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Nicolas Lémery

mercredi 2 janvier 2013

Nicolas Lémery (1645-1715)

Apothicaire et Chimiste

Nicolas Lémery (1645-1715) Apothicaire et Chimiste

Né à Rouen, La famille de Nicolas Lémery de religion protestante, appartenait à la bourgeoisie de robe de Rouen. Son père, Julien Lémery, était procureur au Parlement de Normandie et ses deux frères aînés, Louis et Pierre étaient respectivement avocat et procureur au parlement de Rouen, son plus jeune frère Thomas s’établit comme marchand dans cette même ville.

Après des études en pharmacie qu’il fit au collège protestant de Quevilly, Nicolas entra en apprentissage en 1660 chez son oncle maternel Pierre Duchemin, apothicaire à Rouen. Au bout de six années passées chez son oncle à apprendre le métier d’apothicaire, il vint à Paris en 1666 pour travailler avec Christophe Glaser qui était l’apothicaire ordinaire de Louis XIV et démonstrateur de chimie au Jardin du Roi à Paris. Mais celui-ci le rebuta par son caractère dur et mystérieux et quitta au mois de juillet 1668 le laboratoire de Glaser. Il se mit alors à voyager et se rend alors à Montpellier où de 1668 à 1672, il est pensionnaire d’Henry Verchant, maître apothicaire à Montpellier dans l’île du Puits des Esquilles au Sixain Sainte Croix. De retour à Paris en 1672, il se mit en relation avec Bernadin Martin qui était l’apothicaire du prince de Condé et profita de son laboratoire installé à l’hôtel de Condé dans le quartier de l’Odéon. Il fit découvrir la chimie au prince et aux membres de son entourage tel l’abbé Bourdelot qui était son médecin. Il y professa durant 25 ans et compta parmi ses auditeurs Tournefort et le grand Condé.

Le premier, il parla chimie en français, professa une science sage et réservée. Il racheta le 18 septembre 1674 la charge d’apothicaire privilégié d’Antoine Régnier décédé. Peu de temps après il ouvrit une officine et un laboratoire dans les caves d’une maison à l’enseigne de la Porte dorée située rue Galande près de la place Maubert. Il put alors donner libre cours à ses talents d’enseignant et de démonstrateur auprès d’une assemblée nombreuse et choisie qui venait assister émerveillée à la révélation des secrets de la chimie jusqu’ici cachés aux profanes.

En 1675, il publia son Cours de chimie qui fut traduit dans toutes les langues.

Il se marie en janvier 1676 avec Madeleine Bellanger, fille de François Bellanger, bourgeois de Paris et de Marie de La Cour.

À partir de 1681, les protestants commencèrent à être inquiétés dans la pratique de leur religion. Le 4 mars 1683, un arrêt du conseil du roi ordonna à tous les protestants de se démettre de leur charge dans les deux mois.

Nicolas Lémery fut contraint de vendre sa boutique de la rue Galande le 6 février 1683 à Jean Fradin, maître apothicaire à l’Hôtel-Dieu de Paris, puis il démissionna de sa charge d’apothicaire le 23 avril 1683 au profit de Denis Machuraux. Forcé d’abandonner son pays, il se réfugia en Angleterre en 1683 espérant que Charles II accueillerait favorablement ses propositions de services, mais il comprit rapidement qu’il ne pourrait rien entreprendre en Angleterre du fait des troubles qui paraissaient alors devoir s’élever. Au bout se quelques mois il regagna la France et on le retrouve vers la fin de l’année à l’Université de Caen où il se fait recevoir docteur en médecine. Il revint en France et, après 3 ans de misère et conscient qu’il ne pourrait plus professer longtemps la religion protestante compte tenue de la Révocation de l’Édit de Nantes, le 18 octobre 1685, interdisant aux protestants l’exercice de la médecine et de la pharmacie, sans mener sa famille à la ruine et à l’enfermement, il abjura sa foi le 8 janvier 1686, avec femme et enfants

Il retrouva alors tous ses droits et le 8 avril 1686, Louis XIV pour honorer son retour à la religion catholique, et, eu égard à ses talents, lui accorda de nouvelles lettres patentes qui lui permettent d’ouvrir à la fin de l’année une nouvelle boutique d’apothicaire et un laboratoire de chimie au bas de la rue Saint-Jacques près de la fontaine Saint-Séverin. Après le renouvellement de l’Académie royale des sciences par Louis XIV, le 20 janvier 1699, il est nommé associé chimiste le 28 janvier de la même année, puis pensionnaire chimiste le 23 novembre 1699 à la mort de Claude Bourdelin.

En 1712, il est nommé directeur, mais gravement malade, il est contraint de démissionner le 6 mars 1715. Il reçoit alors le titre de pensionnaire vétéran. Il meurt le 19 juin 1715 dans sa maison de la rue Saint André des Arts qu’il occupait depuis le mois de décembre 1693, et où il avait installé boutique et laboratoire.

Son Cours de chymie publié en 1675 destiné avant tout à l’enseignement et à la vulgarisation. Des générations de chimistes en profitèrent et s’en inspirèrent jusqu’à la fin du 18ème siècle. Il n’eut pas moins de treize éditions et fut traduit dans la plupart des langues européennes. Si son Cours de Chymie a fait autorité pendant un siècle, ses autres publications n’en ont pas moins connu au siècle des Lumières un réel succès populaire. On compte la Pharmacopée universelle en 1697, le Traité universel des drogues simples qui deviendra un Dictionnaire universel des drogues en 1698, et le Traité de l’antimoine en 1707 dont des procédés d’analyse et autres mesures d’empoisonnement étaient encore usités dans les laboratoires en 1860.

Le mélange de limaille de fer et de soufre, qui réagit vivement au contact de l’eau chaude, porte encore le nom de volcan de Lémery. Parmi ses recherches fructueuses en chimie et en médecine, on lui doit notamment la découverte du fer dans le sang.