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Muhammad ibn Muhammad ibn Tarkhan ibn Uzalagh al-Farabi dit Al-Farabi

dimanche 30 mai 2021, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 13 novembre 2011).

Muhammad ibn Muhammad ibn Tarkhan ibn Uzalagh al-Farabi dit Al-Farabi (872-950)

Philosophe musulman chiite

Né à Faryab [1] en Khorasan [2]. Fils d’une famille noble perse, dans laquelle le père aurait exercé un commandement militaire à la cour turque, vassale du califat abbasside [3] arabe de Bagdad [4], Abu Nasr Al-Farabi part se former dans la capitale califale. Il approfondit toutes les sciences et tous les arts de son temps, et est appelé le Second instituteur de l’intelligence.

Il étudie à Bagdad la grammaire, la logique, la philosophie, les mathématiques, la musique et les sciences.

Al-Farabi y suit les enseignements de Abu Bishr Matta ben Yunus et fréquente les philosophes chrétiens nestoriens héritiers de la translatio studiorum [5] des Grecs vers le monde arabe, du fait de la fermeture des écoles philosophiques païennes d’Athènes par Justinien en 529.

Son éloquence, ses talents dans la musique et la poésie lui concilièrent l’estime du sultan de Syrie, Ali Sayf al-Dawla , qui voulut l’attacher à sa cour. Mais Al-Farabi s’en excusa et partit.

En 943, Al-Farabi s’installe à Alep [6], puis voyage en Égypte, pour revenir mourir à Damas [7] en 950. On lui doit un commentaire de La République de Platon, ainsi qu’un Sommaire des Lois de Platon. Il est l’un des premiers à étudier, à commenter et à répandre parmi les musulmans la connaissance d’Aristote.

Notes

[1] Otrar, également appelée Farab, est une ville fantôme du sud du Kazakhstan, située sur le Syr-Daria. Elle faisait partie du royaume du Khwarezm quand son gouverneur fit massacrer en 1218 une caravane de marchands-espions envoyés par Gengis Khan. Le philosophe mu’tazilite Al-Farabi serait né en 872 dans cette ville, qui lui aurait donné son nom. Ce fut le point de départ de l’invasion sanglante menée en 1220-1222 par les armées mongoles en Asie centrale et qui, après Otrar tombé le 16 février 1222, dévasta Boukhara, Samarcande, Merv et bien d’autres villes de la région.

[2] Le Khorassan (également orthographié Khorasan, Chorasan ou Khurasan) est une région située dans le nord-est de l’Iran. Le nom vient du persan et signifie « d’où vient le soleil ». Il a été donné à la partie orientale de l’empire sassanide. Le Khorassan est également considéré comme le nom médiéval de l’Afghanistan par les Afghans. En effet, le territoire appelé ainsi englobait en réalité l’Afghanistan actuel, le sud du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, ainsi que le nord-est de l’Iran., aujourd’hui situé en Afghanistan

[3] Les Abbassides sont une dynastie arabe musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d’un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750. Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n’exercer qu’un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au 10ème siècle, puis des Seldjoukides au 11ème siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une branche de la famille s’installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu’à la conquête de l’Égypte par l’Empire ottoman, en 1517.

[4] Bagdad ou Baghdad est la capitale de l’Irak et de la province de Bagdad. Elle est située au centre-Est du pays et est traversée par le Tigre. Madīnat as-Salām fut fondée ex nihilo au 8ème siècle, en 762, par le calife abbasside Abou-Djaafar Al-Mansur et construite en quatre ans par 100 000 ouvriers. Selon les historiens arabes, il existait à son emplacement plusieurs villages pré-islamiques, dont l’un s’appelait Bagdad.

[5] La translatio studiorum ou transfert des études est le déplacement de la connaissance des textes grecs de l’Antiquité (particulièrement la philosophie) du monde grec vers le Proche-Orient perse et syriaque, puis arabe oriental (Bagdad), puis arabe occidental (Cordoue, Tolède), jusqu’à la renaissance intellectuelle du 12ème siècle qui marque sa redécouverte par l’Europe latine. Il s’agit d’un long phénomène de déplacements successifs des textes (principalement ceux d’Aristote et Platon) et des centres d’études, occupant tout le Moyen Âge sur près de six siècles (de 529 à 1100). On peut considérer que la translatio studiorum commence en 529, lorsque Justinien fait fermer l’École d’Athènes, et se termine au moment de la renaissance du 12ème siècle, avec l’apparition des écoles de dialectique aristotélicienne à Paris.

[6] Alep est une ville de Syrie, chef-lieu du gouvernorat d’Alep, le gouvernorat de Syrie le plus peuplé, situé dans le Nord-Ouest du pays. Pendant des siècles, Alep a été la ville la plus grande de la région syrienne et la troisième plus grande ville de l’Empire ottoman

[7] Damas est l’une des plus anciennes villes continuellement habitées. Elle est aussi la ville la plus peuplée de la grande Syrie (Assyrie) (des traces archéologiques remontent au 4ème millénaire av. jc). Elle est citée dans la Bible, dans le livre de la Genèse, et plusieurs fois dans les Livres des Rois et des Prophètes. Damas connut l’influence de nombreuses civilisations dont celles des Assyriens, Perses, Grecs, Séleucides, Romains, Arabes et Turcs. De la fin du 12ème siècle av. jc à 734 av. jc, elle est la capitale du royaume d’Aram-Damas. Elle fut l’un des berceaux du christianisme et vit saint Paul prononcer ses premières prédications, notamment dans la maison d’Ananie, où celui-ci a ouvert une église domestique dès l’année 37. Cette dernière est la plus vieille de Syrie (aujourd’hui dans le quartier chrétien de Bab Touma). En 635, Damas se soumit aux musulmans et devint la capitale de la dynastie des Omeyyades de 661 à 750. Avec l’adoption de la langue arabe, elle devint le centre culturel et administratif de l’empire musulman durant près d’un siècle. Par la suite, elle demeura un foyer culturel majeur et un pôle économique de premier plan profitant de sa situation géographique privilégiée, à la croisée des chemins de La Mecque, l’Afrique, l’Anatolie, la mer Méditerranée et l’Asie (route de la soie en direction de la Chine et du commerce des épices avec l’Inde).