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L’Asie au 17ème siècle

samedi 5 janvier 2013

L’Asie au 17ème siècle

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L’Asie au 17ème siècle

Au siècle précédent, les commerçants européens avaient pu pénétrer au Japon, cet empire mythique du bout du monde que Marco Polo appelait Cipango et que Christophe Colomb rêvait d’atteindre avec ses caravelles. Les Portugais puis leurs rivaux Hollandais avaient introduit dans l’archipel les techniques et les idées de la Renaissance occidentale. Les Japonais, qui vivaient sous un régime féodal analogue au Moyen Âge européen, avaient adopté ces nouveautés avec empressement. Beaucoup s’étaient aussi convertis au catholicisme sous l’impulsion de saint François Xavier et des Jésuites. Mais au début du 17ème siècle, les seigneurs plus ou moins indépendants de l’archipel durent se soumettre à Tokugawa Ieyasu. Celui-ci prit le titre de “shogun” avec des fonctions analogues à celles d’un maire du palais. L’empereur du Japon ne conservant plus qu’une autorité très symbolique et d’ordre spirituel. Craignant que les Européens ne tentent un débarquement armé où ne suscitent quelque rébellion, le 22 juin 1636, interdiction est faite aux Japonais de quitter leurs îles et de construire des bateaux. Avec cette décision du pouvoir central, le Japon se replia sur lui-même pour plus de 200 ans. Une révolte éclata chez les catholiques de la région de Nagasaki. Le shogun réussit à la mater avec l’aide des Hollandais. Pour finir, il expulsa tous les Européens, ne tolérant que quelques Hollandais dans les ports. Le shogunat allait durer jusqu’à son renversement en 1867 par l’empereur Meiji, désireux de réouvrir enfin son pays à la modernité.

La Chine au 17ème siècle

Les Chinois, sous les empereurs Ming, avaient organisés d’audacieuses expéditions maritimes dans l’Océan indien et jusqu’aux rives de l’Arabie. Ils disposaient pour cela de la boussole et de magnifiques jonques à voiles lattées, avec des gréements de haute mer. Lassés par les expéditions lointaines, les empereurs Ming s’étaient repliés sur le continent et avaient même supprimé leur police des côtes. Dans la mer de Chine, le piratage en provenance du Japon s’en trouva encouragé. Ce fut l’heure de gloire pour un pirate chinois du nom de Tcheng Tche-long, originaire d’une humble famille de pêcheurs du Foukien. A partir de 1625, il pilla allègrement les villes du littoral puis il séjourna à Macao, où il fut baptisé par les Portugais, ce qui lui valu d’être plus tard connu sous le nom de Nicholas Iquan. Il s’établit à Manille puis au Japon où il se maria. De retour en Chine, il se mit au service de l’empereur Chongzhen qui le nomma amiral de la flotte impériale. Mais le 3 avril 1644, l’empereur se suicida tandis que Pékin était investie par un chef de bande. Les farouches Mandchous du nord arrivèrent à la rescousse des armées impériales. Ils en profitèrent pour éliminer les Ming et fonder leur propre dynastie. Elle durera jusqu’à la fondation de la République chinoise. Nicolas Iquan, fidèle à l’ancienne dynastie, entra en guerre contre les usurpateurs. Mais il fut capturé par trahison, transféré à Pékin et mourut assassiné en 1646. Il laissa un fils qu’il avait eu de son épouse japonaise. Ce fils né le 28 août 1624 à Hirado, près de Nagasaki, porta le nom chinois de Tcheng Tch’eng-kong mais il est resté dans l’Histoire sous le nom que lui ont attribué les Européens, Koxinga. Celui-ci s’empara le 1er février 1662 de la citadelle hollandaise Zeelandia, au sud de l’île de Formose, après 9 mois de siège. Il se proclama roi de l’île mais mourut peu après, à 38 ans. Son fils ne pourra pas empêcher les Mandchous de prendre le contrôle de Formose 20 ans plus tard. Les Portugais avaient été au siècle précédent les premiers Européens à poser le pied sur la grande île de la Chine du sud. Séduits par son charme, ils lui avaient donné le nom de “Formosa” c’est-à-dire la Belle. Ce nom lui est resté jusqu’au milieu du 20ème siècle, époque à laquelle elle a repris son nom chinois de Taiwan.

Le Tibet au 17ème siècle

Au printemps 1642, après des années de guerres qui ensanglantèrent tout le pays, le 5ème dalaï-lama, Ngawang Lobsang Gyamtso fut porté au pouvoir, grâce au soutien armé de Gushri Khan, le puissant chef des mongols Qoshots. Désormais, le dalaï-lama devra être respecté comme le chef religieux et politique du Tibet. Il décida de faire de Lhassa le centre politique tibétain. Cette ville abritait l’un des plus ancien et des plus vénérés temple du Tibet, le jockhang construit dans la 1ère moitié du 7ème siècle et les 3 plus prestigieux monastères se trouvaient à proximité. D’autre part les seigneurs de la région avaient depuis longtemps prouvé leur fidélité. En 1645 il ordonna la construction du palais du Potala sur la colline rocheuse du Marpo Ri, à proximité immédiate de Lhassa. Celui-ci servira à accueillir les institutions politiques et religieuses. La gestion politique est laissée au soin d’un régent qui sous le contrôle du dalaï-lama, supervise le bon fonctionnement des ministères. En 1650, il institue une nouvelle lignée d’incarnation, celle du panchen-lama. A cette époque en chine, la dynastie des Mings vit ses dernières heures, affaiblie par les luttes de palais, et abattue de l’extérieur par les conquérants mandchous. A peine installé au pouvoir, Sunzhi 1er empereur de la dynastie mandchoue des Qing invite le 5ème dalaï-lama à pékin en 1652. L’intérêt est évident pour chacun d’entretenir de bonnes relations. Pour le dalaï-lama, l’appui de l’empire est une garantie au cas où de nouvelles luttes intestines viendraient à compromettre la paix récente. De son côté, l’empereur sait que le dalaï-lama jouit d’un immense prestige sur l’ensemble de l’Asie continentale, surtout dans les steppes si difficilement contrôlables. Le dalaï-lama fut accueilli avec faste. L’empereur vient à sa rencontre et un temple, bâti à grand frais pour l’occasion, lui sert de demeure. A la mort du 5ème dalaï-lama en 1682, son régent Sangyé Gyamtso s’empara du pouvoir en laissant croire que le dalaï-lama avait commencé une longue retraite spirituelle. Le subterfuge, bien organisé, dure une quinzaine d’années, jusqu’à ce que les seigneurs mongols et l’empereur de chine en viennent à s’interroger sérieusement sur les déclarations du régent. Le 6ème dalaï-lama Tsangyang Gyamtso, présenté par le régent en 1697, étai une personnalité étonnante. Poète averti, il refusait la vie monastique et la pompe du Potala, se promenait dans les rue de Lhassa, ne dédaignait pas l’alcool et trouvait un charme certain aux jeunes fille de la capitale. C’en était trop pour les Mongols Qoshots. Au nom de la protection des affaires tibétaines, ils envahissent le pays en 1705, mettant le dalaï-lama en résidence surveillée et installent un autre dalaï-lama plus conforme à l’image qu’ils se faisaient d’un chef religieux et politique. La chine appuya l’agression mongole et condamna le 6ème dalaï-lama à l’exil. Il mourut aux confins du Tibet en 1706. A partir de cette période l’empereur de Chine ne se considérait plus le simple défenseur du Tibet, il considérait désormais le Tibet comme faisant partie intégrante de l’empire.

Missions, comptoirs et découvertes en Asie (Source [1])

Les missionnaires d’abord, les marchands ensuite furent les premiers français qui ouvrirent l’Indochine au monde occidental. Tout commença au 17ème siècle avec un jésuite, le père Alexandre de Rhodes, puis avec les prêtes des missions étrangères, qui évangélisèrent les royaumes de Cochinchine* et du Tonkin*.

En 1624 les supérieurs de la compagnie de jésus envoyèrent le père Gabriel de Mattos, qui était depuis peu procureur des provinces d’extrême orient à Rome, pour être visiteur de la mission de Cochinchine, et lui donnèrent pour compagnons 5 Pères d’Europe dont le père Alexandre de Rodes et un japonais qui connaissais fort bien les lettres chinoises. Ils partirent de Macao au mois de décembre 1624 et arrivèrent en Cochinchine 19 jours plus tard. Ils y rencontrèrent le Père Pina, qui connaissait parfaitement la langue du pays, entièrement différente de la langue chinoise.

En 1625, 10 religieux enseignaient la religion chrétienne sur l’ensemble de la Cochinchine. Le Père François Buromi était dans la province de Quinchin, François de Pina et Alexandre de Rhodes dans la province de Cham et la province de Hua ou une proche parente du roi de Cochinchine se converti au christianisme et devint un appui de cette nouvelle religion. Le Père Pina décéda en 1625 après avoir fait naufrage avec une barque non loin du port de Cham. Mais le climat se détériora entre les religieux et le roi qui promulgua un édit contre les missionnaires et demanda à ses sujets chrétien de détruire toutes les images, croix et chapelets qu’ils portaient sur eux. Il ordonna que tout les Pères quittent leurs églises et qu’ils se retirent en la ville de Faïfo.

C’est en mars 1626 que le Père Baldinoti fut envoyé comme missionnaire au Tonkin. Il fut chaleureusement reçu à la cour du roi. Le Père Alexandre de Rhodes le rejoignit en juillet 1626 où il y resta jusqu’en 1640. En 1659, François Pallu fut nommé évêque du Tonkin et y resta jusqu’en 1680. Mais le climat ce détériora entre l’église et la cour de 1664 à 1678 et les missionnaires furent bannis du royaume.

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comptoirs Vietnam

P.-S.

Source : Histoire de l’Indochine 1624-1954 de Philippe Héduy (1983, Société de production littéraire) page 15/ archives ljallamion histoire du 17ème/encyclopédie Imago/mundi/ Herodote/ ect...

Notes

[1] Histoire de l’Indochine 1624-1954 de Philippe Héduy (1983, Société de production littéraire) page 15