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Mālik ibn Anas ou Imam Malik

samedi 28 mars 2020, par ljallamion

Mālik ibn Anas ou Imam Malik (vers 711-795/796)

Théologien et juriste musulman traditionaliste

Mālik ibn Anas ou Imam Malik Théologien et juriste musulman traditionalisteFondateur d’une des 4 écoles juridiques de droit musulman sunnite [1], l’école malékite [2].

Fils de Anas bin Malik et de Aaliyah bint Shurayk al-Azdiyya. Sa famille est originaire du Yémen [3], de la tribu Al-Asbahi. Son arrière grand-père Amir s’installa à Médine [4] après sa conversion à l’islam en l’an deux de l’hégire.

Né à Médine, il connaîtra la transition entre la période des califes omeyyades [5] et celle des abbassides [6]. Cette période d’expansion de l’empire musulman voit apparaître la forte nécessité de juridiction, en particulier dans les nouveaux territoires conquis.

Il commença son Al-Adab [7] auprès de Rabî’ah ibn Abdir Rahman Al-Ra’y [8], qui avait étudié auprès des 7 fuqaha de Médine. Il apprit et mémorisa le Coran très jeune par Abu Suhail an-Nafi’ ibn ’Abd ar-Rahman. Il lui autorisa à enseigner aux autres. Il étudia le hadith [9] avec Ibn Shihab al-Zuhri, qui était le plus grand muhaddith de son temps.

L’imam Malik fut ainsi l’un des trois rapporteurs exceptionnels constituants la chaîne d’or [10] avec son shaykh Nafi’ et le compagnon ’ Abdullâh Ibn ’Umar . Abou Dawoud affirma par ailleurs qu’elle était la chaîne de transmission de hadith la plus sûre, avis également partagé par l’Imâm Al Bukhârî .

Il ne se déplaçait pas beaucoup en dehors de Médine excepté pour le Hajj [11], et se confina donc largement à la connaissance de Médine. D’autres desquels il apprit furent Hisham ibn Urwah et Jafar al Sadiq

Les historiens s’accordent sur le fait qu’il fut impliqué dans le soulèvement en 762 du descendant d’Ali, Muhammad b. Abd Allâh al-Nafs al-Zakiyya, contre le calife abbasside Al-Mansûr. Il ne participa pas activement au soulèvement, mais lorsque Muhammad ben Abd Allâh s’empara de Médine, il rendit avis dans une fatwâ [12] que le serment fait au calife Al-Mansûr pouvait être rompu puisqu’il avait été obtenu sous la contrainte. Que ce soit religieuse ou fausse interprétation tout en respectant les modalités et ulterances du format législatif du fait précis de la fatwa.

Il y avait une loi des Abbassides qui disait que tout homme qui refusait de faire allégeance au califat aurait automatiquement divorcé de sa femme. Malik s’y opposa et dit que cette loi était invalide. Son opposition aux lois califales et son rôle dans le soulèvement des Alides [13] lui valut d’être sévèrement fouetté par l’émir de Médine Dja’far ben Sylaymân en l’an 764, ce qui entraida une déviation de l’épaule qui contribua à accroître sa renommée. On raconte que ses bras étaient devenus incapables de tenir sur sa poitrine ; ceci est une des raisons qu’avancent certains pour sa façon de prier pendant le qiyam. Mais la réalité est autre puisque le Sadl [14] est une sunna pour Mâlik et ses disciples qui fut héritée du Prophète de l’islam et des 4 Califes. Il semble qu’il se soit plus tard réconcilié avec le calife. On raconte que quand Al-Mansur apprit la nouvelle il se rendit à Médine pour présenter ses excuses à l’imam et ajouter qu’il n’avait pas donné un tel ordre au gouverneur. Il dit même par la suite à ce gouverneur de ne pas instaurer de lois sans consulter l’imam Malik.

Il commença sa compilation de hadith à la requête du calife abbasside Abu Ja’far al-Mansoor, qui, selon la légende, voulait un code de lois basé sur la sunna [15] du Messager de Dieu Muhammad qui pourrait être appliqué dans tout le califat. Toujours selon la tradition, l’imam Malik aurait refusé une fois qu’il l’eut terminé arguant que les Sahab [16] s’étaient dispersés dans tout le califat et avaient pris avec eux d’autres actes de la sunna non répertoriés par lui, qui se devaient d’être considérés dans toute loi devant être imposée à tous. Le calife Hâroun ar-Rashîd aurait fait la même requête, en vain.

Selon Al-muwatta [17], livre dont il est l’auteur, l’imam Malik était grand de taille, robuste, au teint clair, des cheveux blonds avec une barbe importante, chauve et des yeux bleus.

L’imam mourut en 796 à l’âge de 85 ans à Médine après une courte maladie. Il fut enterré au cimetière Al-Baqî [18] de Médine, la prière funéraire [19] fut prononcée à cette occasion par le gouverneur ’Abd Allâh ben Zaynab. Son tombeau fut surmonté d’une kubba [20]. Cette coupole sera détruite plus tard par les saoudiens en 1802 en raison de l’interdiction, rapportée par plusieurs récits prophétiques, de construire sur les tombes, enfin d’éviter toutes formes de polythéisme.

Il considèrait que les exemples de législation coutumière en cours à Médine du temps de Mahomet sont des sources de droit musulman à codifier et systématiser

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Mālik ibn Anas/ Portail de l’islam/ Catégories : Compilateur de hadiths/ Imam

Notes

[1] Le sunnisme est un courant religieux majoritaire de l’islam. 90 % des musulmans sont sunnites. Il est souvent apparenté à une vision orthodoxe de l’islam. Constituant l’une des trois grandes divisions de l’islam, les sunnites sont désignés en arabe comme les gens de la « sunna » et de la majorité religieuse (ahl al-sunna wa’l-djama‘a). Par opposition aux chiites et aux kharidjites, on les appelle parfois « musulmans orthodoxes ». Ce qui distingue les courants de l’islam est principalement l’interprétation de la religion.

[2] Le malikisme ou malékisme est l’une des quatre madhhab, écoles classiques du droit musulman sunnite. Il est fondé sur l’enseignement de l’imam Mālik ibn Anas, théologien et législateur qui naquit à Médine. Cette école est majoritaire en Afrique du Nord et Afrique de l’Ouest ; on la retrouve par ailleurs en Égypte, au Soudan et dans certains pays du golfe Persique (Koweït, Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn). Suivie par environ 20 % des musulmans, c’est la troisième école en nombre de pratiquants ; en France, elle est la première.

[3] Le Yémen est l’un des plus anciens centres de civilisation du Moyen-Orient, dans l’antiquité le pays était un territoire du Royaume de Saba. Le royaume de Saba est un royaume habituellement situé en Arabie du sud, actuel Érythrée, Yémen et nord de Éthiopie. Ce royaume, évoqué par la Bible et le Coran, a bel et bien existé, mais il est difficile de séparer le mythe de l’histoire. Ses habitants s’appellent les sabéens. Les sources suggèrent une existence bien postérieure à la période biblique du règne de Salomon.

[4] Médine est une ville d’Arabie saoudite, capitale de la province de Médine, située dans le Hedjaz. C’est là que vint s’installer en 622 à l’hégire le prophète de l’islam, Mahomet, après qu’il eut, selon le Coran, reçu l’ordre de Dieu de quitter La Mecque, ville distante de plus de 430 km. C’est aussi là qu’il mourut et fut enterré en 632. La ville abrite son tombeau dans la Masjid An Nabawi (mosquée du Prophète) ainsi que les premiers califes Abou Bakr et Omar, les autres personnes importantes de l’islam restant au cimetière Al-Baqi.

[5] Les Omeyyades, ou Umayyades sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre Umayya ibn Abd Shams, grand-oncle de Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Quraych, qui domine La Mecque au temps de Mahomet. À la suite de la guerre civile ayant opposé principalement Muʿāwiyah ibn ʾAbī Sufyān, gouverneur de Syrie, au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, et après l’assassinat de ce dernier, Muʿāwiyah fonde le Califat omeyyade en prenant Damas comme capitale, faisant de la Syrie la base d’un Califat qui fait suite au Califat bien guidé et qui devient, au fil des conquêtes, le plus grand État musulman de l’Histoire.

[6] Les Abbassides sont une dynastie arabe musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d’un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750. Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n’exercer qu’un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au 10ème siècle, puis des Seldjoukides au 11ème siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une branche de la famille s’installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu’à la conquête de l’Égypte par l’Empire ottoman, en 1517.

[7] apprentissage

[8] Le terme ra’y désigne en droit (fiqh) musulman, l’opinion personnelle du juge. Le juge choisit soit la solution qui lui semble la meilleure lorsqu’aucune indication n’a été fournie par les quatre premières sources (Coran, sunna, idjma, qiyas), soit celle qui répond au principe d’utilité générale. Seules les écoles hanafite et mutazilite admettent le principe du ra’y comme principe de droit.

[9] Un hadith ou hadîth est une communication orale du prophète de l’islam Mahomet et, par extension, un recueil qui comprend l’ensemble des traditions relatives aux actes et aux paroles de Mahomet et de ses compagnons, précédées chacune d’une chaîne de transmetteurs remontant jusqu’à Mahomet. Considérés comme des principes de gouvernance personnelle et collective pour certains courants musulmans, ils sont aussi désignés sous le nom de « la tradition du Prophète ».

[10] silsilat udh dhahâbiyyah

[11] pèlerinage à La Mecque

[12] Une fatwa, est, dans l’islam, un avis juridique donné par un spécialiste de la loi islamique sur une question particulière. En règle générale, une fatwa est émise à la demande d’un individu ou d’un juge pour régler un problème sur lequel la jurisprudence islamique n’est pas claire. Un spécialiste pouvant donner des fatwas est appelé un mufti. Une fatwa n’est pas forcément une condamnation. Il s’agit d’un avis religieux pouvant porter sur des domaines variés : les règles fiscales, les pratiques rituelles ou encore l’alimentation.

[13] descendants d’Ali

[14] prier avec les mains le long du corps dans le qiyam

[15] La sunna, selon le Coran, englobe les règles ou « lois » de Dieu qui auraient été prescrites à tous les prophètes, y compris le prophète de l’Islam, Mahomet.

[16] compagnons du Prophète

[17] Le Muwaṭṭa est une des premières rédactions de la loi musulmane, compilée et éditée par Imam Malik. Il est considéré comme la plus ancienne source existante des Hadiths, les traditions de Mahomet qui constituent la base de la jurisprudence de l’islam en plus du Coran. Néanmoins il ne s’agit pas à proprement parler d’un recueil de hadiths ; bon nombre des préceptes juridiques qu’il contient ne sont pas du tout basés sur les hadiths. Le livre rassemble les rituels, les rites, les coutumes, les traditions, les règles et les lois de l’époque de Mahomet. Une grande partie du livre porte sur des domaines qui ne sont pas strictement « juridiques » dans le sens occidental du terme, comme le Hajj (pèlerinage), le sacrifice, les relations, etc. Au-delà de la loi il présente donc une utilité, pour l’étude historique de la Sociologie du monde Arabe, par exemple.

[18] Al-Baqî` souvent appelé Janna al-Baqî`, désigne le cimetière situé à Médine à l’angle sud-est de la mosquée du Prophète, le terme Al-Baqî` (parfois translittéré Bakhiah ?) était utilisé pour plusieurs lieux semblables à Médine : Baqî` al-Zubair, Baqî` al-Khail, et d’autres ; Celui-ci s’appelle Al-Baqî` al-Gharqad. Gharqad est le nom arabe du Lycium shawii un arbuste épineux qui poussait à cet endroit.

[19] janâzah

[20] coupole