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Baïbars

jeudi 3 janvier 2019, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 20 mai 2012).

Baïbars

Probablement né vers 1223 dans les steppes du nord de la mer noire, Baïbars a sans doute fui devant les mongols. Passé entre les mains d’un marchand d’esclaves, il est passé par un émir du roi El Salih .

De haute taille, les yeux bleus mais la peau mate, d’une grande endurance physique et d’une intelligence remarquable, il passe brillamment les différentes étapes de la formation de jeune Mamelouk [1], et devînt officier. Sa compétence attire l’attention du Sultan, qui lui donne de nouvelles responsabilités. Le hasard des opérations militaires lui permet de prouver sa vaillance lors de plusieurs batailles, notamment à La Forbie, en 1244 [2], ou les « égyptiens » écrasent les francs, et à Mansourah [3], ou Baïbars repousseSaint Louis

En 1260, à Ayn Jalût [4], il figure parmi les plus prestigieux officiers. Méfiant, doué pour les intrigues, il n’hésite pas, après la victoire contre les mongols, à assassiner le Sultan Qutuz pour s’emparer du pouvoir.

En 1265 à la mort de Houlagou , Baibars en profite pour régler ses comptes avec les anciens alliés d’Houlagou. Il envahit la Galilée [5] et s’empare de plusieurs places fortes, entre dans le territoire arménien de

Hethoum 1er

et détruit plusieurs villes et la capitale Sis [6]. Le 14 mai il prend Antioche [7] et massacre les habitants.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, PUF, coll. « Quadrige », 2004, (ISBN 978-2-130-54536-1) « Mamlouks syro-égyptiens »

Notes

[1] Les mamelouks sont les membres d’une milice formée d’esclaves affranchis au service de différents souverains musulmans, milice qui a occupé le pouvoir à de nombreuses reprises. Les premiers mamelouks forment, au 9ème siècle, la garde des califes abbassides à Bagdad. Ils sont d’abord recrutés parmi les captifs non musulmans en provenance du Turkestan actuel, du Caucase (Circassiens, Géorgiens, etc.), d’Europe orientale (Slaves orientaux) ou de Russie méridionale (plaines du Kipchak). Au départ, la position n’est pas héréditaire. Certains mamelouks parviennent à des positions importantes de commandement militaire. Ils sont ensuite au service de la dynastie ayyoubide.

[2] La bataille de La Forbie, également connue sous le nom de bataille de Hiribyah, s’est déroulée pendant les croisades, les 17 et 18 octobre 1244, près du village de La Forbie au nord-est de Gaza.

[3] La bataille de Mansourah est un épisode célèbre de la septième croisade, survenu en Égypte. Durant plusieurs affrontements à proximité de Mansourah du 8 au 11 février 1250, les croisés français vainquirent les musulmans. Mais ils ne purent tirer avantage de cette victoire, et Louis IX fut même fait prisonnier au cours de la retraite.

[4] La bataille d’Ain Jalut a eu lieu en septembre 1260 entre les Mamelouks musulmans et les Mongols au sud-est de Galilee, dans la vallée de Jezréel, à proximité de Nazareth, non loin du site de Zir’in.

[5] La Galilée est souvent citée dans l’Ancien Testament, et sa partie septentrionale évoquée comme "la Galilée des Gentils" dans le Nouveau Testament. Elle est décrite par Flavius Josèphe qui évoque son histoire, son peuplement sa géographie, et lui donne deux parties : la Galilée supérieure, en grande partie peuplée de Gentils, et la Galilée inférieure, en grande partie peuplée de Juifs. Son nom de Galilée pourrait venir d’un peuplement celte, comme plus au nord la Galatie. Elle recouvrait avant la Captivité les territoires des tribus d’Issacar, de Zabulon, de Nephthali et d’Asher. Comme les Galiléens étaient de bons cultivateurs, plantant des figuiers, des oliviers, des noyers, des palmiers, des habiles artisans et de bons pêcheurs, la Galilée était prospère avec 400 villes, certaines très peuplées.

[6] Kozan, Au Moyen Âge, la ville est alors connue sous le nom de Sis. Elle est l’ancienne capitale du royaume arménien de Cilicie, de 1186 à 1375. Elle est également le siège du Catholicos d’Arménie d’Ani de 1292 à 1441, puis celui du Catholicos de Cilicie jusqu’en 1919.

[7] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay.