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Rabban Yoḥanan ben Zakkaï dit Yoḥanan ben Zakkaï

vendredi 18 juin 2021, par ljallamion

Rabban Yoḥanan ben Zakkaï dit Yoḥanan ben Zakkaï (vers 47 av. jc-73 ap. jc)

Il fut témoin de la prise de Jérusalem [1] et de la destruction du Temple [2] par l’armée romaine de Titus, fils de l’empereur Vespasien.

Disciple de Hillel Hazaken dit Hillel l’Ancien, Yoḥanan ben Zakkaï étudia à Jérusalem puis en Galilée [3]. Il fut un des grands tannaïm [4] de la Mishna [5] et soutint de nombreuses controverses contre les Sadducéens [6] En sa qualité de Nassi [7] il initia d’importantes réformes qui fondèrent le judaïsme rabbinique et fut aussi le promoteur de l’académie talmudique [8] de Yavné [9] qui permit la perpétuation du judaïsme après la destruction du Temple de Jérusalem.

La tradition le fait naître dans la lignée de David. Il ne partageait pourtant pas l’espoir messianique de sa famille et du peuple juif. Plutôt qu’à rêver l’arrivée du Roi oint, le Mashiah [10], il se concentrait sur les problèmes plus pratiques et plus pressants concernant la survivance du judaïsme à la destruction romaine.

Conscient de la futilité de résister aux Romains, il remarquait qu’il était possible pour le Peuple juif de survivre exilé de son centre spirituel, Jérusalem, de son cœur le Temple, et de sa patrie la Terre d’Israël. Cette possibilité était basée sur le fait que la Torah [11] étant en leur possession, personne ne pourrait la leur prendre.

Quand Vespasien, général romain, bientôt empereur, lui accorde trois souhaits, il ne demande ni le salut de la ville ni celui de son temple ; il s’était rendu compte que les Romains seraient décidés à les détruire et que, par conséquent, il ne pourrait les sauver. Il demande cependant que la ville libre de Yavné devienne la nouvelle demeure du Sanhédrin [12], la cour suprême juive, et des Sages de la Torah. Il fonde alors ce que l’on appelle l’Académie de Yabneh ou l’Assemblée de Yabneh.

Il est probable que l’Assemblée de Yabneh ne concerne que le mouvement des rabbins en formation et en évolution et non l’ensemble du peuple juif. Par ce coup de force consistant à réunir une assemblée des sages pharisiens [13] les plus célèbres de son temps et à en prendre la présidence, Rabban Yohanan ben Zakkaï parvient, aux yeux des membres du mouvement rabbinique, à se substituer à l’ancienne autorité du grand prêtre [14], à celle du sacerdoce et à celle du sanhedrin.

Il est convaincu que l’étude de la Torah et l’observance de ses commandements, permettront au peuple juif de continuer à exister partout où il sera exilé dans le monde et de maintenir la mémoire du temple dans son cœur, de sorte qu’on ne l’oublie jamais. Quand Dieu aura pitié de son peuple, et lui permettra de retourner sur sa terre et de reconstruire le temple, ils seront prêts.

Yohanan ben Zakkaï prend alors neuf décrets, des takkanot [15], qui sont présentés comme indispensables pour le culte, car ils concernent les dates des jours fastes, des jours jeûnés, des jours de fête et les débuts de mois. Cette tâche revenait auparavant au grand prêtre et au sanhédrin, mais la destruction du Temple de Jérusalem et probablement l’interdiction des Romains ont laissé vacants ces institutions.

Cette récupération du calendrier liturgique aux dépens du sacerdoce a probablement rencontré l’opposition des prêtres, des scribesLe scribe désigne dans l’Égypte antique un fonctionnaire lettré, éduqué dans l’art de l’écriture et de l’arithmétique. Omniprésent comme administrateur, comptable, littérateur ou écrivain public, il fait fonctionner l’État de Pharaon au sein de sa bureaucratie, de son armée ou de ses temples. Le scribe royal domine l’administration centrale. Les scribes supérieurs font partie de la cour de pharaon, ils ne paient pas d’impôts et n’ont pas d’obligations militaires. et des notables en général. Toutefois, grâce à l’autorité incontestable dont Yohanan jouit dans le mouvement pharisien et parce qu’il s’agit des mesures essentielles qu’il fallait prendre à ce moment-là pour la poursuite du culte hors de Jérusalem, ces mesures ont probablement trouvé une certaine légitimité.

En tant que Nassi , il institua ce qui remplacera les offrandes du temple : la Prière.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Yoḥanan ben Zakkaï/ Portail de la culture juive et du judaïsme/ Portail Israël antique et Juifs dans l’Antiquité/ Catégories : Tannaim/ Rabbin du Ier siècle

Notes

[1] Ville du Proche-Orient que les Israéliens ont érigée en capitale, que les Palestiniens souhaiteraient comme capitale et qui tient une place centrale dans les religions juive, chrétienne et musulmane. La ville s’étend sur 125,1 km². En 130, l’empereur romain Hadrien change le nom de Jérusalem en « AElia Capitolina », (Aelius, nom de famille d’Hadrien ; Capitolina, en hommage au dieu de Rome, Jupiter capitolin) et il refonde la ville. Devenue païenne, elle est la seule agglomération de la Palestine à être interdite aux Juifs jusqu’en 638. Durant plusieurs siècles, elle est simplement appelée Aelia, jusqu’en 325 où Constantin lui redonne son nom. Après la conquête musulmane du calife Omar en 638, elle devient Iliya en arabe, ou Bayt al-Maqdis (« Maison du Sanctuaire »), équivalent du terme hébreu Beit ha-Mikdash (« Maison sainte »), tous deux désignant le Temple de Jérusalem, ou le lieu du voyage et d’ascension de Mahomet, al-Aqsa, où se situait auparavant le temple juif

[2] La première guerre judéo-romaine, qui s’est déroulée entre 66 et 73., parfois appelée la Grande Révolte, fut la première des trois révoltes des juifs de la province de Judée contre l’Empire romain, telle que relatée principalement par Flavius Josèphe. Elle commença en 66, à la suite des tensions religieuses croissantes entre Grecs et Juifs. Elle s’acheva lorsque les légions romaines de Titus assiégèrent, pillèrent puis détruisirent Jérusalem et le temple d’Hérode en 70 (en 68 selon les sages du Talmud) puis les places fortes des Juifs (principalement Gamla en 67 et Massada en 73).

[3] La Galilée est souvent citée dans l’Ancien Testament, et sa partie septentrionale évoquée comme "la Galilée des Gentils" dans le Nouveau Testament. Elle est décrite par Flavius Josèphe qui évoque son histoire, son peuplement sa géographie, et lui donne deux parties : la Galilée supérieure, en grande partie peuplée de Gentils, et la Galilée inférieure, en grande partie peuplée de Juifs. Son nom de Galilée pourrait venir d’un peuplement celte, comme plus au nord la Galatie. Elle recouvrait avant la Captivité les territoires des tribus d’Issacar, de Zabulon, de Nephthali et d’Asher. Comme les Galiléens étaient de bons cultivateurs, plantant des figuiers, des oliviers, des noyers, des palmiers, des habiles artisans et de bons pêcheurs, la Galilée était prospère avec 400 villes, certaines très peuplées.

[4] Les tannaïm sont, au sens large, les Sages dont les opinions sont rapportées dans la Mishna et, au sens restreint ceux qui l’ont codifiée. Leur ère, appelée indifféremment tannaïtique ou mishnaïque, s’étend donc, selon la définition, de la période du Second Temple, ou des débuts de l’ère commune, date à laquelle la Mishna est clôturée dans l’académie de Juda Hanassi. Elle comprend (ou fait suite à) l’ère des Zougot (les « paires ») et de la Grande Assemblée, et précède la période des Amoraïm (docteurs du Talmud).

[5] La Mishna est la première et la plus importante des sources rabbiniques obtenues par compilation écrite des lois orales juives, projet défendu par les pharisiens, et considéré comme le premier ouvrage de littérature rabbinique. La Mishna est écrite en hébreu. Le terme Mishna fait à la fois référence à l’ouvrage recensant l’opinion et les conclusions des rabbins de l’époque on parle alors de La Mishna et aux conclusions des rabbins elles-mêmes on parle alors d’une ou des mishnayot (pluriel de mishna). Elle comporte six ordres, eux-mêmes divisés en traités. Chaque traité comporte plusieurs chapitres. Il est d’usage de faire référence à une Mishna par : le nom du traité, suivi du numéro du chapitre, lui-même suivi du numéro de la mishna. Les auteurs sont les « Tannaïm » ou répétiteurs, car ils « répétaient » les traditions apprises de leurs maîtres.

[6] On désigne généralement par sadducéens les membres d’un des quatre grands courants du judaïsme antique de l’ancienne Judée (avec les pharisiens, les esséniens et les zélotes), entre le 2ème siècle av. jc et le 1er siècle, mais cette définition n’est nullement exclusive. Elle fait également référence aux membres du clergé à l’époque du Premier Temple de Jérusalem (dont le Grand Prêtre était Sadoq) et à un courant théologique sans contextualisation historique dénommé sadocite. Les sadducéens qui se recrutent essentiellement dans l’aristocratie sacerdotale, sont en opposition totale avec les pharisiens et semblent en opposition avec les esséniens. Ils sont décimés par les zélotes et les sicaires lors de la Première Guerre judéo-romaine. Les sadducéens se distinguaient des pharisiens notamment sur la question de la résurrection des morts.

[7] Nassi est un terme hébreu signifiant approximativement « Prince ». Dans l’Antiquité, c’était le titre donné au dirigeant du Sanhédrin. Ce titre a été créé en 191 av.jc lorsque le Sanhédrin a perdu confiance dans la capacité des prêtres de rang élevé de servir de dirigeants. Dans l’utilisation moderne, Nassi signifie aussi « Président ». C’est le terme utilisé en hébreu moderne pour désigner n’importe quel chef d’État démocratiquement élu.

[8] Les académies talmudiques (yeshivot) de la terre d’Israël étaient le centre de l’éducation juive et du développement de la Loi juive en terre d’Israël depuis l’ère du Second Temple jusqu’à 400 environ. Un centre persiste et se développe notamment en Galilée autour de Tsippori pendant la période des Gueonim, rivalisant avec les académiques talmudiques de Babylonie sans parvenir à leur niveau. Divers centres de faible importance subsistent ensuite, entretenus par les dons de la diaspora juive. Le projet sioniste permet le développement de nouvelles institutions ou la transplantation en Israël des académies d’Europe orientale.

[9] L’Académie de Yabneh (ou Assemblée de Yabneh) est une assemblée des sages pharisiens les plus célèbres de son temps que Rabban Yohanan ben Zakkaï serait parvenu à constituer dans la ville de Yabneh (Jamnia) quelques années à peine après la destruction du Second Temple de Jérusalem (70) et l’écrasement de la Grande révolte juive. Bien que l’Assemblée de Yabneh ne concerne que le mouvement des rabbins en formation et non l’ensemble du peuple juif, cet épisode est très important dans l’histoire juive. Yohanan ben Zakkaï aurait fondé une école de loi juive, qui devint une source majeure de la Mishna ultérieure. Son école est souvent considérée comme une source du judaïsme rabbinique.

[10] le Messie

[11] La Torah ou Thora est, selon la tradition du judaïsme, l’enseignement divin transmis par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï et retransmis au travers de ses cinq livres ainsi que l’ensemble des enseignements qui en découlent. Elle est composée de cinq livres désignés en hébreu par un des premiers mots du texte et traditionnellement en français : la Genèse (Berēshīṯ : Commencement), l’Exode (Shemōṯ : Noms), le Lévitique (Wayyiqrā : Et il appela), les Nombres (Bamiḏbar : Dans le désert) et le Deutéronome (Devarim : Paroles). Elle contient, selon la tradition juive, 613 commandements

[12] Le Sanhédrin est l’assemblée législative traditionnelle du peuple juif ainsi que son tribunal suprême qui siège normalement à Jérusalem. Son nom n’est pas d’origine hébraïque mais dérive du grec sunédrion, signifiant « assemblée siégeante ». Composé de 71 sages experts en Loi Juive, il doit comporter 23 membres pour décider en matière judiciaire ; il est alors nommé petit sanhédrin et siège dans les principales villes.

[13] Les pharisiens sont l’un des partis juifs en activité en Judée pendant la période du Second Temple (2ème siècle av.jc/1er siècle). Leur courant de pensée est appelé « pharisaïsme » ou « pharisianisme ». De nombreux enseignements des pharisiens sont incorporés à la tradition rabbinique. Ils se distinguent notamment par le recours à la Torah orale pour fixer la loi juive.

[14] Le grand prêtre est le titre que portait le premier des prêtres dans la religion israélite ancienne et dans le judaïsme classique, depuis l’émergence de la nation israélite jusqu’à la destruction du Second Temple de Jérusalem. Les grands prêtres, comme d’ailleurs tous les prêtres, appartenaient à la lignée d’Aaron. Pendant la période du Second Temple, le grand prêtre exerça souvent la charge de président du Sanhédrin. Son rôle déclina avec l’occupation romaine (à partir de 63 av. jc) puis la fonction de grand Prêtre disparut avec la destruction du Second Temple.

[15] améliorations