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L’histoire pour le plaisir

Thomas Randolph

mercredi 13 juillet 2016, par ljallamion

Thomas Randolph (mort en 1332)

1er comte de Moray de 1312 à 1332-Régent d’Écosse de 1329 à 1332

Mémorial du comte de Moray au château d'ÉdimbourgIl est considéré comme le fils de Thomas Randolph de Stichill dans le Roxburghshire [1], chambellan d’Écosse, et d’une fille putative de Margaret de Carrick et de son premier époux Adam de Kilconquhar, un arrière-petit-fils de Donnchad II de Fife.

Thomas Randolph est un des fidèles de la première heure de Robert 1er Bruce. Présent à son couronnement à Scone, le 25 mars 1306, il devient seigneur de Nithsdale. Le roi lui délègue ses pouvoirs dans le nord de l’Écosse d’abord comme lieutenant avant de l’établir comme grand baron régional en le nommant entre le 12 avril et le 29 octobre 1312 comte de Moray [2].

Ce nouveau fief intègre les seigneuries de Badenoch et de Lochaber [3] confisquées à la famille Comyn [4]. L’année suivante Thomas Randolph reçoit également le titre de seigneur de l’Île de Man [5]. Le 14 mars 1314 il prend d’assaut la citadelle d’Édimbourg [6].

Lors de la bataille de Bannockburn [7], il commande l’aile gauche de l’armée de Robert 1er. Son action pendant le combat à la tête des piquiers est décisive. Les deux années suivantes il participe à l’expédition d’Edouard Bruce en Irlande, puis revenu en Écosse il capture Berwick [8] par surprise le 1er avril 1318.

Le 12 avril 1316 il est le témoin de la donation du roi des revenus d’une ferme du Perthshire [9] aux franciscains de Perth. En juin 1318, Thomas Randolph est avec le roi Robert 1er et James Douglas excommunié lorsque le royaume d’Écosse est mis en Interdit par le pape.

Après la mort de l’héritier présomptif de la couronne Édouard Bruce tué en Irlande, Thomas Randolph comme James Douglas deviennent les principaux lieutenants du roi dans les opérations militaires. Le 3 décembre 1318 il est désigné comme futur Régent pour le compte du jeune Robert II Stuart le petit-fils du roi par sa fille Marjorie , en cas d’extinction en ligne masculine de la Famille Bruce.

Le 12 septembre 1319 toujours associé à James Douglas il ravage le Northumberland [10] et met en fuite les troupes de l’archevêque d’York [11].

Comme James Douglas il fait partie du premier cercle des fidèles du roi qui bénéficie de ses largesses et on le retrouve parmi les signataires de la Déclaration d’Arbroath [12] du 6 avril 1320. Le 26 octobre 1322 il participe à la bataille de Byland qui chasse définitivement les forces anglaises d’Écosse.

Pendant l’été 1325, il est à Paris pour négocier les termes du traité de Corbeil [13] qui sera approuvé par le roi de France Charles IV en mai 1326 et par Robert 1er en juillet suivant. Fort de cet appui de la cour capétienne il se rend également auprès du pape Jean XXII à Avignon pour négocier la réhabilitation de Robert 1er.

Pendant l’ultime campagne de Robert 1er Bruce en Northumberland à Pâques 1327, Thomas Randolph, James Douglas et Donald comte de Mar , pénètrent dans le nord de l’Angleterre. Le gouvernement de Édouard III d’Angleterre humilié par cette action accepte de composer et le 17 mars 1328 le traité d’Édimbourg-Northampton [14], reconnaît enfin la souveraineté de l’Écosse et la légitimité de Robert 1er.

Avant de mourir en 1329 Robert 1er le désigne comme régent de son jeune fils David II Bruce avec comme successeur éventuel James Douglas. Malheureusement ce dernier est tué en Espagne à Tena de Ardales en 1330 pendant qu’il était en route pour transporter selon son vœu le cœur du défunt roi Robert Bruce en Terre sainte.

Thomas Randolph meurt le 20 juillet 1332 à Musselburgh [15] alors qu’il établissait les plans de défense du royaume contre l’invasion d’ Édouard Balliol et des héritiers des seigneurs dépossédés.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de G.W.S. Barrow Robert Bruce and the Community of the Realm E.U.P 4e réédition (Edinburgh 2005)

Notes

[1] Roxburghshire était un comté d’Écosse. Il était bordé à l’ouest par le Dumfriesshire, au nord-ouest par le Selkirkshire et au nord par le Berwickshire. Au sud-est, il bordait les comtés anglais de Cumbria et de Northumberland.

[2] Le titre de comte de Moray de la pairie d’Écosse succède à celui de mormaer de Moray qui était à la tête du mormaerdom celtique de Moray. Le territoire des mormaers de Moray s’étendait le long de la rive sud du Moray Firth, à partir de la rivière Spey au travers du nord de l’Écosse jusqu’à la côte occidentale du pays. Le Moray était séparé du comté de Ross par la rivière de Beauly.

[3] Lochaber, est l’un des cinq districts écossais du council area de Highland. Lochaber est l’une des 16 zones de gestion de la paroisse du Highland Council d’Écosse et l’un des huit anciens districts gouvernementaux des Highlands.

[4] Les Comyn, Cumming ou Cumin sont un clan écossais probablement d’origine anglo-normande qui joue un grand rôle dans l’Écosse du 13ème et 14ème siècle.

[5] L’île de Man, est un territoire formé d’une île principale et de quelques îlots situés en mer d’Irlande, au centre des îles Britanniques. L’île de Man forme une dépendance de la Couronne britannique, c’est-à-dire que l’île n’appartient ni au Royaume-Uni ni à l’Union européenne mais relève directement de la propriété du souverain britannique, actuellement la reine Élisabeth II, qui agit en qualité de « seigneur de Man ». Ce statut n’en fait pas un État reconnu indépendant, mais l’île dispose d’une large autonomie politique et économique.

[6] Édimbourg est une ville de la côte d’Écosse au Royaume-Uni, et est sa capitale depuis 1532. Elle est le siège du Parlement écossais, qui a été rétabli en 1999.

[7] La bataille de Bannockburn est une écrasante victoire de l’armée écossaise menée par Robert Bruce sur les troupes anglaises dirigées par Édouard II d’Angleterre pendant la première guerre d’indépendance écossaise. Elle est marquée par l’utilisation par Robert Bruce de carrés de piquiers nommés schiltrons sur lesquels viennent s’écraser les charges de cavalerie anglaises. Cette bataille entraîne une remise en question tactique de l’armée anglaise, ce qui aura un impact majeur sur les tactiques de combat de la guerre de Cent Ans.

[8] Berwick-upon-Tweed, ou simplement Berwick, est une commune britannique située dans le comté de Northumberland. Elle est la ville la plus au nord de l’Angleterre, sur la côte Est, à l’embouchure de la Tweed. Elle est ainsi située à 4 km au sud de la frontière écossaise. La ville a été fondée à l’époque du royaume anglo-saxon de Northumbrie, au Haut Moyen Âge. Le site a joué un rôle central dans les guerres qui ont opposé l’Angleterre et l’Écosse pendant des siècles ; la dernière fois que la ville a changé de main fut en 1482 quand les Anglais l’ont reconquise. Berwick est une ville traditionnelle, connue pour son marché et pour ses quelques particularités architecturales, en particulier ses remparts de défense, son château médiéval et ses casernes.

[9] Le Perthshire est un ancien comté du centre de l’Écosse, dont la capitale était Perth. Il a depuis été intégré à la région de Perth and Kinross

[10] Le comté de Northumberland est un important comté du nord de l’Angleterre qui remonte à l’époque anglo-saxonne. Il succède à l’ancien royaume de Northumbrie dont il n’occupe qu’une portion septentrionale.

[11] L’archevêque d’York est le troisième personnage de l’Église d’Angleterre, après le gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre (c’est-à-dire le monarque) et l’archevêque de Cantorbéry (le primus inter pares de tous les primats anglicans). En tant qu’évêque d’un des « cinq grands évêchés » (avec Cantorbéry, Londres, Durham et Winchester), il est ex officio l’un des « Lords spirituels » et donc membre de la Chambre des Lords. Il porte également le titre de « primat d’Angleterre », tandis que l’archevêque de Cantorbéry est « primat de toute l’Angleterre » (ce qui donne à ce dernier une certaine préséance). Il est, en outre, le métropolite de la province d’York, qui recouvre le tiers septentrional de l’Angleterre.

[12] La déclaration d’Arbroath est une déclaration d’indépendance écossaise, écrite en latin sous le règne de Robert Bruce dans le but de confirmer le statut de l’Écosse en tant que nation indépendante et souveraine et de justifier le recours aux forces armées si elle se trouvait injustement attaquée. Cette déclaration revêt la forme d’une lettre, datée du 6 avril 1320, qui fut envoyée au Pape Jean XXII. Signée par 51 nobles dont les principaux barons d’Écosse dans la petite ville d’Arbroath (comté d’Angus), cette lettre est la seule restante des trois écrites à l’époque. Les deux autres émanaient du Roi des Écossais et du clergé qui comportaient vraisemblablement les mêmes points.

[13] Le traité de Corbeil est signé en avril 1326 entre l’Écosse et la France, au prieuré de Saint Jean en l’Isle à Corbeil-Essonnes, et plus particulièrement entre Robert Ier d’Écosse et Charles IV.

[14] Le traité d’Edimbourg Northampton est un traité de paix signé en 1328 entre les royaumes d’Angleterre et d’Écosse. Il marque la fin de la première guerre d’indépendance écossaise, qui avait commencé avec l’invasion anglaise de l’Écosse en 1296. Le traité fut signé à Édimbourg par Robert 1er d’Écosse, le 17 mars 1328, et ratifié par le Parlement anglais à Northampton le 1er mai. Le document est écrit en français, et est détenu par les Archives nationales d’Écosse à Édimbourg.

[15] Musselburgh est la principale ville de l’East Lothian, en Écosse. Elle est située sur le Firth of Forth