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La France au 16ème siècle

lundi 1er avril 2013, par ljallamion

La France au 16ème siècle

une maison à pans de bois datant du 16ème siècle

A partir du règne de Charles VIII, jusqu’à celui d’Henri II, la France s’engage dans une suite de guerres qui se déroulent principalement en Italie. Celles-ci trouvent prétexte dans la revendication de droits à faire valoir. En effet, Charles VIII, estime avoir des droits sur Naples par son ancêtre Charles d’Anjou. Louis XII revendique le Milanais de par ses liens familiaux avec Valentine Visconti sa grand-mère. François 1er reprend ces revendications lorsqu’il veut affronter Charles Quint pour le titre d’empereur. Ses guerres font connaître des moments de victoire mais aussi de défaites.

Finalement, par le traité de Cateau-Cambrésis, la France doit renoncer à ses prétentions italiennes. Seul les évêchés de Metz, Toul et Verdun sont rattachés à la France.

A l’intérieur du pays, de Charles VIII à Henri II, la principale préoccupation pour les rois est de mettre en place une monarchie centralisée forte. La France poursuit son unification en rattachant les terres du connétable de bourgogne et la Bretagne. Cette unification se fait également au niveau linguistique, la langue d’oïl se propageant vers le sud du pays et le français devenant langue obligatoire pour tous les actes de justice en 1539. Le 16ème siècle, dans ses 30 premières années, est une période économique favorable pour la France. Le commerce s’accroît avec le développement des foires et le roi continue d’encourager l’installation de manufactures, principalement dans le textile et la verrerie. De même favorise-t-il les expéditions vers le nouveau monde.

La première moitié du 16ème est l’époque privilégiée de l’épanouissement de la Renaissance. Les rois de cette période, de par leurs expéditions en Italie, s’inspirent des arts de ce pays, ramenant en France des artistes italiens. La Cour s’entoure de nombreux hommes d’écriture. L’architecture délaisse les lignes féodales pour privilégier les nouvelles normes architecturales.

La France sous louis XII avec ses 20 millions d’habitants, ses ressources variées, le développement de son économie, paraît être alors le royaume le plus puissant. Mais cette suprématie se trouve menacée par les Habsbourg d’Autriche. Malheureusement ses frontières ne sont pas assurées. Si, en deçà de l’Escaut, l’Artois et une partie de la Flandre doivent hommage au roi, la Lorraine, la Franche-Comté, la Bresse, le Roussillon manquent à l’Hexagone. Il subsiste aussi des enclaves : Calais qui reste à l’Angleterre, le Comtat Venaissin qui relève du Saint Siège. Le royaume de Navarre est indépendant et le lien de vassalité du Béarn est ténu. De plus, à l’intérieur du territoire, il faut distinguer les terres de souveraineté, sur lesquelles l’autorité royale s’exerce pleinement, et les terres de suzerainetés détenues par les dernières grandes familles féodales, qui bénéficient d’une certaine autonomie. Ces familles sont de sang royal où prétendent descendre des anciens comtes carolingiens. Parmi les princes du sang, les plus riches sont les bourbons. Ils descendent de saint louis et se divisent en 3 lignés : Bourbon, La Marche et Montpensier. Depuis l’avènement de louis XII, la maison d’Orléans n’est plus représentée que par François, comte d’Angoulême, futur François 1er. La situation dans le Sud-Ouest et le Midi pyrénéen est complexe. Les maisons d’Albret, de Foix et de Navarre ont alors pour chef Alain d’Albret. Il est établi à Nérac et détient une partie du Périgord, des seigneuries à Dax et à Tartas, Avesnes et Landrecies dans le Nord. Jean d’Albret, son fils, et sa bru Catherine de Foix ont le comté de Foix, le Béarn et la Navarre. Il existe aussi une poussière de seigneuries, qui se targuent d’une indépendance qu’elles ont en réalité perdue et ne sont plus que des survivances.

La situation des féodaux ne peut se comparer à celle qu’ils avaient au Moyen Age. Le roi exige d’eux des soldats, lève chez eux des impôts, les soumet au Parlement. Le rôle des agents royaux est partout déterminant. Les grands seigneurs sont de plus en plus attirés par la cour. Ils quémandent des charges et des pensions. Leurs anciens vassaux préfèrent entrer au service du roi, plutôt que de végéter dans leurs manoirs. La monarchie évolue vers une centralisation de plus en plus affirmée, répondant à la fois aux besoins et aux aspirations du tiers état. L’Église gallicane suit à peu près le même mouvement. Elle soutient la volonté du roi, parfois contre celle du pape et devient insensiblement un instrument du pouvoir. L’apparente facilité de l’action monarchique rencontre ici et là des obstacles. Il y a un accord profond entre le roi et son peuple, et cela malgré d’importantes mutations sociales : émergence et rôle croissant de la bourgeoisie, glissement de la féodalité vers la simple noblesse. L’Angleterre est à peine sortie de la grave crise dynastique entre les Lancastre et les ducs d’York.

La guerre des Deux Roses a ruiné l’économie et semé l’anarchie. Les York l’ont emporté en 1461, mais la brutalité d’Édouard IV a dressé contre lui une forte opposition qui remit Henri VI sur le trône jusqu’en 1471. Richard III, frère d’Édouard, usurpa la couronne et fit égorger ses neveux, mais en 1485 il fut battu par Henri Tudor, descendant des Lancastre. En épousant la fille d’Édouard IV, ce dernier mit fin à la guerre des Deux Roses et régna sous le nom d’Henri VIII. Il lui appartenait de relever les ruines, de restaurer l’économie et de rendre à son pays la place qu’il occupait sur l’échiquier international au 14ème siècle. Les rois anglais ne détenaient pas un pouvoir comparable à celui des rois de France : ils ne pouvaient décider de la guerre et de la paix, ni lever des impôts, sans le double accord de la Chambre des communes et de la Chambre des lords. L’Irlande leur était mal soumise. Au nord le royaume d’Écosse restait l’allié traditionnel de la France.

Le saint empire romain germanique avait perdu sa cohésion depuis la mort en 1250 de l’empereur Frédéric. La Suisse, la Hongrie, la Pologne se détachèrent de la suzeraineté impériale, de même qu’une partie de l’Italie.

L’empire se réduisait de fait à la seule Allemagne et les réformes introduites par l’empereur Charles VI, si elles réorganisèrent l’élection n’améliorèrent pas réellement l’exercice du pouvoir. Tout changea avec l’élection des Habsbourg. Depuis Frédéric III, les Habsbourg restèrent empereur de père en fils jusqu’en 1806. Ils surent imposer progressivement une politique commune à ce qui n’était qu’un agglomérat de principautés et de villes indépendantes et souvent rivales.

Au 14ème siècle l’Espagne était composée de 4 royaumes : la Navarre, la Castille, l’Aragon et le Portugal, le sud du pays restant aux mains des rois maures. L’Aragon était de loin le plus riche, en raison de ses ports de commerce. Ferdinand d’Aragon, en épousant Isabelle de Castille en 1469, puis en conquérant le royaume de grenade en 1492, unifia l’Espagne.

Toutefois le Portugal conserva son indépendance et Ferdinand n’exerçait sur la Navarre qu’une sorte de protectorat. En mariant Jeanne, sa fille unique, avec Philippe le Beau, fils de Maximilien en 1496, il donnait à son petit-fils, le futur Charles Quint, un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais. En 1499, Ferdinand d’Aragon, qui possédait la Sicile et contrôlait indirectement le royaume de Naples, dominait le commerce en méditerranée occidentale

En Italie, aucune force centralisatrice n’était capable d’unifier les États qui la composaient. Dès le 13ème siècle, elle est le théâtre de sanglante et stériles guerres civiles entre les guelfes et les gibelins. Cependant, 2 États se maintiennent tant bien que mal : le royaume de Naples et l’État pontifical. Les États de l’Église, réunissent le Latium (région de Rome), l’Ombrie, la Toscane et la Romagne, en tout ou partie. Le Milanais est devenu un duché avec les Visconti. Florence est aux mains des Médicis, banquiers de l’Europe. Venise est une oligarchie commerçante qui a su préserver son indépendance. Les ducs de Savoie règnent sur le piémont.

Une multitude de famille se disputent le pouvoir dans les villes secondaires et de minuscules principautés. Cependant, l’Italie garde son renom, en raison de son passé prestigieux, de sa supériorité artistique et de ses activités commerciales. Gênes et surtout Venise soutiennent une concurrence intensive avec les ports hanséatiques* de la mer du Nord et de la Baltique. Regorgeant de richesse et d’œuvres d’art, incapable de s’unir pour résister à l’envahisseur, l’Italie n’est plus qu’une proie facile. L’Europe s’apprête à se partager le monde, alors que l’Islam la menace.

Depuis que Constantinople se nomme Istanbul, les turcs ont atteint le Danube, annexé la Grèce et ses îles, la Macédoine, la Bulgarie, la Bosnie, la Serbie et la Valachie. L’Empire ottoman borde la Russie et la Hongrie. La Russie n’a pas encore choisi sa voie entre l’Occident et l’Asie. Les rois de Hongrie s’opposent aux attaques turques. En Pologne, les rois Jagellon combattent les Allemand et se désintéressent de la menace ottomane ? Les papes relancent périodiquement l’idée de croisade mais sans résultat. Nul ne veut plus mourir pour Jérusalem. Nul ne se soucie, hormis quelques religieux, du sort proche de l’esclavage dévolu aux chrétiens dans les provinces turques. (*Source )

La France du roi François 1er est le pays le plus peuplé d’Europe. Et malgré les années de guerres, malgré les invasions, malgré les impôts, celui de la taille triplant entre 1515 et 1559, celui de la gabelle qui taxe le sel et qui ne cesse d’augmenter, la France est riche. Elle l’est malgré des prix qui croissent, en partie à cause de l’afflux de l’or et de l’argent, rapportés des Amériques par les Espagnols, elle l’est malgré l’écart qui se creuse entre ceux qui s’enrichissent et les humbles, les compagnons et les ouvriers.

Leurs salaires ne suivent pas l’augmentation des prix et ces derniers se révoltent à Lyon, en 1529, à cause du prix du blé. Autour des villages qui se repeuplent, les friches et les landes commencent d’être changées en terre à céréales, les forêts sont défrichées.

De nouveaux fruits et de nouveaux légumes, pour la plupart importés d’Italie, apparaissent dans les champs et les vergers. Si le melon et l’artichaut ne sont encore destinés qu’aux seigneurs, le sarrasin, le maïs, les choux-fleurs et les haricots commencent à être cultivés. Certains se singularisent en portant tel ou tel de ces légumes à leur bouche avec un instrument qui vient de faire son apparition et qui épargne que l’on mange avec ses doigts : la fourchette. Certaines sont sans doute forgées dans l’une des 460 forges que compte le royaume. En dépit du manque d’argent, de cuivre ou de plomb qu’il faut importer, l’industrie prospère.

L’accroissement de la population dans les villes et l’enrichissement de celles-ci permettent le développement du luxe. Lyon, qui est à la frontière du royaume et qui accueille des foires, devient la capitale de l’imprimerie comme de la banque. Nombreuses sont les sociétés financières qui se créent et dont les filiales vendent des créances, comme elles spéculent sur le change. Elles ne se privent pas de répondre aux emprunts d’État. Le premier d’entre eux, en 1522, gagé sur les impôts de l’Hôtel de Ville de Paris, propose 8% d’intérêt. La soie, produite à Lyon à partir de 1536, par plusieurs milliers de métiers, comme auparavant à Tours, ne suffit pas à satisfaire les exigences de la cour. Angoulême est célèbre pour ses papeteries. A Saint-Étienne, c’est une fabrique de mousquets qui est fondée en 1516.

Mais les routes pour aller de l’une à l’autre de ces villes sont loin d’être ce qu’elles devraient être. Les ports, en revanche, prennent plus d’ampleur. Le Havre est créé en 1517. Des navires sont armés pour Terre-neuve à La Rochelle dès 1533. Rouen, grâce à son port, est devenue la deuxième ville de France. Et Marseille ouvre la route vers le Levant. A Dieppe, où l’on dresse et où l’on corrige les cartes de mondes nouveaux que l’on découvre, l’armateur Jean Ango arme des navires qui atteignent Sumatra. C’est de Saint-Malo qu’à trois reprises Jacques Cartier part pour le Canada.

L’iroquois, qu’il présente au roi à son retour, change moins la conscience que la France a alors du monde que les lectures et les études, faites par certains, des auteurs de l’Antiquité. Sur l’ordre du roi, Jacques Amyot traduit Plutarque. En dépit des réticences de la Sorbonne, le roi crée en 1530 le Collège royal qui compte 5 chaires : 2 d’hébreu, 2 de grec et une de mathématiques. Dès les années qui suivent l’éloquence latine, la médecine, la philosophie sont enseignées dans ce collège que l’on dit “des trois langues”. Et c’est la langue française qui prend un autre essor. En 1539 l’ordonnance de Villers-Cotterêts (voir annexe) impose que les actes judiciaires soient désormais écrits en français et non plus en latin. Dix ans plus tard, le titre seul de Défense et illustration de la langue française de Joaquim du Bellay, publié en 1549, suffit à montrer que les écrivains ont désormais foi dans leur langue. Les œuvres des poètes de la Pléiade comme le succès du Pantagruel de Rabelais, publié en 1532, démontrent en quelques années que le français peut être la langue de l’élégance comme celle de la truculence, celle de la grâce et celle de l’invention. Comme il donne à la langue française un nouveau statut, le roi impose une nouvelle architecture en France. Les châteaux d’Azay le rideau, de Chenonceaux, de Blois, de Chambord, de Fontainebleau, plus tard ceux de Madrid, construit dans le Bois de Boulogne à côté de Paris, de Saint-germain, d’Anet ou encore le Louvre mettent en évidence la singularité de la Renaissance française. L’équilibre et la symétrie des façades s’allient aux charmes et aux surprises de galeries, couvertes de fresques et de stucs, élaborées par des artistes venus d’Italie. La reconnaissance de la beauté, de l’intelligence, de l’invention, le soutien aux artistes constitue l’ultime argument d’un roi qui, en dépit des défaites et de la captivité, est conscient des changements d’une nouvelle époque et veut affermir son pouvoir.