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L’histoire pour le plaisir

Michel Mélissène

dimanche 11 février 2018

Michel Mélissène (mort vers 771)

Aristocrate et général byzantin sous le règne de l’empereur Constantin V

Michel est le premier membre attesté de la famille noble des Mélissène. C’est un favori de Constantin V qui reçoit pour épouse une sœur d’Eudocie, la troisième femme de Constantin V. De ce fait, il devient un parent de l’empereur et il s’assure une position importante au sein de la hiérarchie impériale. Avec sa femme, il a au moins un fils, Théodote Cassitéras Mélissène, qui devient patriarche de Constantinople de 815 à 821 sous le nom de Théodote 1er.

En 766-767, il fait partie d’un important remaniement au sein de l’élite byzantine qui a pour objectif de mettre des pro iconoclastes [1] fiables aux postes d’autorité.

Constantin V nomme Michel comme stratège [2] qui est à l’époque le poste militaire le plus important et le plus puissant de l’Empire byzantin.

En outre, il obtient peut-être le titre de patrice dont Théophane le Confesseur se sert pour le désigner dans sa chronique.

En 771, Michel prend part à une expédition contre un raid abbasside [3] en Isaurie [4]. Toutefois, ses troupes sont lourdement défaites et il est incapable d’empêcher le pillage de la région. Après cet événement, rien n’est connu de lui.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Ilse Rochow, Kaiser Konstantin V. (741–775). Materialien zu seinem Leben und Nachleben, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 1994 (ISBN 3-631-47138-6)

Notes

[1] L’iconoclasme est, au sens strict, la destruction délibérée de symboles ou représentations religieuses appartenant à sa propre culture, généralement pour des motifs religieux ou politiques. Ce courant de pensée rejette l’adoration vouée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L’iconoclasme est opposé à l’iconodulie. L’iconoclasme ou Querelle des Images est un mouvement hostile au culte des icônes, les images saintes, adorées dans l’Empire romain d’Orient. Il se manifesta aux 8ème et 9ème siècles par des destructions massives d’iconostases et la persécution de leurs adorateurs, les iconophiles ou iconodules. Il caractérise également la Réforme protestante.

[2] Dans l’Empire byzantin, à partir du 7ème siècle, un stratège est le commandant d’un thème et de son armée. Il est le détenteur des pouvoirs civils et militaires au sein de cette province. Le terme de monostratège désigne un stratège qui a autorité sur plusieurs thèmes.

[3] Les Abbassides sont une dynastie arabe musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d’un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750. Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n’exercer qu’un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au 10ème siècle, puis des Seldjoukides au 11ème siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une branche de la famille s’installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu’à la conquête de l’Égypte par l’Empire ottoman, en 1517.

[4] L’Isaurie est une ancienne région d’Asie Mineure, située entre la Phrygie au nord, la Cilicie au sud, la Lycaonie à l’est et la Pisidie à l’ouest. Elle était située sur ce qui forme maintenant les monts Taurus en Turquie. Région rebelle à l’autorité grecque d’Alexandre le Grand, des Séleucides et du royaume de Pergame, l’Isaurie est conquise en 76 av jc par le Romain Publius Servilius Vatia Isauricus et fut définitivement incorporée à l’Empire romain en 279/280, sous Probus. Héritée par l’Empire byzantin, dont elle devient une région frontalière avec le monde musulman, elle est le berceau des empereurs byzantins Zénon et Léon III. Elle est conquise par les Turcs Seldjoukides au 11ème siècle et fait successivement partie des sultanats de Roum, de Karaman et de l’Empire ottoman.