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Pierre de la Ramée dit Ramus

dimanche 17 mars 2019, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 4 novembre 2012).

Pierre de la Ramée dit Ramus (vers 1515-1572)

Savant humaniste du 16ème siècle

Pierre de la Ramée dit Ramus Savant humaniste du 16ème siècle

Né d’une famille trop pauvre pour lui donner une éducation, il fut d’abord employé par son père à faire paître les troupeaux. Mais un violent désir d’apprendre l’amena à s’enfuir à 8 ans pour Paris, où l’attend la misère.

Un 2ème voyage est tout aussi malheureux. Un de ses oncles décida alors de payer quelques mois sa pension dans une école et Ramus, pour pouvoir continuer ses études, se fit domestique au collège de Navarre [1], où, passant ses nuits à l’étude, il fit de rapides progrès en langues et littératures anciennes.

Il fut déçu par la supercherie de ce qu’on appelle “science” et, quand il doit soutenir son examen de maître ès arts, il se proposa de démontrer que cette doctrine n’était pas infaillible. Contre toute attente son argumentation fort brillante obtient un triomphe complet.

Encouragé par ce premier succès, il décida d’examiner à fond la doctrine et publie 2 ouvrages critiques sur Aristote qui sèment dans l’école un grand trouble. Il doit comparaître sous l’accusation d’impiété, mais il l’emporte.

Toutefois, ayant refusé de se plier à toutes les conditions des juges, il est, par un arrêt du roi, déclaré téméraire, arrogant et impudent. Ses ouvrages furent supprimés et il lui est interdit d’enseigner et d’écrire contre Aristote sous peine de punition corporelle.

Il se reconvertit dans les mathématiques, puis enseigne la rhétorique au Collège de Presles [2] avec un immense succès qui lui vaut d’être nommé en 1551, par le roi, professeur de philosophie et d’éloquence au Collège de France [3], où son enseignement acquiert une célébrité européenne. Il s’y préoccupe d’introduire quelques améliorations dans l’enseignement, publie de nouvelles grammaires et présente en 1562 à Charles IX un plan pour la réforme de l’Université.

Il se convertit à la religion réformée, ce qui lui vaut, après d’innombrables persécutions, d’être assassiné au cours du massacre de la Saint-Barthélemy [4].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Pierre de La Ramée/ Portail de l’éducation/ Catégories : Logicien français/ Mathématicien français du 16ème siècle/ Professeur au Collège de France

Notes

[1] Le collège de Navarre a été fondé en 1304 à Paris grâce à Jeanne 1ère de Navarre. Épouse de Philippe le Bel, elle lègue son hôtel de la rue Saint André des Arts pour y établir un collège destiné à recevoir des étudiants de sa province.

[2] Le collège de Presles est un collège de l’ancienne université de Paris. Il fut fondé en 1314 avec le collège de Laon par un clerc, Guy de Laon, trésorier de la Sainte Chapelle, et un laïc, Raoul de Presles, seigneur de Lizy, légiste au service du roi. Les écoliers de Laon et ceux de Presles, dotés de trois cents livres de rente annuelle, sont ainsi installés ensemble sur la montagne Sainte-Geneviève, entre les rues du Clos-Bruneau et Saint-Hilaire. Les deux collèges se séparent dix ans plus tard. Au 16ème siècle, le collège de Presles et celui de Beauvais, qui ne sont séparés que par un mur, se rapprochent encore plus l’un de l’autre si bien que le principal de Presles Pierre de La Ramée, célèbre sous le nom de Ramus, s’entend avec Omer Talon, principal de Beauvais, pour qu’une porte soit ouverte entre les deux cours respectives.

[3] Le Collège de France, anciennement nommé Collège royal, est un grand établissement d’enseignement et de recherche, institué par François 1er en 1530. Il est situé place Marcelin-Berthelot dans le 5ème arrondissement de Paris, au cœur du Quartier latin. Recherche et enseignement y sont étroitement liés, et son ambition est d’enseigner « le savoir en train de se constituer dans tous les domaines des lettres, des sciences ou des arts ». Il dispense donc des cours de haut niveau qui sont gratuits, non diplômants et ouverts à tous sans condition ni inscription. Cela en fait un lieu à part dans le paysage intellectuel français.

[4] Le massacre de la Saint-Barthélemy est le massacre de protestants déclenché à Paris, le 24 août 1572, jour de la saint Barthélemy, prolongé pendant plusieurs jours dans la capitale, puis étendu à plus d’une vingtaine de villes de province durant les semaines suivantes. Cet événement des guerres de Religion résulte d’un enchevêtrement complexe de facteurs, aussi bien religieux et politiques que sociaux. Il est la conséquence des déchirements militaires et civils de la noblesse française entre catholiques et protestants, notamment de la vendetta entre le clan des Guise et celui des Châtillon-Montmorency. Il est le résultat d’une sauvage réaction parisienne, ultra-catholique et hostile à la politique royale d’apaisement. Il reflète également les tensions internationales entre les royaumes de France et d’Espagne, avivées par l’insurrection aux Pays-Bas. Pendant longtemps, la tradition historiographique a fait du roi Charles IX et de sa mère, Catherine de Médicis, les principaux responsables du massacre. Faute de sources, les historiens sont restés longtemps partagés sur le rôle exact de la couronne. Ils retiennent aujourd’hui que seuls les chefs militaires du clan protestant étaient visés par l’ordre royal. Dès le matin du 24 août, Charles IX avait ordonné l’arrêt immédiat des tueries mais, dépassé par la fureur du peuple, il n’avait pu les empêcher.