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Moušeł IV Mamikonian ou Mouschel III Mamikonian

mardi 22 octobre 2019

Moušeł IV Mamikonian ou Mouschel III Mamikonian

Prince d’Arménie de la famille Mamikonian en 654

Cette époque est celle du début de la domination par les Arabes de l’Arménie.

Après la chute de l’Empire sassanide [1], conquis par les Arabes, les Arméniens, vassaux des Sassanides, se rapprochent de l’Empire byzantin [2] pour mieux résister aux raids arabes. L’empereur Constant II nomme Théodoros Rechtouni comme prince d’Arménie en 643, mais les Arméniens sont rapidement déçus par Byzance [3] qui, d’une part, ne les aide que faiblement contre les Arabes et, d’autre part, cherche à mettre fin au schisme arménien par la conversion forcée. Théodoros Rechtouni rejette la suzeraineté byzantine et se rapproche des Arabes et fait emprisonner les envoyés byzantins.

Constant II envahit l’Arménie, contraignant Théodoros à la fuite, et nomme à sa place le sparapet [4] Moušeł IV Mamikonian, qui devient ainsi prince d’Arménie. Après le départ de l’armée byzantine, Théodoros Rechtouni reçoit un contingent de 7000 Arabes, reprend le contrôle de l’Arménie et redevient prince.

Parmi les partisans de Théodoros Rechtouni figurait Hamazasp IV Mamikonian , oncle probable de Moušeł.

Moušeł se rallie en 656 aux Arabes, leur laissant ses quatre fils en otages, et reste leur allié en 657, quand Hamazasp IV Mamikonian, devenu entre-temps prince d’Arménie, se tourne vers Byzance.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les princes caucasiens et l’Empire du vie au ixe siècle, Paris, de Boccard,‎ 2006, 634 p. (ISBN 978-2-7018-0226-8)

Notes

[1] Les Sassanides règnent sur le Grand Iran de 224 jusqu’à l’invasion musulmane des Arabes en 651. Cette période constitue un âge d’or pour la région, tant sur le plan artistique que politique et religieux. Avec l’Empire romano byzantin, cet empire a été l’une des grandes puissances en Asie occidentale pendant plus de quatre cents ans. Fondée par Ardashir (Ardéchir), qui met en déroute Artaban V, le dernier roi parthe (arsacide), elle prend fin lors de la défaite du dernier roi des rois (empereur) Yazdgard III. Ce dernier, après quatorze ans de lutte, ne parvient pas à enrayer la progression du califat arabe, le premier des empires islamiques. Le territoire de l’Empire sassanide englobe alors la totalité de l’Iran actuel, l’Irak, l’Arménie d’aujourd’hui ainsi que le Caucase sud (Transcaucasie), y compris le Daghestan du sud, l’Asie centrale du sud-ouest, l’Afghanistan occidental, des fragments de la Turquie (Anatolie) et de la Syrie d’aujourd’hui, une partie de la côte de la péninsule arabe, la région du golfe persique et des fragments du Pakistan occidental. Les Sassanides appelaient leur empire Eranshahr, « l’Empire iranien », ou Empire des Aryens.

[2] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la 4ème croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[3] Byzance est une ancienne cité grecque, capitale de la Thrace, située à l’entrée du Bosphore sous une partie de l’actuelle Istanbul. La cité a été reconstruite par Constantin 1er et, renommée Constantinople en 330, elle est devenue la capitale de l’Empire romain, puis de l’Empire romain d’Orient et enfin de l’Empire ottoman à partir de 1453 date de la prise de la ville par les Turcs. Elle fut rebaptisée Istanbul en 1930.

[4] Ce titre, qui correspondait à la fonction de commandant en chef des armées dans le royaume d’Arménie, est l’équivalent de celui de spahbod utilisé par les Iraniens sous les Parthes et les Sassanides. La fonction de sparapet existait également dans le royaume arménien de Cilicie, où toutefois le titulaire de la charge était connu sous le titre latin de « connétable »