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Le 14ème siècle en Europe

samedi 25 août 2012, par ljallamion

Le 14ème siècle en Europe

Cathédrale de Poissy. Photo lucien Jallamion 2003

La fin du 13ème siècle annonce une période moins glorieuse pour l’Europe dont l’expansion économique était continue jusque là. Au 14ème siècle apparaît des crises économiques comme le monnayage de l’or, les crises agricoles et surtout démographique avec l’épidémie de la Grande Peste en 1347 qui ravagea l’Europe en tuant environ 30% de sa population. La crise religieuse se poursuit depuis que les papes sont à Avignon : En 1367 Urbain V ramène la papauté à Rome mais elle revient en Avignon en 1370. De 1378 à 1417 c’est la période du grand schisme pendant lequel parfois 2 papes sont élus en même temps.

Ces rivalités religieuses ont cependant une influence positive sur l’art en Avignon en y rassemblant des artistes français et italiens chargés d’y construire et décorer le palais des papes.

L’art gothique au 14ème siècle en France et en Europe

L’art maniérisme* : 1230/1240-1350

Cette période de l’art gothique apparaît aujourd’hui comme l’une des plus importantes. Elle commence par ce qu’il faut bien appeler une révolution stylistique. De nouvelles formes vont s’imposer à l’Europe entière. Pour la première fois, mais non la dernière, Paris devient la référence et retient les plus grands artistes de l’époque. Ce triomphe gothique éclate dans une Europe arrivée au sommet de son expansion : riche, peuplée, ouverte, sûre d’elle-même, une Europe qui a trouvé son rythme et son équilibre.

En même temps, les rapports entre les artistes et les commanditaires sont marqués par un changement radical. Jusqu’à cette époque, la commande relevait du monde religieux. Dorénavant, l’intervention laïque devient prépondérante. Cette modification des commandes ne pouvait rester sans influence sur le style. L’adéquation entre la nouvelle classe de commanditaires et le style rayonnant rend compte du succès de celui-ci. L’activité artistique rejoint, comme si souvent, la politique ; elle en devient une des composantes. Les procédés techniques évoluent et de nouvelles formes artistiques apparaissent, goût du noir et blanc et de la "grisaille" dans les vitraux, apportant une plus grande clarté, émaux translucides, essor de la peinture sur bois surtout en Italie, pratique du portrait de représentation ressemblante.

Le bouleversement le plus marquant touche l’architecture. Il s’établit suivant 2 axes complémentaires à l’intérieur de l’édifice par l’affirmation définitive de la travée comme cellule de base, et le rôle de la lumière . A l’extérieur, la conception du monument est renouvelée. Le pilier fasciculé succédant au support chartrain enserre la travée depuis la base jusqu’aux retombées des voûtes. Le triforium est éclairé : la paroi de verre est repoussée à l’aplomb extérieur du mur afin d’établir au-devant un passage qui ménage des effets subtils de lumière. Les vides l’emportent définitivement sur les pleins. À l’intérieur se développe la cloison de verre, qui joue le rôle d’un tissu conjonctif. La personnalité de l’architecte se définit désormais par le graphisme des supports, des arcades, des baies. La réduction du mur, l’intrusion de la lumière créent une nouvelle conception spatiale, en même temps que les effets de clair-obscur répondent à une sensibilité toute picturale.

L’art maniériste en France

C’est lors des travaux de reprise du chœur de Saint-Denis que se fait jour cette nouvelle esthétique en 1231. Elle s’accompagne d’un agrandissement spectaculaire du transept, dont les murs sont percés d’immenses roses et de l’abandon des doubles collatéraux prévus par l’abbé Suger au profit de l’élargissement du vaisseau central.

Elle se retrouve a la Sainte-Chapelle entre 1239 et 1248. Dans le dessin, on assiste à un abandon des formes volumétriques au profit de l’à-plat ; les maîtres verriers privilégient le graphisme et simplifient la palette colorée, Sainte-Chapelle et quelques vitraux des parties hautes de la cathédrale d’Auxerre.

Les recherches se poursuivent afin d’obtenir de véritables cages de verre, le chœur d’Évreux en 1260, Saint-Louis de Poissy en 1299, Saint-Ouen de Rouen. En même temps, l’aspect calligraphique du dessin ne fait que s’accentuer. Le midi de la France, peu touché jusqu’alors par l’art gothique, s’inscrit dans ce courant maniériste lorsque les prélats décident de construire dans le dernier tiers du 13ème siècle des cathédrales qui rivalisent avec celles du Nord. À Carcassonne en 1269, l’architecte a résolu un délicat problème topographique en fusionnant abside, transept et chapelles en un seul volume. Les architectes de Clermont, Limoges, Narbonne, Rodez, Toulouse montrent en revanche leur indépendance en revenant au triforium aveugle, mais aboutissent à des effets spatiaux intérieurs par dilatation des volumes à Limoges et Narbonne.

Les ordres mendiants ont généralement adopté la nef unique pour des raisons qui ne sont pas seulement d’ordre financier, mais aussi religieux. On la trouve également dans les cathédrales et dans les églises paroissiales. Son volume intérieur était clairement défini par 4 murs, dont le couvrement pouvait être de pierre ou de charpente. Les masses extérieures ne sont pas moins évidentes, avec une enveloppe rectangulaire qu’aucun arc-boutant ne vient encombrer, les contreforts assurant la cohésion des maçonneries. La présence de chapelles ménagées entre les contreforts repoussés à l’extérieur de l’enveloppe. L’abside par son éclairement spectaculaire accentue la pénombre de la nef. Le midi de la France a retenu la formule dans la nef de la cathédrale de Toulouse.

L’expression la plus accomplie en est la cathédrale d’Albi, tant par l’ampleur du volume intérieur que par la masse extérieure de l’édifice. Aux Jacobins de Toulouse, l’enveloppe est cernée par les murs extérieurs, les colonnes ne jouent aucun rôle dans la définition du volume intérieur.

L’art maniériste germanique

La nef de la cathédrale de Strasbourg en 1240, la cathédrale de Cologne en 1248 marquent la rupture définitive de l’Empire avec l’esthétique romane. Les artistes adoptent l’esthétique gothique dans son expression maniériste. L’architecte d’Aix-la-Chapelle réduit le mur à sa plus simple expression. Les architectes ont cherché la synthèse entre l’église-halle et l’église à collatéraux : les hauts supports n’interviennent guère en effet dans les églises des ordres mendiants comme à Colmar, Erfurt, Ratisbonne.

L’art maniériste en Angleterre

Les architectes anglais ont rejeté la conception française de la travée, dont la conclusion logique est la clé de voûte, au profit d’un couvrement unificateur. La conséquence a été la libération totale de l’ogive. Elle envahit la voûte à Exeter pour aboutir sur une lierne* centrale.

Dans la salle capitulaire de Wells, les ogives jaillissent du pilier central comme des baleines de parapluie. Certains architectes, pour obtenir des réalisations plus extraordinaires, ont renoncé à la pierre au profit du bois. La 2ème originalité de l’architecture anglaise est son décor qui a précisément donné son nom à cette période, decorated style. Décor qui ne se rajoute pas au monument, il participe à sa tonalité. La chapelle de la Vierge, à la cathédrale d’ Ely, en marque l’aboutissement : la partie basse est pourvue d’une arcature établie sur plusieurs plans, la partie haute est entièrement percée de baies. L’architecte de Wells en 1338 ne s’est pas montré moins audacieux en lançant des arcs tête-bêche pour renforcer les piliers de la croisée. La dernière originalité de l’architecture anglaise concerne le traitement de l’espace.

À Ely, après l’effondrement de la tour lanterne de la croisée du transept, l’architecte a abattu les angles pour établir un octogone ménageant des échappées visuelles exceptionnelles. A Gloucester, exemple de "decorated style" par le rhabillage des arcades romanes et la mise en place de voûtes gothiques à réseau, le cloître a un merveilleux voûtement en éventail constitué de cornets creux

L’art maniériste en Espagne

Les architectes espagnols ont tenté une synthèse entre la nef unique et la nef à collatéraux, en dressant les voûtes des collatéraux à la même hauteur que celles du vaisseau central. À la fin du 13ème siècle, les architectes florentins s’inscrivent dans une conception assez proche tout en réussissant une étonnante synthèse entre la conception gothique et la tradition paléochrétienne alors redécouverte.

L’art maniériste en Italie

Le gothique se propage via les ordres mendiants, Dominicains et Franciscains. On y construit de grandes églises comme à Sainte Marie nouvelle à Florence, avec 3 nefs, arcature des arcs doubleaux en pierres alternativement brune et blanche et à Sainte Croix de Florence, construite par Arnolfo di Cambio et débutée en 1295, avec 3 nefs a 2 niveaux, la nef centrale très large est charpentée. De même à Sienne au 14ème siècle, réalisation de la place et du palais public à corps central primitif, ou on a rajouté la très haute tour symbole de Sienne.