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L’histoire pour le plaisir

Claude de Turin

samedi 16 février 2019, par ljallamion

Claude de Turin (vers770/780-827/828)

Évêque de Turin (816-827/828)

Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de TurinD’origine hispanique [1], mais établi dès 799/800 à Lyon, où il fut formé à l’école biblique de l’évêque Leidrade.

Sa féconde activité d’exégète à la cour de Louis le Pieux peut être tenue pour une contribution à la renaissance carolingienne [2].

Il était un tenant virulent de l’iconoclasme [3], qu’il mit en pratique dans son diocèse piémontais, où il combattit avec la même véhémence le culte de la Croix. Sa contestation s’étendit au culte des saints et au pèlerinage à Rome, dans une controverse qui l’opposa au pape Pascal 1er.

On ne peut nier que Claude, par certaines de ses idées, préfigure la Réforme [4] Il fut attaqué comme hérétique par Dungal et par Jonas d’Orléans dans des écrits parvenus jusqu’à nous et se défendit dans une Apologeticum [5] dont ses deux détracteurs nous ont conservé des passages.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Pascal Boulhol, Claude de Turin. Un évêque iconoclaste dans l’Occident carolingien. Paris, Institut d’Études Augustiniennes, 2002 (Collection des Études Augustiniennes, Série Moyen Âge et Temps Modernes, 38).

Notes

[1] L’Hispanie est le nom donné par les Romains à la péninsule Ibérique. Depuis le 15ème siècle l’Hispanie est l’hôte des États modernes espagnol et portugais. Au début les Carthaginois installent des comptoirs commerciaux sur la côte, sans pousser plus profondément à l’intérieur de l’Hispanie. En 501 av.jc, ils s’emparent de Gadès (Cadix), une ancienne colonie phénicienne. Après la première Guerre punique, les Carthaginois s’étendent rapidement dans le Sud, sous la conduite des Barcides. Ils y exploitent des mines d’or et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale. En 230, ils fondent Carthagène, la nouvelle Carthage (Cartago Nova). En 218 av.jc, Hannibal forme une puissante armée qui comprend un contingent d’Ibères, et commence la deuxième Guerre punique en prenant Sagonte, puis en marchant vers l’Italie. Les Romains ne peuvent l’intercepter en Gaule, et dirigent une partie des leurs forces sur l’Hispanie, qui devient un théâtre d’opération de cette guerre. Après divers affrontements, Scipion l’Africain prend Carthagène en 209, et en 207, Hasdrubal mène les dernières forces carthaginoises de l’Hispanie vers l’Italie. En 202, la capitulation de Carthage livre officiellement l’Hispanie carthaginoise à Rome. En 197 av.jc, les Romains divisent l’Hispanie en deux provinces : Hispanie citérieure, donnant sur la Méditerranée, et Hispanie ultérieure (car plus éloignée de Rome), comprenant le Sud et tournée vers l’océan.

[2] La renaissance carolingienne est une période de renouveau de la culture et des études en Occident sous les empereurs carolingiens, aux 8ème et 9ème siècles. La renaissance carolingienne, première période de renouveau culturel majeur au Moyen Âge à l’échelle de l’Occident, est une période d’importants progrès intellectuels, notamment grâce à la redécouverte de la langue latine, à la sauvegarde de nombreux auteurs classiques, et à la promotion des arts libéraux. Cette renaissance carolingienne est cependant nuancée par les historiens actuels car elle présuppose qu’il y a eu effondrement de la culture entre l’époque romaine et l’époque carolingienne, le Haut Moyen Âge, qualifié d’« Âge sombre », étant en effet réhabilité.

[3] L’iconoclasme est, au sens strict, la destruction délibérée de symboles ou représentations religieuses appartenant à sa propre culture, généralement pour des motifs religieux ou politiques. Ce courant de pensée rejette l’adoration vouée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L’iconoclasme est opposé à l’iconodulie. L’iconoclasme ou Querelle des Images est un mouvement hostile au culte des icônes, les images saintes, adorées dans l’Empire romain d’Orient. Il se manifesta aux 8ème et 9ème siècles par des destructions massives d’iconostases et la persécution de leurs adorateurs, les iconophiles ou iconodules. Il caractérise également la Réforme protestante.

[4] La réforme protestante, également appelée « la Réforme », amorcée au 16ème siècle, est une volonté d’un retour aux sources du christianisme et aussi, par extension, un besoin de considérer la religion et la vie sociale d’une autre manière. Elle reflète l’angoisse des âmes, par la question du salut, centrale dans la réflexion des réformateurs, qui dénoncent la corruption de toute la société engendrée par le commerce des indulgences. Les réformateurs profitent de l’essor de l’imprimerie pour faire circuler la Bible en langues vernaculaires (notamment l’allemand après la première traduction réalisée par Martin Luther), et montrent qu’elle ne fait mention ni des saints, ni du culte de la Vierge, ni du Purgatoire. La référence à la Bible comme norme est néanmoins une des principales motivations des réformateurs.

[5] apologie