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Omourtag ou Omortag

samedi 3 août 2019, par ljallamion

Omourtag ou Omortag

Knèze de Bulgarie du 13 avril 814 à 831

Omourtag Knèze de BulgarieIl succède à son père Kroum, mort brutalement, et manque d’expérience politique. Les affaires d’État sont gérées par des membres de la famille royale, qui persécutent les chrétiens d’après les sources byzantines.

Le règne d’Omourtag débute par une invasion de l’Empire byzantin, après le rejet de leurs offres de paix. Les Bulgares pénètrent loin au Sud jusqu’à l’actuelle Babaeski [1], mais sont battus en avril 816 par l’empereur Léon V, et Omourtag fuit le champ de bataille avec seulement son cheval.

Omortag conclut une paix de 20 ans avec les Byzantins en 816, gravée sur une colonne encore conservée de nos jours. Les deux souverains promulguent le traité avec les rites de leur adversaire, ce qui scandalise la cour byzantine. Le traité définit la frontière entre les Empires byzantin et bulgare, le statut des tribus slaves, et les conditions d’échange des prisonniers.

Quand Michel II s’empare du trône en 820, le traité de paix est confirmé, et Omourtag aide l’empereur à abattre la rébellion de Thomas le Slave en 823 ou 824.

Au même moment, Omourtag se tourne vers le Nord. En 818, les tribus slaves du Timocani, les Abodrites [2], et de Branicevci [3] se rebellent contre l’autorité et les impôts bulgares, avec le soutien de l’empereur franc Louis le Pieux.

En 824 ou 825, Omourtag établit des contacts diplomatiques avec la cour franque pour résoudre ce conflit, mais devant l’absence de coopération des Francs, il lance un ultimatum en 826 et envoie une flotte qui remonte le Danube et reprend le contrôle du sud-est de la Pannonie [4].

À l’intérieur, Omourtag entreprend de vastes constructions, afin de reconstruite Pliska [5], la capitale bulgare détruite par les Byzantins en 811, et de reprendre le développement de centres régionaux, de palais et de fortifications.

Omourtag poursuit les persécutions contre les chrétiens, en particulier les prisonniers de guerre byzantins installés par son père Kroum au nord du Danube. Cette persécution est motivée soit par les destructions des Byzantins en 811, soit par le prosélytisme des chrétiens captifs.

Il déshérite son fils aîné, Enravota ou Voin, qui se montrait favorable au christianisme et fut martyrisé en 849 et devenu Saint. Lui succéda son fils Malamir . Son autre fils Sviniza fut le père de Pressian 1er .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les Princes caucasiens et l’Empire du VIe au IXe siècle, 2006

Notes

[1] Babaeski est une ville et un district de la province de Kırklareli dans la région de Marmara en Turquie.

[2] Les Abodrites (ou Obodrites, Obotrites) sont une confédération tribale slave établie au 6ème siècle dans les régions connues aujourd’hui sous le nom de Holstein et de Mecklembourg, au Nord-Est de l’Allemagne. Sa capitale est Luibice, l’actuelle Lübeck. À partir de 1147, les Abodrites deviennent la cible de croisades avant d’être intégrés au Saint Empire romain germanique en 1164. La confédération abodrite est composée de trois tribus principales : les Wagriens, les Polabes et les Abodrites à proprement parler. Elle est gouvernée par un roi, mais les familles nobles ont un pouvoir très important. Le pays des Abodrites est parfois désigné sous le nom de "Slavonie" ou "Esclavonie" ("royaume éphémère... fondé en 1047 par Gottschalk"

[3] Les Braničevci étaient une tribu slave du haut Moyen Âge qui habitait la région de Braničevo, dans l’actuelle Serbie, au début du 9ème siècle. Ils ont été conquis par le Bulgare Khan Kroum en 805 avec les Timočani et les Obodrites. Le Khan a annexé les territoires qui serviraient de frontière à Rascia et aux Francs, il a remplacé leurs chefs par des administrateurs bulgares. En 818, sous le règne d’ Omurtag, Braničevci et d’autres tribus de la frontière se révoltèrent à cause d’une réforme administrative les privant d’une grande partie de leur autorité locale et se séparant de la Bulgarie.

[4] La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie et de la Serbie. Les habitants originaux sont les Pannoniens, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au 4ème siècle av. jc. Vers 105 apr. jc, Trajan divise la province en Pannonie supérieure à l’ouest et Pannonie inférieure à l’est. Ces qualificatifs ne sont pas seulement déterminés par le sens du cours du Danube, mais aussi par l’éloignement par rapport à Rome en suivant les itinéraires routiers : le voyageur venant d’Italie rencontre d’abord la Pannonie supérieure, puis la Pannonie inférieure. Le Pannonien Maximien est associé au pouvoir en 285. Les tétrarques réorganisent les provinces pour en améliorer l’administration et la défense : la Pannonie inférieure est divisée en deux : au nord la Valeria, du nom de famille de Dioclétien, avec pour capitale Aquincum ; au sud, la Pannonia Secunda, avec pour capitale Sirmium

[5] Pliska est le nom de la première capitale de Bulgarie entre 681 et 893. À cette date, elle fut remplacée comme capitale par Preslav. L’ancienne capitale, après sa disparition, a laissé la place, durant plusieurs siècles, à un village nommé Aboba.