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Amand de Maastricht ou saint Amand

jeudi 21 mai 2015

Amand de Maastricht ou saint Amand (vers 584-vers 679)

Né dans le Bas Poitou [1], il est l’évangélisateur du nord de la Gaule, dite Gaule Belgique [2], particulièrement de la région de l’Escaut et de la Scarpe. Il est considéré comme le fondateur de l’Église en Belgique.

Pour échapper à son père, il doit changer de retraite et séjourne à Tours, près du tombeau de saint Martin, puis en ermite près de la cathédrale de Bourges.

Au terme de nombreuses années de vie silencieuse, il est ordonné évêque par saint Achaire de Noyon et, après un pèlerinage à Rome, entreprend ses pérégrinations missionnaires à travers la Gaule belgique. Amand est essentiellement un pionnier : lorsqu’il avait fondé une communauté chrétienne, il la laissait entre les mains de quelques moines, et il allait de l’avant.

Le roi mérovingien Sigebert le charge de l’évêché de Maastricht [3], qu’il occupe pendant quelques année. Mais il dépose sa charge malgré les instances du pape saint Martin 1er , voyant que sa parole de prédication était méprisée, lit-on dans la Légende dorée. Il retourne à son travail de missionnaire itinérant.

Il fonde ainsi des noyaux monastiques qui deviendront des abbayes au grand rayonnement chrétien, Saint-Pierre de Gand [4], ainsi qu’en Carinthie [5], en Autriche, dans la vallée du Danube, Nivelles [6], Barisis-aux-Bois [7]. Et surtout Elnone [8] fondée sur des terres données par le roi Dagobert 1er.

C’est dans sa chère abbaye d’Elnone que saint Amand termina sa vie vers 679. L’abbaye prit peu après le nom de Saint-Amand [9].

Il est vénéré à l’île d’Yeu où, à vingt ans, il s’est retiré dans un monastère. La Légende dorée rapporte qu’au monastère, dans le jardin, il aurait croisé un serpent que, en priant et à l’aide de signes de croix, il aurait forcé à rentrer dans un trou et à ne plus jamais en sortir.

Saint Armand est aussi le patron des corporations de brasseurs et des marchands de vin. Son attribut est le serpent.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jacques de Voragine, La Légende dorée, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, publication sous la direction d’Alain Boureau.

Notes

[1] dans le pagus d’Herbauges correspondant plus ou moins au Bocage vendéen

[2] La Gaule belgique est une des trois parties entre lesquelles, d’après Jules César, la Gaule était divisée lors de la guerre des Gaules. Elle correspond à la partie de la Gaule qui était habitée par les Belges. D’après César, elle comprenait le Belgium, région habitée par les Calètes, les Véliocasses, les Bellovaques, les Ambiens et les Suessions ainsi, peut-être, que par les Atrébates et les Viromanduens. D’après César, la Gaule belgique comprenait, d’autre part, la région habitée par les peuples qu’il qualifie de Germains cisrhénans, à savoir : les Condruses, les Éburons, les Caerèses, les Pémanes et les Sègnes. D’après César, la Gaule belgique comprenait, enfin, les régions habitées par les Morins, les Ménapiens, les Nerviens, les Aduatuques, les Trévires et les Rèmes.

[3] Le siège de ce diocèse était Tongres mais il fut de fait assez rapidement déplacé vers Maastricht avant d’être fixé à Liège au 8ème siècle sur les lieux de l’assassinat de saint Lambert. D’autres villes servirent de siège épiscopal temporaire en fonction des nécessités Huy, Dinant, Givet, Mouzon. Au 8ème siècle, l’évêque Hubert a transféré le siège de l’évêché de Maastricht à Liège. En 980, l’empereur germanique Otton II accordera des pouvoirs séculiers à l’évêque Notger qui deviendra ainsi le premier prince évêque.

[4] L’abbaye Saint-Pierre, de son nom canonique Abbaye Saint-Pierre-au-Mont-Blandin, fut fondée à Gand par saint Amand, sur une colline au bord de l’Escaut dans la seconde moitié du 7ème siècle. L’abbaye bénédictine eut son heure de gloire durant les 11ème et 12ème siècles. Dévastée par les Calvinistes au 16ème siècle, elle fut réédifiée à l’époque des Archiducs, entre le 17ème siècle et le début du 18ème siècle, pour être finalement supprimée en 1796.

[5] La Carantanie était une principauté qui est apparue à la seconde moitié du 7ème siècle dans une région qui s’étendait sur une zone aujourd’hui située au sud de l’Autriche et au nord-est de la Slovénie. Elle dura plus de 300 ans et est considérée comme le premier État slave. Elle fut ensuite remplacée par le Duché de Carinthie.

[6] L’abbaye de Nivelles fut fondée vers 648-649 par la veuve de Pépin de Landen, Itte Idoberge avec le concours de l’évêque Saint Amand. À son origine, elle abrite des moniales. La communauté fait appel à des moines irlandais de l’abbaye de Péronne ; Feuillen, dirigeant de Péronne, envoie les plus âgés à Nivelles et les plus jeunes à Fosses à 30 km de Nivelles. Nivelles devient une communauté double dirigée par un abbé et une abbesse, et plus tard uniquement par une abbesse.

[7] Barisis est situé en lisière des forêts domaniales de Saint-Gobain et de Coucy-Basse. Le village est au creux d’une vallée boisée. Au cours de la guerre 1914-1918, Barisis est occupé par les Allemands. Lors du retrait de ceux-ci sur la ligne Hindenburg en 1916, le village est entièrement dynamité. Les habitants furent évacués. Seuls subsistent un pan de mur rue des Dames et les murs de l’abbaye.

[8] L’abbaye de Saint-Amand, initialement abbaye d’Elnon, installée à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), fut en activité de 639 à 1790. Elle fut dès le 9ème siècle un centre culturel important, avec une bibliothèque et un scriptorium de production de manuscrits, tels que la Bible de Charles Le Chauve.

[9] aujourd’hui Saint-Amand-les-Eaux