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Arioald ou Arivald, Ariwald, Charoald

jeudi 16 novembre 2017

Arioald ou Arivald, Ariwald, Charoald

Roi des Lombards d’Italie de 626 à 636

Noble lombard arien [1], duc de Turin [2], Arioald est pourtant l’époux de la princesse catholique Gondeberge, fille du roi Agilulf et de la reine Théodelinde. Mais il évince bientôt du trône lombard son jeune beau-frère, le roi catholique Adaloald, et prend le pouvoir rétablissant ainsi l’arianisme.

Selon Paul Diacre, Adaloald était devenu fou et, selon la chronique de Frédégaire [3], avait fait exécuter 12 nobles lombards sans aucun motif. La noblesse lombarde décida de se débarrasser d’Adaloald et porta Arioald au pouvoir.

Devenu roi, il fait enfermer sa femme dans un monastère, l’accusant de comploter contre lui avec le duc de Toscane, Tasson, et organise l’assassinat de ce dernier à Ravenne [4], avec la complicité des Byzantins à qui il versera une forte somme d’argent pour le service rendu.

En bonne entente avec les Francs du roi Dagobert, Arioald aide ce dernier dans sa lutte contre le roi Samo de Bohême , à la tête en Europe centrale d’une confédération de tribus slaves.

Selon la chronique de Frédégaire, Dagobert ordonna de lever dans tout le royaume d’Austrasie [5] une armée contre Samo. Trois troupes marchèrent alors contre eux. Les Lombards, à l’appui de Dagobert, s’avancèrent de leur côté. Les Slaves de tous les pays se préparèrent à résister. Une armée d’Alamans [6], commandée par le duc Chrodobert, remporta une victoire dans les lieux où elle entra. Les Lombards remportèrent aussi une victoire, et emmenèrent, ainsi que les Alamans, un grand nombre de captifs slaves.

Arioald combat également les Avars [7] et les repousse lors d’une tentative d’invasion dans le nord-est de l’Italie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Gianluigi Barni, La conquête de l’Italie par les Lombards -VIe siècle- Les Événements. Le Mémorial des Siècles. Éditions Albin Michel, Paris (1975)

Notes

[1] L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, due à Arius, théologien alexandrin au début du 4ème siècle, et dont le point central concerne les positions respectives des concepts de « Dieu le père » et « son fils Jésus ». La pensée de l’arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d’abord humain, mais un humain disposant d’une part de divinité. Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l’arianisme. Il fut dès lors qualifié d’hérésie par les chrétiens trinitaires, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d’un demi-siècle. Les empereurs succédant à Constantin revinrent à l’arianisme et c’est à cette foi que se convertirent la plupart des peuples germaniques qui rejoignirent l’empire en tant que peuples fédérés. Les wisigoths d’Hispanie restèrent ariens jusqu’à la fin du 6ème siècle et les Lombards jusqu’à la moitié du 7ème siècle.

[2] Le Duché de Turin fut un des duchés institués par les Lombards en Italie. Il y a assez peu d’informations sur son fonctionnement interne ; même la date de création du duché est incertaine bien qu’il remonte probablement au lendemain de l’occupation lombarde de la ville en 569.

[3] On désigne conventionnellement sous le nom de « Chronique de Frédégaire » une compilation historiographique constituée dans la Gaule du Haut Moyen Âge, relevant du genre de la Chronique universelle, et relatant les événements depuis la Création du monde jusqu’au 9 octobre 768 (jour de l’avènement de Charlemagne et de son frère Carloman) dans la version la plus longue.

[4] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.

[5] L’Austrasie désignait durant la période mérovingienne un royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu’aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d’abord Reims, puis Metz. Les habitants de l’Austrasie étaient les Austrasiens. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils. Berceau de la dynastie carolingienne, l’Austrasie disparaît en 751 avec le dernier roi mérovingien pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne.

[6] Les Alamans ou Alémans étaient une confédération de tribus germaniques principalement suèves établies d’abord sur le cours moyen et inférieur de l’Elbe puis le long du Main. Apparaissant pour la première fois dans les textes romains en 213, ils conquirent les Champs Décumates en 260 pour se répandre ensuite sur un territoire couvrant une partie de l’Helvétie (la Suisse), la Décumanie (le pays de Bade) et une partie de la Séquanaise (l’Alsace) où ils contribuèrent à la germanisation de ces régions précédemment romanisées. En 496, les Alamans furent vaincus par le Franc Clovis, qui annexa leur territoire à son royaume. Après le traité de Verdun, ces territoires firent partie de la Francie orientale avant de constituer le duché de Souabe du 10ème au 13ème siècle

[7] Les Avars ou Avares sont un peuple de cavaliers nomades dirigés par un Khâgan, parfois identifiés aux Ruanruan qui menaçaient la Chine au 3ème siècle. Ils seraient originaires de Mongolie, connu par les Chinois sous le nom de Ruanruan. Au 5ème siècle, leur khan Chö-louen fonde un empire nomade de la Corée à l’Irtych. En 546, leurs vassaux Tölech se révoltent. Bumin, chef des Tujue, réprime la rébellion et réclame en récompense la main d’une princesse ruanruan, ce qui lui est refusée. Vexé, il se décide à la révolte et envoie une ambassade en Chine auprès des Wei. Il s’allie avec eux et épouse une princesse Tabghatch en 551. En 552, le dernier khan ruanruan, encerclé se donne la mort. L’empire Avar s’effondre et est remplacé en Mongolie par celui des Köktürks, les survivants se réfugient à la frontière de la Chine où les Qi du Nord, successeurs des Wei, les établissent comme fédérés. Ceux qui se dirigent vers l’Europe sont connus sous le nom d’Avars, ils migrent vers l’ouest tout en poussant devant eux de petites peuplades turco-mongoles. Ils occupèrent la plaine hongroise au 7ème siècle. Puis, ils furent intégrés à l’empire.