre de cavalerie légère et d’un mousqueton.

Ce corps eut pour tâche aussi de traquer les réfractaires au service militaire, qui se faisaient plus nombreux d’année en année et tentaient de se cacher dans les campagnes.

L’artillerie

L’artillerie napoléonienne se composait de pièces de 4, 8 et 12 livres ( [19]) et d’obusiers de 6 pouces. C’était, à quelques modifications près, l’artillerie mise au point par l’ingénieur Gribeauval en 1776.

Les projectiles étaient, pour les canons, des boulets pleins en fonte de fer, aussi dangereux par ricochets que par impact direct. La portée efficace était de 500 à 900 mètres selon le calibre, mais la pièce de 4 se révélait encore dangereuse à 1250 mètres et celle de 12 jusqu’à 1800 mètres.

Lorsque l’ennemi était assez proche, les artilleurs utilisaient un autre type de projectile, le biscaïen [20], qui expédiait ses balles à la façon dont un fusil de chasse disperse ses chevrotines. Le boulet était toujours ensaboté [21].

Pour tirer, on introduisait cette espèce de cartouche dans la gueule du canon et on l’y enfonçait en la calant d’un bouchon de paille avec l’aide du refouloir. Par la lumière qui s’ouvrait sur la culasse pour la mise à feu, on crevait la gargousse [22] à l’aide du dégorgeoir, ce qui répandait la poudre dans la culasse. On plaçait alors une mèche dans la lumière et on y mettait le feu. Le personnel nécessaire au service d’une pièce variait, selon son calibre, de 8 à 15 hommes.

Les munitions étaient transportées dans des caissons qui contenaient de 48 à 100 cartouches à boulets et 20 à 50 cartouches à mitraille. Les caissons étaient au nombre de 2 à 5 selon le calibre de la pièce. En outre, chaque canon disposait d’un coffret d’affût ou 9 à 18 cartouches à boulet lui permettaient de faire face à toute éventualité en attendant l’arrivée de ses caissons.

L’obusier tirait des projectiles sphériques creux, remplis de poudre et dotés d’une fusée dont la longueur déterminait l’explosion en l’air ou au sol. Ces obus étaient particulièrement utiles pour l’incendie et la destruction des maisons transformées en fortins par l’adversaire. Le rythme de tir de toute cette artillerie était de 1 ou 2 coups à la minute.

A côté de cet arsenal mobile venaient les pièces de l’artillerie de place et des côtes, qui alignait des canons de 10 et 12 pouces.

L’artillerie de campagne était tractée par des chevaux que conduisaient les soldats du train, à raison de quatre chevaux par pièce.

Les soldats du train d’artillerie constituaient par définition un corps passif, astreint à la dépendance, qui assistait aux batailles plutôt qu’il n’y participait. Le stoïcisme de ces soldats tranquilles et méprisant le danger leur valut une réputation de bravoure qui n’était certes pas usurpée.

A la fin de l’Empire, ils formaient 26 bataillons. Napoléon, qui ne disposa jamais de tous les canons qu’il avait souhaités, ne cessa jamais d’augmenter de son mieux cette artillerie qui devait compenser à ses yeux la diminution de valeur de son infanterie, dont les vieux soldats disparaissaient, dévorés par les campagnes successives.

L’artillerie comptait 300 compagnies dans les derniers temps de l’Empire, ayant chacune 6 ou 8 pièces. Elles se répartissaient entre les 9 régiments à pied et les 6 régiments à cheval.

L’artilleur à pied était armé d’un fusil court avec baïonnette. L’artilleur à cheval lui disposait de l’armement de cavalier léger.

Les pontonniers – le génie

Issus, eux aussi, de l’artillerie, les mineurs passèrent dans le corps du génie en 1793 sur la proposition de Carnot , créateur des 14 armées de la République. Un décret impérial porta les compagnies de mineurs à 16 et les constitua en 2 bataillons.

Pour peu nombreux qu’ils étaient, les mineurs surent suppléer au nombre par une activité, une ingéniosité redoutable. La guerre d’Espagne leur donna maintes occasions de prouver leur valeur et leur intrépidité, notamment au siège de Saragosse en 1808/1809 [23].

Bien qu’ils avaient le même uniforme, les sapeurs formaient un corps à part de celui des mineurs dans l’armée du génie. Ils comptaient 5 bataillons en 1813. Les sapeurs portaient, pendant les sièges, un casque et une cuirasse renforcés. Un décret impérial de 1810 créa une compagnie du génie attachée à la Garde.

Le train du génie avait été créé en 1806. Le train des équipages fus mis sur pied en 1807 et remplaça avantageusement les entrepreneurs civils, qui laissaient trop souvent l’armée dépourvue des mille choses nécessaires à son entretien.

A côté de ces corps peu connus, sinon des spécialistes, il en existait une quantité d’autres dont on parle moins encore et qu’il nous paraît intéressant de citer, notamment les vétérinaires.

Il y avait encore les ouvriers d’administration et le corps militaire des douanes, dont les hommes rendirent maints service dans les dernières guerres, après avoir été organisés provisoirement en bataillons sous les ordres des officiers généraux commandant les frontières de la France. Aussi peu connus sont les services des poudres et salpêtres et de la poste militaire.

Les vieux soldats, usés, affaiblis et déclarés inaptes au service en campagne, étaient versés dans les compagnies de vétérans. Inutiles, ils étaient une charge pour l’Etat, et ces hommes qui avaient concouru à la gloire de l’Empire voyaient l’administration réduite de jour en jour le maigre budget qui leur était alloué.

En ce qui concerne l’infanterie et les ouvriers de la Marine furent absorbés par les régiments de ligne en 1812

Notes

[1] L’École de Mars est une école dispensant un enseignement militaire et civique pendant la Révolution française qui fut installée aux Portes de Paris et du Bois de Boulogne. Elle fut également nommée le « Champ de Mars ». Créée par décision de la Convention nationale du 13 prairial an II (1er juin 1794), l’École de Mars est installée dans la plaine des Sablons, à Neuilly-sur-Seine, aux portes de Paris. Elle doit recevoir de jeunes citoyens, six par district, choisis parmi les fils de sans-culottes. Il est prévu qu’ils y reçoivent une instruction militaire, afin de fournir les cadres de l’Armée, mais aussi qu’ils soient formés1 « à toutes les vertus républicaines.

[2] Le 1er régiment d’artillerie est le plus vieux régiment d’artillerie de l’armée de terre française, créé sous l’Ancien Régime en 1671. Il est actuellement basé à Bourogne (territoire de Belfort), au sein de la 1re Division. Le 4 février 1671 : Création du Régiment des Fusiliers du Roi, chargé spécifiquement du service des canons dans l’armée royale. En 1693 : dénommé Royal-Artillerie. En 1765 : L’artillerie royale est réorganisée : les sept bataillons du régiment Royal-Artillerie donnent naissance à sept nouveaux régiments d’artillerie. Le 1er bataillon devient le « Régiment de La Fère » et conserve le rang et les traditions du Royal-Artillerie. Le 1er septembre 1785 : Napoléon Bonaparte entre dans les rangs du régiment en tant que lieutenant en second. En 1791 : 1er régiment d’artillerie. La Révolution supprime les dénominations de l’ancien régime, les régiments sont numérotés. Le numéro 1 est attribué au régiment, en fonction de son ancienneté.

[3] Le grade de général de brigade, brigadier général, brigadier-général ou brigadier est un grade militaire de certaines armées, le premier dans l’ordre des officiers généraux pour une armée de terre ou une force aérienne. Cependant, certaines armées ne considèrent pas le grade de brigadier comme étant un grade de général même si celui-ci se situe au même niveau hiérarchique. Il se situe généralement après celui de colonel et avant celui de général de division ou de major général en suivant l’ordre hiérarchique croissant.

[4] Général de division ou divisionnaire est un grade d’officier général dans plusieurs armées. Il correspond aux grades de major général et général-major dans d’autres armées. Il commande généralement une division. Il convient de noter que, dans certains pays d’Amérique latine, comme le Brésil et le Chili, le général de division correspond au grade de lieutenant général.

[5] L’armée de l’Intérieur est une dénomination donnée deux fois à une armée de la Révolution française, une première fois en 1792/1793 et une seconde fois en 1795/1796

[6] Depuis la création du titre, en 1185, il y a eu 342 maréchaux de France. L’office de maréchal n’est devenu militaire que depuis le début du 13ème siècle. À son origine, le maréchal de France n’a qu’un rôle d’intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du 13ème siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185. Après l’abolition de l’office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l’armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu’il confie au plus prestigieux de ses maréchaux. Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l’ordre dans les campagnes, par l’intermédiaire des prévôts des maréchaux, d’où l’appellation de « maréchaussée » donnée à l’ancêtre de la gendarmerie. Jusqu’en 1793, date de l’abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.

[7] Un Adjudant-général est un officier supérieur de l’administration des armées. L’adjudant-général était en France pendant les guerres révolutionnaires un officier de grade supérieur à celui de colonel qui exerçait des fonctions administratives ou d’état-major dans les divisions de l’armée. Ces officiers portaient une étoile comme insigne. En 1800, le grade fut retitré « adjudant-commandant », la plupart des adjudants-généraux ayant en effet tendance à se faire appeler « généraux » tout court, et il ne survécut pas au Premier Empire.

[8] La bataille de Montmirail se déroule le 11 février 1814 lors de la campagne de France. Elle oppose l’armée française de Napoléon 1er aux troupes russes du général Osten-Sacken et prussiennes du général Ludwig Yorck von Wartenburg. L’affrontement se solde par une victoire française.

[9] La bataille de Waterloo se déroule le 18 juin 1815, en Belgique, à vingt kilomètres au sud de Bruxelles, dans l’actuelle province du Brabant wallon. Cette bataille a opposé l’armée française dite Armée du Nord, dirigée par l’empereur Napoléon 1er, à l’armée des Alliés, dirigée par le duc de Wellington et composée de Britanniques, d’Allemands (contingents du Hanovre, du Brunswick, du Nassau) et de Néerlandais (unités belges et hollandaises), rejointe par l’armée prussienne commandée par le maréchal Blücher. Elle s’est achevée par la défaite décisive de l’armée française.

[10] L’an XI du calendrier républicain correspond aux années 1802 et 1803 du calendrier grégorien. Cette année a commencé le 23 septembre 1802 et s’est terminée le 23 septembre 1803.

[11] La campagne de Russie, également connue en Russie comme la guerre patriotique de 1812, est une campagne militaire menée par l’Empereur Napoléon 1er désignant l’invasion française de la Russie impériale en 1812. Elle a pour principale cause la levée par Alexandre 1er de Russie, du blocus continental imposé par Napoléon à toute l’Europe depuis 1806, contre le Royaume-Uni. Jusqu’à la prise de Moscou, face à une armée impériale russe inférieure en nombre au début de l’invasion, l’avantage est aux forces napoléoniennes. Mais le prince russe Mikhaïl Koutouzov, général en chef, relève le moral de son armée et l’encourage à mener une contre-offensive, en organisant le harcèlement de la Grande Armée lors de la retraite française. C’est ainsi que les maladies, l’hiver, mais aussi les soldats et la population russes, sont responsables de la défaite de Napoléon en Russie.

[12] La bataille de Wertingen, qui eut lieu le 16 vendémiaire an XIV (8 octobre 1805), opposa les armées françaises et autrichiennes lors de la Troisième Coalition, qui marqua l’apogée des guerres napoléoniennes. Le feld-maréchal-lieutenant von Auffenberg se retrouva seul et isolé à Wertingen lorsqu’il eut la surprise de voir les armées françaises sous les ordres des maréchaux Joachim Murat et Jean Lannes, l’attaquer avec 12 000 hommes. Avec seulement 5 500 hommes à sa disposition, il ne pu à aucun moment opposer une sérieuse résistance aux Français. À la fin de la bataille, Franz Xaver von Auffenberg avait perdu la moitié de ses hommes, la plupart ayant été capturés.

[13] Augsbourg est une ville allemande située dans le Land de Bavière, en Souabe bavaroise, sur la Route romantique. En 1806, à la suite du traité de Presbourg et la disparition du Saint Empire romain germanique, Augsbourg perd son indépendance et est annexée au royaume de Bavière. En 1817, la ville devient la capitale administrative de l’Oberdonaukreis, puis en 1837 du district de Souabe et de Neuburg. Le 28 avril 1945, la ville est conquise par des unités de la VIIe Armée US.

[14] Nangis est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne. Les Russes y furent battus le 17 février 1814 par François Étienne Kellermann et Étienne Maurice Gérard.

[15] Provins est une commune française située à 77 kilomètres au sud-est de Paris, sous-préfecture du département de Seine-et-Marne. Ancienne capitale des comtes de Champagne. Témoignant déjà d’une certaine importance, dès le début du 9ème siècle, Charlemagne y envoie ses missi dominici. Autre preuve d’un rôle majeur : Provins frappe sa propre monnaie, le denier provinois. Provins est devenue à cette époque la 3ème ville de France, après Paris et Rouen. Provins fut au Moyen Âge l’une des villes abritant les plus grandes foires de Champagne, lorsque la ville était sous la protection des comtes de Champagne. C’est sûrement cette période qui laissa le plus de traces sur Provins.

[16] Cosaque, est le nom donné à un groupe de populations en majorité slaves d’Europe orientale adjacente au Caucase et à l’Asie et autrefois au domaine ottoman. Opprimés par les féodaux polonais qui colonisaient progressivement le pays, les cosaques se révoltent et l’État dut sans cesse batailler pour les contenir, tout en les contentant afin de pouvoir les utiliser. Le plus célèbre de ces soulèvements, fut celui de 1648 conduit par Bogdan Khmelnitski. Il aboutira à la création de l’Hetmanat, un État cosaque sous la férule de la Pologne, et à la création des cosaques de la région « slobodienne » (slobodskaïa), des hommes positionnés à l’est de l’Ukraine dès 1620 et qui, hors de l’Hetmanat proprement dit, décidèrent de passer sous le contrôle du tsar. Plus tard, l’Hetmanat se scinda en rive Gauche et rive Droite du Dniepr, respectivement contrôlées par la Russie et la Pologne. Le côté polonais fut rapidement dissous, tandis que le côté russe, qui garda seul le nom d’Hetmanat, fut supprimé par Catherine II en 1775.

[17] La bataille de Lützen, aussi appelée par les historiens allemands bataille de Großgörschen, a lieu le 2 mai 1813, lors du retour de l’armée napoléonienne après le désastre de la campagne de Russie. Wittgenstein attaque une colonne avancée de Napoléon près de Lützen, afin de reprendre la ville de Leipzig. Après une journée de combats intenses, les forces prussiennes et russes battent en retraite. L’absence de cavalerie empêche les Français de les poursuivre.

[18] La bataille de Montereau eut lieu le 18 février 1814 à Montereau (en Seine-et-Marne) et s’est soldée par une victoire des Français commandés par Napoléon sur les Autrichiens et les Wurtembergeois commandés par le Prince royal de Wurtemberg.

[19] poids du boulet

[20] ou boîte à mitraille

[21] c’est-à-dire fixé à un sabot de bois cylindrique qu’on glissait dans un sachet en serge contenant la gargousse pleine de poudre

[22] Une gargousse ou gargouge est une charge propulsive d’artillerie (sous forme de poudre noire, puis de cordite ou de plaquettes en nitrocellulose) conditionnée dans une enveloppe de tissu, de papier ou de parchemin. Le diamètre de la gargousse correspond au calibre de l’arme ; elle peut être encartouchée en l’attachant à son projectile (boulet, boîte à mitraille ou obus). À partir de la fin du 19ème siècle, les gargousses sont progressivement remplacées par les douilles métalliques. La gargousse contenant la charge explosive sous forme de sachets, plusieurs sachets et deux qualités de poudre permettent de modifier facilement la portée du tir.

[23] Siège de Saragosse (1809). Le Second siège de Saragosse est le deuxième et dernier siège de cette ville pendant la Guerre d’Espagne. Il est régulièrement considéré comme une des batailles les plus brutales des guerres napoléoniennes, et souvent comparé à la bataille de Stalingrad en raison des similitudes entre les combats de rues extrêmes qui ont eu lieu lors de ces deux sièges. Se mettant à l’abri après la défaite de Tudela, l’armée aragonaise s’enferme avec les habitants de la ville et des alentours, afin de résister comme durant le premier siège à l’armée française. Le commandement français, face à la résistance des assiégés, est contraint d’être modifié plusieurs fois : les maréchaux Ney, Moncey, Mortier, le général Junot et enfin le maréchal Lannes se succèdent à la direction des opérations. La ville, qui ne pourra pas être secourue comme précédemment, doit néanmoins se rendre à l’armée française au bout de deux mois de siège.