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Liutprand

dimanche 23 février 2014

Liutprand (685-744)

Roi des Lombards de 712 à 744

L'Italie lombarde à la mort du roi Liutprand (744).

Fils d’ Ansprand , duc d’Asti devenu roi des Lombards. Il lui succède sur le trône royal en juin 712, demeurant roi jusqu’à sa mort. Peu après son avènement, un membre de sa famille, Rotharit, complote contre lui et projette de le faire assassiner. Il l’apprend et, faisant semblant de rien, fait venir chez lui le comploteur qui est massacré par la garde royale. Il fait par la suite éliminer les 4 fils de Rotharit.

Durant ce long règne de 32 ans, il tente vainement d’unifier la péninsule italienne sous la domination lombarde, entrant régulièrement en conflit avec la Papauté et avec les Byzantins de l’Exarchat de Ravenne [1].

Entre 727 et 729, profitant des tensions entre Byzance et la Papauté, il décide d’attaquer Ravenne et Rome, s’empare de Classe [2] et de Bologne ainsi que de plusieurs autres villes et forteresses pendant que les Lombards de Spolète [3] dirigés par leur duc Transamond s’emparent de Narni et de la forteresse de Sutri, située dans le duché de Rome. À la sollicitation du pape Grégoire II il en fait sortir les Lombards après l’avoir pillé et fait une donation aux apôtres saint Pierre et saint Paul c’est-à-dire à l’Église romaine. C’est la donation de Sutri.

Il doit également à plusieurs reprises soumettre les duchés lombards semi indépendants de Spolète et de Bénévent, et tente d’expulser définitivement les Byzantins d’Italie en assiégeant notamment Ravenne en 734, sans succès. Dans le nord-est de son royaume, il doit également lutter contre les Slaves, qui lançaient régulièrement des raids dans le Frioul.

Entretenant de bonnes relations avec les Avars [4], les Bavarois et les Francs, il répond à l’appel à l’aide de ces derniers pour combattre les musulmans qui ravageaient la Provence et avaient pillé Arles en 739.

Quelques années plus tôt, il avait obtenu l’alliance de Charles Martel qui lui avait envoyé son fils Pépin pour sa barbatoria [5] afin de créer un lien de parenté spirituelle avec lui.

Il épousa Gontrude ou Guntruda, fille du duc Thibert de Bavière, chez qui il avait vécu dans sa jeunesse lors de son exil en Bavière, et il en eut une seule fille.

Très pieux, il poursuivit et interdit avec rigueur les derniers débris du paganisme, les magiciens, les sorciers, les sacrifices d’animaux au pied des arbres et les prières au bord des sources. Ayant su que les Sarrasins avaient ravagé la Sardaigne et souillé les lieux où l’on conservait les os de saint Augustin, il envoya des hommes dans l’île pour acheter à haut prix ces reliques, et il les plaça honorablement dans la ville de Pavie, capitale lombarde.

En 735, il associe au pouvoir Hildeprand , son neveu et meurt en janvier 744 de mort naturelle. Sa dépouille est inhumée à Pavie dans la basilique du bienheureux martyr Hadrien.

Il est considéré comme le plus grand des rois lombards et sous son règne, Ticinum [6], devient un grand centre de culture.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Liutprand/ Portail du Haut Moyen Âge/ Souverains d’Italie

Notes

[1] L’exarchat peut prendre deux sens, le premier est politique et administratif qui est propre à l’empire romain d’Orient et l’autre est ecclésiastique propre à l’Église orthodoxe. L’exarchat est une organisation de certains territoires périphériques de l’empire byzantin, mise en place au 6ème siècle pour faire face à la menace d’envahisseurs. L’exarchat est dirigé par un exarque qui concentre les pouvoirs civils et militaires. Cette organisation visait à réagir de façon optimale aux dangers menaçant l’empire dans ses régions périphériques, sans avoir à attendre les ordres venus de Constantinople. Ils bénéficiaient d’un plus grand degré d’indépendance que les autres gouverneurs provinciaux. Seuls deux exarchats furent constitués, à Ravenne contre l’invasion des Lombards, et à Carthage. Les autres provinces de l’empire byzantin reçurent progressivement une organisation semblable, mais sous le nom de « thèmes ». Les exarques civils étaient de véritables vice-rois, à qui l’on confiait le gouvernement de plusieurs provinces tandis que les exarques ecclésiastiques étaient des délégués du patriarche de Constantinople ou du Saint-Synode, chargés de visiter les diocèses, et de surveiller la discipline et les mœurs du clergé. Dans les Églises d’Orient, un exarque est un évêque qui a reçu mission de représenter un patriarche auprès d’un autre patriarche ou dans un lieu qui n’est le territoire d’aucune Église orthodoxe autocéphale. L’exarchat est à la fois la dignité de l’exarque, l’ensemble des paroisses et des fidèles placés sous sa responsabilité ainsi que l’église et les bâtiments qui en constituent le siège. C’est en quelque sorte un évêché sans diocèse et sans structure prévue pour durer. C’est une façon de s’adapter à des circonstances particulières, absence d’une église locale organisée, nécessité d’assurer une vie liturgique à un personnel diplomatique. Un exarchat possède un statut dérogatoire par rapport au principe de la territorialité de l’organisation ecclésiastique. L’évêque mentionné dans les diptyques n’est pas l’évêque du lieu mais le primat représenté par l’exarque. On peut comparer l’exarchat ecclésiastique à extra-territorialité de bâtiments diplomatiques. Les métropolites des "Nouvelles Terres" du Nord et de l’Est de la Grèce ont reçu du patriarche œcuménique de Constantinople des titres d’exarque qui rappellent leur appartenance au Patriarcat œcuménique de Constantinople.

[2] Classe est le nom d’un frazione de la ville italienne de Ravenne, issu de l’ancien nom de son port Classe qui avait pris le nom latin Classis de la marine romaine antique qui fréquentait ce port. Situé à 3 km environ au sud-est de Ravenne, l’empereur Auguste le fait construire dans la partie la plus profonde de la lagune pour y baser une flotte prétorienne pour l’Adriatique, destinée à surveiller la côte dalmate repaire de pirates. Ce port était le pendant de celui de Misène (au nord de Naples) pour la mer Tyrrhénienne.

[3] Le Duché de Spolète avait pour siège Spolète, une ville d’Ombrie en Italie centrale. Il fut tenu par les lombards puis les francs et fut une principauté assez importante

[4] Les Avars ou Avares sont un peuple de cavaliers nomades dirigés par un Khâgan, parfois identifiés aux Ruanruan qui menaçaient la Chine au 3ème siècle. Ils seraient originaires de Mongolie, connu par les Chinois sous le nom de Ruanruan. Au 5ème siècle, leur khan Chö-louen fonde un empire nomade de la Corée à l’Irtych. En 546, leurs vassaux Tölech se révoltent. Bumin, chef des Tujue, réprime la rébellion et réclame en récompense la main d’une princesse ruanruan, ce qui lui est refusée. Vexé, il se décide à la révolte et envoie une ambassade en Chine auprès des Wei. Il s’allie avec eux et épouse une princesse Tabghatch en 551. En 552, le dernier khan ruanruan, encerclé se donne la mort. L’empire Avar s’effondre et est remplacé en Mongolie par celui des Köktürks, les survivants se réfugient à la frontière de la Chine où les Qi du Nord, successeurs des Wei, les établissent comme fédérés. Ceux qui se dirigent vers l’Europe sont connus sous le nom d’Avars, ils migrent vers l’ouest tout en poussant devant eux de petites peuplades turco-mongoles. Ils occupèrent la plaine hongroise au 7ème siècle. Puis, ils furent intégrés à l’empire.

[5] rituel de la coupe de la première barbe

[6] Pavie