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24 décembre 1800 L’attentat de la rue Saint-Nicaise

mardi 12 octobre 2021, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 17 mai 2020).

24 décembre 1800 L’attentat de la rue Saint-Nicaise

Le soir du 24 décembre 1800, la capitale française est secouée par une violente explosion.

Le Premier Consul Napoléon Bonaparte a été visé par une machine infernale à l’instant où son carrosse s’engageait dans la rue Saint Nicaise [1], sur le chemin qui mène de son palais des Tuileries [2] à l’Opéra.

Le Premier Consul est miraculeusement épargné mais l’attentat fait autour de lui 22 morts et 56 blessés, 46 maisons sont endommagées ou même détruites.

Bonaparte se rend à l’opéra comme si de rien n’était. Mais dès le lendemain, il saisit le prétexte de l’attentat pour frapper le camp jacobin [3] qui lui en veut d’avoir mis fin à la Révolution en instaurant un an plus tôt sa dictature.

Le Sénat dresse une liste de 130 proscrits et Joseph Fouché , ancien prêtre oratorien devenu ministre de la Police générale, fait déporter une centaine d’anciens révolutionnaires.

Fouché mène par ailleurs son enquête. Ses enquêteurs n’ont pas la tache facile. Ils ne disposent pour tout indice que de la tête du cheval qui traînait la machine infernale. Avec celle-ci, ils font le tour des maquignons de Paris et identifient les acheteurs du cheval !

Fouché peut bientôt apporter la preuve au Premier Consul que l’attentat de la rue Saint-Nicaise a été en fait ourdi par les chouans royalistes [4].

Après avoir frappé à gauche, Bonaparte frappe à droite ! Il fait établir des tribunaux spéciaux pour punir les coupables. Cela permet de museler les Jacobins comme les chouans.

Mais, vexé que Fouché l’ait contredit sur les initiateurs de l’attentat, il lui enlève le ministère de la Police et lui donne en compensation un siège de sénateur.

Notes

[1] La rue Saint-Nicaise est une ancienne rue aujourd’hui disparue du 1er arrondissement de Paris. Elle a été ouverte au 16ème siècle le long de l’enceinte de Charles V, côté ville. Partant de la rue des Orties-du-Louvre, qui longeait l’aile sud du palais du Louvre et sa grande galerie, elle aboutissait à la rue Saint-Honoré presque en face de la rue de Richelieu, après avoir bordé la place du Carrousel de l’époque sur le côté est. Elle était bâtie de plusieurs hôtels particuliers. La rue a été détruite en 1853 lors du prolongement de la rue de Rivoli et de l’aménagement de la cour Napoléon du Louvre.

[2] Le palais des Tuileries est un ancien palais parisien, aujourd’hui détruit, dont la construction commença en 1564 sous l’impulsion de Catherine de Médicis, à l’emplacement occupé auparavant par l’une des trois fabriques de tuiles établies en 1372 à côté de l’hôpital des Quinze-Vingts, non loin du vieux Louvre. Agrandi au fil du temps et unifié avec le palais du Louvre en 1860, il disposait d’une immense façade (266 mètres de long pour le palais disparu, et environ 328 mètres si on compte les pavillons de Flore et de Marsan qui subsistent) et il était le point focal du grand axe historique de Paris conçu à partir de ce palais. Il a été la résidence royale à Paris de nombreux souverains (Henri IV, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI mais aussi Louis XVIII, Charles X puis Louis Philippe), et impériale (Napoléon 1er puis Napoléon III). Entretemps il a aussi été le siège de la Première République et du Consulat. Son rôle de siège officiel du pouvoir français fut interrompu par sa destruction par un incendie volontaire le 23 mai 1871, allumé par les communards Jules-Henri-Marius Bergeret, Victor Bénot et Étienne Boudin. Les ruines du palais des Tuileries furent abattues en 1883, les présidents de la Troisième République étant alors installés dans le palais de l’Élysée.

[3] Le jacobinisme est une doctrine politique qui défend la souveraineté populaire et l’indivisibilité de la République française. Il tient son nom du club des Jacobins, dont les membres s’étaient établis pendant la Révolution française dans l’ancien couvent des Jacobins à Paris.

[4] Les Chouans étaient des insurgés royalistes de Bretagne, du Maine, de Basse Normandie et du nord de l’Anjou pendant les guerres de la chouannerie. Actifs au nord de la Loire, les chouans sont distincts des « Vendéens », actifs quant à eux au sud du fleuve, dans le Bas-Poitou, le sud de l’Anjou et le Pays de Retz breton.