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La révolte vendéenne

jeudi 31 octobre 2013, par lucien jallamion

La révolte vendéenne

La pacification de la Vendée

Le 19 janvier 1794, le général Turreau présente à Paris, devant les députés de la Convention, un plan d’extermination de la Vendée.

Près d’un an plus tôt, les paysans de l’ouest de la France s’étaient soulevés contre le pouvoir révolutionnaire parisien au nom de leurs libertés religieuses et par haine de la conscription militaire.

La terrible bataille de Savenay a vu l’écrasement de la « Grande Armée Catholique et Royale » après 9 mois d’exploits et de péripéties. Au début de l’année 1794, le général en chef Henri de La Rochejaquelein fut tué au détour d’un chemin par un Bleu*(républicain) en embuscade. D’Elbée fut quant à lui capturé et fusillé sur la plage de Noirmoutier.

L’insurrection vendéenne semble définitivement matée. Pas assez cependant de l’avis des députés de la Convention qui ont du mal à se remettre de leurs frayeurs.

On fusille 2.000 Vendéens, dont la moitié de femmes à Angers, 1.500 à Noirmoutier, 1.800 aux carrières de Gigant près de Nantes. Le représentant en mission Carrier fait noyer 4.000 personnes dans la Loire.

C’est alors que le général Turreau présente son plan d’extermination, 24 colonnes vont pénétrer en Vendée avec la consigne de tout brûler et de tout massacrer.

Le 28 février, la colonne de Cordelier fait aux Lucs-sur-Boulogne 563 victimes. Les survivants de la guerre, exaspérés, se regroupent derrière deux chefs : Charette et Stofflet.

Les vendéens massacre en représailles à leur tour à Chauché, aux Clouzeaux et ailleurs. La colonne de Crouzat qui, en l’absence de Stofflet, a tué 1.500 personnes dans la forêt de Vezins, le 25 mars, est exterminée, 3 jours après, aux Ouleries.

Les républicains, désemparés, embouchent les trompettes de la propagande. On exalte la mort héroïque de jeunes volontaires victimes des Vendéens, Bara ou Viala. Le plan de Turreau a échoué. La Vendée meurtrie est redevenue redoutable. Le 13 mai 1794, Turreau est destitué. La Convention qui a besoin de toutes ses troupes aux frontières, évacue la Vendée.

L’armée de la République se replie dans les camps, aux limites de la Vendée militaire. Malheureusement, les rivalités entre chefs vendéens continuent ! Le 10 juillet 1794, Marigny est fusillé à la Girardière de Combrand par les soldats de Stofflet. A l’automne, Charette s’empare des camps républicains de Moutiers et Fréligné. A Paris entre-temps, Robespierre est tombé sous le couperet de la guillotine. Aux frontières, la sécurité est revenue suite à la victoire de Fleurus.

La Convention se lasse d’une guerre civile qui n’a plus guère de motif. Elle envoie des émissaires à Charette pour lui proposer la paix. Les pourparlers se déroulent d’abord à Belleville puis à la Jaunaye, près de Nantes. . Le 17 février 1795, enfin, la paix de La Jaunay est signée. Le général Hoche et le chef vendéen Charette de la Contrie signent un accord qui suspend pour un temps la guerre de Vendée Charette exige et obtient la liberté religieuse pour la Vendée. Il fait sa soumission à la République. Le 26 février, il reçoit à Nantes un accueil triomphal. La guerre de Vendée semble définitivement enterrée.

Mais le 25 juin 1795, à Belleville, pour des raisons mal élucidées, Charette rallume les hostilités avec la complicité des Anglais et des émigrés royalistes. Ces derniers condescendent à s’allier avec les paysans vendéens et songent, quoique avec retard, à tirer parti de leur héroïsme. Une tentative de débarquement a lieu sur la presqu’île de Quiberon en liaison avec 5.000 insurgés chouans, de Bretagne et de Vendée. Dans le même temps, Lazare Hoche alors âgé de 25 ans prend le commandement de l’armée républicaine de Vendée. Le général proscrit sévèrement les pillages et les vengeances. Il ordonne à ses troupes d’observer strictement les stipulations de la Jaunaye concernant la liberté religieuse, ce qui lui vaudra d’être surnommé le « pacificateur de la Vendée ». Les paysans, constatant que le culte catholique n’est plus menacé, n’ont plus envie de se battre.

Le 21 juillet 1795, Hoche triomphe du débarquement de Quiberon. 750 prisonniers sont fusillés sur la plage.

Plus isolé que jamais, Charette n’en prépare pas moins un débarquement du comte d’Artois, frère cadet de l’ancien roi Louis XVI, en vue d’une restauration monarchique.

En octobre, le futur Charles X arrive à l’Ile d’Yeu. Courageux mais pas téméraire, il juge la situation sans espoir et retourne illico en Angleterre sans prendre la peine de débarquer sur la terre ferme. Charette n’a plus qu’une poignée de partisans.

De son côté, Stofflet, sur l’ordre des princes, rentre en guerre en janvier 1796. Mais, capturé, il est fusillé à Angers le 25 février 1796. Quant à Charette, traqué comme une bête, il est pris le 23 mars à la Chaboterie de Saint Sulpice le Verdon et fusillé le 29 mars 1796. Son exécution met fin à la guerre de Vendée.

P.-S.

Source : Monique Hermite Historia mensuel - 01/01/2006 - N° 709, Hérodote, Dictionnaire le Petit mourre, encyclopédie Imago Mundi, Wikipédia, Louis XV de François Bluche, La révolution française tome 1 à 5 de Michel Vovelle Edition Messidor/livre club Diderot. H. Léonardon....