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Fakhr al-Mulk Abû Ali ibnAmmâr

samedi 10 mars 2012

Fakhr al-Mulk Abû Ali ibnAmmâr

Qâdî de Tripoli de 1099 à 1109

Il succède à son frère Jalâl al-Mulk. La première croisade traverse le pays au début de l’année 1099 et il conclut un accord avec les envoyés de la croisade, leur accordant le libre passage de ses états et le ravitaillement. Mais les envoyés, éblouis par les richesses de Tripoli, en font un rapport aux chefs croisés, excitant leur convoitise. Raymond de Saint-Gilles occupe Tortose et Maraclée et assiège Arqa, tandis que Godefroy de Bouillon et Robert Courteheuse assiège Gibelet. Espérant faire partir Raymond, il fait courir vers le 9 mars le bruit d’une arrivée imminente d’une contre croisade abbasside, mais Raymond, loin de céder à l’affolement, appelle auprès de lui Godefroy de Bouillon et Robert Courteheuse. A leur arrivée à Arqa, la rumeur est démentie et Godefroy et Robert, furieux d’avoir dû abandonner le siège de Gibelet, exigent de repartir vers Jérusalem. Mais Raymond de Saint-Gilles insiste et continue le siège. Ce n’est que quand Byzance propose une aide militaire que Raymond, ne voulant pas que les Byzantins tirent bénéfice de l’action des croisés, accepte de lever le siège le 13 mai et de négocier avec le qâdî. Le 16 mai 1099, les croisés quittent Tripoli et arrivent devant Beyrouth le 19 mai.

Buri régnant en tyran sur Jabala, les habitants de la ville se révoltent et appellent Fakhr al-Mulk, qui reprend la ville au mois d’août 1101.

Cette politique d’amitié avec les Francs prend fin en 1102, quand Raymond de Saint-Gilles jette son dévolu sur la région pour se tailler un fief. Il prend Tortose en février 1102, Gibelet en avril 1103 et met le siège devant Tripoli, dont il compte faire la capitale de son futur comté. Il fait construire une forteresse, le Mont-Pèlerin, que Fakhr al-Mulk tente de faire détruire au cours d’une sortie en 1104, mais en vain. Raymond de Saint-Gilles meurt en février 1105, mais sa mort ne met pas fin au siège, qui est repris par son cousin Guillaume Jourdain, comte de Cerdagne.

Ne voulant faire appel ni à Tughtekin, l’atabeg de Damas, avec qui il était toujours brouillé, ni aux Fatimides, qui exigeraient la suzeraineté et peut-être le destituerait, il fait appel à Soqman ibn Ortoq, vainqueur de la bataille de Harran, mais ce dernier meurt d’une angine à Palmyre en conduisant une armée de secours.

Le blocus de la ville est de plus en plus étroit, et son ravitaillement se fait de plus en plus difficile. Il fait saisir tous les vivres de sa ville pour les partager entre tous les habitants et impose les richesses pour financer la défense de la ville. Mais les bourgeois de la ville voient ses richesses partir ainsi, ses activités commerciales paralysées par le siège et certains d’entre eux quittent la ville, prêtent allégeance aux Francs et leur indique par quels sentiers la ville est ravitaillée. Le blocus devient total et l’émir, après avoir demandé l’extradition des traîtres, les fait assassiner en 1106.

Au printemps 1108, lassé d’attendre les secours du sultan Saljûqide Muhammed 1er, il se rend à Bagdad, escorté de 500 cavaliers et de nombreux serviteurs chargés de cadeaux. Il passe par Damas, dominée à la mort de Dukak par l’atabek Tughtekin, qui l’accueille à bras ouvert. A Bagdad, le sultan le reçoit en grande pompe, mais préfère régler en premier lieu le problème de Mossoul.

De retour à Damas en août, il apprend que Tripoli a été donnée par les notables, las de l’attendre, au vizir d’Égypte Al-Afdhal. Il se réfugie à Jabala. Les Égyptiens se montrent incapable de défendre Tripoli, qui est prise et pillée le 19 juillet 1108. L’année suivante, Tancrède assiège Jabala qui, mal approvisionnée, se rend le 23 juillet 1109, mais il laisse Fakhr al-Mulk partir librement. Il se retire à Damas où l’atabek Tughtekin l’accueille et le pensionne et où il finit ses jours.