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Marie-Madeleine d’Aubray

lundi 10 décembre 2012

Marie-Madeleine d’Aubray (1630-1676)

Marquise de Brinvilliers

Fille de Dreux d’Aubray, lieutenant civil du Châtelet de Paris à l’époque de la Fronde et nièce de Jean-Jacques Olier, membre éminent du parti des dévots, car fondateur de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice.

Violée par un domestique à 7 ans, sa réputation sulfureuse lui prête ensuite, sans la moindre preuve des relations incestueuses avec un de ses frères dès l’âge de 10 ans. Elle perd également sa mère assez jeune. Elle épouse en 1651 Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers, mestre de camp, et joueur. Elle est par ailleurs une femme assez instruite. Elle fait peu de fautes d’orthographe et possède une bonne syntaxe. Ce n’est pas négligeable dans un temps où une majorité de femmes ne savent ni lire, ni écrire et se trouvent mêmes incapables de signer par leur nom. Elle deviendra mère de 7 enfants, dont quatre illégitimes. Elle devient amie de Pierre Louis Reich de Pennautier, trésorier des états de Languedoc, homme d’affaires, qui devient en 1669 receveur général du clergé.

Elle succombe aux charmes de Godin de Sainte-Croix, un officier de cavalerie passionné par l’alchimie, qui lui est présenté par son mari. Dépensant sans compter pour satisfaire ses goûts de luxe et ceux de son amant, se lançant dans des placements aventureux conseillés par Penautier, elle vivra des années brillantes sans cesser d’être au bord de la ruine. Antoine de Brinvilliers ne se soucie guère de la relation de sa femme avec Sainte-Croix, entretenant lui-même plusieurs maîtresses et dépensant sa fortune au jeu.

Dreux d’Aubray, irrité de la conduite de sa fille, fait emprisonner en 1663 le séducteur à La Bastille. Sainte-Croix y devient l’ami de son compagnon de cellule, l’empoisonneur italien Exili, qui avait déjà commis de nombreux empoisonnements. Il suit également les cours de Christophe Glaser au Jardin royal des plantes.

À sa sortie, il retrouve sa maîtresse et lui enseigne l’art qu’il vient d’apprendre. Devenue experte et certainement sous l’influence de son amant, elle réussit à empoisonner successivement son père en 1666, puis ses deux frères, à six mois d’intervalle, en 1670 afin de faire disparaître les obstacles à sa liaison. Afin de faire chanter la marquise et de continuer à lui soutirer de l’argent, Sainte-Croix enferme des preuves de la culpabilité de sa maîtresse dans une cassette « à n’ouvrir qu’en cas de mort antérieure à celle de la Marquise ». Et malheureusement pour elle, Godin de Sainte-Croix meurt accidentellement en 1672. La cassette trouvée et ouverte, la Marquise est recherchée et s’enfuit successivement à Londres, où Colbert tente de la ramener de force en France, puis aux Pays-Bas et à Liège en Flandre.

Réfugiée dans un couvent de Liège, elle est finalement arrêtée. Au cours de son long procès du 29 avril au 16 juillet 1676, elle refuse tout aveu malgré la question. Elle est condamnée à une amende honorable, c’est-à-dire que son exécution est rendue publique.

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