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Pedro Calderón de la Barca de Henao y Riaño

dimanche 6 avril 2014

Pedro Calderón de la Barca de Henao y Riaño (1600-1681)

Poète et dramaturge espagnol

Monument Calderón à Madrid. Sculpture de Joan Figueras Vila (1878). (photo lj 2008)

Extraordinairement prolifique, auteur de plus de 200 textes dramatiques, il est en particulier connu pour sa pièce La vie est un songe en 1635.

Son père occupe une charge dans l’administration des finances et sa mère est d’origine flamande et appartient à la petite noblesse.

Il perd ses parents tôt, sa mère en 1610, son père en 1615. Dans son testament, ce dernier l’engage à suivre la carrière ecclésiastique, ce que Calderón ne fera pas, du moins dans l’immédiat.

Entre 1608 et 1614, il reçoit une excellente éducation au collège impérial de la Compagnie de Jésus de Madrid [1], où il est initié au latin, à la rhétorique et à la lecture des classiques. Il entreprend ensuite des études de droit à Alcalá de Henares [2], puis à Salamanque [3], sans cependant les terminer.

La rigueur et la logique de l’argumentation de ses textes, la vaste culture qu’ils révèlent sont la marque de l’empreinte profonde laissée par ces années de formation.

Il compose sa première pièce à 14 ans. De sa jeunesse, on connaît quelques épisodes tumultueux et dignes de l’une de ses comédies de cape et d’épée. Ainsi, en 1621, impliqué avec ses frères dans une affaire d’homicide, il doit vendre la charge de son père pour indemniser la famille de la victime. En 1629, l’un de ses frères est blessé par un acteur qui cherche ensuite refuge dans le couvent des religieuses trinitaires, à l’intérieur duquel Pedro, suivi de près par la police, le poursuit. Il sera accusé d’avoir violé un lieu sacré.

Ses démêlés avec la justice et l’Église n’entament ni sa vocation poétique ni la faveur dont il jouit bientôt auprès de son souverain. Dès l’âge de 20 ans, il participe à des concours de poésie, puis il écrit ses premières œuvres dramatiques. Amour, Honneur et Pouvoir, sa première comédie, est représentée en 1623 au Palais royal, comme le seront par la suite la plupart de ses œuvres. Calderón ne tarde pas à devenir le dramaturge favori de la cour, surtout après la mort de Lope de Vega en 1635. Entre 1630 et 1640, il écrit ses œuvres majeures, dont une première partie est publiée dès 1636. Philippe IV , ayant remarqué son talent, l’appelle à la cour en 1636, le comble de faveurs et de distinctions, et fournit aux dépenses nécessaires pour la représentation de ses pièces. L’année suivante, il devient chevalier de l’ordre de Saint-Jacques, après quelques difficultés, l’emploi de son père le rendant indigne de recevoir l’habit de chevalier, il doit obtenir de Rome une dispense.

En 1640 et 1641, il s’engage comme simple soldat, et participe aux campagnes contre la rébellion des Catalans, où il est blessé à la main. Sa brève expérience militaire s’arrête là.

Nanti de charges officielles à la cour de Philippe IV, puis de Charles II , il y exercera avec succès ses talents de dramaturge.

En 1651, il entre dans les ordres et ce n’est qu’une fois ordonné prêtre qu’il reconnaîtra avoir eu un fils, qu’il lui était arrivé auparavant de présenter comme son neveu. À partir de cette date commence pour le dramaturge une vie de retraite, sa “biographie du silence”. Un temps chapelain à la cathédrale de Tolède, il s’en retourne à Madrid en raison de problèmes de santé. Cessant d’écrire directement pour les corrales [4] populaires comme dans sa première époque, il se consacre dès lors exclusivement à la composition d’autos sacramentales et de divertissements pour la cour.

Fait chapelain honoraire de Philippe IV en 1663, il jouit auprès du public d’une popularité durable, et des recueils de ses œuvres sont régulièrement édités. En 1680, la dernière pièce de Calderón est représentée au théâtre du Buen Retiro, devant le roi Charles II. Un an plus tard, le 25 mai, il expire à Madrid, à l’âge de 81 ans.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Pedro Calderón de la Barca/Portail de l’Espagne/ Dramaturge espagnol

Notes

[1] Le Collège impérial de Madrid était une importante institution d’enseignement jésuite en Espagne. Fondé en 1560 le collège jésuite devient ‘impérial’ (1609) suite au généreux don testamentaire fait par l’impératrice Marie d’Autriche, fille de Charles Quint. Installé, en plus grand, sur un nouveau site (rue de Tolède, à Madrid) le collège est augmenté de nombreuses chaires d’études de l’Académie royale d’études supérieures’ (Estudios Generales o Reales) voulue en 1623 par Philippe IV. Après l’expulsion des jésuites d’Espagne (1767) les bâtiments abritent les archives, documents et livres provenant des bibliothèques jésuites et, en 1770, l’Académie est réorganisée sous le nom de ‘Saint-Isidore’. En 1819 le collège jésuite est rouvert avec 460 élèves. Après l’assassinat de 14 jésuites en 1834 et la nouvelle expulsion des jésuites d’Espagne en 1835, les bâtiments passent entre d’autres mains.

[2] L’université d’Alcalá de Henares, quelquefois désignée comme La Complutense, était une université située à Alcalá de Henares, fondée en 1499 par le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros. Elle fut transférée à Madrid en 1836.

[3] L’université de Salamanque (Universidad de Salamanca en espagnol), est la deuxième plus ancienne université d’Espagne (après Palencia), mais la plus ancienne qui demeure, puisque l’Université de Palencia n’existe plus ; elle est aussi la cinquième plus ancienne en Europe (après Bologne, Paris, Oxford et Cambridge). Elle a été fondée par Alphonse IX de León en 1218. C’est en revanche la première qui a obtenu en Europe le titre d’université.

[4] théâtres