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Enguerrand de Metz

vendredi 28 août 2026, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 7 octobre 2014).

Enguerrand de Metz (mort en 791)

Évêque de Metz en 768

Blason évêché de MetzIl a participé à la renaissance carolingienne [1]. Moine de l’abbaye de Saint-Avold [2], le roi Pépin le Bref le fait nommer évêque de Metz [3] par la pape en 768. Il reçoit du pape le titre d’archevêque. En 770 il devient le septième abbé de Senones [4].

Il devient un grand ami et proche collaborateur de Charlemagne, il accompagna celui-ci dans tous ses voyages. En 784, il devient son chapelain, puis archichapelain [5].

Il crée un scriptorium [6] de la cathédrale de Metz [7]. Vers 783, il demande à Paul Diacre d’y rédiger “les Gesta episcoporum Mettensium” pour narrer l’histoire des évêques de Metz et de la dynastie carolingienne. Cet évêque contribue notamment à remplacer l’ancien chant gallican par le chant messin, né à Metz et l’origine du chant grégorien, afin de parachever la liturgie selon le rite romain dans l’empire.

Vers 785 il aurait remis au pape Adrien 1er le “Capitula Angilramni”, un recueil de droit canon touchant au ministère des évêques. Il l’aurait rédigé pour se défendre de ceux qui l’accusaient de violer ce droit canon en résidant auprès de Charlemagne et non dans son diocèse de Metz.

Il a rédigé une des premières révisions de la Bible.

Il meurt en octobre 791 dans l’actuelle Hongrie au cours d’une campagne de Charlemagne contre les Avars [8]. Son corps est ramené et inhumé à Saint-Avold, son monastère d’origine, dans l’église qu’il avait fait construire à l’emplacement actuel de l’église abbatiale Saint-Nabor.

Un vide épiscopal se crée à sa mort, qui va durer jusqu’en 816. Il est possible que Charlemagne ait laissé le siège du duché vacant car il souhaitait en contrôler le gouvernement et les revenus, songeant un temps à faire de Metz la capitale de son royaume avant de se fixer au palais d’Aix-la-Chapelle [9].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Enguerrand de Metz/ Portail de Metz/ Évêque de Metz

Notes

[1] La renaissance carolingienne (ou réforme carolingienne) est une période de renouveau de la culture et des études en Occident sous les empereurs carolingiens, aux 8 et 9ème siècles. Sous Charlemagne , Louis le Pieux et Charles le Chauve principalement, des progrès sensibles sont effectués dans le monde des écoles chrétiennes, tandis que la cour attire des lettrés influents, dont Alcuin, Éginhard, Raban Maur, Dungal ou Jean Scot Érigène. La renaissance carolingienne, première période de renouveau culturel majeur au Moyen Âge à l’échelle de l’Occident, est une période d’importants progrès intellectuels, notamment grâce à la redécouverte de la langue latine, à la sauvegarde de nombreux auteurs classiques, et à la promotion des arts libéraux.

[2] Saint Sigisbaud, évêque de Metz, fait construire vers 720 une abbaye sous le vocable de saint Pierre. Saint Chrodegang, évêque de Metz et ministre de Charles Martel et Pépin le Bref, y introduit la règle bénédictine de saint Benoît. Il permet, lors d’un voyage à Rome, le 24 août 765, de transférer les reliques de saint Nabor, officier romain martyrisé sous Dioclétien. Une bourgade se développe par la suite extra muros, à l’ombre du monastère renommé abbatias Sancti-Naboris, dont elle prendra le nom, devenu Saint-Avold par évolution onomastique. Le monastère est réputé pour son scriptorium et placé sous la protection des évêques de Metz. Enguerrand de Metz, trente-sixième évêque de Metz de 766 à 791, y aurait vécu comme simple moine.

[3] Fondé vers le 3ème siècle, l’évêché de Metz a longtemps été une entité à la fois politiquement puissante et riche. Opposé à la bourgeoisie messine puis soumis à l’influence du royaume de France, il va progressivement perdre son poids économique puis son influence politique. Aujourd’hui l’évêque de Metz a la particularité d’être l’un des deux seuls évêques catholiques au monde à ne pas être formellement nommés par le Pape, mais par un pouvoir temporel (le concordat en Alsace-Moselle confiant au président de la République française la nomination de l’évêque de Metz et de l’archevêque de Strasbourg).

[4] L’abbaye saint Pierre de Senones est une abbaye bénédictine fondée à Senones dans le département français des Vosges. De 770 avant la fondation réelle d’une abbaye bénédictine à mars 1793, la présence de bénédictins de différentes congrégations ou lieux d’origine a marqué ce lieu.

[5] Un archichapelain est un clerc avec un poste de direction dans une cour royale. Le titre a été utilisé dans le royaume franc durant la période carolingienne.

[6] Le mot scriptorium est un mot latin dérivé du verbe scribere qui signifie « écrire ». Ce nom désigne l’atelier dans lequel les moines copistes réalisaient des livres copiés manuellement, avant l’introduction de l’imprimerie en Occident.

[7] La cathédrale Saint-Étienne de Metz est une cathédrale catholique romaine, située à Metz, en Moselle. Elle est le siège du diocèse de Metz. Vieille cité gauloise, Metz devient le siège d’un évêché au 3ème siècle. Comme nous l’apprend un passage de l’Histoire des Francs de Grégoire de Tours, rédigée vers 576, un sanctuaire dédié à Étienne (Oratorium beati Stephani) qui se trouvait à l’emplacement actuel de la cathédrale, fut le seul monument épargné par les Huns lors du sac de la cité le samedi saint 7 avril 451. L’oratoire de Saint-Étienne est dans les grâces divines et devient alors fort populaire. On parle de miracle. Il accueille le siège de l’évêque et devient en quelque sorte la première cathédrale de Metz, à l’intérieur même de celle-ci. On peut supposer que le sanctuaire de Saint-Étienne était relativement récent lors du sac de Metz par Attila.

[8] Les Avars ou Avares sont un peuple de cavaliers nomades dirigés par un Khâgan, parfois identifiés aux Ruanruan qui menaçaient la Chine au 3ème siècle. Ils seraient originaires de Mongolie, connu par les Chinois sous le nom de Ruanruan. Au 5ème siècle, leur khan Chö-louen fonde un empire nomade de la Corée à l’Irtych. En 546, leurs vassaux Tölech se révoltent. Bumin, chef des Tujue, réprime la rébellion et réclame en récompense la main d’une princesse ruanruan, ce qui lui est refusée. Vexé, il se décide à la révolte et envoie une ambassade en Chine auprès des Wei. Il s’allie avec eux et épouse une princesse Tabghatch en 551. En 552, le dernier khan ruanruan, encerclé se donne la mort. L’empire Avar s’effondre et est remplacé en Mongolie par celui des Köktürks, les survivants se réfugient à la frontière de la Chine où les Qi du Nord, successeurs des Wei, les établissent comme fédérés. Ceux qui se dirigent vers l’Europe sont connus sous le nom d’Avars, ils migrent vers l’ouest tout en poussant devant eux de petites peuplades turco-mongoles. Ils occupèrent la plaine hongroise au 7ème siècle. Puis, ils furent intégrés à l’empire.

[9] Le palais d’Aix-la-Chapelle était un ensemble de bâtiments résidentiels, politiques et religieux choisi par Charlemagne pour être le centre du pouvoir carolingien. Le palais était situé dans la ville actuelle d’Aix-la-Chapelle qui se trouve à l’ouest de l’Allemagne, dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. On sait que le gros œuvre était terminé en 798 et que la chapelle fut consacrée en 805, mais les travaux continuèrent jusqu’à la mort de Charlemagne en 814. C’est Eudes de Metz qui dessina les plans du palais qui s’inscrivait dans le programme de rénovation du royaume voulue par le souverain. La majeure partie du palais a été détruite, mais il subsiste la chapelle palatiale qui est considérée comme l’un des trésors de l’architecture carolingienne et un beau témoin de la Renaissance carolingienne.