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De Varennes à la fusillade du champ de Mars

dimanche 25 août 2013, par lucien jallamion

De Varennes à la fusillade du champ de Mars

Arrestation de Louis XVI à Varennes, gravure anglaise de Mariano Bovi et Pellegrini, musée de la révolution française de Vizille Arrestation de Louis XVI à Varennes, gravure anglaise de Mariano Bovi et Pellegrini, musée de la révolution française de Vizille

La famille Royale est décidée à fuir depuis octobre 1790 et a pris des contacts nécessaires par l’ambassadeur autrichien Mercy d’Argenteau et par le Suédois Fersen, confident de la reine, auprès des cours européennes dans la perspective d’une fuite qui permettrait une restauration de son pouvoir appuyée par les armées étrangères. Plus directement, le marquis de Bouillé, qui commande à Metz, a préparé dès février 1791 le scénario et les étapes d’une évasion jusqu’à la place impériale de Montmédy. Le 18 avril 1791 le roi, qui a reçu la communion, aux Rameaux des mains d’un prêtre réfractaire, se voit empêché par la garde nationale parisienne de partir à Saint-Cloud pour Pâques. Tout en protestant devant l’Assemblée contre cette atteinte à sa liberté il choisit la ruse, en déclarant que la constitution dont l’élaboration s’achève est à sa convenance, et en faisant démentir tous projets de fuite. Mais tout était prêt. Dans la nuit du 20 au 21 juin, la famille royale, sous des déguisements et des noms d’emprunt, quitte le palais des tuileries par une porte non gardée. Elle doit gagner, dans une lourde berline la place forte de Montmédy suivant des relais préparés par Bouillé ; la lenteur du voyage, la prise en charge manquée par des détachements apostés, font que lorsque la famille royale s’arrête à la nuit pour dîner à Varennes, elle a déjà été reconnue par Drouet, le maître de poste de Sainte-Menehould. Le procureur de la commune, Sauce, alerté par ce dernier, force le roi à révéler son identité et à attendre l’arrivée des envoyés de l’Assemblée nationale. Pétion et Barnave, qui ramèneront à Paris la famille royale. Les lendemains de Varennes sont marqués par le désarroi et des comportements contradictoires. Dans le peuple, on redoute en premier lieu une invasion étrangère. Plus durable est l’affirmation d’une poussée démocratique qui par voie d’adresses et de pétition réclame la déchéance du souverain et l’abolition de la royauté. C’est de province, et notamment du Midi, que proviennent ces demandes dont le club des cordeliers se fait l’écho à Paris. La classe politique, réagit diversement. Condorcet et quelques autres pencheraient pour une république conduite par La Fayette, là ou Danton parle d’une régence qui servirait bien les intérêts du cousin du roi, Philippe d’Orléans. Cela explique la prudence de Robespierre ou de Marat qui préférerait pour sa part une dictature momentanée. De l’autre coté on retrouve Barnave représentant d’une bourgeoisie clairvoyante refusant de se laisser entraîner trop loin et s’interrogeant sur la nécessité de clore ou de poursuivre la Révolution. Cette mise en garde est entendue. La bourgeoisie constituante suit la proposition de Bailly, en admettant, contre toute vraisemblance, car le roi avait laissé une déclaration explicite, la fiction de l’enlèvement royal, qui permet d’innocenter le souverain et maintient la possibilité de le rétablir dans ses fonctions si nécessaires à la mise en place de la nouvelle Constitution. C’est la solution de compromis qui prévaut à l’Assemblée le 15 juillet 1791. Reste à la faire accepter par le roi. Le roi choisit une nouvelle fois de ruser. Il accepte, sous réserve de quelques modifications dans le sens autoritaire de la Constitution, d’y donner sa sanction le 13 septembre et de jurer fidélité à la Nation. Ce compromis ne peut aboutir sans provoquer de vives protestations de l’aile démocrate à l’Assemblée. A cette date, le sang avait coulé sur le Champ de Mars, le 17 juillet. Celui-ci a eu lieu alors même que l’Assemblée décide de réhabiliter le roi en déclarant sa personne inviolable à la suite de l’initiative du club des Cordeliers, suivie par une partie des Jacobins, de lancer une pétition réclamant la déchéance du roi et demandant une république. Revêtu de 6000 signatures, il est prévu que le texte soit déposé sur l’autel de la patrie. Un incident peut être fomenté par des provocateurs, entraîne l’intervention de la garde nationale, à l’initiative de Bailly, dans le cadre de la loi martiale. La garde commandée par La Fayette tire sur la foule on dénombre une cinquantaine de mort. Ce sanglant épisode est suivi d’une phase de réaction dont pâtissent les sociétés populaires, contraignant Danton et Marat à se cacher. L’unité du club des Jacobins, tiraillé entre gauche et droite est brisée. La plupart des députés et ¾ des membres parisiens l’abandonnent pour fonder le club des Feuillants. Cependant Robespierre et quelques autres restent aux Jacobin, qui garde par ailleurs le contrôle des clubs affiliés de province.

P.-S.

Source : Monique Hermite Historia mensuel - 01/01/2006 - N° 709, Hérodote, Dictionnaire le Petit mourre, encyclopédie Imago Mundi, Wikipédia, Louis XV de François Bluche, La révolution française tome 1 à 5 de Michel Vovelle Edition Messidor/livre club Diderot. H. Léonardon....