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De la mesure de la Terre au système métrique

mercredi 13 juillet 2016

De la mesure de la Terre au système métrique

On donne le nom de système métrique à l’ensemble des mesures légales qui sont entrées en vigueur en France le 10 décembre 1799, date à laquelle fut promulguée la loi portant fixation du mètre et du gramme, unités fondamentales du système métrique.

Au départ, l’idée de recourir à des unités dites naturelles semble remonter au 17ème siècle et avoir été émise pour la première fois par Huygens, puis par Picard. Ceux-ci proposaient comme unité de longueur celle du pendule qui bat la seconde. Plus tard, Cassini ; Dufay, La Condamine entrèrent dans la même voie. Mais c’est seulement à l’époque de la Révolution française que l’idée prit corps. L’acte de naissance du système métrique se trouve dans un décret de l’Assemblée nationale, rendu le 8 mai 1790. Le 27 octobre de la même année, une commission de l’Académie des sciences, composée de Borda, Lagrange, Lavoisier, Tillet et Condorcet, déposait son rapport. Ce sera finalement une 2ème commission Borda, Lagrange, Laplace, Monge, Condorcet qui présentera, le 19 mars 1791, le rapport dans lequel était préconisée l’adoption comme unité de mesure ou mètre de la dix-millionième partie du quart d’un méridien terrestre. A la suite de cette proposition, il y eut un nouveau décret de l’assemblée, le 26 mars 1791. Et, aussitôt, l’Académie nomme 5 commissions : La 1ère Cassini, Méchain et Legendre, pour mesurer la différence de latitude entre Dunkerque et Barcelone, et pour la mesure des triangles, la 2ème Monge et Meusnier pour la mesure des bases la 3ème Borda et Coulomb pour les observations du pendule, la 4ème Lavoisier et Haüy pour la recherche du poids de l’eau distillée et la 5ème Tillet, Brisson et Vandermonde pour la comparaison des anciennes mesures.

Pendant que les opérations se poursuivaient, avec des changements dans plusieurs de ces commissions, l’Académie se livrait à des travaux sur la nomenclature ; ils aboutirent au décret de la Convention du 1er août 1793, rendu sur la proposition d’Arbogast, et déclarant obligatoire au bout d’un an le nouveau système des poids et mesures. Cependant les opérations géodésiques* surtouts étaient nécessairement longues ; les pouvoirs publics s’en irritèrent, épurèrent la commission et rendirent toute une série de décrets réglant un certain nombre de points de détail. Enfin, le 11 ventôse an III*, Prieur de la Côte d’Or présenta un rapport complet, accompagné d’une instruction et d’un vocabulaire. A la suite de ce rapport sera promulgué le décret du 18 germinal an III*, fixant définitivement les diverses parties du système métrique.

Le décret ordonnait la continuation des opérations relatives à la détermination des unités. Douze commissaires, nommés par le comité d’instruction publique, en furent chargés : Berthollet, Borda, Brisson, Coulomb, Delambre, Haüy, Lagrange, Laplace, Méchain, Monge, Prony, Vandermonde. Le 18 messidor*, Borda et Brisson présentaient leur rapport sur la vérification du mètre. Mais les opérations concernant la mesure de l’arc du méridien, confiées à Delambre et Méchain et commencées le 25 juin 1792, ne purent être terminées qu’en l’an VII, au prix d’efforts inouïs et au milieu de difficultés.

Les travaux concernant la fixation de l’unité de poids s’étaient poursuivis parallèlement. Un décret du 1er vendémiaire an IV avait rendu l’usage du mètre obligatoire dans la commune de Paris, et l’article 371 de la Constitution de l’an IV* consacrait le principe du nouveau système. Le 25 vendémiaire an VII* se réunirent à Paris les savants de diverses nationalités désignés pour fixer définitivement les unités fondamentales ; le rapport de Van Swinden de la République batave, qui résuma les travaux de la réunion, fixa la longueur du mètre à 443 lignes 296/1000 de la toise du Pérou et le poids du kilogramme à 18 827 grains. Le 4 messidor an VII*, les étalons prototypes en platine, du mètre et du kilogramme, furent présentés par l’Institut au Corps législatif et immédiatement déposés aux Archives nationales. La fixation légale de la valeur du mètre et du kilogramme résulta de la loi du 19 frimaire au VIII* (10 décembre 1799).

Le système métrique se répandit avec une certaine lenteur. On continua longtemps à suivre ses anciennes habitudes, et un arrêté ministériel du 28 mars 1812 autorisa même l’emploi de mesures transitoires, telles qu’une toise de 2 mètres, une aune de 1 boisseau de 1/8 d’hectolitre, etc. Ce fut seulement sous la monarchie de Juillet que le marquis de Laplace présenta à la Chambre un rapport à la suite duquel tous poids et mesures, autres que ceux établis par les lois du 18 germinal an III et 19 frimaire an VIII, constitutives du système métrique furent interdits à dater du 1er janvier 1840* (Loi du 4 juillet 1837).

La Belgique, la Hollande, la Grèce suivirent, les premières, l’exemple de la France, puis la plupart des autres États, et, jusqu’à 1960, le système métrique sera le système légal et exclusif des poids et mesures dans toute l’Europe sauf en Grande-Bretagne.