L’Asie au 17ème siècle

- L’Asie au 17ème siècle
Au siècle précédent, les commerçants européens avaient pu pénétrer au Japon, cet empire mythique du bout du monde que Marco Polo appelait Cipango et que Christophe Colomb rêvait d’atteindre avec ses caravelles. Les Portugais puis leurs rivaux Hollandais avaient introduit dans l’archipel les techniques et les idées de la Renaissance occidentale.
Les Japonais, qui vivaient sous un régime féodal analogue au Moyen Âge européen, avaient adopté ces nouveautés avec empressement. Beaucoup s’étaient aussi convertis au catholicisme sous l’impulsion de saint François Xavier et des Jésuites [1].
Mais au début du 17ème siècle, les seigneurs plus ou moins indépendants de l’archipel durent se soumettre à Tokugawa Ieyasu. Celui-ci prit le titre de “shogun” avec des fonctions analogues à celles d’un maire du palais.
L’empereur du Japon ne conservant plus qu’une autorité très symbolique et d’ordre spirituel.
Craignant que les Européens ne tentent un débarquement armé où ne suscitent quelque rébellion, le 22 juin 1636, interdiction est faite aux Japonais de quitter leurs îles et de construire des bateaux. Avec cette décision du pouvoir central, le Japon se replia sur lui-même pour plus de 200 ans. Une révolte éclata chez les catholiques de la région de Nagasaki [2]. Le shogun [3] réussit à la mater avec l’aide des Hollandais. Pour finir, il expulsa tous les Européens, ne tolérant que quelques Hollandais dans les ports.
Le shogunat allait durer jusqu’à son renversement en 1867 par l’empereur Meiji , désireux de rouvrir enfin son pays à la modernité.
La Chine au 17ème siècle
Les Chinois, sous les empereurs Ming [4], avaient organisés d’audacieuses expéditions maritimes dans l’Océan indien [5] et jusqu’aux rives de l’Arabie [6]. Ils disposaient pour cela de la boussole [7] et de magnifiques jonques à voiles lattées, avec des gréements de haute mer. Lassés par les expéditions lointaines, les empereurs Ming s’étaient repliés sur le continent et avaient même supprimé leur police des côtes. Dans la mer de Chine [8], le piratage en provenance du Japon s’en trouva encouragé.
Ce fut l’heure de gloire pour un pirate chinois du nom de Tcheng Tche-long, originaire d’une humble famille de pêcheurs du Foukien [9]. A partir de 1625, il pilla allègrement les villes du littoral puis il séjourna à Macao [10], où il fut baptisé par les Portugais, ce qui lui valu d’être plus tard connu sous le nom de Nicholas Iquan. Il s’établit à Manille [11] puis au Japon où il se maria. De retour en Chine, il se mit au service de l’empereur Chongzhen qui le nomma amiral de la flotte impériale.
Mais le 3 avril 1644, l’empereur se suicida tandis que Pékin [12] était investie par un chef de bande. Les farouches Mandchous [13] du nord arrivèrent à la rescousse des armées impériales. Ils en profitèrent pour éliminer les Ming et fonder leur propre dynastie. Elle durera jusqu’à la fondation de la République chinoise [14]. Nicolas Iquan, fidèle à l’ancienne dynastie, entra en guerre contre les usurpateurs. Mais il fut capturé par trahison, transféré à Pékin et mourut assassiné en 1646. Il laissa un fils qu’il avait eu de son épouse japonaise. Ce fils né le 28 août 1624 à Hirado [15], près de Nagasaki [16], porta le nom chinois de Tcheng Tch’eng-kong mais il est resté dans l’Histoire sous le nom que lui ont attribué les Européens, Koxinga. Celui-ci s’empara le 1er février 1662 de la citadelle hollandaise Zeelandia, au sud de l’île de Formose [17], après 9 mois de siège. Il se proclama roi de l’île mais mourut peu après, à 38 ans. Son fils ne pourra pas empêcher les Mandchous de prendre le contrôle de Formose 20 ans plus tard.
Les Portugais avaient été au siècle précédent les premiers Européens à poser le pied sur la grande île de la Chine du sud. Séduits par son charme, ils lui avaient donné le nom de “Formosa” c’est-à-dire la Belle. Ce nom lui est resté jusqu’au milieu du 20ème siècle, époque à laquelle elle a repris son nom chinois de Taiwan.
Le Tibet au 17ème siècle
Au printemps 1642, après des années de guerres qui ensanglantèrent tout le pays, le 5ème dalaï-lama [18], Lobsang Gyamtso ou Ngawang Lobsang Gyamtso fut porté au pouvoir, grâce au soutien armé de Gushri Khan , le puissant chef des mongols Qoshots [19]. Désormais, le dalaï-lama devra être respecté comme le chef religieux et politique du Tibet. Il décida de faire de Lhassa le centre politique tibétain. Cette ville abritait l’un des plus ancien et des plus vénérés temple du Tibet, le Jochen construit dans la 1ère moitié du 7ème siècle et les 3 plus prestigieux monastères se trouvaient à proximité. D’autre part les seigneurs de la région avaient depuis longtemps prouvé leur fidélité.
En 1645 il ordonna la construction du palais du Potala [20] sur la colline rocheuse du Marpo Ri, à proximité immédiate de Lhassa. Celui-ci servira à accueillir les institutions politiques et religieuses. La gestion politique est laissée au soin d’un régent qui sous le contrôle du dalaï-lama, supervise le bon fonctionnement des ministères. En 1650, il institue une nouvelle lignée d’incarnation, celle du panchen-lama [21]. A cette époque en chine, la dynastie des Mings vit ses dernières heures, affaiblie par les luttes de palais, et abattue de l’extérieur par les conquérants mandchous.
A peine installé au pouvoir, Shunzhi , 1er empereur de la dynastie mandchoue des Qing [22] invite le 5ème dalaï-lama à pékin en 1652. L’intérêt est évident pour chacun d’entretenir de bonnes relations. Pour le dalaï-lama, l’appui de l’empire est une garantie au cas où de nouvelles luttes intestines viendraient à compromettre la paix récente. De son côté, l’empereur sait que le dalaï-lama jouit d’un immense prestige sur l’ensemble de l’Asie continentale, surtout dans les steppes si difficilement contrôlables. Le dalaï-lama fut accueilli avec faste. L’empereur vient à sa rencontre et un temple, bâti à grand frais pour l’occasion, lui sert de demeure.
A la mort du 5ème dalaï-lama en 1682, son régent Sangyé Gyamtso s’empara du pouvoir en laissant croire que le dalaï-lama avait commencé une longue retraite spirituelle. Le subterfuge, bien organisé, dure une quinzaine d’années, jusqu’à ce que les seigneurs mongols et l’empereur de chine en viennent à s’interroger sérieusement sur les déclarations du régent.
Le 6ème dalaï-lama Tsangyang Gyamtso , présenté par le régent en 1697, étai une personnalité étonnante. Poète averti, il refusait la vie monastique et la pompe du Potala, se promenait dans les rue de Lhassa, ne dédaignait pas l’alcool et trouvait un charme certain aux jeunes fille de la capitale. C’en était trop pour les Mongols Qoshots. Au nom de la protection des affaires tibétaines, ils envahissent le pays en 1705, mettant le dalaï-lama en résidence surveillée et installent un autre dalaï-lama plus conforme à l’image qu’ils se faisaient d’un chef religieux et politique. La chine appuya l’agression mongole et condamna le 6ème dalaï-lama à l’exil. Il mourut aux confins du Tibet en 1706. A partir de cette période l’empereur de Chine ne se considérait plus le simple défenseur du Tibet, il considérait désormais le Tibet comme faisant partie intégrante de l’empire.
l’Indochine au 17ème siècle
Les missionnaires d’abord, les marchands ensuite furent les premiers français qui ouvrirent l’Indochine au monde occidental. Tout commença au 17ème siècle avec un jésuite [23], le père Alexandre de Rhodes, puis avec les prêtes des missions étrangères, qui évangélisèrent les royaumes de Cochinchine [24] et du Tonkin [25].
En 1624 les supérieurs de la compagnie de jésus envoyèrent le père Gabriel de Mattos, qui était depuis peu procureur des provinces d’extrême orient à Rome, pour être visiteur de la mission de Cochinchine, et lui donnèrent pour compagnons 5 Pères d’Europe dont le père Alexandre de Rodes et un japonais qui connaissais fort bien les lettres chinoises. Ils partirent de Macao au mois de décembre 1624 et arrivèrent en Cochinchine 19 jours plus tard. Ils y rencontrèrent le Père Pina, qui connaissait parfaitement la langue du pays, entièrement différente de la langue chinoise.
En 1625, 10 religieux enseignaient la religion chrétienne sur l’ensemble de la Cochinchine. Le Père François Buromi était dans la province de Quinchin, François de Pina et Alexandre de Rhodes dans la province de Cham et la province de Hua ou une proche parente du roi de Cochinchine se converti au christianisme et devint un appui de cette nouvelle religion. Le Père Pina décéda en 1625 après avoir fait naufrage avec une barque non loin du port de Cham. Mais le climat se détériora entre les religieux et le roi qui promulgua un édit contre les missionnaires et demanda à ses sujets chrétien de détruire toutes les images, croix et chapelets qu’ils portaient sur eux. Il ordonna que tout les Pères quittent leurs églises et qu’ils se retirent en la ville de Faïfo [26].
C’est en mars 1626 que le Père Baldinoti fut envoyé comme missionnaire au Tonkin. Il fut chaleureusement reçu à la cour du roi. Le Père Alexandre de Rhodes le rejoignit en juillet 1626 où il y resta jusqu’en 1640. En 1659, François Pallu fut nommé évêque du Tonkin et y resta jusqu’en 1680. Mais le climat ce détériora entre l’église et la cour de 1664 à 1678 et les missionnaires furent bannis du royaume.

- comptoirs Vietnam
Notes
[1] La Compagnie de Jésus est un ordre religieux catholique masculin dont les membres sont des clercs réguliers appelés « jésuites ». La Compagnie est fondée par Ignace de Loyola et les premiers compagnons en 1539 et approuvée en 1540 par le pape Paul III.
[2] Nagasaki est une ville japonaise, capitale de la préfecture homonyme sur l’île de Kyushu. Fondée dans la seconde moitié du 16ème siècle, c’était à l’origine un village isolé. C’est l’arrivée d’explorateurs européens au milieu du 16ème siècle, quand un navire portugais s’échoua accidentellement sur les rives de la préfecture de Kagoshima en 1543, qui en provoqua la naissance et l’essor. Le missionnaire jésuite François Xavier arriva au Japon en 1549, mais bien qu’il partît pour la Chine en 1551 et y mourût peu de temps après, ses disciples restèrent au Japon et y convertirent plusieurs daimyō (chefs de guerre). Le plus important fut Ōmura Sumitada qui fit un grand profit de sa conversion, car il reçut une part du commerce des navires portugais dans un port qu’ils établirent à Nagasaki en 1571, date de fondation de la ville, avec son accord. En 1580, Ōmura Sumitada céda le port de Nagasaki et les territoires environnants à la Compagnie de Jésus.
[3] Le terme shogun, signifie général ; c’est l’abréviation de seiitaishōgun, que l’on peut traduire par grand général pacificateur des barbares. Néanmoins, après qu’il fut attribué à Minamoto no Yoritomo, il devint un titre indiquant souvent le dirigeant de facto du Japon (dictateur militaire), alors même que l’empereur restait le dirigeant de jure (en quelque sorte le gardien des traditions). Le titre de seii taishōgun fut par la suite abandonné lors de la constitution au 19ème siècle du kazoku, c’est-à-dire de la noblesse japonaise.
[4] La dynastie Ming est une lignée d’empereurs qui a régné sur la Chine de 1368 à 1644. La dynastie Ming fut la dernière dynastie chinoise dominée par les Han. Elle parvint au pouvoir après l’effondrement de la dynastie Yuan dominée par les Mongols, et dura jusqu’à la prise de sa capitale Pékin en 1644 lors de la rébellion menée par Li Zicheng, qui fut rapidement supplanté par la dynastie Qing mandchoue. Des régimes loyaux au trône Ming (collectivement appelés Ming du Sud) existèrent jusqu’en 1662, année de leur soumission définitive aux Qing.
[5] L’océan Indien, autrefois appelé océan Oriental ou mer des Indes, est un océan qui s’étend sur une surface de 70 560 000 km2, soit 13,83 % de la surface totale du globe terrestre. Avec ses mers bordières, il est limité au nord par la péninsule Arabique, l’Iran, le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh, la Birmanie et la Thaïlande ; à l’est par l’Indonésie (îles de Sumatra, Java, Bali, Lombok, Sumbawa, Sumba, Rote, Timor, Yamdena, Kei Besar, la Nouvelle-Guinée occidentale), l’entrée ouest du détroit de Torrès, l’Australie continentale, la sortie est du détroit de Bass et la côte orientale de la Tasmanie et par l’Afrique continentale.
[6] L’Arabie est bordée par les golfes de Suez et d’Aqaba et la mer Rouge à l’ouest, par le golfe d’Aden au sud-ouest, par l’océan Indien au sud, par la mer d’Arabie au sud-est et par le golfe d’Oman et le golfe Persique à l’est. Sa limite nord est plus subjective mais peut être définie géographiquement par la faille du Levant au nord-ouest et la plaine de Mésopotamie (notamment l’Euphrate) au nord-est. La péninsule arabique est traversée par le tropique du Cancer. Cette péninsule de près de deux millions et demi de kilomètres carrés est dominée par un immense désert baptisé Rub al-Khali. Un massif de granite et de laves de plus de 3 000 mètres se dresse dans l’extrême Sud. Dès l’Antiquité, le nom d’Arabie Heureuse a été donnée à cette région compte tenu de son climat non désertique. Le reste de la péninsule subit une sécheresse quasi totale. Pendant deux mois d’hiver, le froid est très vif. Le reste de l’année subit une chaleur torride.
[7] Une boussole est un instrument de navigation constitué d’une aiguille magnétisée qui s’aligne sur le champ magnétique de la Terre. Elle indique ainsi le Nord magnétique, à distinguer du pôle Nord géographique. La différence entre les deux directions en un lieu donné s’appelle la déclinaison magnétique terrestre. Selon la précision requise, on s’accommode de cette différence ou on utilise un abaque de compensation. Observé depuis la France (en 2016), les deux directions sont sensiblement identiques.
[8] La mer de Chine méridionale ou mer de Chine du Sud est une mer bordière faisant partie de l’océan Pacifique couvrant une superficie d’environ 3 500 000 km² entre la Malaisie continentale, les îles Bangka et Belitung et la Malaisie orientale au sud et le détroit de Taïwan au nord, entre le Viêt Nam à l’ouest et les Philippines à l’est. Il existe des centaines de minuscules îles, regroupées en archipels. La mer de Chine du Sud et ses îlots font l’objet de revendications de souveraineté concurrentes par les nations limitrophes. Cette concurrence se traduit par la diversité des noms utilisés pour les îlots et pour la mer elle-même.
[9] Province littorale du sud-est de la Chine, située en face de Taiwan, le Fujian couvre 123 000 kilomètres carrés et comptait 35 580 000 habitants selon les estimations de 2006. Des massifs granitiques inférieurs à 2 000 mètres mais extrêmement abrupts occupent la quasi-totalité de la province, en deux alignements principaux, parallèles à la côte, correspondant à deux grandes lignes de failles : les Wuyishan à l’ouest, qui sont les plus importants, et les Daiyunshan à l’est. Les plaines n’occupent que 10% de la superficie de la province : ce sont soit les vallées étroites des rivières principales, perpendiculaires aux reliefs comme celle du Minjiang, soit des vallées affluentes parallèles aux lignes de relief, comme les petits deltas de Fuzhou, de Quanzhou, de Zhangzhou et d’Amoy (Xiamen). Le littoral est extrêmement découpé et frangé de plus de 600 îles, dont les principales forment les archipels de Dongshan, de Matsu et de Quemoy.
[10] Macao est une région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine depuis le 20 décembre 1999. Auparavant, Macao a été colonisé et administré par le Portugal durant plus de 400 ans et est considéré comme le dernier comptoir ainsi que la dernière colonie européenne en Chine et en Asie. La création de cette administration remonte au milieu du 16ème siècle, lorsque Macao a été colonisé et occupé graduellement par les Portugais. Ils ont rapidement apporté la prospérité à la zone, ce qui en a fait une grande ville et un intermédiaire important dans les échanges entre la Chine, l’Europe et le Japon, en atteignant son apogée à la fin du 16ème siècle et au début du 17ème siècle.
[11] Manille, officiellement la Ville de Manille est la capitale des Philippines, et l’une des seize villes de l’aire métropolitaine de Manille, l’une des plus peuplées au monde. Cette dernière, qui se trouve sur la côte ouest de l’île de Luçon, constitue le Grand Manille Elle se trouve sur la rive orientale de la baie de Manille. Les villes voisines sont Navotas et Caloocan au nord, Quezon au nord-est, San Juan et Mandaluyong à l’est, Makati au sud-est et Pasay au sud. Manille est la deuxième ville des Philippines, par sa population, après la ville de Quezon. Cette population, concentrée sur une superficie d’à peine 38,55 km2, fait de Manille la ville la plus densément peuplée au monde
[12] Pékin, est la capitale de la République populaire de Chine. Située dans le Nord-Est du pays, la municipalité de Pékin, d’une superficie de 16 800 km², est entourée par la province du Hebei ainsi que la municipalité de Tianjin. Pékin est considérée comme le centre politique et culturel de la Chine, tandis que Hong Kong et Shanghai dominent au niveau économique. D’abord ville périphérique de l’empire chinois sous les Han et les Tang, elle prend de l’importance lorsque les Jurchen, qui fondent la dynastie Jin, la choisissent comme leur capitale principale en 1153. Le prince mongol Kubilai Khan en fait de même sous le nom de Dadu (« grande métropole »), enfin les Ming y transfèrent leur administration en 1421, parachevant le choix de Pékin comme capitale de la Chine. Située à proximité de la Grande Muraille, Pékin abrite des monuments célèbres comme la Cité interdite et le Temple du ciel
[13] À l’origine, les Mandchous se nommaient Jürchen. Ce peuple, une des branches des peuples toungouses, se forma au 11ème siècle, renversa en 1115-1125 la dynastie Liao, qui régnait sur la Chine du Nord et provenait du peuple des Khitans, également originaire de Mandchourie, et fonda à la place la dynastie Jin. Leur langue était également une forme ancienne du mandchou. Sous le règne de Sejong le Grand de la dynastie coréenne Joseon, il se font repousser de la péninsule coréenne, jusqu’au fleuve Yalou.
[14] La république de Chine est l’appellation du régime qui a dirigé la Chine à partir de 1912 après la chute du régime impérial qui dirigeait le pays depuis 221 av. jc à la suite de la révolution de 1911, succédant ainsi à la dynastie Qing qui régnait sur l’Empire depuis 1644. Ce nouveau régime gouverne la Chine continentale jusqu’en 1949, date à laquelle la victoire communiste à l’issue de la guerre civile chinoise oblige le gouvernement de la république de Chine à se replier dans la province insulaire de Taïwan, où il continue d’appliquer la constitution de 1947. Malgré la coupure factuelle que représente la proclamation, par le Parti communiste chinois, de la république populaire de Chine sur le continent, aucune césure institutionnelle et juridique entre les périodes d’avant et d’après 1949 n’est reconnue par le gouvernement de Taïwan.
[15] Hirado est une ville japonaise située dans la préfecture de Nagasaki. La ville de Hirado comprend principalement Hirado, une île de la mer du Japon, située au nord-ouest de la préfecture de Nagasaki. Le territoire s’étend également sur l’île de Kyūshū et un pont relie les deux parties de la ville.
[16] Nagasaki est une ville japonaise, capitale de la préfecture homonyme sur l’île de Kyushu. Fondée dans la seconde moitié du 16ème siècle, c’était à l’origine un village isolé. C’est l’arrivée d’explorateurs européens au milieu du 16ème siècle, quand un navire portugais s’échoua accidentellement sur les rives de la préfecture de Kagoshima en 1543, qui en provoqua la naissance et l’essor. Le missionnaire jésuite François Xavier arriva au Japon en 1549, mais bien qu’il partît pour la Chine en 1551 et y mourût peu de temps après, ses disciples restèrent au Japon et y convertirent plusieurs daimyō (chefs de guerre). Le plus important fut Ōmura Sumitada qui fit un grand profit de sa conversion, car il reçut une part du commerce des navires portugais dans un port qu’ils établirent à Nagasaki en 1571, date de fondation de la ville, avec son accord. En 1580, Ōmura Sumitada céda le port de Nagasaki et les territoires environnants à la Compagnie de Jésus.
[17] Taïwan ou Formose est une île située au sud-est de la Chine continentale, au sud du Japon et au nord des Philippines, et bordée à l’est par la mer des Philippines, au sud et à l’ouest par la mer de Chine méridionale (détroit de Taïwan) et au nord par la mer de Chine orientale. Toutefois les limites maritimes prévues par l’Organisation hydrographique internationale incluent l’île entière en mer de Chine méridionale. Taïwan était autrefois dans l’Empire chinois. Elle est colonisée par l’Empire du Japon après la première guerre sino-japonaise en 1895, restituée par les États-Unis à la République de Chine en 1945, et revendiquée par la République populaire de Chine depuis 1949.
[18] La lignée des dalaï-lamas (ou du Dalaï-Lama) est la plus importante lignée de réincarnation (tulkou) postulée dans le bouddhisme tibétain et dans l’histoire du Tibet. Reconnu par ses fidèles comme une émanation du bodhisattva de la compassion, le dalaï-lama, outre son autorité spirituelle, a exercé le pouvoir temporel à la tête du gouvernement tibétain de la période Ganden Phodrang (1642-1959) mis en place par le 5ème dalaï-lama entre le 17ème siècle et le milieu du 20ème siècle au sein d’une théocratie.
[19] Le khanat qoshot ou khanat khoshuud également appelé Khochotie par les français en 1836 est un Khanat mongol établit par les Qoshots-Oïrats qui contrôlèrent le Qinghai et le Tibet central à la fin de la Dynastie Ming et au début de l’ère de la Dynastie Qing.
[20] Le palais du Potala, aussi appelé Potala à Lhassa, dans la région autonome du Tibet (Chine) , est un dzong (« forteresse ») du 17ème siècle, situé sur la colline de Marpori (« la colline rouge »), au centre de la vallée de Lhassa. Construit par le 5ème dalaï-lama, Lobsang Gyatso, le Potala fut le lieu de résidence principal des dalaï-lamas successifs et hébergea le Gouvernement tibétain jusqu’à la fuite du 14ème dalaï-lama en Inde durant le soulèvement tibétain de 1959, à la suite de l’annexion de force du pays par la Chine. Comprenant un « palais blanc » et un « palais rouge », ainsi que leurs bâtiments annexes, l’édifice incarnait l’union du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel tibétains, et leur rôle respectif dans l’administration de la théocratie tibétaine. Devenu musée, il est ouvert aux visiteurs.
[21] La lignée des panchen-lamas est une lignée de réincarnation importante dans l’histoire du Tibet, abbés du monastère de Tashilhunpo. Le panchen-lama est le deuxième plus haut chef spirituel du bouddhisme tibétain, et un lama guélougpa. Il se situe juste après le dalaï-lama dans ce système hiérarchique. L’origine du mot panchen est la contraction de deux mots : pandita, qui signifie « érudit » en sanskrit et chenpo, qui signifie « grand » en tibétain. Panchen se traduit donc par « grand érudit ». Lama signifie « maître spirituel ». Le panchen-lama est considéré comme une émanation du Bouddha Amitabha (« de lumière infinie »), alors que le dalaï-lama est considéré comme une émanation du bodhisattva de la compassion, Avalokiteshvara. D’après Jeffrey Hopkins, « Le Dalaï-Lama est le dirigeant spirituel et politique du Tibet, tandis que le Panchen-Lama est le chef de la région de Shigatsé ». Actuellement, il existe deux candidats à la succession du panchen-lama : en effet, Gedhun Choekyi Nyima, reconnu par le quatorzième dalaï-lama, fut détenu par le gouvernement chinois, qui désigna Gyancain Norbu à la place.
[22] La dynastie Qing est la dynastie impériale qui a régné sur la Chine durant près de trois siècles, de 1644 à 1912. Elle est fondée par des tribus Jürchen (qui se rebaptisent Mandchous au 17e siècle) originaires de la périphérie nord-est de la Chine qui sont fédérées par Nurhaci puis par son successeur Huang Taiji. Ces tribus, qui ne sont pas ethniquement chinoises (han), profitent de l’anarchie qui s’est installée dans l’empire Ming, qui régnait jusque-là sur le pays, pour s’emparer de la Chine du nord en 1644. Ils achèvent leur conquête de la Chine du sud en 1665.
[23] La Compagnie de Jésus est un ordre religieux catholique masculin dont les membres sont des clercs réguliers appelés « jésuites ». La Compagnie est fondée par Ignace de Loyola et les premiers compagnons en 1539 et approuvée en 1540 par le pape Paul III.
[24] La Cochinchine est une province historique, au sud de l’actuel Viêt Nam. Elle correspond grossièrement aux régions administratives vietnamiennes actuelles du Delta du Mékong et du Sud-est. Le nom de Cochinchine dérive de l’usage par les Portugais de la ville de Cochin pour désigner l’Inde
[25] Le Tonkin, écrit parfois Tongkin ou Tong-king, est la partie septentrionale du Viêt Nam actuel à l’ouest du golfe du Tonkin. À partir de 1884, le nom devient celui d’un protectorat français, l’une des six composantes de l’Indochine française. Cette ancienne grande division territoriale du royaume de Cochinchine ou d’Annam, fondée sur sa vieille capitale, est située à l’est du Laos et au sud des provinces actuelles du Yunnan et de Guangxi, constitutives de la Chine.
[26] Hội An était appelée Faifo en français, nom d’usage officiel pendant la période coloniale. La vieille ville de Hội An demeure un exemple exceptionnellement bien préservé de port d’Extrême-Orient.