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Vincent 1er de Mantoue ou Vincent 1er de Gonzague

vendredi 21 juillet 2017

Vincent 1er de Mantoue ou Vincent 1er de Gonzague (1562-1612)

Duc de Mantoue et de Montferrat

Fils aîné de Guillaume 1er de Mantoue et d’Éléonore d’Autriche, il succède à son père qui meurt en 1587. Il est âgé de 25 ans.

Le 2 mars 1581 à Plaisance [1], à l’âge de 18 ans, Vincent, alors prince héritier, épousa Marguerite Farnèse, fille d’ Alexandre Farnèse duc de Parme et de Plaisance et de Marie de Portugal , âgée de 14 ans. Le mariage, sans postérité, fut annulé dès 1583 et Marguerite entra en religion.

Le 29 avril 1584 à Mantoue, Vincent épousa en secondes noces, Éléonore de Médicis , fille de François 1er de Médicis , grand-duc de Toscane [2] et de Jeanne d’Autriche .

À l’opposé de son père, sévère conservateur, Vincent est d’un naturel pour le moins exubérant voire mégalomane. Il raffole du luxe, des femmes, de l’art.

Autant son père a pu être précautionneux, discret et économe, autant Vincent va être irréfléchi, démonstratif et dispendieux. Rien de ce qui est excessif ne lui est étranger. Le luxe, l’élégance, le plaisir, les femmes, le spectacle offert, la collection effrénée d’œuvres d’art, les fêtes pharaoniques, les voyages où l’important est de faire étalage de ses biens devant les cours européennes visitées.

Vincent restera dans la mémoire de ceux qui le côtoient et pour la postérité, le plus spectaculaire de tous les princes de la famille Gonzague. Il est aussi primesautier [3] dans sa quête perpétuelle d’aventures nouvelles, il passe d’un objectif à l’autre, quitte un endroit pour un autre, une cour pour une autre, sur un coup de tête, il abandonne un but qu’il s’était fixé la veille pour un autre et mieux en changer le jour suivant.

Une seule passion le tiendra constamment en haleine, c’est ce qu’on appellerait aujourd’hui sa ““collectionite”” : la chasse aux œuvres d’art est sa marotte, une passion viscérale pour le beau et le précieux, quasiment légendaire, qui le fait courir aux quatre coins de l’Europe et rencontrer les plus grands artistes de cette seconde partie du Cinquecento.

C’est à lui qu’est dû le séjour à Mantoue, vers 1601 de Rubens sans doute rencontré à Venise et qui peindra pour lui plusieurs œuvres dont La famille Gonzague.

L’architecture l’intéresse également. C’est ce qui l’amènera à faire effectuer d’importantes interventions architecturales sur le Palais ducal : comme son père Guillaume et comme le fera ultérieurement son fils Ferdinand , il mettra un point d’honneur à embellir la résidence principale de la famille. Par contre, l’étonnement du visiteur sera l’unique ligne de conduite de Vincent et son palais devra dépasser en luxe et en beauté n’importe quel autre lieu.

Autre domaine artistique, la musique l’intéresse. Cela l’amènera à être le protecteur de Claudio Monteverdi qui commença à travailler à la cour de Mantoue en 1590 comme chanteur et violoniste, puis, à partir de 1602, comme maître de la musique du prince.

L’empereur l’adoubera chevalier de l’Ordre de la Toison d’or [4] en 1589 puis le fera comte de Rodigo et Rivalta [5] en 1591 et, en 1593, il sera élevé au rang de Prince du Saint Empire romain germanique.

Vincent 1er est décédé en 1612, à l’âge de 50 ans, léguant à la postérité le souvenir d’un prince représentatif de l’âge baroque.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Vincent Ier de Mantoue/ Portail de l’Italie/ Duc de Mantoue

Notes

[1] Plaisance est une ville italienne, chef-lieu de la province de Plaisance en Émilie-Romagne. La ville est fondée en 218 av. jc comme colonie militaire romaine, sous le nom de Placentia. Elle est aussitôt menacée par les Gaulois Boïens révoltés lors du passage d’Hannibal dans la plaine du Pô. C’est à proximité de la ville (le long des rives de la Trebbia) que ce dernier inflige une cuisante défaite aux Romains lors de la bataille de la Trébie. À Plaisance en 456, Ricimer, commandant des forces armées romaines, renversa l’empereur Avitus. Il épargna Avitus et lui permit de devenir évêque de Plaisance. En 1095, elle est le siège du concile de Plaisance, à l’origine de la première croisade. Au Moyen Âge, Plaisance fait partie du Saint Empire romain germanique et adhère à la Ligue lombarde. Cédée à la Papauté à l’issue des guerres d’Italie, elle fut unie à Parme en 1545 au sein du duché de Parme et Plaisance, sous la domination de la famille Farnese, puis passa aux Bourbons en 1732.

[2] La Toscane dirigée d’abord par des margraves et des marquis au 9ème et 10ème siècles, devint un ensemble de Cité États à statut républicain oligarchique. Au 15ème siècle, avec Cosme de Médicis, elle est progressivement réunifiée dans une seule entité politique et passe entre les mains de la famille des Médicis, l’une des plus puissantes durant la Renaissance. Cette famille a gouverné la Toscane du 15ème au 18ème siècle. Le Grand-duché de Toscane est fondé officiellement au début du 16ème siècle, lorsque Cosme de Médicis (1519-1574) reçoit le titre de Duc puis de Grand-Duc. Le Grand-duché disparaît en 1801, lorsque Napoléon Bonaparte, le transforme en royaume d’Étrurie. Cependant, le titre de grand-duc de Toscane perdure et est toujours porté par une branche cadette de la famille de Habsbourg Lorraine.

[3] Qui décide, agit selon son premier mouvement, ses impulsions

[4] L’ordre de la Toison d’or, dit aussi la Toison d’or ou la Toison, est l’ordre de chevalerie le plus élevé et prestigieux de l’Espagne, fondé à Bruges (ville de l’État bourguignon) le 10 janvier 1430 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal. Son premier chapitre se tient à Lille l’année suivante, en 1431, le port du collier devenant obligatoire le 3 décembre 1431. Le nom de l’ordre est inspiré du mythe grec de la Toison d’or

[5] Rodigo est une commune italienne de la province de Mantoue dans la région Lombardie en Italie.