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Les prémices de la révolution de 1789

dimanche 28 juillet 2013, par lucien jallamion

Les prémices de la révolution de 1789

L’empereur Joseph II, qui gouverne les États autrichiens de 1780 à 1790, est le modèle du “despote éclairé”, ami des Lumières et du progrès. Il prend des décisions proprement révolutionnaires connues sous le nom de “Aufklärung”, fin du servage, expulsion des jésuites, édit de tolérance, suppression des ordres contemplatifs, suppression de la torture, abolition des corporations. il fait aussi de l’allemand la langue officielle de l’empire, à la grande fureur des minorités ! Le “joséphisme”se solde par un échec cuisant. Mais il montre la voie aux révolutionnaires français qui s’en prendront en 1793 et 1794 aux symboles de l’Ancien Régime, la monarchie et la religion.

En Angleterre, où la tolérance religieuse est entrée dans les mœurs, les esprits éclairés orientent leurs efforts vers l’abolition de l’esclavage, à l’initiative des Églises. Le député William Wilberforce crée la “Société pour l’abolition de la traite” avec le soutien de son ami, le Premier ministre William Pitt. En France, l’abbé Grégoire l’imite en créant la “Société des Amis des Noirs”.

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Adresse pour l’abolition de la traite des Noirs envoyée à l’Assemblée Nationale par la Société des Amis des Noirs (association créée le 19 février 1788)

Les idées philosophiques traversent l’Atlantique et gagnent les élites des 13 colonies anglaises d’Amérique du nord.

À Boston, quelques colons déguisés en Indiens montent sur un vaisseau à l’ancre et jettent sa cargaison de thé à l’eau le 16 décembre 1773. Par cette “tea-party”, les colons expriment leur rejet d’une taxe votée sans eux par le Parlement de Westminster. Ils réclament d’être considérés comme des citoyens anglais à part entière. Le roi réagit en fermant le port et en exigeant le remboursement de la cargaison par les habitants de Boston. C’est le début de l’insurrection.

Le 4 juillet 1776, à Philadelphie, où ils sont réunis en congrès, les représentants des Treize colonies adoptent dans l’enthousiasme une proclamation unilatérale d’indépendance. L’auteur du texte est Thomas Jefferson, un riche planteur de Virginie, propriétaire de nombreux esclaves. Il énonce en des termes voués à l’immortalité le droit de tous les êtres humains à la quête du bonheur.

La guerre d’indépendance commence entre les Patriotes, commandés par Georges Washington, et les armées loyalistes, cependant que les deux tiers des 2,5 millions d’habitants des 13 Colonies restent fidèles à la couronne britannique ou au moins indifférents. L’insurrection a un grand retentissement dans la noblesse libérale d’Europe. La Fayette alors âgé de 19 ans et beaucoup d’officiers européens rejoignent les Patriotes. Leur expérience militaire sera précieuse aux insurgés. L’écrivain Beaumarchais envoie des armes avec l’approbation du ministre des Affaires étrangères, Vergennes. Le roi Louis XVI en personne se résout enfin à envoyer des troupes régulières outre-Atlantique. Elles permettront aux insurgés d’emporter la décision à la bataille de Yorktown en 1781.

Le traité de Versailles consacrera l’indépendance des États-Unis d’Amérique le 3 septembre 1783. Mais la France paie cher sa revanche sur l’Angleterre. Les finances du royaume sont à sec et le roi est confronté à l’urgente nécessité d’une réforme.

Du fait de la guerre d’Indépendance américaine et des gaspillages de la Cour, les dépenses de l’État dépassent de beaucoup les recettes fiscales.

La France est riche mais le poids de l’impôt repose presque uniquement sur les pauvres, les nobles et beaucoup de bourgeois ayant réussi à s’en défaire en usant de leur pouvoir de pression. La dette de l’État est bientôt telle que ses créanciers ne peuvent et ne veulent plus prêter de l’argent. Mais les privilégiés refusent tout changement. Ils s’accrochent d’autant plus à leurs privilèges fiscaux qu’ils s’appauvrissent en menant grand train à la Cour. Ils revendiquent eux-mêmes avec acharnement le paiement des redevances seigneuriales que leur doivent leurs paysans. Les plus habiles sont les magistrats du Parlement de Paris. Ils obtiennent le soutien du peuple et de la bourgeoisie éclairée dans la défense de leurs privilèges en dénonçant la volonté de réforme du roi comme une manifestation de tyrannie.

Le roi ne voit plus d’autre solution que de consulter les représentants de la nation selon une procédure en vigueur au Moyen Âge. Il convoque les états généraux à Versailles le 5 mai 1789. Les députés sont répartis selon les 3 ordres de la société, une partie représente le clergé, une autre la noblesse et les autres, soit la moitié environ des députés représentent le reste de la nation, le “tiers état”, soit près de 98% de la population.

P.-S.

Source : Monique Hermite Historia mensuel - 01/01/2006 - N° 709, Hérodote, Dictionnaire le Petit mourre, encyclopédie Imago Mundi, Wikipédia, Louis XV de François Bluche....