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Agilulf ou Agilolf

mardi 6 octobre 2020 (Date de rédaction antérieure : 9 septembre 2011).

Agilulf ou Agilolf ou Ago (vers 555-616)

Roi lombard à la fin du 6ème et au début du 7ème siècle

Fils du duc lombard de Turin Ansvald, il fut proclamé roi à Milan [1] en mai 591, succédant au roi Authari dont il épousa la veuve selon la coutume lombarde, la reine catholique Théodelinde. Son long règne fut marqué par une trêve avec la Papauté en 598, mettant provisoirement fin à 30 années de terreur lombarde.

Il consolida son pouvoir et la domination lombarde dans son royaume, entretint de bons rapports avec les Francs et les Bajuvares [2], combat vainement les Avars [3] et les tribus esclavones [4], et signe une trêve avec l’empereur byzantin Maurice en 598.

En 603, certainement influencé par sa femme, il abandonne l’arianisme [5] lombard et se converti à la ligne du christianisme liée au concile de Nicée [6], faisant baptiser leur jeune fils Adaloald. La même année, l’empereur byzantin Phocas reconnaît son pouvoir.

Il meurt après plus de 25 années de règne, en l’an 616, désignant Adaloald encore adolescent comme successeur.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Gianluigi Barni, La conquête de l’Italie par les Lombards — vie siècle — Les Événements. Le Mémorial des Siècles, Éditions Albin Michel, Paris (1975) (ISBN 2226000712)

Notes

[1] Milan est une ville d’Italie située au nord de la péninsule, à proximité des Alpes. Chef-lieu de la région Lombardie, située au milieu de la plaine du Pô.

[2] Ensemble de peuples celtes (Boïens) et germaniques (Marcomans, Quades) qui s’établit en Bavière au 6ème siècle et prend le nom de Bajuvares

[3] Les Avars ou Avares sont un peuple de cavaliers nomades dirigés par un Khâgan, parfois identifiés aux Ruanruan qui menaçaient la Chine au 3ème siècle. Ils seraient originaires de Mongolie, connu par les Chinois sous le nom de Ruanruan. Au 5ème siècle, leur khan Chö-louen fonde un empire nomade de la Corée à l’Irtych. En 546, leurs vassaux Tölech se révoltent. Bumin, chef des Tujue, réprime la rébellion et réclame en récompense la main d’une princesse ruanruan, ce qui lui est refusée. Vexé, il se décide à la révolte et envoie une ambassade en Chine auprès des Wei. Il s’allie avec eux et épouse une princesse Tabghatch en 551. En 552, le dernier khan ruanruan, encerclé se donne la mort. L’empire Avar s’effondre et est remplacé en Mongolie par celui des Köktürks, les survivants se réfugient à la frontière de la Chine où les Qi du Nord, successeurs des Wei, les établissent comme fédérés. Ceux qui se dirigent vers l’Europe sont connus sous le nom d’Avars, ils migrent vers l’ouest tout en poussant devant eux de petites peuplades turco-mongoles. Ils occupèrent la plaine hongroise au 7ème siècle. Puis, ils furent intégrés à l’empire.

[4] Slaves

[5] L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, due à Arius, théologien alexandrin au début du 4ème siècle. La pensée de l’arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d’abord humain, mais un humain disposant d’une part de divinité. Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l’arianisme. Il fut dès lors qualifié d’hérésie par les chrétiens trinitaires, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d’un demi-siècle. Les empereurs succédant à Constantin revinrent à l’arianisme et c’est à cette foi que se convertirent la plupart des peuples germaniques qui rejoignirent l’empire en tant que peuples fédérés. Les wisigoths d’Hispanie restèrent ariens jusqu’à la fin du 6ème siècle et les Lombards jusqu’à la moitié du 7ème siècle.

[6] Le Ier concile œcuménique se réunit à Nicée en 325 pour statuer au sujet de l’arianisme. Les principales personnalités engagées dans ce débat étaient présentes, dont Arius, Eusèbe de Nicomédie qui lui était favorable, Eusèbe de Césarée, modéré, Alexandre d’Alexandrie (accompagné d’Athanase d’Alexandrie comme secrétaire) qui s’opposait à lui, de même que, de façon intransigeante, Eustathe d’Antioche et Marcel d’Ancyre. Une quasi unanimité s’est prononcée pour condamner les thèses ariennes et rédiger un symbole affirmant que le Fils est consubstantiel (homoousios) au Père, c’est-à-dire de même nature que lui.