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Salacon de Dol

samedi 19 décembre 2015, par ljallamion

Salacon de Dol (mort vers 867)

Évêque de Dol-de-Bretagne

La cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne.Déposé de ce siège au printemps 849, devenu ensuite évêque auxiliaire d’Autun, mort moine à l’abbaye de Flavigny [1] en 867.

Il semble être devenu évêque de Dol à une date postérieure à février 842. Au printemps 849, le duc Nominoë, qui avait répudié la suzeraineté du roi Charles le Chauve, réunit une assemblée dans une résidence appelée Coëtlou, qui déposa sous l’accusation de simonie [2] plusieurs évêques d’obédience carolingienne.

Selon la Chronique de Nantes [3], quatre évêques furent déposés.

En mars 864, Égilon, ex-abbé de Prüm [4], devenu abbé de Flavigny et archevêque de Sens à partir de 866, fit transporter solennellement dans son abbaye les reliques de sainte Reine .

Une lettre adressée par le concile de Soissons d’août 866 au pape Nicolas 1er à propos du schisme de l’Église bretonne indique que, parmi les évêques déposés illégalement en 849, deux étaient encore en vie.

Cette lettre précise que depuis cette déposition, deux intrus se sont succédé sur le siège de Dol. Le nom du premier n’a pas été conservé. Le second, Festinien, est attesté de 859 à 869, et prétendait au rang d’archevêque, soutenu par le roi Salomon de Bretagne.

Selon le nécrologe de l’abbaye de Flavigny, Salocon est donc mort moine dans l’établissement. Il s’y est peut-être retiré après la mort de l’évêque Jonas d’Autun intervenue fin 865 ou début 866.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de François Duine, « Le schisme breton. L’Église de Dol au milieu du ixe siècle, d’après les sources », Annales de Bretagne, vol. 30, no 3, 1914, p. 424-468.

Notes

[1] Sous le règne de Clovis, sera fondée la première abbaye à Flavigny. La Bourgogne sera ensuite annexée en 534 au royaume Franc. Vite détruite, l’abbaye sera à nouveau bâtie en 719 par Widerard, fils de Corbon et chrétien. C’est Widerard qui aurait transporté à Flavigny une communauté monastique. Il en deviendra le second abbé. Les moines de Flavigny obéissent à la règle de saint Benoît, qui vise à harmoniser le temps des moines entre la prière, le travail manuel, les études dans un cadre de vie communautaire et un esprit de modération.

[2] La simonie est, pour les catholiques, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d’un sacrement et, par conséquent, d’une charge ecclésiastique.

[3] texte datant du milieu du 9ème siècle

[4] L’abbaye bénédictine de Prüm en Allemagne (Eifel) a été fondée par des moines d’Echternach sur des terres offertes en 721 par Bertrade l’Ancienne, mère de Caribert, père de Bertrade de Laon, épouse de Pépin le Bref. Ce monastère a été réédifié en 752 par le roi Pépin et son épouse Berthe au Grand Pied (mère de Charlemagne). L’abbaye disposait d’une vaste étendue de terres. Celles-ci allaient jusqu’en Bretagne, jusqu’au Taunus et jusqu’aux Pays-Bas. Plusieurs abbayes et cloîtres dépendaient de cette abbaye, notamment Revin en France dans les Ardennes, Güsten près de Juliers, à Bad Münstereifel et Altrip.