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L’histoire pour le plaisir

Teuta

lundi 17 février 2020, par ljallamion

Teuta

Personnalité illyrienne du 3ème siècle av. jc-Considérée comme reine de la tribu des Ardiaei de 231 à 228 av. jc

Royaume des Ardiaei sous le règne d'Agron.Elle succède à Agron d’Illyrie et devient régente pour son jeune beau-fils Pinnes d’Illyrie . Des actes de piraterie illyriens [1] en mer Adriatique mènent à la première guerre d’Illyrie [2] contre la République romaine en 229-228 av. jc. Teuta est contrainte de signer une paix très dure, les grandes tribus illyriennes et trois cités grecques deviennent clientes de Rome.

Elle est la seconde épouse d’Agron d’Illyrie qui règne sur les Ardiaei [3] d’environ 250 à 231/230 av. jc. Au cours du règne de ce dernier, le royaume devient l’un des plus puissants États de la région, non seulement à l’échelle de l’Illyrie, mais aussi à celle des Balkans.

Agron réussit à étendre son pouvoir sur de nombreux peuples et villes des régions adriatiques et ioniennes [4], dont peut-être certaines villes grecques. Il devient célèbre par sa victoire décisive sur les Étoliens [5] vers 232-231 av. jc, l’Étolie étant pourtant l’une des principales puissances politiques et militaires de Grèce de l’époque.

Agron meurt vers 231/230 av. jc et c’est son jeune fils d’une première épouse, Pinnes d’Illyrie, qui lui succède. Teuta devient alors régente.

Elle hérite donc du royaume des Ardiaei, qui comprend une partie importante de l’Illyrie, même si son ampleur exacte reste inconnue. Elle agit comme régente pour son jeune beau-fils Pinnes dont le siège royal se situe à Rhizon dans le golfe de Kotor [6].

Le royaume de Scodra [7] vise à s’étendre sur l’ensemble du littoral dalmate [8]. Les Illyriens se lancent à l’attaque de l’Élide [9] et la Messénie [10], faisant des raids contre les villes côtières et se retirant avant que les renforts puissent arriver. Les Illyriens s’emparent bientôt de Dyrrachium [11], qu’ils fortifient, puis de Phœnicè [12] après avoir rallié la garnison gauloise pour piller la ville. Une armée épirote [13] de renfort est écrasée par les Illyriens. Ils finissent par traiter avec leurs ennemis, qui reçoivent le secours des Étoliens et des Achéens [14]. Ils libèrent la ville à la suite d’une trêve contre un tribut et se retirent sur leurs terres.

Alors que ses navires illyriens sont au large de la côte de Onchesmos [15], ils interceptent et pillent des navires marchands de la République romaine. Les forces de Teuta étendent leurs opérations plus au sud de la mer Ionienne, attaquant les voies commerciales entre la partie continentale de la Grèce et les villes gréco-romaines d’Italie. Des citoyens romains sont capturés et réduits en esclavage.

D’un autre côté, Rome a assuré l’hégémonie et la sécurité de mers entourant l’Italie et ne peut pas ignorer les provocations constantes des Illyriens. En outre, le Sénat a intérêt à protéger les colonies côtières romaines de Rimini [16] et Brindisi [17], pour ne pas inquiéter la population locale, et éviter une rébellion contre les Romains. Les pirates illyriens ayant la mainmise sur la mer Adriatique, Rome estime qu’elle est obligée d’intervenir militairement contre eux.

En 230 av. jc, le Sénat romain décide donc d’envoyer une ambassade à Teuta dans la ville de Scodra afin de solliciter réparation et d’exiger la fin de toutes les raids pirates.

Il semble que l’un des deux ambassadeurs présents s’adresse à la reine de manière si irrespectueuse que Teuta ordonne à ses hommes de saisir le navire des envoyés romains alors qu’ils embarquent pour le retour. Un des ambassadeurs est exécuté tandis que l’autre est mis en captivité. Ce crime est considéré à Rome comme une déclaration de guerre. Rome profite aussi de l’occasion pour porter secours aux Grecs et s’immiscer dans les affaires du monde grec.

En l’an 229 av. jc, après un vote des comices centuriates [18], Rome déclare la guerre aux Illyriens. C’est la première guerre d’Illyrie.

Une armée composée d’environ 20 000 soldats et 2 000 cavaliers ainsi qu’une flotte de 200 navires sont envoyées à la conquête de Corcyre [19]. Les deux consuls romains sont Lucius Postumius Albinus et Cnaeus Fulvius Centumalus.

Alors que Rome organise sa campagne, la reine Teuta s’allie aux Épirotes, pourtant vaincus l’année précédente, et les Arcaniens. Elle lance une importante expédition sur Corcyre et Épidamne. Les Illyriens échouent devant la deuxième et mettent le siège devant la première. Celle-ci s’est alliée aux confédérations achéenne et étolienne. Corcyre capitule et les Illyriens tentent une nouvelle fois de s’emparer d’Épidamne avant de mettre le siège devant Isa [20].

C’est Démétrios de Pharos qui reçoit le commandement de Corcyre pour faire face aux Romains. Né dans la colonie grecque de Pharos [21], il est passé au service des Illyriens, soit dès le règne d’Agron ou alors sous celui de Teuta, et devient d’abord gouverneur de son île natale, devenue vassale des Illyriens. Il commande donc à Corcyre mais se retrouve assiégé sans espoir. Craignant d’avoir perdu la confiance de la reine Teuta, contraint de se rendre sous peu, il trahit ses maîtres et livre la ville aux Romains.

Il sert ensuite de guide aux Romains pour la suite de la campagne. En récompense, ceux-ci lui donnent pour fief Pharos, quelques îles voisines et une partie du littoral illyrien en tant que gouverneur des îles de la Dalmatie.

Dans la deuxième phase, les consuls délivrent Épidamne, débarquent à Apollonia [22] et prennent Isa. L’armée et la flotte romaine procèdent de concert et assiègent finalement Scodra. La reine Teuta, effrayée par la rapidité des soldats de Rome, cherche à faire la paix et accepte un traité honteux.

Les exigences romaines imposées aux Illyriens sont sévères. La reine Teuta est contrainte de libérer les cités grecques et dalmates, notamment Corcyre, Apollonie et Dyrrachium, de payer un tribut annuel à Rome, et de s’engager à veiller à ce qu’aucun navire de guerre illyrien et pas plus de deux navires marchands n’aillent plus loin que Lissos [23]. Les Romains permettent cependant à Teuta de continuer à régner sur un royaume réduit et affaibli.

On ne sait rien sur le reste de sa vie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du livre de Joan Druett, She Captains : Heroines and Hellions of the Sea, Barnes & Noble Books, 2005 (ISBN 0760766916,

Notes

[1] L’Illyrie est un royaume des côtes de la rive orientale de l’Adriatique, correspondant à peu près à l’Ouest de la Croatie, de la Slovénie et de l’Albanie actuelle. Les Illyriens apparaissent vers le 20ème siècle av. jc. C’est un peuple de souche Indo-Européenne qui comprenait des Dalmates et des Pannoniens. Vers -1300 ils s’établissent sur les côtes Nord et Est de l’Adriatique. Les Illyriens sont les premiers avec les Grecs, à s’installer dans les Balkans et constituent un immense Royaume. Au VIIe siècle av. J.-C. et VIe siècle av. J.-C., l’Illyrie subit une forte héllénisation du fait de ses relations avec les Grecs, qui y ont fondé des comptoirs.

[2] La première guerre d’Illyrie est un conflit militaire qui a opposé les Illyriens et la République romaine, entre 230 et 229 av. jc en Illyrie.

[3] Les Ardiaei ou Ardian étaient une tribu illyrienne, résidant sur le territoire de l’Albanie actuelle , du Monténégro et de la Bosnie-Herzégovine entre la côte adriatique au sud, le Konjic au nord, le long de la rivière Neretva et de sa rive droite à l’ouest, s’étendant jusqu’au lac Skadar au sud-est, avec Scodracomme leur capitale.

[4] L’Ionie est une région du monde grec antique située à l’ouest de l’Asie mineure, entre Phocée et Milet. Elle correspond à la région située dans un rayon de 170 km autour de la ville actuelle d’Izmir. Elle emprunte son nom à Ion, ancêtre légendaire des peuples de cette région. C’est en Ionie que se sont développées les premières formes de science de la philosophie en Occident, chez les penseurs appelés Présocratiques. Les côtes ioniennes présentent beaucoup d’avantages économiques : de bons abris naturels facilitant l’établissement de ports pour le commerce avec des communications aisées vers l’arrière-pays, un climat agréable, des vallées ouvertes pour la culture des céréales et l’élevage des chevaux, des plateaux pour l’élevage des moutons, des collines pour les arbres fruitiers et les oliviers. Dans l’Antiquité, elle fédérait douze cités grecques, du continent et des îles : Chios, Éphèse, Érythrée, Clazomènes, Colophon, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Halicarnasse les rejoignit après. Brillant foyer de la civilisation hellénique aux 7ème et 6ème siècle av. jc, elle appartient à une ensemble plus vaste appelé « Grèce d’Asie » ou « Grèce de l’Est ».

[5] L’Étolie est une région de Grèce centrale située au sud de l’Épire et séparée du nord du Péloponnèse par le golfe de Corinthe. Au cours du 4ème siècle av. est formée la ligue étolienne qui renforce l’autonomie et la puissance politique de l’Étolie. L’armée des Étoliens est impliquée dans plusieurs guerres, plusieurs l’opposant à ses voisins d’Acarnanie, d’autres contre des puissances étrangères, comme la guerre lamiaque et les guerres contre la Macédoine.

[6] Les bouches de Kotor ou bouches de Cattaro, en serbe/monténégrin Boka Kotorska, sont une baie de la côte occidentale du Monténégro, débouchant sur la mer Adriatique et formée de quatre golfes que surplombent de hautes montagnes.

[7] Shkodër ou Shkodra est une municipalité du nord-ouest de l’Albanie, la ville principale de la région et au bord du lac du même nom, le plus grand lac des Balkans (d’une surface de 370 km²), près des fleuves Drin, Kir et Buna, où passe la frontière actuelle de l’Albanie avec le Monténégro. Elle abrite le Château de Shkodra, qui se trouve à une hauteur de 130 mètres. vers le 4ème siècle av. jc, Shkodra était le centre d’une tribu d’Illyriens, les Labeates, et deviendra dès 385 la capitale du Royaume d’Illyrie. La ville connut un développement économique important, les premières monnaies datant de 260 av. jc. Ces monnaies ont révélé le nom de la ville à l’époque : Scodrinon. A Shkodra est fondé par le roi Bardylis 1er le dernier royaume d’Illyrie en 385 av. jc, qui unifie le pays et prend la ville pour capitale. Au roi Bardylis 1er succèderont notamment le roi Agron (Illyrie), et sa fille, la reine Teuta qui régna de 231 à 228 av. jc. Shkodra demeurera capitale de l’Illyrie jusqu’à la fin du règne du roi Gentius jusqu’au découpage du royaume par les romains, qui suivit l’occupation de l’Illyrie par Rome. Shkodra devint après ce découpage, et notamment avec les réformes de Dioclétien, le chef-lieu de la Prévalitaine et un centre régional de l’Empire romain. La ville sera traversée par des routes commerciales importantes allant vers la côte dalmate au nord et à travers le fleuve Drin vers l’est Kosovo.

[8] La Dalmatie est une région littorale de la Croatie, le long de la mer Adriatique, qui va de l’île de Pag, au nord-ouest, à Dubrovnik et la baie de Kotor au Monténégro au sud-est.

[9] L’Élide est une région de la Grèce, située à l’Ouest de la péninsule du Péloponnèse sur la mer Ionienne entre la Messénie et l’Achaïe. À l’époque antique, la capitale de l’Élide était Élis. Le sanctuaire sacré d’Olympie, près de la ville de Pyrgos, se trouvait sur son territoire.

[10] La Messénie est une région au sud-ouest de la péninsule du Péloponnèse en Grèce. Elle constitue un district régional de la périphérie du Péloponnèse, dont la capitale est Kalamata.

[11] l’actuelle Durrës

[12] Phoenice était une province de l’Empire romain qui englobe la région historique de la Phénicie. Vers 400 , elle fut divisée en Phoenice propre ou Phoenice Paralia et Phoenice Libanensis , une division qui a persisté jusqu’à ce que la région soit conquise par les Arabes musulmans en 630

[13] Région montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l’Albanie. Épire se traduit par "Continent" en français. Ses habitants sont les Épirotes. Le terme peut désigner plus particulièrement :
- la périphérie d’Épire, l’une des 13 périphéries de la Grèce. Elle est bordée à l’ouest par la Mer Ionienne ; elle est limitrophe au sud-ouest de l’Albanie, au nord de la région de Macédoine de l’Ouest, à l’est de la région de Thessalie. La périphérie (capitale Ioannina (57 000 habitants) est divisée en 4 préfectures : Thesprotie, Ioannina, Arta et Preveza.
- l’Épire du Nord, une région d’Albanie La dynastie des rois éacides du peuple des Molosses y fonda un royaume puissant au 5ème siècle av. jc, avec les autres peuples Chaones, et Thesprôtes. Pyrrhus est un des membres de cette dynastie, ainsi qu’Olympias, la mère d’Alexandre le Grand.

[14] Les Achéens sont probablement l’un des premiers peuples de langue indo-européenne à s’être établi en Grèce continentale. Ils y apparaissent vers 1900 av. jc. Originaires de régions plus septentrionales, et probablement venus des Balkans, ils y arrivent par l’ouest, et s’installent d’abord en Épire, puis descendent en Thessalie. Ils repoussent les anciens habitants, les Pélasges, grâce à leur suprématie militaire, usage de l’épée au lieu du poignard, et surtout du bronze. Ils dominent ensuite les populations de Béotie, d’Attique, et enfin du Péloponnèse, où ils s’arrêtent en Argolide. Dans les épopées homériques, le terme désigne l’ensemble de

[15] Saranda est une municipalité du sud de l’Albanie. Elle est située dans le district de Sarandë et dans la préfecture de Vlorë.

[16] Rimini est une ville d’Italie, capitale de la province de Rimini, dans la région Émilie-Romagne. Située sur le littoral adriatique, entre l’embouchure de la Marecchia (l’Ariminus des Romains) et l’Ausa (Aprusa en latin), c’est l’une des plus grandes stations balnéaires d’Europe, grâce à ses quelque 15 km de plage sableuse et ses nombreux hôtels. Elle connut une histoire mouvementée après la chute de l’Empire romain d’occident, jusqu’au 13ème siècle où elle passa au pouvoir des princes de Malatesta qui la conservèrent jusqu’en 1528, date à laquelle elle passa au pouvoir des papes. Au 19ème siècle, Rimini s’imposa comme l’un des bastions de la cause de l’unité italienne.

[17] Brindisi est une ville de la province de Brindisi dans les Pouilles en Italie. C’est une ville importante de la côte adriatique, célèbre depuis l’antiquité. Son port en branches de cerf, le seul vraiment protégé de la côte adriatique, en a fait une porte vers l’Orient dès l’époque romaine. Cité grecque à l’origine et capitales des Salentins, Brindisium est conquise par le consul Marcus Atilius Regulus en 267 av., achevant la conquête romaine du sud de l’Italie. Transformée en colonie romaine en -244, elle fut rapidement reliée à Rome par la via Appia, puis par la Via Trajana.

[18] Les comices centuriates sont une assemblée du peuple romain, divisé en groupes censitaires, nommés centuries. Cette assemblée ne peut être convoquée sur le Champ de Mars que par des magistrats dotés de l’imperium. Elle a une vocation initiale militaire pour la constitution des légions et la levée du tributum, et devient sous la République une des assemblées du peuple pour l’élection des magistrats, le vote des propositions de loi et de déclaration de guerre. Son rôle électoral se restreint sous Auguste, puis disparaît.

[19] Corfou ou Corcyre est une île grecque située en mer Ionienne, sur la façade occidentale de la Grèce, à proximité de sa frontière avec l’Albanie. Elle est la capitale de la périphérie des Îles Ioniennes. L’île est connue dans l’histoire de la Grèce antique en tant que cité grecque sous le nom de Corcyre.

[20] Isa fut une colonie grecque située sur l’île de Vis (Croatie). Scymnos de Chio affirme qu’elle fut fondée par des colons de Syracuse

[21] L’île de Pharos était une île d’Égypte où fut édifié le phare d’Alexandrie. Rattachée au continent, elle forme aujourd’hui une péninsule où se trouve une partie du port et du centre-ville d’Alexandrie. Le terme « phare » a pour origine le nom de l’île

[22] Apollonia d’Illyrie est une ancienne cité grecque située en Illyrie (actuelle Albanie), située sur la rive droite de la Vjosa, près de l’actuel village de Pojani. La cité a été un temps la possession de Pyrrhus d’Épire avant de tomber dans le giron de la République romaine en 229 av. jc, à laquelle elle demeura loyale et en fut notamment récompensée lors de la défaite en 168 av. jc de Gentius, dernier roi d’Illyrie. En 148 av. jc Apollonia fut intégrée à la province romaine de Macédoine, avant d’être rattachée à celle d’Épire. Lors de la guerre civile opposant Pompée à Jules César, elle prit position pour ce dernier, mais tomba contre Marcus Junius Brutus en 48 av. jc, allié de Pompée. Le futur empereur romain Auguste étudiait à Apollonia en 44 av. jc sous la tutelle d’Athénodore le Cananite lorsqu’il apprit la nouvelle de l’assassinat de César. Apollonia accrut son opulence sous le gouvernement de Rome et fut mentionnée par Cicéron dans ses Philippiques en tant que magna urbs et gravis, une grande et influente cité.

[23] Lezhë est une municipalité dans le Nord-Ouest de l’Albanie. Elle est le chef-lieu de la préfecture et du district du même nom. Lezhë est également le siège d’un diocèse catholique dont la cathédrale est dédiée à Saint-Nicolas. La ville a été fondée par Denys de Syracuse en 385 av. jc. Aux environs de 335-330 av. jc fut terminée la construction de la forteresse, ce qui fit de Lezhë un des villes la plus protégée de l’Illyrie. Entre 213 et 197 av. jc, Lezhë est attaquée par Philippe V de Macédoine. Au 2ème siècle av. jc, elle est devenue la résidence du roi Gentius. De 229 à 213 av. jc, Lezhë frappe sa monnaie avec le nom « Lisitan ». Le 2 mars 1444, Gjergj Kastriot Skanderbeg, héros national albanais, organise à Lezhë (Alessio) la première réunion de tous les principautés albanaises qui se sont réunis dans la Ligue de Lezhë.