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Niall mac Áeda Glúndub Ui Neill dit Niall Glúndub

samedi 29 février 2020, par ljallamion

Niall mac Áeda Glúndub Ui Neill dit Niall Glúndub (870-919)

Roi d’Ailech et Ard ri Érenn de 916 à 919

Les ard rí étaient traditionnellement intronisés sur la colline de Tara. La Lia Fáil (photo) était supposée crier le nom du roi légitime lorsque celui-ci posait son pied sur elle.Issu du Cenél nEógain [1], son bref règne de seulement 3 ans comme Haut-Roi [2] est l’aboutissement d’une longue suite de succès militaires. Après sa mort héroïque au combat, il atteint une renommée littéraire à travers des poèmes déplorant sa disparition dont certains sont attribués à sa seconde épouse.

Fils de l’Ard ri Érenn [3] Áed Findliath et de Maelmuire fille de Kenneth mac Alpin dit Kenneth Ier , roi des Pictes [4] et des Scots [5] de Dal Riada [6]

Niall devient roi d’Ailech [7] en 896 et pendant plusieurs années il partage le pouvoir avec son demi-frère Domnall mac Áeda .

Il apparaît pour la première fois dans les chroniques d’Irlande en 905 alors qu’il se prépare à affronter son frère Domnall mac Áeda dans un duel qui est annulé à la suite de l’intervention de leur famille. Une nouvelle querelle intervient entre les deux frères mais le différend est réglé en 908 ; ils commandent une expédition alliés avec les hommes d’Ulster [8] dans le royaume de Mide [9] contre les membres d’une autre puissante dynastie d’Uí Néill, celle du Clan Cholmáin [10], centre du pouvoir de l’Ard ri Érenn Flann Sinna mac Mael Sechlainn, au cours de laquelle Niall incendie le site cérémonial de Tlachtga [11].

Áed mac Mal Patraic Uí Fhiachrach trouve la mort au cours de cette expédition. En 912, il fait exécuter rituellement par noyade un prince sujet Cernachán mac Duilgen d’Airthir, pour avoir violé la loi de l’église d’Armagh [12] en faisant exécuter un homme qui était sous la protection du sanctuaire.

Domnall mac Áeda, le frère de Niall, se retire dans la vie religieuse en 911 avant de mourir en 915. Et jusqu’à son élévation au titre d’Ard ri Erenn en 916, Niall se prépare à assumer la souveraineté sur l’Irlande.

En 913, il envahit le Connacht [13] et défait deux royaux vassaux dans le comté de Mayo [14], ceux des Uí Amalgada et d’Umall. L’année suivante, il se tourne vers l’est et effectue des raids sur les royaumes de la côte ; il défait le Dál nAraidi [15] à Ravel Water dans le comté d’Antrim [16] ainsi que son voisin du sud l’Ulaid [17], à Carncary. Les motifs de ses expéditions sont politiques plus que purement matériels ; il semble que le 1er novembre, le roi Áed mac Eóchacáin d’Ulaid se soumet à Niall, à Tullyhogue [18], dans le comté de Tyrone [19].

Niall poursuit ces succès en décembre en établissant un camp à Giellach Eilte afin de pouvoir effectuer des raids dans le royaume de Mide. Il revient en Mide l’année suivante pour une raison inhabituelle. Le dynaste du Clan Cholmáin [20] et Ard ri Erenn Flann Sinna mac Máele Sechnaill, sollicite l’assistance de Niall afin de combattre une rébellion menée par ses propres fils Donnchad et Conchobar. Flann était le beau-père de Niall, c’est-à-dire le second mari de sa mère, Máel Muire. Niall s’exécute et les fils révoltés doivent rapidement rentrer dans l’obéissance.

Le vieil Ard ri Erenn approchait de sa fin. Après sa mort le 25 mai 916, Niall est proclamé Ard ri Erenn et il succède à Flann Sinna comme roi de Tara [21] en vertu de la tradition d’alternance entre les Ui Neill du sud et du nord. En témoignage de sa nouvelle autorité, il préside la foire de Tailtiu [22], une fête qui n’avait pas été célébrée depuis de nombreuses années.

Pendant son bref règne comme Ard ri Erenn, Niall doit affronter un nouvel ennemi : un groupe de Vikings connu sous le nom de Uí Ímair [23].

Au cours du début de l’été 917, sous la conduite de Ragnall Uí Ímair , ils font un raid contre le Munster [24]. Pendant tout l’été de 917, Niall conduit son armée vers le sud. Il établit son camp à Tobar Glethrach, en Mag Femin près de Clonmel [25], et combat contre les Vikings, du matin au coucher du soleil le 22 août. Niall est victorieux, toutefois les Hommes du Leinster qui avaient attaqué les Vikings dans leur établissement de Cenn Fuait, sont défaits à Glynn ; Ugaire mac Allill roi de Leinster [26] et son évêque périrent dans le combat et les Étrangers, comme les nomment les chroniques d’Irlande, peuvent se réimplanter à Dublin.

Pendant plusieurs mois, Niall reste dans le sud et mène compagne contre les Vikings. En 918, il combat Sigtryggr Caoch, le futur roi de Northumbrie [27]. Mais en 919, il décide d’en finir avec les Vikings. À la tête de ses troupes, il les attaque à l’extérieur de Dublin, à Kilmashogue [28] près de l’actuel Islandbridge à Dublin. Les Vikings s’étaient alliés pour l’occasion avec les hommes du Leinster, et la bataille du 14 septembre est un complet désastre pour les armées des Irlandais du nord. Niall est tué avec ses principaux lieutenants.

Niall est inhumé à Kells [29].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jean Renaud Les Vikings et les Celtes Ouest-France Université Rennes (1992) (ISBN 2737309018).

Notes

[1] Cenél nEógain est le nom des descendants d’Eoghan mac Néill, le fils de Niall Noígiallach ancêtre des Uí Néill., qui fonda au 5ème siècle en Ulster le royaume d’Ailech. Ce royaume s’étendait approximativement sur l’actuel comté de Tyrone, et sur certaines parties des comtés de Londonderry, de Donegal, de Fermanagh, de Monaghan et d’Armagh. En 1020, les Cenél nEógain furent pourchassés par le haut-roi Mael Seachlainn II Mór à travers le Sliab Fuait

[2] La souveraineté suprême de l’Irlande est une construction littéraire du Moyen Âge. La liste conventionnelle des individus ayant porté le titre de ard rí Érenn (« haut-roi d’Irlande » ou « roi suprême d’Irlande ») emprunte autant à la mythologie et à la légende qu’à l’histoire.

[3] Le Ard rí Érenn désigne, dans la mythologie celtique et l’histoire médiévale de l’Irlande, le souverain qui règne sur la totalité de l’île. Ard rí signifie « roi suprême » et « Érenn » provient de la déesse Ériu, véritable personnification du pays

[4] Les Pictes étaient un peuple établi principalement dans les Lowlands de l’Écosse. Les migrations Pictes s’installent entre les différentes vagues de migrations goïdeliques (gaëliques) et gallo-britonniques. Leurs ancêtres seraient venus du continent à la fin de la préhistoire, peut-être au cours du 1er millénaire avant jc. Leur première mention est due à l’orateur breton Eumenius, en 297, ce dernier les cite aux côtés des Hibernii (les Irlandais) comme ennemis des Bretons.

[5] Les Scots sont un peuple celte originaire de l’est de l’Irlande qui commença à s’établir dans l’île de Bretagne entre les rivières Clyde et Solway aux 3ème et 4ème siècles de l’ère chrétienne. L’Écosse actuelle leur doit son nom (Scotland). Les premiers Scots affrontèrent les Britto-romains lors de raids qui se transformèrent en établissements durables, profitant sans doute d’un dépeuplement précoce des régions où ils effectuaient leur piraterie. Peu avant 500, ces Scots s’établirent sur les côtes du Devon et du pays de Galles, mais ils n’y établirent pas d’ensembles politiques durables. On leur doit toutefois l’introduction de l’écriture oghamique sur l’île. Plus au nord, les Scots devinrent dans un premier temps les voisins immédiats et les rivaux occidentaux des Pictes, les anciens habitants de la Calédonie. Cette région, qui n’avait jamais été conquise par Rome, passa progressivement sous leur contrôle du 6ème au 9ème siècle. Dès le 6ème siècle, les Scots durent cependant résister aux Anglo-Saxons, établis durablement au sud du Forth avant 500, contrairement aux Bretons, les Scots nouèrent de nombreux contacts avec ces nouveaux venus, surtout à l’est avec le royaume septentrional de Northumbrie. Au 7ème siècle, les Scots chrétiens jouèrent en particulier un rôle important dans l’évangélisation des Anglo-Saxons, rôle qui fut ensuite éclipsé par Rome.

[6] Le Dal Riada était un royaume scot situé sur la côte nord-est de l’Irlande et la côte ouest de l’Écosse.

[7] Les rois d’Ailech étaient les descendants de Eógan, c’est-à-dire les Cenél nEógain, et appartenaient ainsi à une branche des Uí Néill. Après la destruction d’Ailech dans le comté de Donegal par Muircheartach Ua Briain en 1101, ou peut-être même à partir de 1050, les rois d’Ailech furent reconnus à Tuloch-Og dans le comté de Tyrone Les Mac Lochlainn transfèrent ensuite le lieu de leur intronisation à Derry alors que leurs rivaux les O’Neill demeurent à Tuloch-Og.

[8] L’Ulster est l’une des quatre provinces historiques de l’île d’Irlande. La principale ville de la province d’Ulster est Belfast.

[9] Mide, est le nom d’un royaume irlandais médiéval. Son nom signifiait « Milieu », du fait qu’il se trouvait au centre de l’Irlande. Le royaume de Mide incluait l’actuel comté de Meath dont le nom reprend celui du royaume, mais également le Comté de Westmeath et des parties des modernes comtés de Cavan, Dublin, Kildare, Longford, Louth et enfin Offaly.

[10] Le Clan Cholmáin est le nom de la descendance de Colmán Már mac Diarmato, fils de Diarmait mac Cerbaill. C’est une branche méridionale des Uí Néill. Le clan compte en son sein de nombreux Rois de Mide (Meath). Au 10ème siècle et 11ème siècle leurs successeurs les Uí Máelshechlainn étaient établis à Dun na Sciath près du Lough Ennell ou à Cro-inis sur le lac lui-même

[11] c’est-à-dire la colline de Ward dans le comté de Meath

[12] Armagh est une ville d’Irlande du Nord au Royaume-Uni, le chef-lieu de l’ancien Comté d’Armagh et du District d’Armagh, qui ne recouvre que le tiers central du comté. Les ruines du fort de Navan, adjacentes à la ville, étaient autrefois la capitale de l’Ulster, connue sous le nom irlandais de Eamhain Mhacha.

[13] Connacht ou Connaught est une province de la République d’Irlande située à l’ouest sur la côte atlantique. La province comprend les cinq comtés de Galway, Leitrim, Mayo, Roscommon et Sligo. Après la première intervention des barons anglo-normands en Irlande Guillaume du Bourg reçoit vraisemblablement le titre de « seigneur de Connaught » mais il ne peut pas prendre possession de son domaine qui demeure entre les mains des Uí Conchobair jusqu’en 1224/1235. À cette date Richard Mor de Burgh se prévalant des droits de son père réclame l’investiture sur le Connacht. Il reçoit l’appui de son parent Hubert de Burgh qui est « Justicier d’Irlande » et qui l’autorise à effectuer une levée féodale parmi les barons normands pour conquérir le Connacht à partir de 1227. Après avoir vaincu Felim mac Cathal Crobderg Ua Conchobair roi de Connacht issu des Uí Conchobair qui ne conserve plus comme vassal du roi d’Angleterre que cinq cantons de son ancien royaume Richard de Burgh se proclama seigneur de Connaught en 1235.

[14] Le comté de Mayo est un comté situé sur la côte ouest de l’Irlande dans la province du Connacht, à la frontière des comtés de Sligo, Galway, et Roscommon.

[15] Dál nAraidi ou Dál Araide est un royaume Cruithnes ou peut-être une confédération de tribus Cruthines, du Nord-Est de l’Irlande pendant le Moyen Âge. Il est une patrie du royaume provincial d’Ulaid, et ses souverains luttent contre ceux du Dál Fiatach pour la suzerainté de la province. Lors de sa plus grande expansion les frontières du Dál nAraidi correspondaient à peu près à celle de Comté d’Antrim, et semblaient à celles des Robogdii de la Géographie de Claude Ptolémée , une région partager avec le Dál Riata. Leurs capitale était établie à Ráth Mór dans les environ d’Antrim, et leur fondateur éponyme était Fiachu Araide.

[16] Le Comté d’Antrim est un des six comtés qui forment l’Irlande du Nord. Il est le neuvième plus grand comté traditionnel irlandais en termes de superficie et le deuxième comté le plus peuplé après le comté de Dublin. C’est le comté le plus septentrional de la province d’Ulster. Les villes principales sont Antrim, Ballymena, Ballymoney, Carrickfergus, Larne, Lisburn et Portrush. Belfast, et Ballyclare se situe à cheval sur deux comtés (le Comté d’Antrim et le Comté de Down).

[17] Les Ulaid étaient un peuple du nord-est de l’Irlande primitive, qui donna son nom à la province moderne d’Ulster.

[18] Tullyhogue est un petit village dans le comté de Tyrone, en Irlande du Nord, à 3 km au sud de Cookstown. Tullyhogue Fort était le lieu où étaient couronnés les rois d’Ulster jusqu’à la fuite des comtes de 1607.

[19] Le comté de Tyrone est le deuxième plus grand des neuf comtés d’Ulster et le plus grand des six comtés d’Irlande du Nord. Historiquement Tyrone s’étirait au nord jusqu’au Lough Foyle, et à l’est jusqu’au fleuve Foyle situé maintenant dans le comté moderne de Londonderry. Tyrone était le bastion traditionnel des différents clans O’Neill, qui font partie des plus importantes familles irlandaises gaéliques.

[20] Le Clan Cholmáin est une branche méridionale des Uí Néill. Il est constitué par la descendance de Colmán Már mac Diarmato, fils de Diarmait mac Cerbaill.

[21] Tara est un site archéologique d’Irlande dans le comté de Meath. Dans la mythologie celtique irlandaise, Tara est la capitale mythique de l’Irlande, située dans la cinquième province de Mide, dans le centre du pays : c’est la colline des rois. Le récit Suidigud Tellach Temra (« Fondation du domaine de Tara ») expose la suprématie de la ville sur le reste de l’île. Elle voisine d’autres sites archéologiques majeurs, dont Brú na Bóinne.

[22] moderne Teltown

[23] c’est-à-dire le « descendants d’Ivar », qui étaient actifs en Irlande et dans le nord de la Grande-Bretagne depuis qu’ils avaient été expulsés du royaume de Dublin en 902

[24] Situé dans le sud-ouest de l’île, le Munster, est l’une des quatre provinces d’Irlande. Il comprend six comtés. Au début du Moyen Âge, la plus grande partie de la province actuelle faisait partie du Royaume de Munster, dirigé par Eóganachta, qui succeda aux Dáirine et Corcu Loígde à partir du 7ème siècle. Les trois couronnes du drapeau de Munster ressemblent à celles du drapeau de Dublin et du blason de sudédois, elles représentent les trois royaumes issus de la séparation de la province au 12ème siècle : Thomond (nord), Desmond (sud), et Ormond (est). Ces derniers royaumes furent eux-mêmes absorbés par renonciation et restitution dans le Pairage d’Irlande comme comtés. Ces noms n’existent plus qu’indirectement aujourd’hui, en particulier pour le comté de Thomond.

[25] Clonmel est une ville du comté de Tipperary en Irlande. Bien que la plus grande partie de son territoire se trouve dans le comté de Waterford, Clonmel est le siège administratif du comté de Tipperary (sud). La ville est traversée par la rivière Suir et se situe dans sa vallée. Elle est environnée de basses montagnes et de collines : Comeragh Mountains au sud, et Slievenamon vers l’est.

[26] Les rois de Leinster, gouvernèrent la province irlandaise de Leinster jusqu’en 1632

[27] La Northumbrie est un royaume médiéval situé dans le nord de l’actuelle Angleterre et constituait l’un des principaux royaumes de l’Heptarchie. Sa notoriété est surtout liée à son rôle dans la propagation du christianisme nicéen dans l’île et à la constitution d’un centre culturel d’importance européenne avec l’archevêché d’York. Le nom de Northumbria désigne à l’origine les terres envahies par les Angles au 6ème siècle situées au nord de la rivière Humber. La Northumbrie en tant que royaume se constitue au début du 7ème siècle par l’union de deux autres entités Angles : celle de Bernicie (Bernicia) au nord et celle de Deirie (Deira) au sud.

[28] Kilmashogue ou Kilmashoge est une montagne du comté de Dún Laoghaire en Irlande. Il mesure 408 mètres et fait partie du groupe de collines des montagnes de Dublin, comprenant les montagnes Two Rock, Three Rock, Kilmashogue et Tibradden.

[29] Kells est une localité irlandaise située dans le comté de Meath. La ville a un riche passé historique : l’abbaye de Kells et sa tour sont associées à saint Colomba et au Livre de Kells, aujourd’hui conservé au Trinity College de Dublin.