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Mildred ou sainte Mildrède ou Mildrith

samedi 4 septembre 2021, par ljallamion

Mildred ou sainte Mildrède ou Mildrith

Religieuse d’origine anglo-saxonne qui vécu au 7ème siècle

Fille du roi Merewalh des Magonsæte*  [1], et d’ Eormenburh dite Domne Eafe , petite-fille du roi Eadbald de Kent.

Mildthryth est éduquée à l’abbaye de Chelles [2], près de Paris. Selon la légende, elle attend près d’un an à Millam [3], près de Cassel [4], que la mer se calme pour rentrer en Angleterre. Une fois la Manche franchie, elle entre à l’abbaye de Minster-in-Thanet [5], fondée par sa mère, puis en devient l’abbesse vers 694.

Mildrède est considérée comme une sainte après sa mort, et invoquée pour lutter contre la fièvre des marais. Elle protège les personnes âgées et les pauvres.

Les restes de Mildrède, tout d’abord inhumés à Minster-in-Thanet sont transférés à l’abbaye Saint-Augustin de Cantorbéry [6] en 1035. Au 11ème siècle, le moine Goscelin rédige son hagiographie [7].

Plusieurs lieux de culte lui sont dédiés dans le nord de la France et en Belgique.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean-Luc Dubart, Les saints guérisseurs de Picardie, traditions locales, tomes I, II, III, IV, V, Abeditions, Ath, 1996-2001.

Notes

[1] Les Magonsæte ou Magonsætan sont un peuple anglo-saxon installé dans l’ouest des Midlands, autour de Hereford, sur un territoire conquis sur le Pengwern cambrien. Ils apparaissent dans le Tribal Hidage sous le nom de Westerna (le nom Magonsæte n’apparaît qu’au 9ème siècle d’après le nom de la cité romaine de Magnis), avec une superficie de 7 000 hides, soit autant que le Sussex ou que l’Essex. Leur royaume apparaît probablement à la fin du 6ème siècle ou au début du 7ème siècle et tombe rapidement dans l’orbite de la Mercie. Le premier roi des Magonsæte connu est un certain Merewalh, peut-être un fils du roi Penda de Mercie. Merewalh se convertit au christianisme vers 660 et épouse Eormenburh, une princesse du Kent.

[2] L’abbaye de Chelles est une ancienne abbaye royale autrefois située à Chelles. Fondée à l’époque mérovingienne (7ème siècle) par la reine sainte Bathilde, épouse de Clovis II, cette abbaye bénédictine de femmes a subsisté jusqu’à la Révolution française. Elle fut fermée en 1790, puis vendue en 1796 comme bien national et détruite. Les éléments subsistants ont été intégrés à la Mairie de Chelles.

[3] Millam est une commune française située dans le département du Nord. Sainte Mildrède est arrivée à Millam d’Angleterre traversant la Manche puis les marais où se trouvait Millam. Une chapelle lui est consacrée. En 1085, Gérard, évêque de la Morinie (évêques de Thérouanne), déclare avoir donné à l’abbaye de Watten l’église de Millam et la chapelle de Merckeghem. En 1115, le comte de Flandre Baudouin VII de Flandre donne le marais de Millam à l’abbaye Notre-Dame de Bourbourg. Jusqu’à la Révolution française, Millam relevait de la châtellenie de Bourbourg. Le territoire de la paroisse, très étendue, mais en partie composé de marais ou terres basses, était partagé entre plusieurs seigneuries.

[4] Cassel est une ville universitaire allemande, située dans le Land de Hesse, au bord de la rivière Fulda. Pendant le 17ème siècle en devenant un foyer du protestantisme calviniste, la ville a été entourée d’une fortification afin de protéger le bastion protestant contre les ennemis catholiques et en 1685 Cassel est devenue le refuge de 1 700 huguenots. C’est à Cassel que fut publiée, en 1614, la Fama Fraternitatis, premier manifeste rosicrucien, qui allait déclencher en Europe une intense agitation dans les milieux philosophiques et religieux. Une influence française est perceptible dans l’architecture de plusieurs quartiers, ainsi que dans plusieurs noms de lieux et de rues et s’explique par l’arrivée de protestants français à la suite de la révocation de l’édit de Nantes.

[5] L’abbaye de Minster se situe au cœur du village de Minster. C’est à Ebbsfleet, à quelques milles de Minster que saint Augustin, envoyé par le pape Grégoire le Grand, débarqua en 597 pour commencer sa mission auprès des Anglo-Saxons. Quelques années après son arrivée sur les rives de Thanet, le christianisme s’est répandu dans le sud de l’Angleterre, et la vie monastique a commencé à s’épanouir. L’abbaye de Minster fut l’une des premières fondations monastiques. Minster était une fondation royale ; Sa fondatrice et première abbesse était Ermenburga ou Domneva, une arrière petite-fille du roi Ethelbert de Kent. Deux de ses jeunes frères avaient été assassinés à la suite d’un conflit politique à la cour de leur cousin Egbert, le roi du Kent. Au lieu de réclamer l’argent du sang habituel ou « Wergild » pour le meurtre de ses frères, Domneva demanda au roi repentant pour un terrain sur lequel elle pouvait construire une maison de prière.

[6] L’abbaye Saint-Augustin de Cantorbéry a été fondée par saint Augustin de Cantorbéry aux environs de 598 dans la ville aujourd’hui britannique de Canterbury, en Angleterre, pour célébrer le succès de l’évangélisation de l’Angleterre du Sud. Les rois de Kent et les archevêques de Canterbury y furent enterrés. À partir de la conquête normande du 11ème siècle, elle devient une abbaye bénédictine jusqu’en 1538, lorsqu’elle fut dissoute par le roi Henri VIII comme tous les autres monastères du pays.

[7] L’hagiographie est l’écriture de la vie et/ou de l’œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d’« une hagiographie », mais plutôt d’un texte hagiographique ou tout simplement d’une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de l’office des moines soit en public dans le cadre de la prédication. Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c’est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu’une simple notice résumant la vie du bienheureux. Par rapport à une biographie, l’hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie. L’écrivain, l’hagiographe n’a pas d’abord une démarche d’historien, surtout lorsque le genre hagiographique s’est déployé. Aussi les hagiographies anciennes sont parsemées de passages merveilleux à l’historicité douteuse. De plus, des typologies de saints existaient au Moyen Âge, ce qui a conduit les hagiographes à se conformer à ces modèles et à faire de nombreux emprunts à des récits antérieurs.