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Saint Grégoire le Grand ou Grégoire 1er

samedi 26 avril 2014 (Date de rédaction antérieure : 4 septembre 2011).

Saint Grégoire le Grand ou Grégoire 1er (540-604)

Pape de 590 à 604

Grégoire 1er 64ème Pape de l'Église catholique

Né à Rome vers 540, dans une riche famille, il fait de sérieuses études qui le conduisent à la magistrature. Il accéda très tôt à de hautes charges administratives comme préfet de Rome. A l’âge de 30 ans, il entra dans les ordres. Pendant 7 ans légat du pape à Byzance, il étudia l’organisation de la liturgie orientale. Il rentra à Rome puis fut élu pape en 590 alors que la peste ravageait Rome. Évêque de Rome, il prit de nombreuses fonctions civiles et lutta activement contre la famine et la peste. Il fait de l’évêque de Rome celui de toute la chrétienté. Obligé de faire face à l’expansion lombarde, il obtient en 594 une trêve contre la volonté de l’exarque de Ravenne [1]. La papauté secoua ainsi la tutelle de l’Empire. Il affirma fortement la primauté spirituelle et disciplinaire de Rome contre Constantinople.

Face à un monde nouveau, il entra en contact avec les Barbares, Francs et Lombards qu´il prépara patiemment à la conversion. Ses réformes religieuses pénètrèrent chez les Francs, favorisées par Brunehaut. Il envoya des moines romains menés par Augustin en Angleterre.

A partir de ce moment et jusqu’à sa mort en 604, il entreprend de diffuser les réformes qu’il médite depuis longtemps. Il fixe définitivement les textes de la Messe. Il propose une série de chants associés à chacune des fêtes de l’année ecclésiastique. Il accomplit une œuvre liturgique importante et favorisera le chant appelé depuis "grégorien".

Grégoire le Grand fonda aussi une école de musique, la Schola Cantorum où on formera des clercs qui propageront cette nouvelle liturgie à travers le monde chrétien.

Théologien, moraliste brillant, il a écrit des commentaires fameux sur le livre de Job, des Homélies et des Dialogues sur la vie des Pères d’Italie. Il s’est fait l’hagiographe de Saint Benoît et a composé une “Regula pastoris” fixant aux clercs leurs devoirs. Il est l’un des écrivains les plus admirés de son temps.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Nominis/histoire des saints/ Saint Grégoire le Grand/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 585

Notes

[1] L’exarchat peut prendre deux sens, le premier est politique et administratif qui est propre à l’empire romain d’Orient et l’autre est ecclésiastique propre à l’Église orthodoxe. L’exarchat est une organisation de certains territoires périphériques de l’empire byzantin, mise en place au 6ème siècle pour faire face à la menace d’envahisseurs. L’exarchat est dirigé par un exarque qui concentre les pouvoirs civils et militaires. Cette organisation visait à réagir de façon optimale aux dangers menaçant l’empire dans ses régions périphériques, sans avoir à attendre les ordres venus de Constantinople. Ils bénéficiaient d’un plus grand degré d’indépendance que les autres gouverneurs provinciaux. Seuls deux exarchats furent constitués, à Ravenne contre l’invasion des Lombards, et à Carthage. Les autres provinces de l’empire byzantin reçurent progressivement une organisation semblable, mais sous le nom de « thèmes ». Les exarques civils étaient de véritables vice-rois, à qui l’on confiait le gouvernement de plusieurs provinces tandis que les exarques ecclésiastiques étaient des délégués du patriarche de Constantinople ou du Saint-Synode, chargés de visiter les diocèses, et de surveiller la discipline et les mœurs du clergé. Dans les Églises d’Orient, un exarque est un évêque qui a reçu mission de représenter un patriarche auprès d’un autre patriarche ou dans un lieu qui n’est le territoire d’aucune Église orthodoxe autocéphale. L’exarchat est à la fois la dignité de l’exarque, l’ensemble des paroisses et des fidèles placés sous sa responsabilité ainsi que l’église et les bâtiments qui en constituent le siège. C’est en quelque sorte un évêché sans diocèse et sans structure prévue pour durer. C’est une façon de s’adapter à des circonstances particulières, absence d’une église locale organisée, nécessité d’assurer une vie liturgique à un personnel diplomatique. Un exarchat possède un statut dérogatoire par rapport au principe de la territorialité de l’organisation ecclésiastique. L’évêque mentionné dans les diptyques n’est pas l’évêque du lieu mais le primat représenté par l’exarque. On peut comparer l’exarchat ecclésiastique à extra-territorialité de bâtiments diplomatiques. Les métropolites des "Nouvelles Terres" du Nord et de l’Est de la Grèce ont reçu du patriarche œcuménique de Constantinople des titres d’exarque qui rappellent leur appartenance au Patriarcat œcuménique de Constantinople.