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10 février 1763 La France renonce au Québec par le traité de Paris

dimanche 14 juillet 2013, par ljallamion

10 février 1763 La France renonce au Québec par le traité de Paris

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Le parlement du Quebec (chateau du 18ème siècle) source : Mon voyage au Canada par Pierre Le Ny

Le 10 février 1763, par le traité de Paris, la France met fin à la guerre de Sept Ans avec l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal. Au nom du roi Louis XV, le Premier ministre, le duc Étienne de Choiseul, cède à l’Angleterre la plus grande partie de son empire colonial, en particulier la Nouvelle-France* (le Québec) et la partie de la Louisiane se trouvant sur la rive gauche du Mississipi .

Le 15 février 1763, c’est au tour de la Prusse et de l’Autriche de signer la paix à Huberstbourgh, clôturant pour de bon 7 ans de guerre. Par la Proclamation royale du 7 octobre 1763, le roi George III débaptise la Nouvelle-France. Celle-ci devient officiellement “The Province of Quebec”.

Mais elle conserve Saint-Domingue* (aujourd’hui Haïti), la Martinique, la Guadeloupe et cinq comptoirs commerciaux d’Inde dont Pondichery. Un an avant le traité de Paris, la France avait déjà secrètement cédé à l’Espagne la Louisiane occidentale, c’est-à-dire la rive droite du Mississipi jusqu’aux Montagnes Rocheuses avec La Nouvelle-Orléans qui fera l’objet du “Louisiana Purchase” en 1803, entre Napoléon et Jefferson.

La France ne conserve plus en Amérique du nord que le petit archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon malgré le sacrifice de Montcalm devant la ville de Québec.

La France, il est vrai, récupère Belle-Ile ainsi que la Martinique, la Guadeloupe et ses comptoirs d’Afrique, Saint-Louis du Sénégal, Fort-Dauphin de Madagascar.

Elle conserve Haïti, la seule colonie à laquelle tient vraiment la bourgeoisie de l’époque y compris les philosophes en raison des riches plantations de sucre où travaillent les esclaves.

L’opinion publique reproche au roi l’abaissement de la France. Dans les salons parisiens où la haute bourgeoisie et les gentilshommes cultivent l’art de la conversation, on murmure contre le pouvoir monarchique. Un auteur à succès, Voltaire, est même emprisonné pour cela puis s’enfuit en Angleterre. De retour en France, il exalte les vertus de la jeune démocratie anglaise.

De grands esprits remettent en cause l’absolutisme au nom de la raison. Le plus célèbre est Montesquieu. Dans L’Esprit des Lois en 1748, il recommande de séparer les pouvoirs législatif de l’exécutif et judiciaire. Il propose de confier le pouvoir judiciaire à des juges renouvelés à chaque procès. S’inspirant du modèle anglais, il propose par ailleurs de diviser le pouvoir législatif entre deux assemblées, une assemblée populaire ou démocratique qui crée la loi et une assemblée de noble ou haute assemblée qui corrige la loi.

Le philosophe Diderot et le mathématicien d’Alembert publient L’encyclopédie avec la collaboration de tous les savants de leur temps et sous la protection de la marquise de Pompadour. Ils glissent dans ce gigantesque ouvrage des critiques virulentes contre l’Église, bouc émissaire de toutes les injustices.

Á l’opposé de Rousseau, Voltaire flatte les souverains et les invite à user de leur pouvoir pour appliquer les idées “philosophiques”.

En Europe toutes les monarchies sont affectées par la propagation de ces idées nées à Paris. C’est ainsi qu’au Portugal, en Espagne et en Autriche, la bourgeoisie éclairée conteste comme en France le pouvoir absolu du roi ainsi que l’autorité spirituelle de l’Église catholique et les jésuites en font les frais. Sous la pression des monarques eux-mêmes, le pape prononce l’interdiction de cet ordre enseignant et missionnaire à la redoutable efficacité.

P.-S.

Source : Monique Hermite Historia mensuel - 01/01/2006 - N° 709, Hérodote, Dictionnaire le Petit mourre, encyclopédie Imago Mundi, Wikipédia, Louis XV de François Bluche....