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L’histoire pour le plaisir

Agnodice ou Hagnodice

samedi 21 mars 2020, par ljallamion

Agnodice ou Hagnodice

Issue de la haute société athénienne, elle se déguisa en homme pour suivre les cours de médecine du célèbre médecin Hérophile . Vers 350 av. jc, elle passa brillamment l’examen et devient gynécologue, mais sans révéler qu’elle était une femme.

Bientôt les patientes affluèrent à son cabinet, tant et si bien que les autres médecins, jaloux, firent courir le bruit que ce confrère profitait de sa situation pour séduire les femmes mariées qu’on voyait s’abandonner, sans réserve, à ses soins.

Pour se disculper, Agnodice se vit alors contrainte de révéler son sexe devant les juges de l’Aréopage [1] : elle releva sa tunique et montra qu’elle était une femme. Les juges l’accusèrent alors de violer la loi athénienne, en pratiquant une branche de la médecine interdite aux femmes.

Agnodice risquait une lourde condamnation. Mais la reconnaissance et l’intérêt personnel poussèrent les épouses des principaux citoyens à s’unir pour prendre sa défense. Elles arguèrent notamment du fait que les femmes préféraient se laisser mourir plutôt que de recourir à un médecin homme. Les magistrats acquittèrent Agnodice et lui permirent de continuer à exercer la médecine. L’année suivante, une loi qui autorisait les femmes à étudier et pratiquer la médecine fut promulguée.

La réalité historique du personnage d’Agnodice est contestée, mais certains considèrent son existence comme vraisemblable

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de « Agnodice, gynécologue », dans Pénélope Bagieu, Culottées : des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, vol. 1, Paris, Gallimard bande dessinée, 2016 (ISBN 978-2-07-060138-7, notice BnF no FRBNF45163114

Notes

[1] L’aréopage avait un pouvoir judiciaire à Athènes lors de la démocratie (-500 à -300) il était formé de 9 anciens archontes. Originellement, l’Aréopage était un conseil puissant, composé des citoyens ayant rempli avec le plus de brio les magistratures les plus importantes. Cependant, une réforme de 461 av.jc limita très fortement son pouvoir en le circonscrivant au domaine judiciaire (on parla alors du tribunal de l’Aréopage). Toutefois, de temps à autre, il pouvait retrouver son rôle de conseil, mais simplement sur un plan moral. Il n’est pas étonnant que, dans les débats politiques sur le meilleur gouvernement qui fleurissent dès la fin du 5ème siècle, de nombreux auteurs opposés à la démocratie pure (Platon, Thucydide, Aristote) aient voulu valoriser le rôle de cette institution plutôt oligarchique. L’Aréopage siégeait la nuit : on n’y permettait aucun artifice oratoire pour émouvoir ou attendrir les juges.