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L’histoire pour le plaisir

Eadfrith

lundi 22 novembre 2021, par ljallamion

 Eadfrith (mort en 721)

Homme d’Église anglo-saxon

Moine à l’abbaye de Lindisfarne [1], il est l’auteur du manuscrit richement enluminé connu sous le nom d’Évangiles de Lindisfarne [2]. Il devient par la suite évêque de Lindisfarne.

Eadfrith est cité comme l’auteur des Évangiles de Lindisfarne dans un colophon [3] ajouté au 10ème siècle. Ce manuscrit richement enluminé est réalisé pour commémorer la translation des reliques de Cuthbert, en 698. Son accession au siège épiscopal de Lindisfarne prend vraisemblablement place vers cette même date, mais après la réalisation des Évangiles, travail de longue haleine difficilement conciliable avec une charge d’évêque.

En tant qu’évêque, Eadfrith commande la rédaction d’une hagiographie [4] de Cuthbert, texte qu’il fait ultérieurement réviser par Bède le Vénérable. Il fait également restaurer l’ermitage de Cuthbert sur l’île de Farne [5]. Sa mort est datée de 721 dans des sources du 12ème siècle. Il est considéré comme saint et fêté le 4 juin, fête qu’il partage avec son prédécesseur Eadberht et son successeur Aethilwald .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Alan Thacker, « Eadfrith [Eadfrid] (d. 721 ?) », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004

Notes

[1] Lindisfarne est une île située en Angleterre, sur la côte de la Northumbrie. Accessible à marée basse par une chaussée submersible, elle abrite un célèbre monastère.

[2] Les Évangiles de Lindisfarne sont un manuscrit enluminé en latin. Ils comprennent les quatre Évangiles du Nouveau Testament et ont été réalisés à Lindisfarne, dans le royaume de Northumbrie, entre la fin du 7ème et le début du 8ème siècle. Le manuscrit de Lindisfarne est généralement considéré comme le plus bel exemple de l’art religieux si particulier de ce royaume, qui combine des influences celtiques et anglo-saxonnes et en fait la symbiose dans un « art irlando-saxon »

[3] Un colophon est la note finale d’un manuscrit ou d’un incunable donnant généralement des indications sur le titre de l’œuvre, l’auteur, parfois sur le copiste et la date de copie ou bien sur l’imprimeur et la date d’impression. Il sera par la suite remplacé par la page de titre.

[4] L’hagiographie est l’écriture de la vie et/ou de l’œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d’« une hagiographie », mais plutôt d’un texte hagiographique ou tout simplement d’une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de l’office des moines soit en public dans le cadre de la prédication. Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c’est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu’une simple notice résumant la vie du bienheureux. Par rapport à une biographie, l’hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie. L’écrivain, l’hagiographe n’a pas d’abord une démarche d’historien, surtout lorsque le genre hagiographique s’est déployé. Aussi les hagiographies anciennes sont parsemées de passages merveilleux à l’historicité douteuse. De plus, des typologies de saints existaient au Moyen Âge, ce qui a conduit les hagiographes à se conformer à ces modèles et à faire de nombreux emprunts à des récits antérieurs.

[5] Les Îles Farne sont un archipel de 15 à 20 îles (selon la hauteur de la marée) situé au large du Northumberland, en Angleterre.