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Publius Terentius Afer dit Térence

jeudi 26 août 2021 (Date de rédaction antérieure : 29 juillet 2011).

Publius Terentius Afer dit Térence (vers 190-159 av.jc)

Poète comique latin d’origine berbère

Né à Carthage [1], il est réduit en esclavage alors qu’il est encore enfant. Aussi son surnom d’Afer était-il celui qu’on donnait aux Africains. Il est ensuite vendu ou donné au sénateur romain Terentius Lucanus. Grâce à son talent et à sa beauté, il reçoit une éducation d’homme libre et est rapidement affranchi. Il fréquente dès lors la haute société et, pour les cercles érudits, écrit des comédies. Enfin, au cours de sa vie, il aura une fille qui épousera un chevalier romain.

Accueilli dans la haute société aristocratique, il est protégé par les Scipion [2], dont le cercle comprenait Scipion Émilien, Laelius, Furius Philus ... Pour ces cercles érudits et friands d’hellénisme, il écrit des pièces plus littéraires et moins axées sur la représentation, ce qui permet à certaines comédies d’êtres jouées plusieurs fois, contre les habitudes du théâtre romain. Cela lui vaut toutefois des difficultés, non seulement avec le public, lors des représentations, mais aussi avec la critique officielle et, en particulier, avec Luscius de Lanuvium , président du“ collegium poetarum,” qui accablera Térence de ses récriminations.

Sa carrière est très brève. Après avoir présenté 6 comédies à Rome, il partit, en 160, chercher en Grèce des sujets de pièces inédites, il traduisit, semble-t-il, 108 comédies de Ménandre. Mais à partir de l’année 159, quand il décida de rentrer de Grèce, nous ne savons plus rien de Térence.

Il a considérablement fait évoluer la comédie latine, il incarne la génération influencée par l’hellénisme César le surnomme le “demi-Ménandre”, d’autant plus qu’il a évolué dans le fameux cercle des Scipion, qui a acclimaté le goût grec à Rome. Il écrit essentiellement pour un public de lettrés, comme le montrent ses prologues et les titres grecs de ses pièces.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Plaute, Térence, Œuvres complètes. Paris, Gallimard, coll. "La Pléiade", 1971.

Notes

[1] Carthage est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis. L’ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d’Afrique proconsulaire, est aujourd’hui l’une des municipalités les plus huppées du Grand Tunis, résidence officielle du président de la République, regroupant de nombreuses résidences d’ambassadeurs ou de richissimes fortunes tunisiennes et expatriées. La ville possède encore de nombreux sites archéologiques, romains pour la plupart avec quelques éléments puniques,

[2] Les Cornelii Scipiones ou Scipions sont des patriciens romains membres d’une branche de la gens des Cornelii. Ils constituent une dynastie de généraux et d’hommes d’États des 3ème et 2ème siècles av. jc. Cette famille est traditionnellement alliée à la branche des Paulii de la gens des Aemilii. Le nom de cette famille viendrait du mot scipio signifiant « bâton », emblématique du pouvoir des magistrats édilitaires