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Johannes ou Jan Vermeer

mardi 11 décembre 2012

Johannes ou Jan Vermeer (1632-1675)

Peintre hollandais

Né à Delft, fils de Reynier Janszoon ouvrier en soie ayant une activité dans le commerce d’art et de Digna Vermeer. Peu de choses sont connu au sujet de l’apprentissage de Vermeer en tant qu’artiste. Sa vie entière se passa à Delft, où il a pu être formée par Leonaert Bramer un artiste de Delft qui était un témoin au mariage de Vermeer en 1653, ou Carel Fabritius. Son travail montre en effet une affinité avec celle de Fabritius, mais leurs rapports restent incertains. À la mort de son père en octobre 1652, il lui succède comme marchand de tableaux. Le 23 avril 1653 il épouse Catharina Bolnes à Schipluiden un village proche de Delft. La même année il s’inscrit à la guilde de Saint Luc de Delft et fut élu président de 1662 à 1670/1671.

Vermeer, qui avait reçu une éducation protestante calviniste, semble alors s’être converti à la religion de sa femme, et vraisemblablement sa belle-mère, Maria Thins, qui jouissait d’une situation matérielle bien plus confortable que celle du peintre, ne fut pas étrangère à cette décision. Le catholicisme était alors une minorité marginalisée dans les Provinces-Unies.

Il y était toléré depuis la guerre de Quatre-Vingts Ans, et c’est dans des églises clandestines, appelées schuilkerken, que les services religieux étaient célébrés. Ceux qui se disaient catholiques étaient par ailleurs freinés dans leur carrière, il leur était notamment impossible d’exercer des fonctions dans l’administration des villes ou d’occuper des postes gouvernementaux. Après 1648, certains semblent s’être lassés de ces discriminations et avoir quitté l’Église catholique. Maria Thins s’était séparée de son mari en 1641 parce que celui-ci la battait. Elle occupait une maison assez spacieuse de l’Oude Langendijk. En 1642, Johannes Vermeer et Catharina emménagent chez elle.

Dans la cité hollandaise rattachée à la Maison d’Orange et qui bénéficiait encore d’un statut privilégié, il semble que Vermeer ait acquis une réputation d’artiste novateur, mais il est fort possible que sa notoriété dépassât peu le territoire provincial de Delft. Il fut fortement considéré durant toute sa vie, bien qu’il ne semble jamais avoir été particulièrement riche. Après avoir été pratiquement oublié durant près d’un siècle, Vermeer fut redécouvert en 1866 lorsque le critique d’art Théophile Thoré-Burger lui consacra une série d’articles. Depuis cette redécouverte, la réputation de Vermeer s’est amplifiée, et il est à présent reconnu, avec Rembrandt, comme l’un des plus grands peintres du siècle d’or néerlandais. Il réalisa surtout, dans un style raffiné, des peintures de genre, principalement des intérieurs montrant des scènes de la vie domestique. Vermeer travaillait sur commande, et lentement, ne réalisant, semble-t-il, pas plus de trois tableaux par an. Il semble par ailleurs avoir été apprécié en qualité d’expert en tableaux, puisqu’en 1672, en même temps que 34 autres peintres dont Jan Lievens, Melchior D’Hondecoeter et Gerbrand van den Eeckhout, il fut convoqué à La Haye pour expertiser une collection de 13 toiles vénitiennes vendues à Frédéric-Guillaume, Grand Électeur de Brandenbourg, par Gerrit Uylenburgh.

En 1672, année appelée en néerlandais la Rampjaar, une crise économique grave frappe les Provinces-Unies et c’est la même année qu’a lieu l’invasion par l’armée française de Louis XIV, ainsi que le début de la 3ème guerre anglo-néerlandaise. Dans la panique, des commerces et des écoles sont fermés. Les affaires de Vermeer, comme peintre mais aussi comme vendeur de tableaux, sont touchées par la chute du marché de l’art. Dans ce contexte désastreux, et afin de pouvoir continuer à subvenir aux besoins de sa nombreuse famille, il est contraint d’emprunter à nouveau de l’argent.

Les choses s’aggravent encore l’année suivante avec la mort de Van Ruijven, qui semble avoir été le principal mécène du peintre.

Il meurt à Delft 15 décembre 1675 et laisse 11 enfants, dont 10 étaient des mineurs. Pour couvrir ses dettes Catharina Vermeer en mars 1677, vendit les peintures de Vermeer à la guilde. 21 des peintures du maître furent ainsi dispersés.