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Marie-Éléonore de Clèves

lundi 27 décembre 2021, par ljallamion

Marie-Éléonore de Clèves (1550-1608)

Fille aînée du duc Guillaume de Clèves et de son épouse Marie d’Autriche . La transmission du duché de Clèves [1] est sa grande préoccupation. Il échoit à une de ses filles et, par son entremise, à la maison de Hohenzollern [2].

Elle épouse en 1573 le duc de Prusse [3] Albert-Frédéric. 7 enfants naissent de leur union entre 1576 et 1586, mais les garçons meurent tous en bas âge.

En 1591-1592, Marie-Éléonore se rend avec 2 de ses filles à Juliers [4] pour enregistrer leurs revendications sur l’héritage de Clèves. En effet, son frère, le duc Jean-Guillaume , n’a pas d’enfants. Même après son deuxième mariage, en 1599, il reste sans héritiers. Marie-Éléonore s’emploie également à trouver pour ses filles des alliances intéressantes, qui se concrétisent de 1594 à 1607 avec la maison de Hohenzollern et la maison de Saxe-Wettin [5].

En 1609, à la mort de son frère, c’est bien la fille aînée de Marie-Éléonore, Anne de Prusse , qui hérite du duché de Clèves. Elle est mariée depuis 1594 à l’électeur de Brandebourg Jean III Sigismond de Brandebourg . Le duché de Clèves est ainsi rattaché à la principauté de Brandebourg-Prusse qui devient en 1701 le royaume de Prusse.

La politique d’alliances matrimoniales voulue par Marie-Éléonore et par les Hohenzollern joue un rôle déterminant dans la constitution d’un nouveau territoire, le futur état prussien, qui va se détacher du Saint Empire romain germanique et modifier progressivement les équilibres européens.

Son mari Albert-Frédéric meurt le 27 juin 1618, atteint d’une aliénation mentale, et sans héritier masculin lui non plus.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jean-Paul Bled, Histoire de la Prusse, Éditions Fayard,‎ 2007

Notes

[1] Le comté de Clèves, devenu au 15ème siècle duché de Clèves est un ancien duché du Saint Empire romain germanique. Il était membre du Cercle du Bas-Rhin Westphalie.

[2] La maison de Hohenzollern est une famille noble et royale européenne qui régna en tant qu’empereurs sur l’Allemagne, en tant que rois sur la Prusse et la Roumanie, en tant que princes électeurs sur le Brandebourg, en tant que margraves sur Schwedt, Bayreuth, Kulmbach et Ansbach, en tant que burgraves sur Nuremberg et en tant que princes sur Hechingen et Sigmaringen.

[3] Le duché de Prusse est un duché fondé en 1525 à partir des territoires prussiens des chevaliers teutoniques, à la suite de la conversion au protestantisme du grand-maître de l’ordre teutonique, Albert de Brandebourg-Ansbach. Premier prince à se convertir officiellement au protestantisme, il réorganise son État, en faisant un duché sécularisé, régi par des règles inspirées du protestantisme. À partir de 1618, il est lié à la marche de Brandebourg au sein d’une union personnelle nommée Brandebourg-Prusse et placée sous la souveraineté des Hohenzollern jusqu’en 1918.

[4] Juliers est une ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne), située dans l’arrondissement de Düren, dans le district de Cologne (à 42 km à l’Ouest du centre-ville de Cologne), dans le Landschaftsverband de Rhénanie. Juliers était la capitale du duché de Juliers.

[5] La maison de Wettin est une dynastie qui règne actuellement sur la Belgique et sur le Royaume-Uni et qui régna autrefois sur la Bulgarie, le Portugal, la Pologne, le duché puis électorat puis royaume de Saxe, le grand-duché de Saxe-Weimar, le duché de Saxe-Cobourg et Gotha, le duché de Saxe-Meiningen, le duché de Saxe-Altenbourg, les Indes, etc. Originellement margraves de Misnie en 1089, les seigneurs de Wettin devinrent landgraves de Thuringe en 1263, puis ducs de Saxe en 1423 avec la dignité d’électeurs du Saint Empire romain germanique.