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Wiglaf de Mercie

mercredi 29 septembre 2021, par ljallamion

Wiglaf de Mercie (mort en 839 ou 840)

Roi de Mercie de 827 à 829, puis de 830 à sa mort

Carte du Royaume de MercieD’ascendance incertaine, il monte sur le trône d’un royaume de Mercie [1] en proie à d’intenses luttes dynastiques et dont la mainmise sur le reste de l’Angleterre est remise en question par l’ascension du Wessex [2].

L’avènement de Wiglaf est mentionné dans la Chronique anglo-saxonne [3] à l’entrée 827. Ceci laisse à penser que Ludeca son prédécesseur fut victime de querelles intestines, et que Wiglaf prit le pouvoir par la force. Les trois premières années de son règne sont peu documentées : il les consacre vraisemblablement à la consolidation de son autorité.

Après seulement trois années de règne, il est chassé du pouvoir en 829 par Egbert de Wessex, qui prend directement le contrôle de la Mercie. Néanmoins, Wiglaf reprend le pouvoir dès l’année suivante et le conserve pendant la décennie qui suit.

Il rétablit l’influence mercienne dans une partie de ses anciennes dépendances, notamment dans le Berkshire [4] et en Essex [5], mais les autres restent acquises au Wessex.

Wiglaf semble avoir recouvré une partie des pertes consécutives à la bataille d’Ellendune [6]. Ainsi, un roi Sigeric d’Essex , qui témoigne sur une charte émise dans le Hertfordshire [7] entre 829 et 837, est décrit comme un minister [8] de Wiglaf.

Le rétablissement de Wiglaf n’est pas total pour autant. Même si Egbert a clairement perdu en influence après 830, le quart sud-est de l’Angleterre (à l’exception possible de l’Essex) est définitivement perdu pour la Mercie. En Est-Anglie [9], le roi AEthelstan commence à émettre ses propres monnaies vers la même période : peut-être dès 827, mais plus vraisemblablement vers 830, en profitant de l’affaiblissement d’Egbert consécutif au retour de Wiglaf. Cette démonstration d’indépendance de la part d’AEthelstan n’a rien de surprenant : les défaites de Beornwulf et Ludeca en 826-827 sont probablement à mettre à son crédit.

Une charte de 836 retrace un conseil tenu à Croft [10], dans le Leicestershire [11], auquel assistent l’archevêque de Cantorbéry [12] et 11 évêques, dont certains venus du Wessex. Wiglaf s’adresse à l’assemblée en parlant de mes évêques, duces et magistrats, ce qui implique non seulement qu’il contrôle complètement son propre royaume, mais aussi qu’il exerce une certaine autorité au-delà de ses frontières, sur tous les évêques du Sud.

Cette charte de 836 octroie des privilèges au monastère de Hanbury [13] en échange de diverses concessions au roi et à ses ealdormen [14]. Les moines sont exemptés des 3 obligations majeures traditionnellement dues à leur roi : la construction de résidences royales, le paiement du feorm [15], et l’hébergement des serviteurs du roi. Cependant, un devoir continue leur incombe : la construction de remparts et de ponts. De telles exceptions n’apparaissent au Wessex qu’en 846, et s’expliquent par la nécessité de lutter contre les raids vikings, qui se font de plus en plus pressants durant cette période

Wiglaf est inhumé à Repton [16], près de Derby [17].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Wiglaf of Mercia »

Notes

[1] La Mercie est l’un des sept royaumes de l’Heptarchie anglo-saxonne, avec Tamworth pour capitale. Entre 600 et 850, la Mercie fit quatorze fois la guerre au Wessex voisin, onze fois aux Gallois, et mena dix-huit campagnes contre d’autres ennemis - encore ne s’agit-il là que des conflits dont nous avons gardé la trace. Elle est fondée par les Angles rassemblés et menés un an auparavant, depuis les côtes marécageuses proches du Wash vers l’actuelle région des Midlands en Angleterre, par Creoda (ou Crida), premier roi connu des Merciens, peut-être en partie légendaire, qui accèda au pouvoir en 585. Ces Midlands (« terres du milieu ») regroupent les comtés actuels de Gloucester, Worcester, Leicester, Northampton, Bedford, Buckingham, Derby, Nottingham, Hereford, Warwick, Chester et Lincoln.

[2] Le Wessex est l’un des royaumes fondés par les Anglo-Saxons en Angleterre durant le Haut Moyen Âge. Il s’étend sur une partie du sud-ouest de la Grande-Bretagne, entre la Domnonée à l’ouest, la Mercie au nord et les royaumes de Kent, de Sussex et d’Essex à l’est. Au IXe siècle, le Wessex est le dernier royaume anglo-saxon à résister aux invasions vikings.

[3] La Chronique anglo-saxonne est un ensemble d’annales en vieil anglais relatant l’histoire des Anglo-Saxons. Le manuscrit original est probablement rédigé dans le royaume de Wessex sous le règne d’Alfred le Grand, à la fin du 9ème siècle. De multiples copies sont distribuées aux monastères d’Angleterre et ensuite mises à jour indépendamment les unes des autres.

[4] Berkshire, parfois abrégé en Berks, est un comté (« shire ») dans le sud de l’Angleterre (Royaume-Uni), situé à l’ouest de Londres et encadré par l’Oxfordshire, le Buckinghamshire, le Grand Londres, le Surrey, le Wiltshire et le Hampshire. Son chef-lieu est Reading, mais une des villes les plus connues est Windsor, résidence royale

[5] L’Essex est un comté du sud est d’Angleterre au nord-est de Londres.

[6] La bataille d’Ellendune eut lieu en 825, sur les bords du Willy. Elle marque la fin de la suprématie de la Mercie sur l’Angleterre et le début de celle du Wessex. Beornwulf de Mercie cède la victoire à son adversaire Egbert de Wessex, qui envahit les royaumes de Kent et d’Essex, les additionnant par la suite à ses domaines. Le Surrey et le Sussex vont ensuite se soumettre au Wessex. Ellendune (Ellandun) correspond à l’actuelle Wroughton, dans le Wiltshire.

[7] Le Hertfordshire est un comté qui se trouve à l’intérieur du Royaume-Uni. Situé au nord de Londres, une grande partie sud du comté se trouve à la périphérie nord de la capitale. Le comté est entouré des comtés d’Essex à l’Est, Buckinghamshire à l’ouest et Bedfordshire et Cambridgeshire au nord.

[8] serviteur

[9] L’Est-Anglie, ou royaume des Angles de l’Est, est un royaume anglo-saxon établi au cours du Haut Moyen Âge sur les actuels comtés anglais du Suffolk et du Norfolk. Sa fondation légendaire, vers le milieu du 6ème siècle, aurait été le fait d’envahisseurs germaniques appartenant à la tribu des Angles. Il disparaît comme entité indépendante après les invasions vikings du 9ème siècle, mais le titre de comte d’Est-Anglie continue à être donné au sein du royaume d’Angleterre jusqu’à la fin du 11ème siècle, et la région conserve le nom d’Est-Anglie à ce jour.

[10] Croft est un village et une paroisse civile du Leicestershire, en Angleterre. Il est situé à une dizaine de kilomètres au sud-ouest du centre-ville de Leicester.

[11] Le Leicestershire est un comté d’Angleterre situé au cœur des Midlands. Il est entouré par le Nottinghamshire, le Lincolnshire, le Rutland, le Northamptonshire, le Warwickshire, le Staffordshire et le Derbyshire.

[12] L’archevêque de Cantorbéry est, après le Gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre (c’est-à-dire le monarque du Royaume-Uni), le chef de l’Église d’Angleterre et de la Communion anglicane.

[13] Hanbury est un village et une paroisse civile du Staffordshire, en Angleterre. Il est situé à 5 kilomètres au nord-ouest de la ville de Burton upon Trent, dans le district de l’East Staffordshire.

[14] Un ealdorman est la personne qui dirige un comté dans l’Angleterre anglo-saxonne entre le 9ème siècle et le règne de Cnut le Grand. C’est un officier royal et un magistrat de haut rang, qui commande également l’armée de son comté en temps de guerre. Dans certaines chartes du Wessex, le terme est traduit par le latin dux ou præfectus, ce dernier terme pouvant également correspondre au gerefa, c’est-à-dire au reeve. Dans la Vie d’Alfred le Grand rédigée par le moine Asser, l’équivalent latin est comes.

[15] une rente en nature

[16] dans l’actuel Derbyshire

[17] Derby est une ville britannique qui dépendait autrefois du Derbyshire (Angleterre) Pendant la Première Révolution anglaise, Derby est occupée par les troupes parlementaires commandées par Sir John Gell, qui a été nommé gouverneur de Derby en 1643. Ces troupes ont pris part à la défense de la ville voisine de Nottingham, au siège de Lichfield, à la bataille de Hopton Heath, à de nombreux autres engagements dans le Nottinghamshire, Staffordshire et Cheshire, ainsi qu’à des combats avec succès contre les armées royalistes dans le Derbyshire. Cent ans plus tard, Charles Édouard Stuart établit un campement à Derby le 4 décembre 1745, sur son chemin vers le sud pour s’emparer de la couronne britannique.