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L’histoire pour le plaisir

Albert III de Namur

samedi 6 juin 2020, par ljallamion

Albert III de Namur (vers 1027-)

Comte de Namur de 1063 à sa mort

Fils d’ Albert II , comte de Namur [1], et de Regelinde de Verdun ou de Lotharingie [2].

Il épouse vers 1065 Ida de Saxe veuve de Frédéric de Luxembourg, duc de Basse Lotharingie [3] et qui semble être fille de Bernard II, duc de Saxe [4].

De 1071 à 1072, il aide Richilde de Hainaut, comtesse de Flandre [5] et de Hainaut [6] à lutter contre Robert le Frison, mais la comtesse est battue et doit renoncer à la Flandre.

En 1076, soutenu par Mathilde de Toscane, il revendique le duché de Bouillon [7], estimant avoir des droits par sa mère, et combat contre Godefroy de Bouillon pour faire valoir ses prétentions. Pendant une bataille près de Dalhem, il tue lors d’un combat singulier le comte palatin Hermann II de Lotharingie le 20 septembre 1085, ce qui le fait tomber en disgrâce chez l’empereur allemand.

Finalement, avec la Trêve de Dieu de 1086, l’évêque de Liège [8] réussit à faire conclure la paix entre les belligérants, au profit de Godefroy.

En 1099, l’évêque Otbert de Liège lui donne le comté de Brunengeruz [9]. Il apparaît encore dans un diplôme de 1101 associé à son fils Godefroi Ier de Namur , tandis que ce dernier apparaît seul en 1105.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de J. Borgnet, « Albert III », Académie royale de Belgique, Biographie nationale, vol. 1, Bruxelles,‎ 1866

Notes

[1] Pendant plus de cinq siècles (de av. 907 à 1421) le comté de Namur était une possession territoriale héréditaire quasi autonome, mais relevant en droit du Saint Empire romain germanique. Au cours de l’histoire, quatre maisons l’ont gouverné. Chronologiquement, la maison de Namur (946-1196), la maison de Hainaut (1196-1212), la maison de Courtenay (1212-1263) et la maison de Flandre (1263-1429). Après la vente en viager du comté à Philippe le Bon par Jean III en 1421, le titre de "comte de Namur" se maintiendra jusqu’à la révolution française mais il ne sera plus porté, en plus de très nombreux autres titres, que par les descendants des ducs de Bourgogne.

[2] La Lotharingie désigne le royaume de Lothaire II du latin Lotharii Regnum, arrière-petit-fils de Charlemagne. Il fut constitué en 855. Après sa mort, elle fut l’enjeu de luttes entre les royaumes de Francie occidentale et de Francie orientale, avant d’être rattachée au Saint Empire romain germanique en 880. Il devint un duché au début du 10ème siècle. Dans la deuxième moitié du 10ème siècle, le duché fut scindé en un duché de Basse Lotharingie et un duché de Haute Lotharingie, qui deviendra la Lorraine.

[3] Le duché de Basse Lotharingie est la partie nord de la Lotharingie. Avec le temps, il sera appelé duché de Lothier. Ce duché est créé en 959, en même temps que la Haute Lotharingie, de la division du duché de Lotharingie. C’est Brunon de Cologne qui procède au partage et donne la Basse Lotharingie au vice duc Godefroy. La Basse Lotharingie telle qu’elle a été instaurée à cette époque n’empiétait pas au sud sur les territoires du diocèse de Trèves. L’ancienne Frise y était encore comprise. La Basse Lotharingie s’étendait donc de l’Escaut à l’Ems et de la mer du Nord jusqu’à l’extrémité méridionale de la province de Cologne.

[4] Le duché de Saxe était un duché médiéval couvrant la plus grande partie du nord de l’Allemagne. Il s’étendait sur les états allemands contemporains de Basse-Saxe, Rhénanie-du-Nord-Westphale, Schleswig-Holstein, Saxe-Anhalt et des parties de la Saxe. Le duc Henri le Lion occupa la région déserte de Mecklembourg Poméranie occidentale. Les Anglo-Saxons avaient quitté cette dernière zone pour l’Angleterre.

[5] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).

[6] Le comté de Hainaut ou Hainau –est un ancien comté qui relevait du Saint Empire romain germanique, qui se trouvait en bordure du royaume de France.

[7] La seigneurie, ensuite duché de Bouillon est un petit État situé entre le Luxembourg, la Champagne et le gouvernement de Metz, il était formé de la ville de Bouillon et du territoire environnant. Il s’est formé par démembrement du comté d’Ardenne. Sous beaucoup d’aspects, Bouillon était un duché souverain, bien que tout petit. Avec une superficie de 230 km² légèrement supérieure à celle du Liechtenstein et une population d’environ 2500 habitants en 1789

[8] La principauté épiscopale de Liège était un État du Saint Empire romain, compris dans le Cercle de Westphalie, ayant pour capitale la ville de Liège. C’est en l’an 985 que naît la principauté épiscopale. C’est à cette date que Notger, déjà évêque de Liège depuis 972, devient prince-évêque en recevant le comté de Huy. Cet État a existé pendant plus de 800 ans, jusqu’à la révolution liégeoise en 1789.

[9] Le Brunengeruz ou Brugeron est un ancien comté situé dans l’actuelle Belgique. Il est également parfois appelé comté de Hoegaarden. Il était à l’origine compris dans le pagus de Hesbaye et s’étendait de Tirlemont jusqu’à la Dyle et aux portes de Louvain, de Binkom et Glabbeek jusqu’à Opheylissem, Zétrud, Hoegaarden, Mélin, Roux-Miroir, Chaumont-Gistoux. L’église de Liège, désireuse de s’agrandir, réussit à se faire octroyer tous les droits régaliens que l’on qualifiait de comitatus sur ce territoire. C’est vraisemblablement Alpaïde, épouse de Godefroy de Basse-Lotharingie, qui légua le Brunengeruz à l’église Saint-Lambert.