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Titus Manlius Imperiosus Torquatus

mercredi 20 janvier 2021, par ljallamion

Titus Manlius Imperiosus Torquatus

Homme politique romain-Consul en 347, 344 et 340 av. jc-Dictateur en 353 et 349 av. jc

Il est vraisemblablement le fils du dictateur de 363 av. jc Lucius Manlius Capitolinus Imperiosus qui avait été nommé à cette charge pour planter un clou pour calmer la peste, un remède qui aurait marché autrefois.

Il déclara la guerre aux Herniques [1], et pour cela, il procéda à des levées rigoureuses parmi la jeunesse romaine, ce qui irrita contre lui tous les tribuns de la plèbe [2]. En effet, non seulement il condamna à l’amende nombre de récalcitrants, mais aussi aux tortures corporelles. Il abdiqua ensuite de sa magistrature.

Les tribuns de la plèbe n’en restèrent pas là, et Marcus Pomponius le mit en procès, l’accusant d’avoir agi avec cruauté envers ses compatriotes, mais aussi, et surtout, envers son fils.

Titus, qui avait été relégué au champ parce qu’il s’exprimait mal et lentement, fut affligé qu’on mette en procès son père par sa faute, et dit-on, alla voir sans témoin le tribun de la plèbe, et, le menaçant d’un couteau, le força à prêter serment de retirer sa plainte. Cela plût tellement au peuple, qu’il fut élu en seconde place des 6 tribuns militaires [3] aux légions.

En 361 av. jc, Rome est menacée par de nouvelles hordes gauloises. Un dictateur, Titus Quinctius Poenus Capitolinus Crispinus, avait été nommé.

Le jeune Titus Manlius vainquit les Gaulois à la surprise générale, gagna le surnom de Torquatus en ramassant et portant le torque [4] du Gaulois vaincu et se vit attribuer une couronne d’or.

En 353 av. jc, le Sénat ordonna au consul Marcus Valerius Poplicola de nommer un dictateur pour déclarer la guerre aux Cérites [5], et ce fut Titus Manlius, fils de Lucius, qui fut nommé par le consul, les deux consuls faisant déjà face à deux autres peuples, les Volsques [6] et Tarquinies [7]. Sur ordre du Sénat et du peuple romain, le dictateur nouvellement élu déclara la guerre à la ville de Caere [8], qui soutenait Tarquinies [9] dans sa lutte contre Rome, en recueillant son trésor, et en envoyant des brigands soutenir des pillages en territoire romain.

Rome est en paix sous son premier consulat en 347 av. jc, sans levée de troupes ni imposition. Il fut décidé un abaissement des intérêts de 1/12 à 1/24 par mois, ce qui permettait de payer ses dettes en quatre fois, sur trois années.

En 340 av. jc, Rome dominait la Ligue latine. Elle reçut une délégation des États membres menée par le préteur [10] latin Lucius Annius de Setia, qui exigeaient un statut égal à Rome, avec des sénateurs et un consul latins, ce qui fut refusé par le Sénat romain, par la voix du consul Manlius. Annius aurait blasphémé Jupiter et fut tué.

La guerre entre romains et latins fut votée par le Sénat romain. Manlius et son co-consul, Publius Decius Mus , décidèrent que les vieilles disciplines militaires seraient rétablies, et que toute désobéissance serait passible de la peine de mort. Il était notamment interdit à chaque soldat d’attaquer l’ennemi hors des rangs.

Le fils de Manlius, en quête de gloire, et provoqué par un Latin, alla à l’encontre de la règle établie par les consuls, défit son adversaire, et revint au camp victorieux avec la dépouille de son ennemi. Manlius se détourna de son fils, convoqua l’armée, et ordonna aux licteurs d’attacher son fils au poteau et de l’exécuter, pour avoir enfreint les règles consulaires et désobéi au père. Les soldats prirent le corps du défunt, et lui firent de dignes funérailles.

Après que Publius Decius Mus se fut sacrifié pour la victoire à la bataille de Veseris [11], au pied du Vésuve [12], Manlius écrasa les alliés latins et les poursuivit en Campanie [13], où il les vainquit définitivement à la bataille de Trifanum [14].

Il refusa un nouveau consulat pour la raison qu’il ne pourrait supporter les vices du peuple, et que le peuple ne pourrait supporter sa sévérité.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Titus Manlius Imperiosus Torquatus/ Portail de la Rome antique/ Catégories : Consul de la République romaine/ Dictateur (Rome antique)

Notes

[1] Les Herniques, sont une population italique du Latium antique. Ils forment une ligue autour de la ville d’Anagnia dans la vallée du Tolerus (aujourd’hui le Sacco), sur la rive gauche de cette rivière. Les autres principales cités herniques sont Aletrium, Verulae et Ferentinum.

[2] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe. Ils ne représentent pas le populus dans son entier, puisque la plèbe est le populus (l’ensemble du peuple de Rome, comprenant tous les citoyens de toutes les classes) sauf les patriciens.

[3] Le tribun militaire (en latin Tribunus militum) est un officier supérieur qui sert dans la légion romaine sous la Rome antique.

[4] Le torque est un collier connu pour avoir été porté par les Celtes au cours de l’âge du fer puis, à titre honorifique, par les guerriers gaulois.

[5] peuple du Latium

[6] Les Volsques appartiennent aux anciens peuples italiques installés dans le sud du Latium. Leur nom avec sa terminaison en « -cus » les classe avec les autres tribus dont le nom se termine en « -cus », comme les Herniques, qui sembleraient être les premiers habitants indo-européens de la côte occidentale de l’Italie

[7] peuple Etrusque du Latium

[8] Cerveteri est une commune de la ville métropolitaine de Rome Capitale dans le Latium en Italie. Elle est mondialement connue pour ses tombeaux étrusques : la nécropole de Banditaccia.

[9] Tarquinia était l’une des plus anciennes et des plus importantes cités de la dodécapole étrusque. Elle a donné à Rome la dynastie légendaire des rois étrusques : Tarquin l’Ancien, Servius Tullius et Tarquin le Superbe. Par la suite, Tarquinia est entrée plusieurs fois en guerre avec Rome et a été finalement soumise. Sur le littoral de Tarquinia s’est développée la colonie maritime de Gravisca, qui jusqu’à la fondation de Centumcellae (aujourd’hui Civitavecchia) par l’empereur Trajan au 2ème siècle de notre ère, a représenté le port principal de l’Étrurie méridionale, abandonné ensuite en raison des raids des pirates sarrasins au début du Moyen Age.

[10] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[11] Veseris est un lieu de Campanie, au pied du Vésuve, où Tite-Live situe la bataille qui vit les consuls Manlius Torquatus et Decius Mus (qui se sacrifia dans la bataille) battre les Latins insurgés en 340 av. jc.

[12] Le Vésuve ou mont Vésuve est un Somma-stratovolcan italien d’une altitude de 1 281 mètres, bordant la baie de Naples, à l’est de la ville. Il s’agit du seul volcan d’Europe continentale à être entré en éruption durant les cent dernières années, sa dernière éruption datant de 1944. Il est à l’origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies, ensevelies en 79 sous une pluie de cendres et de boue qui, ainsi, les a conservées jusqu’à nos jours dans leur état antique. Il est entré en éruption de nombreuses autres fois au cours des derniers millénaires et c’est l’un des volcans les plus dangereux du monde en raison de sa tendance explosive et surtout de la population importante qui vit à ses abords.

[13] La région de Campanie, plus couramment appelée la Campanie, est une région d’Italie méridionale. Elle fut associée au Latium, une des 11 régions de l’Italie romaine créées par l’empereur Auguste au 1er siècle av.jc Érigée en province à part entière au début du 4ème siècle au temps de l’empereur Dioclétien, la Campanie fut ensuite sous domination lombarde puis byzantine. Elle fut ensuite morcelée par l’indépendance que quelques-unes de ses villes adoptèrent.

[14] La bataille de Trifanum ou bataille de Suessa oppose la République romaine alliée aux Samnites, à une coalition formée par les Latins, les Volsques, les Aurunces, les Sidicins et les Campaniens en 340 ou 339 av. jc. Il s’agit de la seule confrontation majeure de la Guerre latine. Les troupes de la coalition latine sont anéanties. Les Latins et Volsques tentent encore de résister quelques années dans le Latium tandis que les Campaniens se soumettent à la domination romaine.