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William Adams (Navigateur anglais)

vendredi 10 janvier 2020, par ljallamion

William Adams (Navigateur anglais) (1564-1620)

Le comptoir de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales à Hirado, dont on dit qu'il était bien plus grand que celui des Anglais. Gravure du 17ème siècle.Il vécu au Japon [1] où il est devenu samouraï [2]. On pense que c’est le premier Britannique qui alla au Japon.

Il naît à Gillingham [3], dans le Kent [4], en Angleterre. Après la mort de son père alors qu’il n’a que 12 ans, il devient apprenti de maître Nicholas Diggins, propriétaire des chantiers navals de Limehouse [5]. Il passe les douze années suivantes à apprendre la construction navale, l’astronomie et la navigation après être entré dans la marine anglaise.

Après avoir servi dans la Royal Navy [6] sous les ordres de Sir Francis Drake, Adams devient pilote pour la compagnie “Barbary Merchants”. Durant son service, il prend part à une expédition de 2 ans dans l’Arctique à la recherche d’un passage du Nord-Est le long de la côte de Sibérie vers l’Extrême-Orient.

Il épouse Mary Hyn en 1588 à l’église de Saint-Dunstan dans la paroisse de Stepney, près de la Tour de Londres [7].

Attiré par le commerce des Pays-Bas avec l’Inde, Adams rejoint à 34 ans la Rotterdamse Compagnie [8] et devient maître-pilote d’une flotte de 5 navires envoyés depuis le Texel [9] vers l’Extrême-Orient [10] en 1598.

Adams part de Rotterdam [11] en juin 1598 sur le Hoop et rejoint le reste de la flotte [12] le 24 juin.

Les commanditaires de l’expédition, en lui faisant suivre la voie passant par le détroit de Magellan [13] et l’Océan Pacifique, ont donné corps aux rumeurs prétendant que le véritable but de l’expédition était le pillage des richesses des Espagnols en Amérique.

Le commandant en second de la flotte, Simon de Cordes, avait attiré les marins en leur promettant qu’ils seraient pourvus de toutes les provisions nécessaires. Il tient parole au début du voyage, si bien que moins de 2 mois après le départ, les côtes de l’Afrique en vue, et malgré une politique de restriction appliquée au bout de quelques semaines, les provisions restant dans la cale sont devenues très insuffisantes.

Adams, passé entre-temps sur le Liefde [14], veut s’arrêter quelque part au long des côtes africaines afin de se procurer l’eau, les fruits et le sel nécessaires au reste du voyage, mais les forts tenus par les Portugais rendent l’opération très dangereuse.

Les navires, sont conduits d’abord au Cap-Vert [15], tenu par les Portugais, qui refusent de leur fournir de l’eau et des vivres tant que le gouverneur, absent à ce moment, leur en donne l’ordre.

Van Beuningen, le capitaine du Liefde, furieux, décide de prendre d’assaut l’île de Praia [16]. Avec l’assentiment de ses collègues, il fait débarquer 150 soldats pour s’emparer du fort. Celui-ci, situé sur un piton rocheux, est très difficile d’accès, et quelques hommes pourraient le défendre contre un millier.

Pourtant, les Portugais s’enfuient après seulement une dizaine de tirs de mousquets de la part des Hollandais. Ceux-ci, après être rentrés triomphalement dans le château, se retrouvent barricadés au sommet du piton rocheux, mais toujours sans vivres, et doivent démonter leurs barricades et leur canon et rentrer dépités au navire. Le gouverneur portugais, mis au courant de l’assaut, ordonne aux Hollandais de quitter le Cap-Vert sur-le-champ.

Le 22 septembre, Jacques Mahu , le commandant de la flotte, décède à cause de la fièvre, ce qui porte un terrible coup aux capitaines comme aux marins. Le vice-commandant Simon de Cordes lui succède, et Gerrit van Beuningen est nommé vice-commandant à la place de celui-ci.

Sur la côte de Guinée [17], les aventuriers, obligés de se ravitailler d’une façon ou d’une autre, décident de faire halte sur l’île d’Annobón [18]. Ils choisissent pour l’atteindre de prendre la voie la plus longue, longeant la côte africaine jusqu’au cap Lopez [19], dans l’espoir de pouvoir se ravitailler en eau douce quelque part sur la côte. Malheureusement, le mauvais temps empêche de mettre pied à terre avant le cap Lopez. À cet endroit, ils débarquent, et le capitaine du Geloof, Sebald de Veert , est envoyé prendre contact avec le chef de la tribu locale, qui a pour réputation d’être accueillante. Les négociations n’aboutiront pas la région ne possédant pas les quantités de vivres nécessaires au ravitaillement des 5 navires, et de plus le climat insalubre tue 16 marins. La flotte repart pour Annobón, qui grouille de soldats portugais, et où les quelques raids nocturnes effectués ne permettent pas de ramener la quantité de nourriture nécessaire.

Le 2 janvier 1599, la flotte repart, mais un fort coup de vent casse en trois le grand mât du Geloof, qui est pris en remorque par le Liefde le temps qu’un nouveau mât soit fabriqué par les charpentiers.

Malheureusement, à ce moment la flotte arrive dans le pot au noir  [20] et doit encore restreindre les rations. Lorsque le vent reprend, les navires atteignent l’Atlantique sud, où le froid hivernal cause quelques décès supplémentaires.

Vers la fin mars 1599, les navires arrivent en vue de la côte de ce qui est aujourd’hui l’Argentine.

Poussés par un fort vent du nord, les navires continuent vers le sud sans toucher terre, les capitaines voulant en effet se mettre au plus tôt à l’abri du détroit de Magellan. Si la traversée de celui-ci, constellé de hauts-fonds et de récifs est un vrai défi pour des navigateurs de l’époque, le détroit fournit à la flotte un havre les abritant temporairement des neiges hivernales.

Adams, à qui incombe en tant que pilote la tâche de guider les navires au travers du détroit, veut franchir immédiatement celui-ci, avant que le froid ne le bloque en solidifiant les eaux. Cependant, les vivres manquent toujours et la présence de colonies de manchots constitue une tentation irrésistible pour les marins affamés, qui en assomment plus de 1400 en l’espace de quelques minutes seulement. Le temps est très mauvais, et la flotte est prise dans le brouillard, et plusieurs bateaux perdent des ancres. La flotte progressait lentement et les vivres manquent à nouveau, ainsi que le bois de chauffage.

En mai, les marins font leur première rencontre avec les habitants de Patagonie [21], notant avec ahurissement qu’ils mesurent dix ou douze pieds de haut. Au cours des semaines suivantes ont lieu plusieurs affrontements entre les explorateurs bloqués par le froid et les sauvages. Les navires peuvent enfin reprendre leur route début septembre et atteignent l’océan Pacifique quelques jours plus tard. À peine arrivés sur l’océan, une grande tempête disperse la flotte. Adams mène le Liefde aux abords de l’île de Santa Maria, au large du Chili, où il rejoint le navire amiral (le Hoop) qui les y attendait.

Avant que le Liefde et le Hoop se rejoignent, leurs capitaines meurent tous deux, tués dans des embuscades des Amérindiens alors qu’ils tentaient de négocier avec ceux-ci pour obtenir des vivres. De nombreux marins perdent également la vie dans ces affrontements, dont le propre frère de William, Thomas Adams. Le réapprovisionnement ne sera effectué qu’une fois que les deux navires se soient retrouvés, les aventuriers ayant pris en otage les officiels espagnols venus visiter le Liefde et ne les ayant relâchés qu’après avoir reçu une grande quantité de vivres.

Craignant les Espagnols, l’équipage survivant choisit de traverser l’Océan Pacifique. Les navires repartent en direction du Japon en novembre 1599, mais le Hoop ne l’atteindra jamais. Il disparaît en effet corps et biens dans un typhon survenant peu après avoir dépassé un groupe d’îles, où 8 hommes désertent en volant une chaloupe.

Lorsque le 12 avril 1600 le navire arrive enfin en vue de l’île de Kyūshū [22], au Japon, aucun des 24 marins survivants n’est capable de mettre une chaloupe à l’eau.

Quand le Liefde accoste le 19 avril 1600 au large de Bungo [23], seuls 9 des 24 membres restants de l’équipage sont en état de se lever. Les prêtres jésuites portugais présents au Japon prétendent alors que le navire d’Adams est un vaisseau pirate, et que l’équipage doit à ce titre être crucifié. Le navire est saisi, et l’équipage malade est emprisonné au château d’Osaka [24] sur ordre de Ieyasu Tokugawa , daimyō [25] de Mikawa [26] qui deviendra shogun [27] en 1603.

Adams rencontre Ieyasu à Osaka trois fois entre mai et juin 1600. Il est interrogé par Ieyasu, devenu protecteur du jeune fils du Taiko [28] Hideyoshi Toyotomi , qui vient alors de mourir. La connaissance d’Adams en navires et construction navale, et sa notion nautique des mathématiques plaisent à Ieyasu.

En 1604, Ieyasu ordonne à Adams et à ses compagnons de construire un navire de style occidental à Itō [29], sur la côte est de la péninsule d’Izu. Après qu’un premier vaisseau de 80 tonneaux fut construit, le Shogun ordonne la construction d’un plus gros, de 120 tonneaux, devant être construit l’année suivante

À la suite de la construction, Ieyasu dit à Adams qu’il l’invite à visiter le palais quand il le voudra. D’autres survivants du Liefde furent aussi récompensés avec des faveurs et même autorisés à poursuivre le commerce étranger.

Bien qu’Adams ne puisse pas recevoir la permission pour lui-même de quitter le Japon, il obtient que le capitaine du Liefde, Jacob Quaeckernaeck, et le trésorier Melchior van Santvoort puissent repartir en 1604 sur un Shuinsen [30] pour se rendre à Pattani [31] en Asie du Sud-Est [32]. Plus tard, van Santvoort et Jan Joosten van Lodensteijn , un autre membre de l’équipage du Liefde, feront fortune dans le commerce entre le Japon et l’Asie du Sud-Est.

Le Shogun prend Adams en affection, et fait de lui un diplomate et conseiller commercial révéré et lui accorde de grands privilèges. Pour finir, Adams devient son conseiller personnel pour les choses concernant l’occident, et après quelques années il remplace le Jésuite João Rodrigues dit Giram en tant qu’interprète officiel.

Adams a une femme et des enfants en Angleterre, mais Ieyasu lui interdit de quitter le Japon. Il lui est donné deux sabres représentant le titre de Samouraï. Le shogun décrète que William Adams le navigateur est mort et que Miura Anjin, le samouraï est né. Cela fait de la femme d’Adams une veuve, et "libère" Adams pour lui permettre de le servir de manière permanente. Adams reçoit aussi le titre de hatamoto [33]. Il reçoit aussi d’importants revenus, ainsi qu’un fief de 250 koku, à Hemi [34]. Le domaine d’Adams est situé près du port d’Uraga [35], le point d’entrée traditionnel dans la baie d’Edo [36], où il est signalé pour avoir fait du commerce avec des navires étrangers. John Saris rapporte que quand il a visité Edo en 1613, Adams est en possession des droits de revente d’un cargo espagnol à l’ancre dans la baie d’Uraga.

La position d’Adams lui permet d’épouser Oyuki, la fille de Kegeyu Magome, un noble samouraï et personnage officiel du château d’Edo. Anjin et Oyuki auront un fils, Joseph, et une fille, Susanna.

L’ancien navigateur, cependant, a du mal à rester en place et se retrouve constamment sur la route. Au début, c’est dans une vaine tentative pour organiser une nouvelle expédition à la recherche du passage arctique qu’il avait précédemment raté.

En 1611, il entend parler d’une colonie anglaise à Bantam [37], en Indonésie [38] et leur envoie une lettre leur demandant d’envoyer de ses nouvelles à sa famille et ses amis en Angleterre, et les incitant à engager des relations commerciales avec le Japon, où il signale que les Hollandais s’enrichissent beaucoup.

En 1613, le capitaine John Saris arrive à Hirado [39] sur le “Clove”, avec pour but l’établissement d’une factorerie [40] pour le compte de la Compagnie anglaise des Indes orientales L’admiration d’Adams pour le Japon et son adoption des manières japonaises provoquent la colère de Saris

À Hirato, Adams refuse de rester dans les quartiers anglais et réside à la place chez un magistrat japonais local. Les Anglais notent également qu’il porte des vêtements japonais et qu’il parle japonais couramment. Adams estime que la cargaison du Clove n’a que peu de valeur, consistant essentiellement en drap, étain et clou de girofle acquis dans les Îles de l’Épice [41], disant que « ces choses qu’il a apportées n’étaient pas très vendables ».

Adams voyage avec Saris à Shizuoka [42], où ils rencontrent Ieyasu dans sa résidence principale en septembre, puis continuent à Kamakura [43], où ils visitent le célèbre Bouddha [44] puis à Edo, où ils rencontrent le fils d’Ieyasu, Hidetada Tokugawa . Celui-ci donne à Saris deux armures vernies pour le roi Jacques 1er d’Angleterre, que l’on peut voir aujourd’hui à la Tour de Londres.

Sur le chemin du retour, ils rendent de nouveau visite à Ieyasu, qui confère des privilèges commerciaux aux Anglais, leur donnant licence libre de demeurer, acheter, vendre et échanger au Japon. Ils retournent à Hirado le 9 octobre 1613.

À cette occasion, Adams demande, et obtient, l’autorisation d’Ieyasu pour retourner sur sa terre natale. Cependant, il déclinera l’offre de Saris de le ramener en Angleterre, arguant qu’il avait passé de nombreuses années dans ce pays, pauvre, et qu’il était désireux d’obtenir quelque chose avant son retour. Ses vraies raisons semblent en fait être sa profonde antipathie envers Saris, qui l’avait insulté de diverses manières.

Il accepta un emploi dans le comptoir nouvellement fondé à Hirado, signant le 24 novembre 1613 un contrat par lequel il devient facteur  [45] pour le salaire annuel de 100 livres anglaises, plus de deux fois le salaire normal de 40 livres gagnés par les autres employés d’Hirado. Adams prend une part principale, aux côtés de six compatriotes et sous les ordres de Richard Cocks, dans l’organisation de cette nouvelle implantation anglaise.

En fait, Adams avait recommandé en vain à Saris de choisir Uraga, près d’Edo, plutôt que Hirado, qui était alors petit et très loin des marchés principaux d’Osaka et d’Edo.

Durant les dix ans d’activité de la compagnie entre 1613 et 1623, à l’exception du premier navire [46], seuls trois autres navires anglais ont amené des cargaisons directement de Londres au Japon, invariablement décrites comme ayant une faible valeur sur le marché japonais. Le seul commerce qui aida à appuyer le comptoir est celui organisé entre le Japon et l’Asie du Sud-Est et principalement pris en main par William Adams, vendant des biens chinois contre de l’argent japonais.

Adams passe la dernière partie de sa vie au service de la compagnie de commerce anglaise. Il entreprend plusieurs voyages au Siam en 1614 et 1615, en Cochinchine en 1617 et 1618, parfois pour le compte de la Compagnie anglaise des Indes orientales, parfois pour son propre compte. Selon des sources japonaises, il était propriétaire d’un shuinsen de 500 tonneaux.

Étant donné le faible nombre de navires venant d’Angleterre et la faible valeur de leurs cargaisons, William Adams a joué un rôle clé dans la participation de la compagnie au système des Sceaux Rouges, en obtenant des certificats commerciaux de la part du Shogun. En tout 7 voyages en jonque seront effectués à destination de l’Asie du Sud-Est, avec des résultats mitigés, dont quatre dirigés par William Adams en tant que capitaine. Adams possédait aussi le Gift of God, une jonque qu’il a utilisée pour une expédition en Cochinchine [47].

Adams veut organiser une expédition commerciale vers le Siam [48] pour accroître l’activité de la factorerie. Il achète et améliore pour le compte de celle-ci une jonque japonaise de 200 tonneaux qu’il renomme le Sea Adventure, recrute 120 marins et marchands japonais, auxquels viennent s’ajouter plusieurs commerçants chinois, un italien et un castillan et part en novembre 1614, en plein dans la saison des typhons. Deux autres marchands du comptoir anglais, Richard Wickham et Edmund Sayers, participent également au voyage.

La mission du navire est d’acheter de la soie, des marchandises chinoises, du bois sappan [49], des peaux, et transportait principalement de l’argent et seulement pour 175 £ de marchandises (coton indien, armes japonaises et coffres laqués).

Le navire est endommagé par un typhon près des îles Ryū-Kyū [50], où il s’arrête pour effectuer les réparations du 27 décembre 1614 à mai 1615, avant de retourner au Japon en juin 1615 avant d’avoir pu faire du commerce, les troubles commis par les marins ayant poussé les autorités à ordonner l’expulsion de l’équipage.

Adams quitte à nouveau Hirado en novembre 1615 à destination d’Ayutthaya [51] au Siam sur le Sea Adventure remis en état, dans l’intention de s’approvisionner en bois sappan pour le revendre au Japon.

Comme la fois précédente, la cargaison consiste principalement en argent (600 £), ainsi que des marchandises japonaises et indiennes non vendues lors de l’expédition précédente.

Il parvient cette fois à acheter de grandes quantités de biens de valeurs, et achète deux navires supplémentaires au Siam pour tout transporter. Adams ramène le Sea Adventure au Japon avec 143 tonnes de bois sappan et 3 700 peaux de cerf, revenant à Hirato en 47 jours (entre le 5 juin et le 22 juillet 1616). Sayers, sur une jonque chinoise louée, atteint Hirado en octobre 1616, avec 44 tonnes de bois. Le troisième bateau, une jonque japonaise, amène 4 560 peaux de cerfs à Nagasaki [52] en juin 1617, après avoir manqué la mousson.

En tout, l’expédition d’Adams avait duré 8 mois. Il revient au Japon moins d’une semaine après la mort d’Ieyasu Tokugawa, et accompagne Cocks et Eaton à la cour pour offrir des présents au nouveau shogun, Hidetada. Bien que la mort d’Ieyasu ait diminué l’influence politique d’Adams, Hidetada lui manifeste le plus grand respect. Il n’accepte qu’avec réticence de maintenir les privilèges commerciaux aux Anglais, mais donne un shuinjō [53] qui l’autorise à continuer ses activités commerciales maritimes sous la protection du shogun. Son titre de hatamoto est également renouvelé.

À cette occasion Adams et Cocks rendent également visite à Shōgen Mukai , l’amiral de la flotte japonaise, qui vit près de la propriété d’Adams, pour étudier des plans d’invasion des Philippines [54] catholiques.

En mars 1617, Adams fait voile vers la Cochinchine, après avoir racheté à Sayers la jonque que celui-ci avait achetée au Siam et l’ayant renommée Gift of God. Son intention était de retrouver les deux facteurs anglais qui avaient quitté Hirado 2 ans auparavant pour explorer les opportunités commerciales [55]. Il revient au Japon après avoir appris qu’ils avaient été tués et dépouillés de leur argent. Le navire avait aussi vendu une petite cargaison de drap, de marchandises indiennes et de l’ivoire pour le montant modeste de 351 £.

Adams effectue en 1618 sa dernière expédition commerciale sous sceau vermillon vers la Cochinchine et le Tonkin [56], cette expédition étant également la dernière du comptoir d’Hirado à destination de l’Asie du Sud-Est. Le navire, une jonque chinoise affrétée, quitte Hirado le 11 mars 1618, mais le mauvais temps la force à s’arrêter à Ōshima [57], au nord des îles Ryū-Kyū. Le navire retourne à Hirado en mai.

Ces diverses expéditions ont aidé la factorerie à survivre pendant un certain temps principalement grâce aux 200% de bénéfices que rapportait alors la vente de bois de sappan, mais elle finit par faire faillite en 1623.

Adams meurt à Hirado, au nord de Nagasaki, le 16 mai 1620, à près de 56 ans. Son titre japonais se lit Anjin Sama [58] et sa mémoire est gardée vivante par la rue nommée Anjin Cho [59] à Edo et une célébration annuelle le 15 juin en son honneur.

Un village de son ancien fief, Anjinzuka [60], à l’intérieur de l’actuelle Yokosuka [61], porte son nom.

De plus, dans la ville d’Itō, à Shizuoka, se tient chaque année le 10 août le festival du Miura Anjin.

Aujourd’hui, Itō et Yokosuka sont toutes les deux jumelées avec Gillingham, la ville natale d’Adams.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de William Adams, le samouraï des mers, par Cyril Flautat, Editions du Jasmin,2013(ISBN 978-2-35284-115-9)

Notes

[1] Pays insulaire de l’Asie de l’Est, situé entre l’océan Pacifique et la mer du Japon, à l’est de la Chine, de la Corée et de la Russie, et au nord de Taïwan. À partir de la fin du 12ème siècle, la réalité du pouvoir est prise en main par une classe guerrière étrangère à la cour impériale, celle des samouraïs. Ce gouvernement militaire s’accompagne d’importants mouvements de population, source de brassage sociétal et d’essor économique. Les shoguns s’appuient sur des réseaux efficaces d’hommes liges, les Gokenin, qui, en échange de leur soutien et de leur fidélité, obtiennent des terres et le gouvernement de provinces ou de châteaux. Se met en place alors un système féodal qui va perdurer jusqu’au 19ème siècle.

[2] Le samouraï est un membre de la classe guerrière qui a dirigé le Japon féodal durant près de 700 ans.

[3] Gillingham est une ville de l’autorité unitaire de Medway située dans le comté du Kent, dans le sud-est de l’Angleterre. La ville inclut les territoires de Brompton, Hempstead, Rainham, Rainham Mark, Twydall et Lidsing. Elle se trouve à une soixantaine de kilomètres de Londres.

[4] Le Kent est un comté d’Angleterre situé au sud-est de Londres, entre la Manche et l’estuaire de la Tamise. Son chef-lieu est Maidstone. Il fut un royaume anglo-saxon fondé au 5ème siècle par les Jutes dans le sud-est de l’Angleterre. Il correspond approximativement au territoire occupé par le peuple celtique des Cantiaci avant la conquête romaine, et à l’actuel comté de Kent. C’est le premier royaume anglo-saxon converti au christianisme, et il atteint son apogée au début du 7ème siècle sous le roi Æthelberht.

[5] Limehouse est un quartier dans l’est de Londres, en Angleterre. Il fait partie du district londonien de Tower Hamlets.

[6] La Royal Navy est la composante maritime de l’armée britannique qui forme avec la British Army (Armée de terre) et la Royal Air Force (Armée de l’air) les Forces armées britanniques.

[7] La tour de Londres est une forteresse historique située sur la rive nord de la Tamise à Londres en Angleterre à côté de Tower bridge. La tour se trouve dans le district londonien de Tower Hamlets situé à l’est de la Cité de Londres dans un espace appelé Tower Hill. Sa construction commença vers la fin de l’année 1066 dans le cadre de la conquête normande de l’Angleterre. La tour Blanche qui donna son nom à l’ensemble du château, fut construite sur l’ordre de Guillaume le Conquérant en 1078 et fut considérée comme un symbole de l’oppression infligée à Londres par la classe dirigeante. Le château fut utilisé comme prison dès 1100. Il servait également de grand palais et de résidence royale.

[8] une compagnie antérieure à la création de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales

[9] Texel est une île et une commune néerlandaise située en mer du Nord, en Hollande-Septentrionale, séparée du continent par le bras de mer du Marsdiep. L’île, dans la mer des Wadden, est la plus grande, la plus peuplée et la plus occidentale de l’archipel frison, qui s’étend jusqu’au Danemark. Proche du port de Den Helder, la rade du Texel est un mouillage important pour la flotte militaire néerlandaise du 16ème au 19ème siècle.

[10] L’Extrême-Orient est la partie orientale de l’Asie.

[11] Rotterdam est une commune néerlandaise, située dans la province de Hollande-Méridionale. Fondée au 12ème siècle, Rotterdam s’est organisée autour de la digue de la rivière Rotte (qui donne son nom à la ville) et les premiers ports de pêcheurs : le vieux port, Oude Haven et les quais de Haringvliet. Elle reçoit son statut de ville en 1340. Le commerce y fleurit pendant plusieurs siècles, tandis que le port s’étend et que le commerce avec les Indes occidentales et orientales s’accroît.

[12] les navires Liefde, Geloof, Trouw et Blijde Boodschap

[13] Le détroit de Magellan est un passage maritime situé au sud du Chili en Patagonie, dans la région de Magallanes et de l’Antarctique chilien. Il sépare, du côté nord, le continent sud-américain, et du côté sud, la grande île de la Terre de Feu (Isla Grande de Tierra del Fuego en espagnol). Ce détroit de 611 kilomètres est le plus long et le plus important passage naturel entre les océans Atlantique et Pacifique.

[14] nommé à l’origine Erasmus à cause de sa figure de proue représentant Erasmus de Formiae

[15] Le Cap-Vert, est un État insulaire , composé d’un archipel de dix îles volcaniques. Situé dans l’océan Atlantique, au large des côtes du Sénégal, il couvre une superficie d’environ 4 000 km². Praia, la capitale, se trouve à 644 km de la presqu’île du Cap-Vert, au Sénégal.

[16] Praia est la plus grande ville ainsi que la capitale du Cap-Vert. Elle est située sur l’île de Santiago qui est également la plus grande des neuf îles habitées de l’archipel.

[17] Pays d’Afrique de l’Ouest. Riche en ressources naturelles, elle est surnommée le « château d’eau de l’Afrique » et possède le tiers des réserves mondiales de bauxite.

[18] L’île d’Annobón est une île de Guinée équatoriale, dont elle forme l’une des sept provinces du pays. De petite taille (environ 18 km²), elle est assez peuplée malgré son relief montagneux. L’île de Sao Tomé est la terre la plus proche.

[19] Le cap Lopez est situé à la pointe de l’île Mandji, dans le delta de l’Ogooué, au Gabon. Il s’avance dans l’océan Atlantique et c’est le point le plus occidental de la côte gabonaise et la limite méridionale du golfe du Biafra et une limite méridonale souvent attribuée au golfe de Guinée. Découvert par un marin portugais, Lopo Gonçalves, qui lui donna son nom vers 1480, c’est un lieu de commerce des esclaves aux 18 et 19ème siècles.

[20] zone où il n’y pas un souffle de vent

[21] La Patagonie, également appelée « Le Grand Sud », désigne une région géographique appartenant au cône Sud située dans la partie méridionale de l’Amérique du Sud et partagée entre une partie chilienne à l’ouest et une partie argentine à l’est. La Patagonie comprend donc principalement le sud de l’Argentine et le sud du Chili, pour une superficie d’environ 800 000 kilomètres². Ces deux régions, séparées par la cordillère des Andes, abritent des paysages contrastés de montagnes, de glaciers, de pampa, de forêts subpolaires, de littoraux, d’îles et d’archipels. Elles sont habitées depuis plus de 10 000 ans par les Sud-Amérindiens, tels les Mapuches, et ont été décrites pour la première fois par l’Italien Antonio Pigafetta dans son récit du premier tour du monde du navigateur portugais Fernand de Magellan publié en 1525.

[22] Kyùshù est la plus méridionale des quatre îles principales du Japon, la troisième par sa taille. Elle est considérée comme le lieu de naissance de la civilisation japonaise. Dans l’antiquité, elle était nommée tsukushi no shima, notamment dans le Kojiki et le Nihon Shoki. Au 3ème siècle, le Gishi-Wajin-Den, explique que cette région insulaire était composée de petits pays, Itokoku, Nakoku etc.. À l’époque des neuf provinces qui donnèrent son nom actuel à l’île, celle-ci s’appelait Saikaidô. C’était l’extrémité sud-ouest du Japon, le Royaume de Ryùkyù n’ayant été annexé qu’en 1879. À l’extrémité opposée d’Honshu se situait alors Hokkaidô. Il existait également Nankaidô qui correspond aujourd’hui aux îles de Shikoku et d’Awaji ainsi que la presqu’île de Kii.

[23] aujourd’hui Usuki, dans la préfecture d’Ōita

[24] Le château d’Osaka est un des châteaux les plus célèbres du Japon. Il a joué un rôle majeur durant l’unification du Japon au 16ème siècle au cours de l’une des dernières grandes révoltes contre les Tokugawa, réprimée lors des sièges d’Osaka en 1614 et 1615. Le château est situé dans l’arrondissement de Chūō-ku et occupe environ un kilomètre carré, au cœur du parc de 6 hectares. Il est construit sur deux plates-formes imbriquées soutenues par des murs de pierre, chacune donnant sur un fossé. Le tenshu (donjon) comporte cinq niveaux extérieurs et huit étages.

[25] Un daimyo ou daïmio est un titre nobiliaire japonais. Ce terme désigne les principaux gouverneurs de provinces issus de la classe militaire qui régnaient sur le Japon sous les ordres du shogun, de l’époque de Muromachi (1336-1573), à celle d’Edo (1603-1868).

[26] Mikawa est une ville du district de Higashitagawa (préfecture de Yamagata), dans le Nord de l’île de Honshù, au Japon.

[27] Le terme shogun, signifie général ; c’est l’abréviation de seiitaishōgun, que l’on peut traduire par grand général pacificateur des barbares. Néanmoins, après qu’il fut attribué à Minamoto no Yoritomo, il devint un titre indiquant souvent le dirigeant de facto du Japon (dictateur militaire), alors même que l’empereur restait le dirigeant de jure (en quelque sorte le gardien des traditions). Le titre de seii taishōgun fut par la suite abandonné lors de la constitution au 19ème siècle du kazoku, c’est-à-dire de la noblesse japonaise.

[28] Le taiko est un art de jouer du tambour au Japon. Le mot taiko, qui veut dire tambour en japonais vient du chinois, mais il est généralement utilisé en dehors de ce pays pour désigner les différentes formes de tambours. Les Japonais préfèrent utiliser le terme plus spécifique wadaiko, associé depuis longtemps à l’histoire du Japon

[29] Itô est une municipalité ayant le statut de ville, située dans la préfecture de Shizuoka, au Japon.

[30] navire portant le sceau du shogun

[31] Pattani est une ville de la région Sud de la Thaïlande, capitale de la province de Pattani. Elle est traversée par le Pattani, qui se jette dans le golfe de Thaïlande.

[32] L’Asie du Sud-Est ou Sud-Est asiatique est une région d’Asie, elle se situe à l’est de l’Inde et au sud de la Chine.

[33] porte-étendard, une position de prestige en tant que vassal direct à la cour du Shogun

[34] qui est aujourd’hui à l’intérieur des limites de la ville de Yokosuka

[35] Uraga est une ancienne ville portuaire japonaise située à l’entrée de la baie de Tokyo, dans la partie est de la péninsule de Miura, à l’extrémité nord du chenal d’Uraga. Elle est maintenant administrée par la ville de Yokosuka. La position d’Uraga, qui a souvent été le premier point de contact des navires avec le Japon, en fait un poste stratégique de surveillance de l’entrée de la baie, et un commissaire nommé Uraga-bugyō y était stationné à cette fin durant l’époque d’Edo.

[36] Tokyo anciennement Edo, officiellement la préfecture métropolitaine de Tokyo, est la capitale du Japon. À l’origine, Tokyo était un petit village de pêcheurs nommé Edo (« l’estuaire »). Fortifié au 15ème siècle, Edo devient la base militaire du shogun Tokugawa Ieyasu à la fin du 16ème siècle, puis la capitale de son gouvernement. Durant l’Époque d’Edo (1603-1868), Edo se développe et est l’une des villes les plus peuplées au monde à la fin du 18ème siècle,

[37] Banten était un royaume dans l’ouest de l’île de Java en Indonésie, connu en Europe sous le nom de Bantam. À son apogée, il était constitué des actuelles provinces de Banten et de Lampung dans le sud de Sumatra.

[38] Pays transcontinental principalement situé en Asie du Sud-Est. Avec, comptabilisées à ce jour, 13 466 îles, dont 922 habitées, il s’agit du plus grand archipel au monde.

[39] Hirado est une ville japonaise située dans la préfecture de Nagasaki. Elle occupe une île reliée à celle de Kyùshù par un pont. Hirado était un centre majeur du commerce international pendant la période Edo, en particulier avec la Chine des Ming et les néerlandais. Les shoguns Tokugawa déplacèrent plus tard le centre du commerce à Nagasaki.

[40] un comptoir commercial

[41] Les Moluques, en indonésien Maluku, sont un archipel situé dans l’est de l’Indonésie et formant un territoire de 74 500 km². Ces îles productrices d’épices ont attiré les Européens dans l’archipel indonésien au début du 16ème siècle.

[42] Shizuoka est une ville japonaise, capitale de la préfecture de Shizuoka. Elle a le statut de ville désignée par ordonnance gouvernementale. Shizuoka s’appelait autrefois Sunpu et se trouvait sur la ligne historique de Tôkaidô, c’est-à-dire sur la route qui reliait Kyoto à Edo et que les daimyō (vassaux) devaient emprunter périodiquement pour faire allégeance au shogun. Ieyasu Tokugawa, premier shogun de l’époque Edo (1603-1868), y passa son enfance durant la guerre, otage du daimyô Imagawa. C’est lui qui fit construire le puissant château de Sunpu où il se retirera à la fin de sa vie.

[43] Kamakura est une ville de la préfecture de Kanagawa, au Japon. Elle est située au bord de l’océan Pacifique, à 50 km au sud-ouest de Tokyo (environ une heure de train) et un peu moins de Yokohama, sur la péninsule de Miura. Kamakura s’étend sur 39,60 km². En 1192, le shogun Minamoto no Yoritomo décida d’installer sa nouvelle capitale à Kamakura, qui n’est alors qu’un simple bourg, y déplaçant du même coup le centre politique du Japon. C’était l’époque où les shoguns prenaient le dessus sur l’empereur (Mikado). Le gouvernement de Kamakura domina le Japon pendant plus d’un siècle, jusqu’en 1333. À cette date la ville compte environ 50 000 habitants.

[44] le daibutsu de 1252... sur lequel les marins ont gravé leurs noms à l’eau-forte

[45] c’est-à-dire marchand employé par la Compagnie anglaise des Indes orientales

[46] le Clove en 1613

[47] La Cochinchine est une région historique au sud de l’actuel Viêt Nam. Elle correspond grossièrement aux régions administratives vietnamiennes actuelles du Delta du Mékong et du Sud-est. Le nom de Cochinchine dérive de l’usage par les Portugais de la ville de Cochin pour désigner l’Inde (d’où, plus tard, la dénomination Indochine) : les navigateurs occidentaux désignent alors du nom de Cochinchine la région de Đà Nẵng. Au 16ème siècle, d’autres dénominations telles que Chinecochin ou Champachine sont attestées. La dénomination se rattache ensuite à toute la partie méridionale de l’actuel Viêt Nam.

[48] Le Siam est l’ancien nom de la Thaïlande. Le royaume de Siam a été fondé en 1350 par le roi Ramathibodi 1er. Ses capitales successives furent Ayutthaya (1350/1767), Thonburi (1767/1782), puis Bangkok (à partir de 1782). Le pays a pris le nom de Thaïlande en 1939, après la prise du pouvoir par le général Plaek Phibunsongkhram.

[49] C’est un des « bois rouges » d’Asie du Sud-Est.

[50] L’archipel des Ryūkyū, ou îles Ryūkyū, constitue un archipel japonais de la mer de Chine orientale, situé entre l’archipel de Satsunan au nord et Taïwan au sud. Le royaume de Ryūkyū a été quasi indépendant de 1429 à 1879. D’une indépendance opportuniste où le roi reconnaissait à la fois les Chinois et les Japonais, ce qui permettait de favoriser le commerce. Des visas étaient nécessaires pour commercer avec la Chine, ce que donnait la reconnaissance formelle de la vassalité du royaume, renouvelée par une simple visite d’une délégation chinoise apportant les sceaux à chaque changement de roi à Okinawa.

[51] Ayutthaya est la capitale de la province d’Ayutthaya en Thaïlande. Fondée en 1350 par le roi U-Thong (Ramathibodi 1er), elle devint la capitale du royaume d’Ayutthaya, ou Siam. Aux 17ème et 18ème siècles, elle comptait parmi les plus grandes cités du monde. Détruite en 1767 par l’armée birmane, elle perd son rôle au profit de la nouvelle capitale, Bangkok.

[52] Nagasaki est une ville japonaise, capitale de la préfecture homonyme sur l’île de Kyushu. Fondée dans la seconde moitié du 16ème siècle, c’était à l’origine un village isolé. C’est l’arrivée d’explorateurs européens au milieu du 16ème siècle, quand un navire portugais s’échoua accidentellement sur les rives de la préfecture de Kagoshima en 1543, qui en provoqua la naissance et l’essor. Le missionnaire jésuite François Xavier arriva au Japon en 1549, mais bien qu’il partît pour la Chine en 1551 et y mourût peu de temps après, ses disciples restèrent au Japon et y convertirent plusieurs daimyō (chefs de guerre). Le plus important fut Ōmura Sumitada qui fit un grand profit de sa conversion, car il reçut une part du commerce des navires portugais dans un port qu’ils établirent à Nagasaki en 1571, date de fondation de la ville, avec son accord. En 1580, Ōmura Sumitada céda le port de Nagasaki et les territoires environnants à la Compagnie de Jésus.

[53] permis avec un sceau vermillon

[54] Pays d’Asie du Sud-Est constitué d’un archipel de 7 641 îles dont onze totalisent plus de 90% des terres et dont un peu plus de 2 000 seulement sont habitées, alors qu’environ 2 400 îles n’ont même pas reçu de nom. On distingue trois zones géographiques : Luçon, Visayas et Mindanao. Luçon est l’île la plus vaste et la plus septentrionale, et qui abrite sa capitale, Manille, et la plus grande ville du pays, Quezon City. Fernand de Magellan, explorateur portugais voyageant pour le compte de l’Espagne, est le premier Européen à arriver aux Philippines, le 16 mars 1521. Il y est tué le 27 avril sur l’Île de Mactan. Les îles ont été nommées ainsi en l’honneur de l’Infant d’Espagne, le futur Philippe II d’Espagne, par Ruy López de Villalobos peu après leur découverte. L’archipel est entré dans l’Empire colonial espagnol à partir de 1565 avec la conquête officielle par Miguel López de Legazpi qui fonde Manille en 1571. La conquête est longue, la communauté espagnole reste réduite et réside principalement à Manille. En 1578, l’Espagne lance une expédition contre le sultanat de Sulu. Sulu réplique en pillant les villes côtières des Visayas et Luzon, contrôlées par les Espagnols. Le gouvernement colonial envoie au moins cinq expéditions punitives contre Sulu. En 1638, il occupe la capitale, Jolo, et y laisse une garnison. En 1646, cette garnison est rappelée à Manille et Sulu est abandonnée. En 1611, la première institution d’enseignement espagnole des Philippines, mais aussi d’Asie, est fondée

[55] le premier voyage vers l’Asie du Sud-Est commandité par la factorerie anglaise d’Hirado

[56] aujourd’hui le Viêt Nam

[57] Amami Ō-shima est l’île principale des îles Amami dans l’archipel Nansei. Elle se situe en mer de Chine orientale. On y parle les langues amami du Nord et amami du Sud, qui font partie des langues ryukyu. Amami Ō-shima appartenait au royaume de Ryūkyū jusqu’en 1624. Elle a alors été annexée par le daimyo de Satsuma. Par la suite, en 1879, cette île a été pleinement intégrée à l’État japonais.

[58] Maître pilote

[59] rue du Pilote

[60] Colline funéraire du Pilote

[61] Yokosuka est une ville du Japon située sur la péninsule de Miura, dans la préfecture de Kanagawa.