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La vie en Sologne au 18ème

dimanche 28 août 2016

La vie en Sologne au 18ème

Au 18ème siècle l’oeuvre de Colbert demeura inachevée. Les frontières administratives n’étaient pas clairement déterminées, le servage subsistait et l’anarchie sévissait dans de nombreux domaines, au grand mécontentement de la population.

En Sologne plusieurs disettes successives accablèrent le pays de 1708 à 1710, et la révolte grondait, particulièrement dans la région de Bracieux, au début du 18ème siècle. La Sologne était en pleine décadence après la révocation de l’Edit de Nantes, qui avait fait fuir plusieurs familles de l’industrie entre autres, surtout à Romorantin.

Les propriétés étaient mal entretenues, les marécages se développaient et le paludisme sévissait. Les fermiers étaient en outre considérablement appauvris par les impôts. Quand aux troupeaux, de moutons surtout, ils furent décimés par des épidémies provoquées par le manque d’hygiène.

En conséquence, l’industrie textile déclina, la qualité devint médiocre et les manufactures disparurent peu à peu.

L’Assemblée Provinciale de l’Orléanais fit part au Roi de l’état lamentable de la Sologne, mais les quelques tentatives effectuées pour améliorer la situation de la région furent anéanties par la Révolution qui survint peu après une succession de catastrophes naturelles (sécheresse, mauvaises récoltes, pluies de grêle) et des mouvements de "peur" qui accentuèrent le trouble.

En 1762, Louis XV fit don du château d’Amboise au Duc de Choiseul. Mais, peu de temps après, ce dernier se trouva en disgrâce. En effet, ministre de Louis XV, il fut remercié en 1770. Exilé à Amboise, il en profita pour faire édifier, entre 1775 et 1778, dans le parc même du château, un monument haut de 40 mètres, la Pagode de Chanteloup. Dès lors, la Cour se précipite à la Pagode.

La Sologne de 1789 à 1800

Les cahiers de doléances rédigés en 1789 donnent une idée juste de l’insatisfaction générale.

Les représentants du Tiers ne parvinrent pas à se mettre d’accord sur la désignation d’un représentant à l’Assemblée de Versailles, et la Sologne n’eut donc d’autre choix que de compter sur le représentant de la noblesse, le Vicomte de Beauharnais, pour défendre ses intérêts auprès du Roi et de l’Assemblée Constituante.

A Romorantin les élections municipales confièrent le pouvoir à des nobles et des bourgeois.

L’assemblée ayant supprimé le clergé régulier, l’abbaye du Lieu Notre Dame, le couvent des Capucins et l’abbaye d’Olivet à Saint Julien s/Cher disparurent alors. Il y eut peu de prêtres réfractaires.

En 1790, la Constituante dressa la carte des départements, ce qui dans l’ensemble donna satisfaction aux paysans. La situation économique de la Sologne ne s’améliora toutefois pas pendant la Révolution. La principale préoccupation des Solognots à cette époque était le pain, et les rares émeutes furent provoquées par des pénuries de grain.

En l’an II, la Convention décréta l’assèchement des étangs de Sologne, ce qui provoqua la consternation générale. Mais les premiers résultats de l’opération ne furent guère probants et le décret vite oublié.

Les excès des Jacobins qui détruisaient tout ce qui faisait référence au passé ou à la religion ne se firent guère sentir dans la région, à l’exception du château de Chambord qui fut complètement saccagé.

Une autre conséquence de la Révolution fut la transformation des noms de lieux ou de personnes qui rappelaient trop la monarchie. Divers troubles politiques, économiques et religieux contribuèrent à la montée du mécontentement général.

La loi sur l’enseignement général votée par la Convention en 1795 fut mise en place par le Directoire avec un succès relatif car les paysans solognots avaient besoin de tous les bras, y compris ceux des plus jeunes qu’ils envoyèrent en classe avec une certaine réticence.

A la fin du Directoire, le brigandage sévissait de nouveau en Sologne, et la menace des Chouans mit la région sur le pied de guerre.