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Armand-Gaston-Maximilien dit Armand-Gaston-Maximilien de Rohan

dimanche 29 novembre 2020, par ljallamion

Armand-Gaston-Maximilien dit Armand-Gaston-Maximilien de Rohan (1674-1749) Prince de Rohan

Ecclésiastique et homme politique-Évêque de Strasbourg en 1704-Cardinal en 1712-Grand aumônier de France en 1713-Membre du conseil de Régence en 1722

Fils de François de Rohan , 1er prince de Soubise [1], comte de Rochefort [2], gouverneur de Champagne [3], de Berry [4] et de Brie [5] et lieutenant général [6] des armées royales, et d’ Anne de Rohan-Chabot , dame de Soubise.

Après le rattachement de Strasbourg et d’une partie de l’Alsace à la France en 1681, Louis XIV veut placer un prélat français dans une province réputée fidèle au protestantisme et à la langue allemande. Il choisit un jeune homme de la haute noblesse, Gaston de Rohan-Soubise, qui n’a que 16 ans quand il le fait entrer en 1690 au sein du chapitre des chanoines de la cathédrale de Strasbourg [7].

Le pape Innocent XII , intéressé par cette œuvre de prosélytisme, crée un poste d’évêque coadjuteur [8] à Strasbourg. Les pressions conjointes du roi de France et du pape, ainsi que les largesses d’Anne de Rohan-Chabot, mère de Gaston, finissent par convaincre les chanoines : candidat unique au poste, il est élu à l’unanimité, puis devient évêque à 30 ans à la mort de Mgr Guillaume-Egon de Fürstenberg .

La tâche qui l’attend alors est immense. Le culte catholique n’est en effet rétabli à la cathédrale que depuis 1681, en remplacement du culte luthérien, établi à la suite d’une décision municipale de 1529.

Il s’appuiera donc sur les jésuites [9], arrivés dans la ville dès 1683, pour former une nouvelle génération de prêtres destinée à remplacer les pasteurs protestants formés dans les universités allemandes.

Il s’attachera également à sa mission de franciser une population dont l’administration royale dénonce “la langue, les mœurs, les coutumes allemandes et républicaines”.

Sa succession comme évêque de Strasbourg et comme grand aumônier de France, est assumée par son petit-neveu Armand de Rohan-Soubise , qui fut d’abord son protégé puis son coadjuteur, et poursuivit ses missions.

Avant le rattachement à la France, le prince-évêque de Strasbourg résidait à Saverne [10]. Après l’incendie du château épiscopal en 1709, Gaston le fait rénover par un architecte réputé de l’époque : Robert de Cotte . Le chantier dura jusqu’en 1723 et le château fut également richement redécoré avec tapisseries, mobilier et tableaux venus de Paris.

Dans cette dernière ville, il fait construire, par l’architecte Pierre-Alexis Delamair , l’hôtel de Rohan [11], à proximité de l’hôtel de Soubise [12], habité par ses parents.

À partir de 1732 et jusqu’en 1741, il fit également construire son propre palais épiscopal à Strasbourg, entre la cathédrale et l’Ill [13], devenu musée de la place du Château.

En 1734 il fonde la congrégation des Sœurs de la charité de Strasbourg  [14].

Le prince de Rohan est élu membre de l’Académie des Inscriptions [15] en 1701 et de l’Académie française [16] en 1703. Il est commandeur du Saint-Esprit [17] en 1713.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Olivier Andurand, La Grande affaire. Les évêques de France face à l’Unigenitus, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, 408 p. (ISBN 978-2-7535-5390-3)

Notes

[1] La seigneurie de Soubise en Charente-Maritime fut érigée par lettres patentes (non enregistrées) de Louis XIV datées de mars 1667 en principauté de Soubise en faveur de François de Rohan.

[2] Rochefort, appelée aussi Rochefort-sur-Mer, est une commune du Sud-Ouest de la France située dans le département de la Charente-Maritime. Rochefort est située dans une boucle de la Charente, entièrement sur la rive droite, ce qui la place dans l’ancienne province de l’Aunis. C’est une « ville nouvelle » du 17ème siècle qui doit sa création en 1666 à l’implantation d’un arsenal maritime et militaire dont l’ambition était d’en faire le plus grand et le plus beau du royaume.

[3] Le comté de Champagne et de Brie est issu de la réunion des terres de la dynastie des Thibaldiens, c’est-à-dire la branche issue de Thibaut « le Tricheur » (Thibaud 1er de Blois) : comté de Meaux, comté de Troyes. Le comté de Champagne est rattaché au domaine royal par le mariage de Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne, et du dauphin Philippe le Bel en 1284. Le rattachement est rendu définitif par leur fils Louis X le Hutin.

[4] Le Berry est une province historique de la France de l’Ancien Régime, ayant pour capitale Bourges, mais dont toute structure administrative disparaît définitivement avec la Révolution française. Le Berry est érigé en duché en 1360, que le roi de France Jean II le Bon confie en apanage à son fils Jean 1er de Berry (1340-1416). Le duché de Berry revient dans le domaine royal à la mort du Duc Jean, en 1416, avant de passer entre les mains de deux fils du roi Charles VI : d’abord à Jean puis à Charles, le futur Charles VII. Le duché de Berry est de nouveau concédé à Jeanne de France, fille de Louis XI en 1498. Le titre de duc de Berry sera ensuite épisodiquement donné à plusieurs princes de la famille royale, dont les plus célèbres sont Charles de France (1686-1714), cadet des petit-fils de Louis XIV, le futur Louis XVI et le second fils du roi Charles X. Le 31 décembre 1661, Philippe de Clérembault, comte de Palluau fut nommé gouverneur du Berry.

[5] La Brie est une région naturelle française située dans la partie orientale du bassin parisien, entre les vallées de la Marne, de l’Orge, de la Seine et la côte d’Île-de-France. Elle couvre une superficie d’environ 5 000 km². D’un point de vue géographique, on distingue une Haute-Brie (autour de Meaux) et une Basse-Brie (autour de Provins).

[6] La charge de lieutenant général devint au 17ème siècle et surtout au 18ème siècle purement honorifique : le titulaire résidait à la Cour et se contentait de toucher les revenus sans effectuer de réel travail. De plus, les rois avaient tendance à nommer les fils successeurs de leur père, ce qui fit que les offices de lieutenant général firent quasiment partie du patrimoine de ces familles aristocratiques. Il ne faut pas confondre l’office de lieutenant général avec celui de « lieutenant de roi ». Le lieutenant de roi était subordonné au lieutenant général et son rôle (par essence le même : représenter le roi dans les provinces) n’était tenu que dans des ressorts beaucoup plus réduits.

[7] Les évêques de Strasbourg étaient princes d’Empire. Ils occupent le siège dit « de Saint-Arbogast ». L’archevêque de Strasbourg a la particularité d’être l’un des deux seuls évêques catholiques au monde à ne pas être formellement nommés par le Pape, mais par un pouvoir temporel, en l’occurrence le Président de la République française (l’autre étant l’évêque de Metz ; cf. Concordat en Alsace-Moselle pour plus de détails). Il est aussi à noter que l’archevêque de Strasbourg n’est théoriquement qu’évêque, en effet, l’ordonnance soumise au premier ministre de la République Française changeant le statut de l’évêché de Strasbourg n’a jamais été signée

[8] Un évêque ou archevêque coadjuteur est un évêque nommé, comme un évêque auxiliaire, aux côtés d’un évêque diocésain, mais avec droit de succession immédiate sur le siège de l’évêque à qui il est adjoint après la démission ou le décès de ce dernier. La nomination d’un coadjuteur permet une période de prise de connaissance du diocèse pour le nouvel arrivant et de transition sans interruption entre deux épiscopats.

[9] La Compagnie de Jésus est un ordre religieux catholique masculin dont les membres sont des clercs réguliers appelés « jésuites ». La Compagnie est fondée par Ignace de Loyola et les premiers compagnons en 1539 et approuvée en 1540 par le pape Paul III.

[10] Saverne est une commune française située dans le département du Bas-Rhin. Sous-préfecture de département. Les évêques de Strasbourg sont maîtres de la ville de 1236 jusqu’à la Révolution. En 1394, Saverne devient résidence épiscopale ce qui favorise le développement de la cité : la ville s’étend en dehors de l’enceinte romaine. La ville basse s’établit au-delà de la porte dite « Mitteltor » et est précédée de l’autre côté de la Zorn par « Kleinstadt ». Moulins et tanneries se développent le long de la Zorn. Lors de la Guerre des paysans en 1525, Saverne est investie par l’armée ducale du duc de Lorraine, la population est massacrée ainsi que les membres des bandes paysannes qui s’y étaient enfermés (environ 20 000 morts). La ville est lentement reconstruite après les sièges et les incendies dus à la guerre de Trente Ans. À partir du milieu du 17ème siècle, toutes les constructions doivent être de même hauteur et érigées dans le même alignement. Saverne, comme le reste de la province d’Alsace, est progressivement annexée par le roi de France.

[11] L’hôtel de Rohan, construit par l’architecte Pierre-Alexis Delamair, à partir de 1705 pour la famille de Rohan, abrite aujourd’hui, avec l’hôtel de Soubise attenant, une partie des Archives nationales.

[12] L’hôtel de Soubise, anciennement hôtel de Clisson puis hôtel de Guise, est un hôtel particulier parisien situé au coin de l’actuelle rue des Francs-Bourgeois et de la rue des Archives dans le 3ème arrondissement de Paris (quartier du Marais).

[13] L’Ill est une rivière française qui baigne la plaine d’Alsace. Important affluent gauche du Rhin et principale rivière d’Alsace, elle prend sa source dans les contreforts nordiques du Jura et coule dans les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin

[14] Les Sœurs de la charité de Strasbourg sont une congrégation religieuse féminine enseignante et hospitalière de droit pontifical et membre de la fédération vincentienne des sœurs de la charité. La congrégation est fondée par l’évêque de Strasbourg, Armand de Rohan-Soubise, pour venir en aide aux malades et aux personnes âgées dans les hôpitaux. Les premières religieuses sont formées chez les sœurs hospitalières de Saint Paul de Chartres ; elles retournent dans leur diocèse le 21 juin 1734, fixant la maison-mère de Saverne. En 1827, la maison mère est déplacée à Strasbourg, rue de la Toussaint ; l’institut obtient la reconnaissance civile de Charles X le 8 juin 1828

[15] L’Académie des inscriptions et belles-lettres a été fondée par Colbert en 1663 en France sous le nom La Petite Académie. C’est en 1816 que son appellation actuelle apparaît. Au début, elle devait établir les inscriptions et devises des monuments et médailles en l’honneur de Louis XIV. Par la suite, elle s’est tournée vers l’histoire et l’archéologie. Intégrée à l’Institut de France depuis 1795, elle poursuit cette mission.

[16] L’Académie française, fondée en 1634 et officialisée le 29 janvier 1635, sous le règne de Louis XIII par le cardinal de Richelieu, est une institution française dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. Intégrée à l’Institut de France lors de la création de celui-ci le 25 octobre 1795, elle est la première de ses cinq académies. La mission qui lui est assignée dès l’origine, et qui sera précisée le 29 janvier 1635 par lettres patentes de Louis XIII, est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous, donc d’uniformiser cette dernière. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire : la première édition du Dictionnaire de l’Académie française est publiée en 1694 et la neuvième est en cours d’élaboration. L’Académie française rassemble des personnalités marquantes de la vie culturelle : poètes, romanciers, dramaturges, critiques littéraires, philosophes, historiens et des scientifiques qui ont illustré la langue française, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.

[17] L’ordre du Saint-Esprit est un ordre de chevalerie français, fondé le 31 décembre 1578 par Henri III. Pendant les deux siècles et demi de son existence, il est l’ordre de chevalerie le plus prestigieux de la monarchie française. Ce n’est cependant pas le plus ancien, puisque l’ordre de Saint-Michel a été fondé 110 ans auparavant. Il n’est plus attribué par l’État depuis 1830, et relève aujourd’hui d’un ordre dynastique. Il est aussi nommé le cordon bleu, la croix de l’Ordre du Saint-Esprit étant habituellement portée par les chevaliers autour de l’épaule droite sur un ruban de couleur bleu.