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Nicétas 1er de Constantinople

jeudi 13 août 2015

Nicétas 1er de Constantinople

Patriarche de Constantinople du 16 novembre 766 au 6 février 780

Eunuque d’origine slave. Avant son accession au patriarcat il était prêtre de l’église des Saints-Apôtres [1]. Il fut nommé par l’empereur Constantin V pour remplacer son prédécesseur déposé sous l’accusation de complot, et exécuté un an plus tard. La veille de cette exécution, il présida à une cérémonie d’humiliation et d’excommunication du patriarche déchu.

Iconoclaste [2] particulièrement zélé, il profita d’importants travaux de restauration à Sainte-Sophie en 768 pour faire effacé ou recouvrir d’enduit des mosaïques et peintures sur bois qui subsistaient dans deux parties du bâtiment appelés sekreta.

D’une façon générale, il exerça sa charge pendant les dernières années du règne de Constantin V, où non seulement les décisions du concile de Hiéreia [3] furent imposées avec rigueur, mais le culte des reliques et les prières à la Vierge et aux saints furent officiellement condamnés, ce que le concile s’était refusé à faire.

Après la mort de Constantin V, le 14 septembre 775, son fils aîné Léon IV le Khazar lui succéda. Il mena une politique d’apaisement en matière religieuse, et des moines comme Platon de Sakkoudion réapparurent dans la capitale, se présentant ouvertement en martyrs de l’époque précédente. Des higoumènes [4], dont certains se révéleraient plus tard iconodoules [5], furent nommés à nouveau à des évêchés importants. Nicétas servit cette politique comme il avait servi la précédente.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Venance Grumel, Traité d’études byzantines, « La Chronologie I. », Presses universitaires de France, Paris, 1958

Notes

[1] L’église des Saints-Apôtres, également connue sous le nom de Polyandrion (cimetière impérial) ou Myriandrion est une église byzantine de Constantinople, aujourd’hui disparue. Elle fut fondée par Constance II, fils de Constantin 1er, dans les années 350 et bâtie à partir d’un mausolée construit par Constantin. C’était la deuxième église de Constantinople en taille et en importance après Sainte-Sophie (Constantinople), et elle fut la principale nécropole des empereurs et impératrices byzantins. Après la Chute de Constantinople en 1453, elle devint brièvement le siège du patriarche de Constantinople, qui l’abandonna en 1456. En 1461, l’édifice alors en très mauvais état fut abattu par les Ottomans pour édifier la mosquée Fatih.

[2] L’iconoclasme est, au sens strict, la destruction délibérée d’images, c’est-à-dire de représentations religieuses de type figuratif (appartenant souvent à sa propre culture), généralement pour des motifs religieux ou politiques. Ce courant de pensée rejette la vénération adressée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L’iconoclasme est opposé à l’iconodulie (ou iconodoulie).

[3] Le concile de Hiéreia est le premier concile iconoclaste, convoqué du 10 février au 8 août 754 dans le palais suburbain de Hiéreia sur la rive asiatique du Bosphore, par l’empereur Constantin V pour faire condamner la production et la vénération des images. Les actes du concile sont condamnés par la suite lors du premier rétablissement du culte des images au 2ème concile de Nicée en 787

[4] Un higoumène ou hégoumène est le supérieur d’un monastère orthodoxe ou catholique oriental. Le terme équivaut celui d’abbé ou d’abbesse dans l’Église latine.

[5] L’iconodulie ou iconodoulie, est un courant de pensée qui est en faveur des images religieuses ou icônes et de leur vénération, en opposition au courant iconoclaste.