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L’histoire pour le plaisir

Marcus Valerius Corvus

mardi 10 novembre 2020, par ljallamion

Marcus Valerius Corvus

Homme politique de la République romaine

Emblème de la République romaine.

Actif durant toute la deuxième moitié du 4ème siècle av. jc. Général compétent et apprécié du peuple, la tradition antique lui attribue 6 consulats et deux dictatures sur une période de 46 ans.

Il est membre des Valerii Maximi [1]. Il est le fils et le petit-fils d’un Marcus Valerius. Il est le père de Marcus Valerius Maximus Corvinus , consul en 312 et 289 av. jc.

La longévité politique de Corvus telle qu’elle est présentée par la tradition antique est impressionnante : il aurait obtenu 21 fois une magistrature curule durant sa carrière selon Pline l’Ancien. Il s’agit sans doute de la plus longue carrière politique du 4ème siècle av. jc. Aussi, pour des raisons chronologiques, sa deuxième dictature et ses deux derniers consulats ont pu être attribués à son fils consul en 312 av. jc ou à un hypothétique deuxième fils qui porterait le même nom.

En 349 av. jc, il sert comme tribun militaire [2] sous le commandement du consul Lucius Furius Camillus durant la campagne contre les Gaulois qui ont pénétré dans le Latium [3]. Il est volontaire pour affronter en combat singulier un guerrier gaulois et, selon la tradition à l’origine de son surnom, un corbeau (corvus) se perche sur son casque et lui apporte son aide durant le duel

En 348 av. jc, il est consul avec Marcus Popillius Laenas pour collègue. Son consulat se déroule sans conflit interne ni guerre. Cette année-là, les Antiates [4] colonisent Satricum [5] et les Romains concluent un traité avec les Carthaginois [6].

Corvus a peut-être occupé la préture [7] l’année suivant son consulat comme cela arrive fréquemment avant les guerres puniques [8].

En 346 av. jc Corvus est de nouveau consul avec Caius Poetelius Libo Visolus pour collègue. Il défait les Antiates et les Volsques [9] de Satricum qui est détruite. Ses victoires lui valent l’honneur d’un triomphe célébré l’année suivante.

En 343 av. jc, Corvus est consul pour la 3ème fois avec Aulus Cornelius Cossus Arvina . Les consuls mènent la première campagne de la première guerre samnite [10] et livre successivement trois batailles dont ils sortent victorieux. Corvus est apprécié par ses soldats et remporte 2 batailles contre les Samnites, la première au pied du Monte Gaurus [11] près de Cumes [12] et la deuxième à Suessula [13]. Il obtient un second triomphe qu’il célèbre à Rome puis retourne en Campanie [14] pour prévenir toute attaque samnite durant l’hivera .

Durant l’hiver 343/342, les troupes romaines stationnées à Capoue [15] projettent de se mutiner et d’enlever la ville aux Campaniens. Caius Marcius Rutilus , consul en 342 av. jc, ayant eu vent de ce risque d’insubordination imminente, décide de temporiser en laissant croire que les garnisons seraient maintenues en l’état une année supplémentaire, espérant ainsi que les soldats remettraient l’exécution de leur projet à l’année suivante.

Les deux consuls, Rutilus et son collègue Quintus Servilius Ahala demeuré à Rome, profitent de la saison de campagne pour disperser les éléments les plus dangereux et les éloigner de la Campanie. Dans la crainte de représailles, les soldats démobilisés se regroupent et se retranchent sur les pentes du Mont Albain. Ils désignent contre son gré Titus Quinctius Poenus Capitolinus Crispinus comme général et marchent vers Rome.

Le Sénat désigne Corvus comme dictateur pour résoudre cette crise. Il prend Lucius Aemilius Mamercinus comme maître de cavalerie [16]. Alors que les soldats mutinés s’approchent de Rome, Corvus se porte à leur rencontre à la tête d’une armée mais, fort de sa popularité auprès des soldats, il tente d’abord de négocier avec les rebelles afin de trouver une issue diplomatique à cette crise interne. Tite-Live prête à Corvus un discours d’apaisement et de réconciliation.

Craignant de se retrouver pris en étau entre les territoires romains et samnites, les Latins forment en 341 av. jc une alliance avec les autres peuples partageant leur situation, les Volsques, les Aurunces [17], les Campaniens et les Sidicins [18]. Les Romains, ayant eu vent de cette alliance et de ces projets hostiles à l’égard de Rome, décident de faire abdiquer les consuls en exercice afin d’avoir de nouveaux consuls prêts à prendre le commandement dans la guerre qui se prépare. Les anciens consuls ne pouvant pas organiser eux-mêmes les élections, deux interrois [19] se succèdent, Corvus et un Marcus Fabius. Titus Manlius Imperiosus Torquatus et Publius Decius Mus sont élus consuls.

Cette même année, en 340 av. jc, Corvus pourrait être identifié au Marcus Valerius pontife qui assiste le consul Publius Decius Mus lorsqu’il prononce sa devotio [20] durant la bataille de Trifanum [21].

En 335 av. jc, Corvus est consul pour la 4ème fois avec Marcus Atilius Regulus Calenus pour collègue. Le Sénat leur confie la conduite de la guerre contre les Ausones et les Sidicins. Corvus s’empare de Cales et célèbre son troisième triomphe.

Grâce à sa renommée, Corvus assure l’intérim du pouvoir comme interroi à deux reprises pour assurer les élections des consuls en exercice en 332 et en 320 av. jc.

En 332 av. jc, il succède à 4 interrois et mène à terme les élections consulaires. En 321 av. jc, après la défaite des Fourches Caudines [22], le Sénat contraint les consuls vaincus par les Samnites à abdiquer et désigne un premier dictateur [23] afin d’assurer les élections de nouveaux consuls. La désignation de ce dernier n’ayant pas été faite de façon régulière, le Sénat nomme un deuxième dictateur pour assurer les élections, mais ce dernier ne parvient pas non plus à tenir de nouvelles élections. Ils sont donc remplacés par des interrois. Ce sont Corvus et Quintus Fabius Maximus Rullianus qui se succèdent pour présider les élections.

En 310 av. jc, Corvus sert comme légat [24] avec Publius Decius Mus sous les ordres du dictateur Lucius Papirius Cursor durant la campagne dans le Samnium contre Longulae.

En 313 av. jc, Corvus est un des “triumviri coloniae deducendae” avec Decimus Iunius Brutus Scaeva et Publius Fulvius Longus, qui fondent une colonie latine à Saticula [25].

Corvus aurait été 3 fois préteur [26] durant sa carrière, la première fois dès 347 av. jc après son premier consulat. Les dates des deux autres prétures demeurent inconnues. La deuxième se placerait après 345 tandis que la troisième est datée avant 308 av. jc.

En 302 av. jc, alors que le Sénat a déjà fait appel à un dictateur pour réprimer une révolte des Eques [27], des troubles à Arretium en Étrurie [28] et chez les Marses [29] qui refusent la déduction d’une colonie romaine à Carseoli le poussent à nommer un nouveau dictateur en la personne de Corvus qui choisit Marcus Aemilius Paullus comme maître de cavalerie. Les Marses sont repoussés et le dictateur s’empare en quelques jours de plusieurs villes [30].

Alors que le dictateur tourne ses opérations contre les Étrusques, son maître de cavalerie retourne à Rome pour renouveler les auspices. Sur le chemin, Paullus est pris dans une embuscade où il perd de nombreux hommes. Le dictateur Corvus se porte à son secours et engage la bataille contre les Étrusques qu’il défait. Il célèbre à Rome un triomphe à la fois pour ses victoires sur les Marses et les Étrusques. Les évènements semblent s’étaler de la fin de 302 à l’année 301 av. jc puisque Tite-Live ne donne pas de consuls pour cette année-là qui est considérée comme une des années de dictature .

Corvus aurait été élu une cinquième fois consul en 300 av. jc avec Quintus Appuleius Pansa pour collègue, juste après l’année dictatoriale pendant laquelle il aurait exercé la fonction de dictateur sans qu’il y ait de consuls élus.

Cette année-là, Corvus mène une campagne contre des rebelles èques tandis que son collègue au consulat Pansa lance les opérations militaires contre Nequinum en Ombrie [31]. De retour à Rome, Corvus fait passer la première loi de “provocatione” dont l’authenticité n’est pas remise en doute. La “Lex Valeria” institue l’appel au peuple qui vient remplacer l’auxilium des tribuns de la plèbe [32]. Cette loi concerne uniquement les cas où le magistrat a prononcé une sentence capitale qui prend la forme d’une décapitation précédée d’une flagellation. Elle ne traite pas des autres formes de coercition.

Corvus est donné comme consul suffect [33] pour l’année 299 av. jc, pour remplacer le consul Titus Manlius Torquatus qui est mort au cours d’une campagne en Etrurie. Corvus reprend avec succès le commandement militaire.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de André Magdelain, « Provocatio ad populum », Jus imperium auctoritas. Études de droit romain, Rome, École Française de Rome,‎ 1990

Notes

[1] branche patricienne de l’illustre gens Valeria

[2] Le tribun militaire (en latin Tribunus militum) est un officier supérieur qui sert dans la légion romaine sous la Rome antique.

[3] Le Latium, ou officiellement Lazio en italien, est une région d’Italie centrale. Sa capitale est Rome. Elle est délimitée par la Toscane, l’Ombrie, les Abruzzes, le Molise, la Campanie et la mer Tyrrhénienne. Le Latium est habité depuis le 2ème millénaire av. jc par les Latins qui subissent la domination étrusque. Pour lutter contre celle-ci, ils ont formé la Ligue latine, qui comprenait une trentaine de cités, dont Albe. Au 4ème siècle av. jc, le Latium fut soumis par Rome et ses habitants devinrent des citoyens romains.

[4] Antium était, dans l’Antiquité, une ville et un port du Latium (aujourd’hui Anzio), et qui était la capitale des Volsques jusqu’à sa conquête par les Romains en 468 av. jc. Plus tard, à la fin de la république romaine, Antium devint un lieu de villégiature balnéaire couru pour les patriciens romains, à seulement une journée de voyage, juste assez loin pour se tenir à distance des émeutes et de l’agitation de Rome. Quand Cicéron revint de son exil, c’est à Antium qu’il rassembla les restes ravagés de ses bibliothèques, là où ses rouleaux seraient en sécurité. Les puissants Romains se faisaient construire de magnifiques villas en bord de mer. Mécène possédait une villa à Antium ; les empereurs Caligula et Néron sont nés à Antium ; on peut toujours visiter les ruines de la villa de Néron aujourd’hui. Elle s’étendait le long de la côte du cap d’Antium, sur 800 mètres de front de mer. Néron rasa l’ancienne villa, où Auguste avait reçu une délégation de Rome venue l’acclamer Pater patriae (Père de la patrie) pour reconstruire sur ses fondations une villa d’une dimension plus impériale. La villa de Néron a été utilisée par tous ses successeurs, jusqu’aux Sévères.

[5] Satricum est une cité antique du Latium. Le site archéologique se trouve sur une colline dominant la localité de Le Ferriere, dans la commune de Latina, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Rome.

[6] Carthage est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis. L’ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d’Afrique proconsulaire, est aujourd’hui l’une des municipalités les plus huppées du Grand Tunis, résidence officielle du président de la République, regroupant de nombreuses résidences d’ambassadeurs ou de richissimes fortunes tunisiennes et expatriées. La ville possède encore de nombreux sites archéologiques, romains pour la plupart avec quelques éléments puniques,

[7] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[8] Les guerres puniques constituent une série de trois conflits qui opposent sur près d’un siècle la Rome antique et la civilisation carthaginoise. La cause principale des guerres puniques est un conflit d’intérêts entre l’empire carthaginois et la république romaine en pleine expansion. Au départ, les Romains convoitent la Sicile qui est en partie contrôlée par les Carthaginois.

[9] Les Volsques appartiennent aux anciens peuples italiques installés dans le sud du Latium. Leur nom avec sa terminaison en « -cus » les classe avec les autres tribus dont le nom se termine en « -cus », comme les Herniques, qui sembleraient être les premiers habitants indo-européens de la côte occidentale de l’Italie

[10] La première guerre samnite est un bref conflit opposant la République romaine et ses alliés campaniens et latins aux montagnards de la confédération samnite vers 343/341 av. jc. Elle fait suite à l’attaque des Samnites contre les Sidicins qui en appellent aux Campaniens. Ces derniers se tournent ensuite vers Rome, pourtant alliée jusque-là aux Samnites. C’est le premier pas de la conquête romaine de l’Italie et la première des guerres samnites. C’est la première fois dans l’histoire que Rome intervient au-delà du Latium et de ses abords.

[11] Le mont Barbaro ou mont Gauro, en italien monte Barbaro ou monte Gauro, est une des bouches éruptives des Champs Phlégréens, un volcan d’Italie situé en Campanie. En 343 av. jc il a été théâtre d’une bataille de la première guerre samnite entre les Romains et les Samnites. La victoire romaine a ouvert les portes de l’expansion de Rome vers le reste de l’Italie péninsulaire.

[12] Cumes est une ancienne cité de la Grande-Grèce, située au bord du golfe de Gaète (mer Tyrrhénienne), à 12 km à l’ouest de Naples, en Campanie. C’est aujourd’hui une zone archéologique de première importance, qui présente des vestiges nombreux et variés, dont le plus illustre est l’antre de la Sibylle.

[13] La cité étrusque de Suessula ou Suessola était une ville située près de l’actuelle ville d’Acerra, en Campanie. En 880 la ville a été détruite par les Sarrazins et les marécages et les forêts envahirent progressivement la zone, ce qui entraîna sa disparition et son oubli.

[14] La région de Campanie, plus couramment appelée la Campanie, est une région d’Italie méridionale. Elle fut associée au Latium, une des 11 régions de l’Italie romaine créées par l’empereur Auguste au 1er siècle av.jc Érigée en province à part entière au début du 4ème siècle au temps de l’empereur Dioclétien, la Campanie fut ensuite sous domination lombarde puis byzantine. Elle fut ensuite morcelée par l’indépendance que quelques-unes de ses villes adoptèrent.

[15] Capoue, rattachée à Salerne par le traité de 849 entre Salerne et Bénévent parvient à s’en affranchir vers 861.

[16] Le maître de cavalerie est, durant la République romaine, l’assistant qu’un dictateur romain doit nommer, une sorte de chef d’état-major. À partir du 1er siècle av. jc, le titre est utilisé par l’armée romaine comme titre honorifique. Le grade de magister equitum, associé à de véritables pouvoirs de commandement, réapparaît durant le Bas-Empire romain.

[17] Les Aurunces ou Aurunques sont un peuple italique d’origine indo-européenne, dont on situe généralement l’installation en Italie vers le début du 1er millénaire av. jc.

[18] Les Sidicins sont un peuple osque de l’Italie antique. Ils occupent le nord de la Campanie entre la Liris et le Vulturne, sur les confins du Samnium. Leur capitale est Teanum Sidicinum, au contact des Aurunces.

[19] L’interroi est un magistrat nommé à titre exceptionnel dans la Rome antique, en cas de vacance du pouvoir, c’est-à-dire après la disparition du roi (selon la tradition légendaire rapportée par Tite-Live) ou des magistrats détenteurs de l’imperium (consul ou tribun militaire à pouvoir consulaire). Sous la République romaine, en cas de vacance du consulat pour cause de mort ou d’abdication des deux consuls ou de troubles ayant retardé l’élection le Sénat décide d’établir un interrègne (interregnum). Il choisit en son sein un patricien comme premier interroi. Celui-ci, chargé de préparer l’élection des nouveaux consuls par les comices centuriates, ne peut les présider, n’ayant pas reçu l’investiture auspicatoire. Le premier interroi en nomme un second qui lui succède. Ayant reçu l’investiture auspicatoire du premier, ce second interroi peut tenir les comices. Les principaux ornements consutaires, dont le siège curule, lui sont accordés. À la suite de Theodor Mommsen, l’interroi est d’ordinaire regardé comme le titulaire d’une magistrature extraordinaire. Mais la qualité de magistrat de l’interroi est discutée.

[20] La devotio était, sous la Rome antique, une forme spéciale de vœu, par lequel il est fait abandon aux dieux infernaux de personnes ou de choses expressément désignées, sans que l’auteur du vœu se charge d’accomplir lui-même la consécration ou sacrifice des personnes et choses « dévouées ».

[21] La bataille de Trifanum ou bataille de Suessa oppose la République romaine alliée aux Samnites, à une coalition formée par les Latins, les Volsques, les Aurunces, les Sidicins et les Campaniens en 340 ou 339 av. jc. Il s’agit de la seule confrontation majeure de la Guerre latine. Les troupes de la coalition latine sont anéanties. Les Latins et Volsques tentent encore de résister quelques années dans le Latium tandis que les Campaniens se soumettent à la domination romaine.

[22] La bataille des Fourches Caudines a opposé les Romains aux Samnites en 321 av. jc au cours de la deuxième guerre samnite. Les Samnites de Caius Pontius, par leurs positions stratégiques, encerclent et capturent une armée romaine entière de 40 000 hommes dirigée par leurs deux consuls.

[23] Le dictateur est, durant la République romaine, un magistrat extraordinaire qui détient les pleins pouvoirs (imperium) pour un mandat qui ne peut, à l’origine, excéder six mois. Selon la tradition, le titre a été institué en 501 av. jc pour répondre à une situation d’urgence militaire, mais un magister populi (littéralement « maître du peuple ») existe déjà sous la Royauté romaine.

[24] Titre porté par les représentants officiels de la Rome antique. Les ambassadeurs étaient des légats du Sénat romain. Sous la République romaine, les consuls, proconsuls, préteurs en campagne pouvaient charger temporairement des légats du commandement de la cavalerie, des réserves ou même d’une légion entière et de plusieurs légions. Sous l’Empire romain, à partir d’Auguste, la fonction de ces légats militaires devint permanente. Désignés par l’empereur, ils le représentaient dans les provinces et les légions. On distingua alors les légats consulaires et les légats prétoriens, qui gouvernaient les provinces « impériales » et exerçaient le pouvoir militaire, et les légats de légion, officiers expérimentés, de rang sénatorial, qui étaient chef d’une légion. Le titre de légat se transmit de l’Empire romain à l’Église catholique

[25] Saticula est le nom d’une ancienne cité samnite, qui faisait partie de la Confédération des cités samnites. Saticula a pris part aux guerres samnites du 4ème siècle av. jc, au cours desquelles elle fut détruite par les Romains qui entendaient se venger de l’humiliation des Fourches Caudines. Son origine pourrait remonter aux migrations des Osques vers le sud de l’Italie (6ème et 5ème siècles av. jc). Elle fut aussi sous l’influence des Étrusques. On pense que l’actuelle ville de Sant’Agata de’ Goti, dans la province de Bénévent, en Campanie est bâtie sur les ruines de Saticula.

[26] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls

[27] Les Èques, sont un peuple italique du nord-est du Latium antique et de l’Apennin central. Ils parlent une langue de la branche ombrienne des langues sabelliques. À partir de la fin du 6ème siècle av. jc et pendant le 5ème siècle av. jc, les Volsques et les Èques, deux peuples liés, envahissent le Latium lors de la migration plus générale des peuples sabelliens qui quittent les Apennins pour s’installer dans les plaines d’Italie. Ils occupent alors la partie supérieure de la vallée de l’Anio, du Tolerus (aujourd’hui le Sacco) et de l’Himella, torrent de l’Aia, dans la province de Rieti. À l’est, les cités latines d’importance les plus proches sont Préneste et Tibur. Au sud, les Herniques occupent la vallée du Tolerus. À l’est, sur l’autre rive de l’Anio, se situent les Marses et enfin, au nord, ce sont les terres sabines.

[28] L’Étrurie était le territoire des Étrusques. Il correspond à l’actuelle Toscane, s’étendant durant la période de son expansion maximum, au-delà de l’Apennin tosco-émilien jusqu’à la plaine du Pô et son embouchure, à Hadria, port antique qui donna son nom à la Mer Adriatique. Au sud, le territoire étrusque s’étendait au-delà de Rome (comprise), jusqu’à Capoue.

[29] Les Marses sont un peuple de l’Italie antique, vivant dans les Apennins, entre la Sabine (Sabins) et le Samnium (Samnites). Ils sont décrits comme de rudes montagnards, qui occupent les sommets autour du lac Fucin. Leurs centres principaux sont Marruvium (San Benedetto dei Marsi), Milionia (près de Pescina) et le Lucus Angitiae (Luco dei Marsi).

[30] Milionia, Plestina et Fresilia…

[31] Le nom de la région est issu de la tribu des Umbri (Ombriens), un peuple qui a fini par être absorbé par l’expansion romaine. Leur langue était l’Ombrien, une des langues italiques. Les Umbri, comme les tribus voisines sont probablement issus de la culture Terramare et de Villanova d’Italie du nord et centrale, et ont pénétré dans le nord-est de l’Italie au début de l’âge du Bronze. Les Étrusques étaient en conflit avec les Umbri, et l’invasion étrusque est passée de la côte ouest vers le Nord et l’est (700 à 500 av. jc), en poussant les Ombriens vers les hautes terres des Apennins. Néanmoins, la population Ombrienne ne semble pas avoir été éradiquée dans les districts conquis. Après la chute des Étrusques, les Umbri ont tenté d’aider les Samnites dans leur lutte contre Rome (308 av. jc) ; toutefois les communications avec le Samnium ont été entravées par la forteresse romaine de Narni et la grande bataille de Sentinum,(295 av. jc). La victoire romaine de Sentinum, commence une période d’intégration sous les souverains romains, qui a mis en place des colonies (Spolète) et construit la via Flaminia (220 av. jc), qui est devenu le principal vecteur de développement romain en Ombrie. Au cours de l’invasion d’ Hannibal de la deuxième guerre punique, la bataille du lac Trasimène a vu les Umbri conserver une certaine neutralité. Pendant la guerre civile romaine entre Marc-Antoine et Octave (40 av. jc), la ville de Pérouse, prise par Antoine fut presque entièrement détruite par ce dernier. Au temps de Pline l’Ancien, 49 communautés indépendantes existent toujours en Ombrie et l’abondance des inscriptions et la forte proportion de recrues dans l’armée impériale atteste de sa population. La région moderne de l’Ombrie, cependant, est très différente de l’Ombrie de l’époque romaine dont l’étendue débutait dans ce qui est maintenant les Marches du Nord, depuis Ravenne, excluait la rive occidentale du Tibre. Pérouse se situait donc en Étrurie, et les environs de Norcia dans le territoire des Sabins. Après l’effondrement de l’Empire romain, les Ostrogoths et les Byzantins ont lutté pour la suprématie dans la région. Les Lombards fondent le duché de Spolète, couvrant la majeure partie de l’Ombrie d’aujourd’hui.

[32] c’est-à-dire leur faculté à venir en aide au citoyen qui en fait la demande

[33] Parfois, un consul décède ou démissionne avant la fin de son mandat de douze mois. Le consul restant rétablit la collégialité par l’élection intermédiaire si le délai restant le permet ou par la désignation directe d’un consul suffectus (du participe passé du verbe sufficere, « remplacer »). Ce consul entre en fonction immédiatement, il a les mêmes privilèges et les mêmes pouvoirs que le consul remplacé mais il n’est en charge que pour la durée du mandat qui reste à couvrir. Enfin, le consul suffect ne donne pas son nom à l’année, à l’inverse du consul dit ordinaire.