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Début 1797, Hoche prend la tête de l’armée de Sambre et Meuse et bat les autrichiens

dimanche 7 décembre 2014

Début 1797, Hoche prend la tête de l’armée de Sambre et Meuse et bat les autrichiens

Bataille de Rivoli, peinture de Philippoteau, musée de Versailles, photo JoseBataille de Rivoli, peinture de Philippoteau, musée de Versailles, photo Jose

Après la campagne mitigée du général Jourdan en Allemagne, le général Hoche le remplace à la tête de l’armée de Sambre et Meuse, celui-ci lance une campagne en Allemagne au début de l’année 1797. En 2 semaines, à la tête de 50 000 hommes, il bat les autrichiens du général Wermecek en 5 combats et 3 batailles, notamment celle de Neuwied.

Dans le même temps, Bonaparte, fort des succès remportés précédemment par son armée, tient ses positions et renforce le siège de Mantoue, entreprit le 15 juillet 1796. Les autrichiens sont très affaiblis et sentent le conflit leur échapper, mais ils ont toujours l’espoir d’un renversement de situation qui leur donnera la victoire. A Vienne, on soutient l’armée au front, on confectionne, des drapeaux, des uniformes, on appelle au plus noble instinct du peuple, le patriotisme l’emporte, l’enrôlement augmente. Le général, Alvintzy, sûr de ses nouvelles troupes et soutenu par la cour de Vienne, se présente devant Napoléon, comptant faire échouer le siège de Mantoue où son compatriote et ami, le général Wurmser, est au bord du gouffre. Ce n’est pas moins de 45 000 hommes qui descendent du Tyrol, prêts à fondre sur les français. De leur côté, le moral est mitigé, les soldats doutent, ont peur des nouvelles troupes ennemis. Malgré tout conscients de leur potentiel, ils ne peuvent oublier que plusieurs affrontements auraient pu tourner à l’échec déjà sans un retournement de situation inattendue. Quoi qu’il en soit, Napoléon a disposé ses hommes de façon que toute la région de Mantoue, de Rivoli et de Vérone soit encadrée et accessible à moins de 3 jours de marche. C’est ainsi que Joubert est positionné à Rivoli, Augereau à Legnato, Sérurier à Mantoue, renforçant le siège, et Masséna à Vérone. Le corps de réserve, commandé par Rey, soutient Napoléon. Arrivé à Vérone, Bonaparte ne tarda pas à reconnaître que les démonstrations de l’ennemi cachaient des projets sérieux.

Alvinzi en effet ne projetait rien moins que d’enlever la position postée entre l’Adige et le lac de Garda. Il comptait y réussir en faisant attaquer le Monte-Baldo et en poussant des troupes par le chemin d’Incanale pour déboucher sur le plateau de Rivoli.

Cette attaque avait été fixée au 12 janvier. L’armée autrichienne réunie sur le Haut Adige avait été divisé en 6 colonnes, la première, placée sous les ordres du prince de Lusignan, devait partir le 11 de Brentonico, et après avoir tourné le revers occidental du Monte-Baldo, marcher par les hauteurs qui bordaient le lac de Garda, afin de prendre Joubert à revers et lui couper la retraite, la 2ème, aux ordres de Liptay, devait partir d’Avio, gravir le col de Capione et se lier à la première par les crêtes du Monte-Baldo. Le général Koblos, partant de Belluno, avec la 3ème colonne, avait ordre d’attaquer de front par Ferrara, Ocskay et Quasdanowitch, longeant la droite de l’Adige avec les 4ème et 5ème colonnes, pour déboucher sur Rivoli par le ravin d’Osteria, avaient aussi l’ordre de soutenir au besoin les attaques du Monte-Baldo. Enfin la grande route de Vérone à Trente, par Dolce, sur la gauche de l’Adige, devait être balayé par la 6ème colonne, aux ordres de Wukassowitch .

Luignan, gêné par la neige qui tombait abondamment depuis 2 jours, ne put occuper le 12 le revers du Monte-Baldo. Koblos et Liptay arrivèrent le matin du même jour en face de l’avant garde de Joubert, établie à Ferrara. Les 2 colonnes auraient pu aisément enlevé la position, mais Koblos attaqua seul Ferrara et Liptay refusa de le soutenir avant d’être informé du résultat de la marche de Lusignan.

L’artillerie des retranchements de Castelli et d’Olvetti foudroya la tête de colonne de Koblos, qui ne pouvait répondre qu’avec des pièces de montagne ; ce général dut chercher dès lors à tourner la position par les Dossi et la chapelle de Ferrara, mais la nuit survint et mit fin à cette première attaque.

Après avoir fait lever les ponts de l’Adige, et informé Bonaparte de ce qui se passait, Joubert abandonna le lendemain avant le jour la position de la Corona. Sa retraite fut déterminée par la marche de Lussignan qui était enfin parvenu à tourner la gauche des français, et avait franchi le versant occidental du Monte-Baldo.

Joubert s’établit à midi sur les hauteurs de Trmbalora, en arrière du vallon de Ciprino, pour y attendre les ordres du général en chef ; mais le soir à 10 heures il crut encore devoir quitter cet position, déjà tourné à droite et à gauche, afin de se replier sur Compara et Castel-Novo. En route il reçut, avec la nouvelle de la prochaine arrivée de Bonaparte, l’ordre de tenir ferme au plateau de Rivoli, et il s’y arrêta aussitôt, disposant ses troupes de façon à garnir militairement cette position. Les premiers affrontements surviennent le 13 janvier 1797. Joubert, attaqué de toutes parts, se replie sur le plateau de Rivoli. Il est rejoint par Rey et Napoléon. Alvintzy pense que la bataille est gagnée. Il sait qu’il a l’avantage du nombre et que les troupes françaises sont des plus démoralisées. Il attend donc le lendemain pour lancer l’attaque générale. Fatale erreur, puisqu’il a laissé le temps à Masséna de revenir de Vérone.

Le 14 janvier, à 7 heures, les autrichiens attaquent, menés par le colonel Liptay, au mont Talembora. Les français reculent, mais se replient en bon ordre. Bientôt le corps de Joubert est à cour de munitions, alors que l’armée du général autrichien Quasdanovitch menace d’encerclement total, synonyme de défaite assurée. Les français sont maintenant enfermés sur le versant de Rivoli.

Tout le monde a cru à la défaite de l’Armée d’Italie, tant attendue des autrichiens. Soudain, le canon tonne. Les deux armées n’en croient pas leurs yeux. Masséna est présent sur le champs de bataille ! Revenu de Vérone avec une armée épuisée, mais déterminée à venger leurs camarades, il va inverser toute la situation. Déjà les officiers autrichiens s’affolent. L’armée française, quant à elle, retrouve sa vigueur des jours précédents. Partout la contre-attaque s’organise. Le reste de l’armée ennemi tente de trouver une porte de sortie, mais partout elle tombe dans un défilé de tirs croisés. Vers 18 heures, l’armée autrichienne est écrasée. Mais Napoléon ne pense plus à la victoire si durement acquise. Il est inquiet pour Sérurier, qui n’a plus beaucoup de soldats pour soutenir le siège. Il laisse Joubert avec 15 000 hommes à Rivoli pour consolider la victoire, et prend la direction de Mantoue avec le reste de l’armée d’Italie où il gagnera le 16 janvier la bataille de la Favorite, entraînant la chute de Wurmser, capitulant dans Mantoue le 2 février.

Napoléon Bonaparte, par cette victoire, obtint le retrait des troupes autrichiennes, l’implantation solide grâce à la prise de Mantoue, et, le plus important, la ville de Vienne à portée de mains.

P.-S.

Source : Monique Hermite Historia mensuel - 01/01/2006 - N° 709, Hérodote, Dictionnaire le Petit mourre, encyclopédie Imago Mundi, Wikipédia, Louis XV de François Bluche, La révolution française tome 1 à 5 de Michel Vovelle Edition Messidor/livre club Diderot. H. Léonardon....