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La Révolution est sauvée à Fleurus

dimanche 12 janvier 2014, par lucien jallamion

La Révolution est sauvée à Fleurus

Fleurus, gravure de Berthaut d'après Swebach-Desfontaines. Bibliothèque de l'Institut d'histoire de la Révolution. Photo Josse P137 la révolution Française. Tome IV

Fleurus, gravure de Berthaut d’après Swebach-Desfontaines. Bibliothèque de l’Institut d’histoire de la Révolution. Photo Josse P137 la révolution Française. Tome IV

Le 8 messidor an II* (26 juin 1794), les Français remportent une bataille décisive sur les Autrichiens à Fleurus, en Belgique, entre Charleroi et Namur.

L’année 1793 fut désastreuse pour la Révolution française : soulèvement de Vendée, occupation de Toulon par les Anglais, défaites militaires. Sur la frontière du nord, une armée de 80.000 hommes doit à tout prix repousser la menace d’invasion.

Elle bénéficie de l’extraordinaire mobilisation de la France révolutionnaire et du recrutement des légendaires volontaires de l’an II* (le calendrier révolutionnaire fixe au 21 septembre 1792 le début de l’ère nouvelle). Selon le nouveau principe de l’amalgame, elle est constituée en demi-brigades, chacune comprenant un bataillon de soldats expérimentés et 2 bataillons de volontaires.

Un jeune et fougueux représentant en mission de 27 ans, Louis Antoine Saint-Just, stimule les énergies. Il fait fusiller les déserteurs, casse les officiers incapables, traque les tièdes.

En mars 1794, Saint-Just place l’armée de la Moselle sous le commandement de Jean-Baptiste Jourdan qui, après son succès de Wattignies, avait été écarté en raison de son opposition aux choix du Comité de Salut Public.

Après plusieurs tentatives infructueuses face aux Autrichiens du général Kaunitz, les soldats réussissent le 18 juin 1794 à franchir la Sambre au niveau de Charleroi. Après un siège d’une semaine, les Français s’emparent de Charleroi.

C’est alors que survient le feld-maréchal Frédéric de Saxe-Cobourg, à la tête de 70.000 Autrichiens.

Pour la première fois dans l’histoire militaire, les Français ont l’idée d’employer un ballon captif pour se renseigner sur les mouvements de l’ennemi.

La première décharge des Autrichiens fait plusieurs milliers de victimes mais ne décourage pas les révolutionnaires. Pendant plusieurs heures, les soldats français reviennent à la charge.

Rappelé à la tête des troupes après avoir été évincé pour s’être opposé au Comité de Salut public, le général en chef Jourdan, à la tête de trois bataillons, charge, alors que, depuis des heures, l’issue de la bataille est incertaine. Pour enrayer un mouvement de panique, Lefebvre a hurlé à sa division entourée par les flammes : “ Pas de retraite aujourd’hui ! ” Le poste de Lambusart a tenu. Au centre, Championnet a résisté à tous les assauts autrichiens. La fougue de Kléber est restée la même, assaut après assaut. Le soir, de lassitude, le prince de Cobourg abandonne le champ de bataille sur lequel il laisse 5.000 morts et blessés. Son armée se retire en bon ordre vers Bruxelles. La route de Bruxelles est ouverte.

Les vainqueurs entament aussitôt une contre-offensive et entrent à leur tour à Bruxelles puis à Liège, occupent Cologne et enfin Coblence. L’armée de Jourdan prend alors le nom de Sambre et Meuse en souvenir de sa victoire de Fleurus. La France est sauvée de l’invasion.

A Paris, les députés de la Convention se rassurent sur leur avenir. Ils jugent inutile le maintien de la Terreur par le Comité de Salut Public. Robespierre, désormais, leur fait horreur. Il tombe 6 semaines plus tard, le 9 thermidor an II.

Trop confiant, le gouvernement français se laisse gagner par des idées de conquête et annexe la Belgique, ancienne possession autrichienne. L’objectif des révolutionnaires est désormais de mettre à contribution les pays conquis pour pallier la ruine de l’administration fiscale et la corruption qui vide les caisses de l’État.

P.-S.

Source : Monique Hermite Historia mensuel - 01/01/2006 - N° 709, Hérodote, Dictionnaire le Petit mourre, encyclopédie Imago Mundi, Wikipédia, Louis XV de François Bluche, La révolution française tome 1 à 5 de Michel Vovelle Edition Messidor/livre club Diderot. H. Léonardon....